Pierre GUILHEMON, né le 6 novembre 1904 à Ghisoni (Corse), mort le 28 février 1989 à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), Français
Fils d’un gendarme, élevé entre la Corse, l’Aveyron et Lyon, Pierre Guilhemon travaille très tôt dans le commerce après le certificat d’études et accomplit son service militaire au 353e régiment d’artillerie portée.
Sportif et très mobile professionnellement dans les années 1930, il sillonne la France comme représentant, ce qui lui constitue un réseau d’amitiés et de relais qui s’avérera décisif dans la clandestinité.
Démobilisé en 1940 et refusant l’armistice, il s’engage à Chalon-sur-Saône dans l’aide aux évadés, puis rejoint le réseau d’évasion constitué autour de Christian Martell.
Sous le pseudonyme « Ambreuil », il participe à la prise en charge et au convoyage de milliers de prisonniers évadés, d’agents des Forces françaises combattantes et d’aviateurs alliés, jusqu’aux filières vers l’Espagne et Gibraltar.
Il opère d’abord dans le réseau Brandy (structure BCRA), puis, à partir de l’été 1943, il travaille avec André Jarrot et Raymond « Mary » Basset au montage des groupes francs locaux en Saône-et-Loire et dans l’Ain.
En 1944, il est rattaché au BCRA comme chargé de mission, au sein de la mission « Cannelle ».
Aux côtés de Jarrot et Basset, il joue un rôle de coordination et d’appui local lors des sabotages des 2-3 septembre 1943 contre l’alimentation électrique du Creusot et des postes de Germolles, Lacrost, Saint-Marcel-lès-Chalon et Pont-Jeanne-Rose, ainsi que lors des attaques ultérieures sur pylônes et barrage de Gigny.
Repassé par l’Angleterre au printemps 1944, formé parachutiste, il est largué en Saône-et-Loire le 9 juillet 1944 et contribue aux opérations de libération du département durant l’été.
Arrestation / évasion / déportation
Aucune arrestation documentée pour lui dans les sources officielles consultées ; il parvient à maintenir la clandestinité jusqu’à son passage en Espagne au printemps 1944, puis revient parachuté en juillet.
Camarades de combat
Ses compagnons les plus constants sont André Jarrot et Raymond Basset, ainsi que les équipes locales du réseau Brandy et des groupes francs mis en place en 1943-1944.
Retour à la vie civile
Détaché à la DGER à l’automne 1944, il sert ensuite brièvement à la Sûreté régionale de Lyon auprès de Basset, puis reprend une carrière d’agent commercial en Isère après sa démobilisation de septembre 1945.
Décorations
- Compagnon de la Libération par décret du 16 juin 1944 ;
- Chevalier de la Légion d’honneur ;
- Croix de guerre 1939-1945 ;
- King’s Medal for Courage in the Cause of Freedom (Royaume-Uni).
Les attributions et libellés sont confirmés par la notice officielle ; le décret de Compagnon est nominatif, la Légion d’honneur et la décoration britannique sont mentionnées sans date de décret sur la notice. Musée de l’Ordre de la Libération
Lieux de mémoire
Son nom et ses actions figurent dans les espaces documentaires de l’Ordre de la Libération et dans des ressources mémorielles régionales consacrées aux opérations « Armada » en Saône-et-Loire.
Références bibliographiques
- SOE in France, M. R. D. Foot, HMSO, 1966 (rééd. 2004). Ouvrage de référence sur les opérations clandestines en France ; il éclaire la coopération BCRA–SOE et situe les sabotages d’infrastructures électriques auxquels Guilhemon participe en 1943.
- Les services secrets du général de Gaulle. Le BCRA, 1940-1944, Sébastien Albertelli, Perrin, 2009 (rééd. 2018). Analyse structurée des réseaux d’évasion et d’action du BCRA ; utile pour comprendre la place du réseau Brandy et la montée en puissance des missions locales en 1943-1944.
- La Résistance en Saône-et-Loire. Occupation et Résistance, André Jeannet, JPM Éditions, 2003. Monographie locale détaillant les filières d’évasion autour de Chalon-sur-Saône et les sabotages de 1943-1944, avec mise en contexte des actions menées par Guilhemon.
Références internet
- Ordre de la Libération – notice « Pierre Guilhemon ». Biographie officielle complète, alias, réseaux d’appartenance, opérations « Armada », décorations et parcours après-guerre. URL : https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/pierre-guilhemon
- Musée de la Résistance en ligne – « Rapport de Raymond Basset (alias Gourmette) ». Document d’archive situant Guilhemon avec Jarrot et Basset dans les filières d’évasion et donnant des repères sur les sabotages. URL : https://museedelaresistanceenligne.org/media9317-Rapport-de-Raymond-Basset-alias-Gourmette-sur-des-oprations-de-sabotage
- Musée de la Résistance Zone 13 – « Mission Armada ». Fiche synthétique rappelant le rôle de Guilhemon dans la préparation et l’exécution des sabotages du 2-3 septembre 1943. URL : https://www.musee-resistance-zone13.fr/mission-armada/
- Fondation de la Résistance – « Portrait André Jarrot ». Notice qui précise la coopération Jarrot–Basset–Guilhemon lors d’« Armada ». URL : https://www.fondationresistance.org/recherche-et-documentation/ressources/portrait/andry-jarrot/