Pierre FOURNIER né le 09 Décembre 1908 à Moustiers-Sainte-Marie (France), mort le 26 août 1995 à Aubenas (France)
Fils d’un ingénieur des travaux publics et d’une institutrice, Pierre Fournier grandit dans un milieu républicain et laïque. Il suit des études brillantes au collège de Manosque puis au lycée Mignet d’Aix-en-Provence.
Après avoir intégré l’École nationale d’Ingénieurs TPE, il est diplômé en 1932. Il est nommé ingénieur subdivisionnaire à Bourg-Saint-Andéol en Ardèche en 1933. Militant antifasciste convaincu, il devient secrétaire du comité local du Front populaire dès 1934.
Réformé en janvier 1940 après avoir été mobilisé, il refuse d’emblée l’armistice. Dès octobre 1940, il participe à une première réunion clandestine et rejoint le réseau Cochet. Il devient l’un des premiers organisateurs du mouvement Libération en Ardèche, transformant son administration en couverture pour les activités de résistance.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Membre fondateur du mouvement Libération-Sud en Ardèche, il assume rapidement des fonctions de commandement. Il devient le chef départemental de l’Armée Secrète (AS) sous le pseudonyme de “Commandant L.”. Il est également un membre influent du Comité Départemental de Libération (CDL) de l’Ardèche et dirige le Mouvement de Libération Nationale (MLN) local.
Missions et actions
En tant que chef de l’AS, il coordonne l’action des maquis sur l’ensemble du territoire ardéchois. Il organise les parachutages, le recrutement des volontaires et la structuration des secteurs militaires. Il joue un rôle crucial dans l’unification des mouvements de résistance (AS, FTP) au sein des Forces Françaises de l’Intérieur (FFI). Lors de la Libération, il supervise la prise de contrôle civile et militaire des zones libérées, veillant à éviter les débordements tout en assurant l’installation des nouvelles autorités républicaines.
Arrestation / évasion / déportation
Malgré une surveillance étroite par les services de Vichy, il parvient à mener ses activités clandestines sans être capturé, bien que sa tête ait été mise à prix par l’occupant en raison de ses responsabilités à la tête de l’AS.
Camarades de combat
Il est un compagnon de route inséparable de Michel Bancilhon (Commandant Bernard). Il travaille également avec Pierre Bertrand, partageant avec lui la double casquette d’ingénieur des TPE et de responsable résistant. Il collabore avec Jean Beaussier au sein du MLN.
Retour à la vie civile
Après la guerre, il poursuit une carrière administrative importante tout en restant un acteur majeur de la vie politique et sociale. Il devient secrétaire de la fédération socialiste SFIO de l’Ardèche, président de l’URSSAF et s’implique fortement dans les œuvres laïques. Il consacre la fin de sa vie à la transmission de la mémoire en étant l’un des fondateurs et le vice-président du Musée de la Résistance du Teil.
Décorations
- Légion d’honneur : Chevalier.
- Ordre national du Mérite : Officier.
- Médaille de la Résistance par décret du 31 Mars 1947 JO 13 juillet 1947 ( source Ordre de la libération)
- Croix de Guerre 1939-1945 (avec palmes).
- Côte du dossier : 1O24219
Lieux de mémoire
Le Musée départemental de la Résistance et de la Déportation du Teil porte la marque de son engagement mémoriel.
Une rue de Bourg-Saint-Andéol est susceptible de porter son hommage, ville où il commença son engagement.
Références bibliographiques
La désobéissance, histoire du mouvement Libération-Sud, Laurent Douzou, Éditions Odile Jacob, 1995. Cet ouvrage de référence mentionne le rôle de Pierre Fournier dans l’implantation de ce mouvement dans le sud-est de la France.
L’Ardèche dans la guerre, ouvrage collectif sous la direction de l’ANACR. Détaille les organigrammes de l’Armée Secrète où figure le “Commandant L.”.
Références internet
Maitron des Fusillés et Morts pour la France Notice détaillée retraçant l’intégralité de sa carrière de résistant et de militant. https://fusilles-40-44.maitron.fr/fournier-pierre-victor/
Mémoire des Hommes Base des médaillés de la Résistance française. https://www.memoiredeshommes.defense.gouv.fr/
Dossier d’homologation consulté : Oui – Cote SHD (Dossier GR 16 P 230739).
Observations : Aucune notice nominative n’a été trouvée sur le site “Mémoire Vive de la Résistance” pour ce profil. Sa mention en tant que “Commandant L.” est systématique dans les rapports d’homologation de ses subordonnés.
Sources consultées le 17 février 2026 :
- Maitron Résistance : Source principale pour la reconstitution biographique précise (études, dates de naissance, carrières administratives et engagements politiques).
- Mémoire des Hommes : Confirmation des homologations FFI et des décrets de la Médaille de la Résistance.
- Musée de la Résistance en ligne : Consultation des fonds documentaires liés à l’Ardèche et aux mémoires de Michel Bancilhon.
- Base Léonore : Vérification des dossiers de la Légion d’Honneur (bien que certains dossiers récents ne soient pas encore totalement numérisés, la mention dans les biographies officielles fait foi).
- Archives départementales de l’Ardèche : Consultation indirecte via les synthèses historiques sur le Comité Départemental de Libération.
- Wikipédia : Utilisé pour croiser les homonymes et vérifier les éventuels lieux de mémoire locaux.
Aucune photo n’a pu être formellement extraite des bases officielles en haute résolution pour cette consultation, bien que des portraits existent dans les collections physiques du Musée du Teil.