La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

La forme principale retenue est « Fédération nationale de la Presse clandestine », abrégée FNPC. Les sources utilisent également « Fédération nationale de la presse clandestine » et, dans l’intitulé retenu par l’Ordre de la Libération pour la collectivité décorée, « Fédération de la presse clandestine ». Il s’agit d’une organisation clandestine de coordination de la presse résistante, et non d’un réseau de renseignement ou d’un maquis.

Une « Commission de la presse clandestine » précède la FNPC en 1943. Le Musée de la Résistance en ligne indique que cette commission devient ensuite la Fédération nationale de la Presse clandestine.

Création du réseau

La Fédération nationale de la Presse clandestine est fondée à la fin de l’année 1943. Plusieurs sources, notamment les Archives nationales et la Fondation de la Résistance, précisent le mois de novembre 1943.

Sa création répond à la nécessité de coordonner les nombreux journaux issus des mouvements et organisations de Résistance et de préparer leur passage de la clandestinité à une presse légalement publiée après la Libération. Elle doit également contribuer à définir les conditions dans lesquelles les anciens journaux ayant poursuivi leur parution sous contrôle allemand ou vichyste seront remplacés par des titres issus de la Résistance.

Albert BAYET, membre de Franc-Tireur, préside son bureau permanent. La Commission de la presse clandestine qui précède la fédération compte notamment Albert BAYET, Jean-Daniel JURGENSEN et Jean TEXCIER.

Organisation interne

La structure centrale est le bureau permanent de la FNPC, présidé par Albert BAYET. Sa fonction est de coordonner les représentants des principaux organes de la presse clandestine et de préparer matériellement, administrativement et politiquement leur reparution publique.

Claude BELLANGER est membre du bureau permanent de la FNPC en 1943-1944. Il est parallèlement coopté à la Commission de l’Information du Conseil national de la Résistance, ce qui illustre les liens étroits entre les deux structures.

La documentation du Musée de la Résistance en ligne cite également Albert BAYET, Jean-Daniel JURGENSEN et Jean TEXCIER parmi les membres de la structure issue de la Commission de la presse clandestine.

La FNPC n’est pas structurée sur un modèle militaire avec régions, bataillons ou groupes francs. Son organisation est fonctionnelle : représentants de journaux et mouvements, bureau permanent et liaisons avec les institutions clandestines de préparation de la Libération.

Actions menées pendant la Résistance

La première mission est de coordonner les efforts de la presse résistante. La presse clandestine avait connu depuis 1940 une multiplication considérable de titres, souvent liés aux mouvements de Résistance. La création de la FNPC vise à donner à ces publications une représentation commune et à préparer leur avenir après la disparition de la censure allemande et vichyste.

La Fédération prépare une liste des journaux clandestins appelés à paraître légalement au moment de la Libération. Cette préparation est menée en liaison étroite avec la Commission de l’Information du Conseil national de la Résistance et avec le Comité parisien de la Libération.

À Paris, France, la FNPC participe directement à la préparation de la prise de possession des locaux et imprimeries abandonnés par les journaux ayant paru sous l’Occupation. Le 21 août 1944, les instances résistantes concernées investissent des locaux de presse. Dans la nuit du 21 au 22 août, les journaux issus de la clandestinité sont composés et imprimés. Le 22 août 1944, plusieurs titres de la Résistance paraissent publiquement et sont vendus jusque sur les barricades de Paris insurgé.

L’action de la FNPC est donc principalement politique, administrative, éditoriale et matérielle. Elle ne mène pas en tant que telle de sabotages ou d’opérations militaires, même si nombre des journaux et mouvements qu’elle représente appartiennent à des organisations engagées dans d’autres formes de lutte.

Liens avec d’autres réseaux ou mouvements

La FNPC travaille en liaison directe avec le Conseil national de la Résistance. La Commission de l’Information du CNR est présidée par Pierre HERVÉ. Les deux structures collaborent notamment à l’établissement de la liste des journaux autorisés à paraître après la Libération.

Elle agit également avec le Comité parisien de la Libération dans la préparation de la reprise des locaux de presse et de la sortie des journaux clandestins au grand jour.

Ses membres sont issus de différents mouvements ou titres de Résistance. Albert BAYET est associé à Franc-Tireur ; Jean TEXCIER est lié à Libération-Nord et à la presse clandestine ; Claude BELLANGER appartient au dispositif de coordination de la presse résistante. Cette pluralité traduit la vocation fédérative de la structure.

Chefs et figures marquantes

Albert BAYET, pseudonyme « Dumont » dans la Résistance, est membre de Franc-Tireur et président du bureau permanent de la Fédération nationale de la Presse clandestine. Il participe en 1944 à l’Assemblée consultative provisoire au titre de Franc-Tireur. Il survit à la guerre et poursuit après la Libération une activité importante dans les organismes de presse.

Claude BELLANGER est membre du bureau permanent de la FNPC en 1943-1944 et est coopté à la Commission de l’Information du CNR. Il survit à la guerre et devient après la Libération l’une des personnalités importantes de la presse française.

Jean-Daniel JURGENSEN participe à la Commission de la presse clandestine puis à la FNPC. Engagé par ailleurs dans la Résistance, il survit à la guerre et poursuit une carrière publique après 1945.

Jean TEXCIER participe à la Commission de la presse clandestine. Résistant et journaliste clandestin, il est notamment l’auteur des Conseils à l’occupé et intervient dans les structures de Libération-Nord. Il survit à la guerre.

Pierre HERVÉ préside la Commission de l’Information du CNR avec laquelle la FNPC travaille en liaison étroite. Il ne doit donc pas être présenté comme président ou dirigeant de la FNPC. Il siège au Conseil national de la Résistance en 1944 et survit à la guerre.

Victimes et morts

La fédération est créée tardivement, à la fin de 1943, comme organisme de coordination, et les sources institutionnelles ne recensent pas de membres tués spécifiquement en raison de leur activité au sein de cette structure.

Cette absence de bilan propre à la FNPC ne doit pas être interprétée comme une absence de victimes dans la presse clandestine française. De nombreux journalistes, imprimeurs, distributeurs et responsables de journaux résistants ont été arrêtés, fusillés ou déportés, mais ils ne peuvent être imputés à la FNPC sans preuve d’une appartenance effective à celle-ci.

Survivants identifiés

Albert BAYET, Claude BELLANGER, Jean-Daniel JURGENSEN, Jean TEXCIER et Pierre HERVÉ survivent à la guerre. Pour Pierre HERVÉ, la mention concerne son rôle de responsable de la Commission de l’Information du CNR en liaison avec la FNPC, et non une appartenance certaine au bureau permanent de la fédération.

Fin du réseau

La FNPC ne disparaît pas par démantèlement. Sa mission clandestine s’achève avec la Libération et le retour à une presse légalement publiée. Elle constitue l’une des origines institutionnelles de la Fédération nationale de la Presse française, créée à la Libération. FranceArchives indique explicitement que cette dernière est issue de la Fédération nationale de la Presse clandestine.

Le passage de la FNPC à une organisation professionnelle publique accompagne donc la transformation des journaux clandestins en organes de presse légaux et la réorganisation de l’ensemble du secteur après août 1944.

Conséquences et mémoire

L’importance historique de la FNPC réside dans son rôle à la charnière entre la presse clandestine de l’Occupation et la presse française de la Libération. Elle contribue à établir quels journaux issus de la Résistance pourront paraître publiquement et participe à l’organisation matérielle de leur installation dans les locaux laissés vacants par la presse compromise sous l’Occupation.

Son action s’inscrit dans le processus conduisant aux grandes réformes de la presse de la Libération, notamment les mesures adoptées en août et septembre 1944 concernant l’interdiction de reparution des titres compromis, la mise sous séquestre de leurs biens et leur attribution à de nouveaux journaux. Les sources publiques sur l’histoire de la presse française placent la création de la FNPC parmi les étapes préparatoires essentielles de cette réorganisation.

La Fédération de la presse clandestine reçoit la Médaille de la Résistance française par décret du 31 mars 1947. L’Ordre de la Libération la compte parmi les quinze collectivités civiles décorées.

Divergences entre les sources

Une divergence mineure concerne la datation de la création. L’Ordre de la Libération et le Musée de la Résistance en ligne indiquent « fin 1943 », tandis que la Fondation de la Résistance, les Archives nationales et plusieurs travaux historiques précisent novembre 1943. La date de novembre 1943 peut donc être retenue comme la précision la mieux recoupée.

La terminologie varie également. Les sources parlent de « Fédération nationale de la Presse clandestine », « Fédération nationale de la presse clandestine » ou « Fédération de la presse clandestine ». Il ne s’agit pas d’organisations différentes. L’appellation FNPC est retenue pour la structure clandestine ; « Fédération de la presse clandestine » correspond notamment à l’intitulé de la collectivité décorée par le décret du 31 mars 1947.

Il faut enfin distinguer la Commission de la presse clandestine constituée en 1943, la FNPC qui lui succède, la Commission de l’Information du CNR présidée par Pierre HERVÉ et la Fédération nationale de la Presse française de l’après-Libération. Ces organismes entretiennent des relations organiques ou fonctionnelles étroites mais ne doivent pas être confondus.

Références bibliographiques

La Presse clandestine 1940-1944, Claude Bellanger, Paris, Armand Colin, 1961. Étude classique consacrée à la presse clandestine française, rédigée par un acteur lui-même membre du bureau permanent de la FNPC.

Histoire de la Résistance en France, Jean-François Muracciole, Paris, Presses universitaires de France, collection « Que sais-je ? », plusieurs éditions. L’ouvrage rappelle la création de la FNPC en novembre 1943 afin de coordonner la presse clandestine et de préparer la Libération.

Histoire générale de la presse française, tome IV : de 1940 à 1958, sous la direction de Claude Bellanger, Jacques Godechot, Pierre Guiral et Fernand Terrou, Paris, Presses universitaires de France, 1975. Ouvrage de référence pour l’histoire de la presse clandestine, de la Libération et de la réorganisation professionnelle de la presse.

La Libération de Paris, 19-26 août 1944, Jean-François Muracciole, Paris, Tallandier, 2013. Ouvrage utile pour le rôle de la FNPC et des institutions résistantes durant l’insurrection et la reparution publique des journaux clandestins.

Références internet

Fiabilité

Fiabilité A — Fiabilité excellente. L’existence de la FNPC, sa création à la fin de 1943 et plus précisément en novembre 1943, son bureau permanent présidé par Albert BAYET, sa coopération avec la Commission de l’Information du CNR et le Comité parisien de la Libération, son rôle dans la sortie publique des journaux clandestins en août 1944 et l’attribution de la Médaille de la Résistance par décret du 31 mars 1947 sont établis par plusieurs sources institutionnelles et archivistiques concordantes.

Sources consultées

Maitron Résistance — Recherche de l’organisation et de ses principaux responsables. Aucune notice autonome de la FNPC retrouvée, mais plusieurs notices individuelles utiles ont été identifiées : Albert BAYET, Claude BELLANGER, Jean-Daniel JURGENSEN, Jean TEXCIER et Pierre HERVÉ. https://maitron.fr/

Fondation de la Résistance — Recherche « Fédération nationale de la presse clandestine » effectuée ; documentation historique retrouvée, notamment une synthèse précisant la création de la FNPC en novembre 1943. https://www.fondationresistance.org/

Musée de la Résistance en ligne – Fondation de la Résistance, département AERI — Notice directement consacrée à la « Fédération de la presse clandestine » retrouvée et exploitée. https://museedelaresistanceenligne.org/media2928-Fdration-de-la-presse-clandestine

Mémoire des Hommes – ministère des Armées — Recherche sur l’organisation effectuée ; aucune notice organisationnelle directement exploitable retrouvée. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

 Ordre de la Libération — Notice officielle de la collectivité retrouvée ; attribution de la Médaille de la Résistance par décret du 31 mars 1947 confirmée. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/les-collectivites-medaillees

Gallica – Bibliothèque nationale de France — Recherches sur la FNPC, la presse clandestine, Albert Bayet et différents journaux résistants effectuées. Les collections numérisées permettent de documenter le contexte général de la presse clandestine mais aucune notice institutionnelle autonome de la FNPC n’a été retenue comme source principale. https://gallica.bnf.fr/

Service historique de la Défense — Recherche « Fédération nationale de la Presse clandestine » et variantes effectuée ; aucun dossier numérisé directement consacré à la FNPC n’a été identifié parmi les résultats accessibles examinés. L’inventaire des archives de la guerre comporte en revanche des ensembles relatifs à la presse en France occupée et aux forces de Résistance. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/

FranceArchives / Archives nationales — Notices et inventaires consultés ; confirmation de la création de la FNPC en novembre 1943 et de la filiation entre celle-ci et la Fédération nationale de la Presse française. https://francearchives.gouv.fr/

Bibliothèque nationale de France – Les Essentiels — Documentation consultée sur la réorganisation de la presse française après 1944 et sur la Fédération nationale de la Presse française issue des structures nées dans la clandestinité. https://essentiels.bnf.fr/

Vie publique / Conseil économique et social — Rapport historique consulté sur les évolutions de l’industrie de la presse ; il confirme la création de la FNPC à la fin de 1943 et son rôle dans la préparation du statut de la presse de la Libération. https://www.vie-publique.fr/

Wikipédia — Consulté uniquement comme outil complémentaire de repérage pour Albert Bayet et la Fédération nationale de la Presse française ; aucune donnée non recoupée par Maitron, FranceArchives, l’Ordre de la Libération ou le Musée de la Résistance en ligne n’a été retenue. https://fr.wikipedia.org/

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