La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

JARROT André Alias : Jean Goujon – Cotre – Crible -Pommeau

André JARROT, né le 13 décembre 1909 à Lux (Saône-et-Loire), mort le 21 avril 2000 à Lux (Saône-et-Loire)

André Jarrot grandit à Lux, près de Chalon-sur-Saône, dans une famille modeste, son père étant employé au chemin de fer et sa mère couturière.

Élève de l’école primaire supérieure de Chalon-sur-Saône, il devient électromécanicien à la Compagnie du Gaz et de l’Électricité du Sud-Est à partir de 1927, puis ouvre en 1936 un garage de poids lourds à Chalon-sur-Saône.

Sportif et inventif, il est moniteur d’aviation légère et pilote motocycliste, champion de France 500 cm³ 1937 et recordman du monde des 24 heures en 1938 aux côtés de Georges Monneret.

Ces éléments de jeunesse et de formation sont établis par la notice officielle de l’Ordre de la Libération et la Fondation de la Résistance.  

Mobilisé au 3e génie, fait prisonnier le 22 juin 1940 à Pont-du-Château, il s’évade rapidement, rejoint la Bourgogne et, dès l’automne 1940, s’engage dans la Résistance.

Installé sur la ligne de démarcation, il organise des passages en zone sud, des liaisons et du transport de documents.

En 1942, arrêté puis relâché faute de preuves, il quitte la France par l’Espagne, est interné à Figueras puis à Miranda, atteint Gibraltar et gagne Londres.

Il s’engage alors dans les Forces françaises libres sous l’identité « Jean Goujon » et est affecté au BCRA. Ces faits et séquences sont attestés par la notice de l’Ordre de la Libération et confirmés par la Fondation de la Résistance.

Ses appartenances officielles sont les réseaux Ali-France et Brandy, la mission Armada et le BCRA (Forces françaises libres), listés comme « Unités / Réseaux / Mouvements d’appartenance » par l’Ordre de la Libération.

La documentation du Musée de la Résistance nationale (Champigny) sur les archives BCRA et les listes d’agents mentionne ses noms de guerre « Cotre » et « Pommeau ».

Formé à Londres aux actions spéciales, il est parachuté dans le Puy-de-Dôme dans la nuit du 16 au 17 août 1943 avec Raymond « Mary » BASSET pour une double mission : tentative de libération de Jean MOULIN (opération « Lougre ») et sabotage des installations électriques alimentant le Creusot (opération « Armada »).

Fin août et début septembre 1943, avec l’appui de la résistance locale, il mène avec succès des sabotages majeurs contre des postes haute tension et des installations énergétiques de la région chalonnaise (Germolles, Lacrost, Saint-Marcel-lès-Chalon, Pont-Jeanne-Rose), puis regagne Londres le 15 septembre 1943.

Il est de nouveau parachuté dans la nuit du 7 au 8 novembre 1943 pour de nouvelles actions de sabotage, avant un retour en Angleterre par l’Espagne au printemps 1944.

Parachuté comme délégué militaire départemental de Saône-et-Loire le 9 juillet 1944, il coordonne les maquis pour entraver le repli allemand dans la vallée du Rhône, participe à la destruction du pont de Tournus le 10 juillet 1944 et obtient le 10 août 1944 un important parachutage de matériel américain à Sennecey-le-Grand.

Les séquences, lieux et dates sont documentés par la notice officielle de l’Ordre de la Libération et reprises par la Fondation de la Résistance et des ressources MRN.

Camarades de combat

Ses principaux compagnons d’action identifiés dans les sources officielles sont Raymond « Mary » BASSET, Christian MARTELL et son frère Maurice MARTELL, Pierre GUILHEMON, Camille CHEVALIER et Joseph DUBAR alias « Jean BALLOIS » (chef d’Ali-France dans sa zone).

La notice de l’Ordre de la Libération cite directement ces acteurs et leurs interactions avec les missions de 1943-1944.

Retour à la vie civile

Après la Libération, il reprend son activité professionnelle puis entame une carrière politique d’envergure : maire de Lux (1953-1965), maire de Montceau-les-Mines (1965-1986), député de Saône-et-Loire (1958-1974, 1978-1981), ministre de la Qualité de la vie (1974-1976), sénateur (1986-1995).

Ces mandats et fonctions sont confirmés par l’Assemblée nationale, le Sénat et l’Ordre de la Libération.

Décorations

  • Compagnon de la Libération : par décret du 16 juin 1944 (source : Ordre de la Libération).
  • Légion d’honneur : élevé à la dignité de grand officier par décret du 31 décembre 1997, commandeur du 25 mai 1977 (source : Légifrance).
  • Croix de guerre 1939-1945 avec trois palmes ;
  • Médaille des évadés ;
  • Médaille des blessés ;
  • Médaille des services volontaires dans la France Libre ;
  • Military Medal,
  • Distinguished Conduct Medal,
  • King’s Medal for Courage in the Cause of Freedom (Royaume-Uni),
  • Medal of Freedom (États-Unis),
  • Officier de l’Ordre de Léopold
  • Croix de guerre belge,
  • Médaille de la Résistance polonaise en France (source : Ordre de la Libération).

Lorsque les dates de décret ne figurent pas sur les bases officielles en ligne pour les décorations autres que la Légion d’honneur et la croix de la Libération, la liste ci-dessus reprend l’énumération officielle fournie par l’Ordre.

Lieux de mémoire

Son nom figure sur le Mémorial des douze Compagnons de la Libération nés en Saône-et-Loire inauguré à Buxy le 16 octobre 2021.

Localement, sa mémoire est associée à la Libération de la Saône-et-Loire, notamment aux opérations de Tournus et de Sennecey-le-Grand évoquées par les ressources départementales et l’Ordre.

Références bibliographiques

  • Les chemins d’une destinée. André Jarrot, Eugène Condette, Éditions (références locales, Saône-et-Loire), année non précisée dans les bases consultées. Ouvrage consacré au parcours de Jarrot, de l’engagement clandestin aux responsabilités de délégué militaire, puis à la trajectoire politique ; utile pour la mise en contexte bourguignonne et l’articulation réseaux-BCRA.
  • Dictionnaire historique de la Résistance, dir. François Marcot, Robert Laffont, 2006. Outil de référence pour situer Jarrot dans l’écosystème des mouvements, réseaux et services (Ali-France, BCRA, missions d’infiltration) et croiser les notices des camarades de combat cités.
  • Agents secrets du général. Le BCRA 1940-1944, sous la dir. de Sébastien Albertelli, Presses universitaires de Rennes, 2020. Panorama scientifique sur le BCRA, ses méthodes, ses filières et ses personnels ; permet de contextualiser les missions « Armada » et l’emploi des délégués militaires. OpenEdition Books

Références internet

Homonymes et précisions
Ne pas confondre André Jarrot, résistant et homme politique, avec d’éventuels « Jarrot » cités dans d’autres corpus régionaux ; ses alias clandestins relevés dans les sources sont « Jean Goujon », « Cotre », « Crible » et « Pommeau ».

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