Maurice GUILLARD, né le 10 juin 1895 à Romorantin (Loir-et-Cher), mort le 15 avril 1945 à Marienburg (Allemagne)
Ancien combattant de la Grande Guerre, Maurice Guillard s’installe en Normandie et devient hôtelier-restaurateur, propriétaire du Central Hôtel à Étretat. Son activité commerciale, au contact quotidien des habitants et travailleurs, constitue un point d’observation privilégié dans une zone littorale stratégique fortement militarisée.
À partir de 1942, il est approché dans la sphère de l’Heure H et accepte de participer à la lutte clandestine. Son établissement devient un lieu où circulent informations et observations, dans un contexte où les chantiers allemands et les fortifications côtières se développent.
Il est rattaché aux structures de l’Heure H et à Alliance (SR Alliance) selon des ressources mémorielles locales et un document de lieu de mémoire publié par le Musée de la Résistance en ligne. Ces sources convergent pour le situer dans la Résistance de renseignement, sur le secteur d’Étretat, avec une articulation vers les circuits alliés.
Les sources locales décrivent un travail de surveillance de la zone côtière interdite d’Étretat, reposant sur la collecte d’informations auprès des travailleurs et sur l’observation des installations allemandes.
Le Musée de la Résistance en ligne précise son entrée dans la Résistance au sein d’Alliance et son intégration à une dynamique de groupe à Étretat, en lien avec des résistants arrêtés en mars 1944.
Arrestation / évasion / déportation
Il est arrêté en mars 1944, puis incarcéré à Rouen avant d’être transféré à Royallieu-Compiègne et déporté le 27 avril 1944 par le convoi dit « des tatoués » vers Auschwitz, où il reçoit le matricule 185711.
Il est ensuite transféré à Buchenwald, puis à Flossenbürg, et affecté au Kommando de Flöha. Lors de l’évacuation du Kommando en avril 1945, il est exécuté d’une balle dans la tête le 15 avril 1945 dans le secteur de Marienberg–Reitzenhain/Reitzenheim, dans le cadre des marches de la mort.
Son inhumation initiale sur place est suivie d’un transfert de sépulture vers un mémorial local en Saxe (informations portées par des ressources mémorielles).
Camarades de combat
Il apparaît associé à des résistants du secteur Étretat–Le Havre, dont André Lechevallier, et à des compagnons de déportation transférés dans les mêmes camps (Auschwitz, Buchenwald, Flossenbürg, Flöha). Les notices mémorielles l’inscrivent dans un groupe dont plusieurs membres connaissent la même chaîne répressive au printemps 1944.
Décorations
- Médaille de la Résistance à titre posthume par décret du 03 août 1946 JO 13 octobre 1946
- Côte du dossier : 1O29273
Des ressources mémorielles locales mentionnent la Légion d’honneur et la Croix de guerre 1939-1945 avec palme. Faute d’accès nominatif confirmé aux bases officielles de décorations lors de cette recherche, ces distinctions sont reprises comme informations issues de sites mémoriels, sans confirmation officielle ici.
Lieux de mémoire
Une place d’Étretat porte son nom, documentée par le Musée de la Résistance en ligne, qui fournit une photographie de la signalétique et un contexte historique. Son nom est également signalé sur des monuments commémoratifs à Étretat et au Havre par des sources mémorielles locales.
Références bibliographiques
Une famille normande dans la tourmente nazie. Vie et mort du réseau de résistance Salesman, Brigitte Garin, Wooz éditions, 2020. Ouvrage central pour comprendre le cadre Buckmaster/Salesman, l’Heure H et les dynamiques d’arrestations en 1944. Le lecteur y trouvera un récit contextualisé, des trajectoires de résistants et un éclairage sur les déportations vers Auschwitz, Buchenwald et Flossenbürg. Utile pour situer le secteur havrais et la région d’Étretat dans les logiques opérationnelles.
La Résistance expliquée à mes petits-enfants, Lucie Aubrac, Seuil, 2000.
Texte accessible donnant à voir l’expérience vécue de la clandestinité, la peur des arrestations, et les solidarités entre résistants. Sans être centré sur la Normandie, il permet de comprendre les ressorts humains et pratiques de l’engagement, particulièrement utiles pour contextualiser les parcours d’agents locaux de renseignement.
Les camps nazis. Réflexions sur l’expérience concentrationnaire, Nikolaus Wachsmann, Gallimard, 2017 (éd. française). Ouvrage de synthèse sur le système concentrationnaire, ses logiques administratives et sa violence, précieux pour comprendre les transferts entre Auschwitz, Buchenwald, Flossenbürg et leurs Kommandos. Le lecteur y trouvera des repères pour interpréter les conditions de survie, les marches de la mort et les exécutions sommaires d’avril 1945.
Références internet
Dictionnaire biographique des victimes du nazisme en Normandie (MRSH – Université Caen Normandie) Notice d’état civil et de répression indiquant naissance, domicile, déportation et décès, avec une chronologie de camps. La notice est concise mais stabilise les données essentielles ; elle contient toutefois une incohérence typographique sur l’année du décès entre deux lignes, signalée dans les observations.
https://mrsh.unicaen.fr/dictionnaire-victimes-nazisme-normandie/html/2334_guillard_maurice.html
Musée de la Résistance en ligne (Fondation de la Résistance – AERI)
Page de lieu de mémoire (« Place Maurice-Guillard, Étretat ») donnant une synthèse biographique, l’itinéraire concentrationnaire, la mention de l’exécution lors des marches de la mort et les repères mémoriels locaux. La page indique aussi les sources utilisées (Livre-Mémorial, GenWeb, état civil).
https://museedelaresistanceenligne.org/media9985-Place-Maurice-Guillard-A
Havrais en Résistance Notice mémorielle locale très développée décrivant missions de surveillance, conditions d’arrestation, transferts de camps et récit de la marche de la mort, avec signalement de cotes SHD et d’archives municipales. Source de contexte détaillé, à croiser pour les éléments de décorations. https://www.havrais-en-resistance.fr/20971-2/entry/33000/
Dossier d’homologation consulté : non – cote SHD
Des cotes sont signalées par une base mémorielle locale : SHD Vincennes GR 16 P 277767 et GR 13 P 131 (fonds « L’Heure H ») ; SHD Caen AC 21 P 460 114.
Observations orthographiques et de recherche
La notice universitaire normande présente une discordance interne : une ligne mentionne « décédé le 15 avril 1944 », tandis qu’une autre précise « 15-4-1945 ». Les sources mémorielles et la chronologie de la marche d’évacuation convergent vers avril 1945 ; la date retenue ici est donc le 15 avril 1945, en signalant l’incohérence de saisie. Les bases officielles de décorations n’ont pas pu être exploitées nominativement au moment de la recherche ; les décorations mentionnées restent donc non confirmées officiellement dans cette fiche. Aucune photo d’époque du résistant n’a été retrouvée dans les bases officielles consultées ; une photographie de lieu (place) existe dans une base institutionnelle.
Sources consultées le 8 février 2026
- Maitron Résistance : absence confirmée d’une notice nominative directement accessible ; consultation indirecte via références mentionnées sur des pages de lieux mémoriels.
- Fondation de la Résistance / AERI : consultation via le Musée de la Résistance en ligne (page de lieu) apportant synthèse, sources et mémoire locale.
- Musée de la Résistance en ligne : source institutionnelle utilisée pour la page « Place Maurice-Guillard, Étretat » et son contexte historique.
- Mémoire des Hommes : site inaccessible au moment de la recherche (erreurs d’accès lors de l’ouverture).
- Musée de la Résistance de Champigny-sur-Marne : absence confirmée d’une notice nominative accessible.
- Ordre de la Libération : consultation tentée sans résultat nominatif exploitable au moment de la recherche.
- Base Léonore : absence confirmée dans les résultats accessibles ; aucune notice nominative ouverte.
- Gallica BnF : absence confirmée d’un document nominatif directement exploitable.
- SHD : consultation indirecte via cotes signalées par des notices (pas de dossier numérisé consulté).
- Légifrance : absence confirmée d’un décret nominatif retrouvé en accès direct dans les résultats consultés.
- Dictionnaire biographique des victimes du nazisme en Normandie (MRSH) : source d’état civil et de répression (notice courte).
- Havrais en Résistance : source principale de récit circonstancié, mémoire et cotes d’archives locales.