La forme principale retenue est « Association des Français de Grande-Bretagne ». Les sources consultées emploient également « Association des Français de Grande Bretagne », sans trait d’union, mais aucune autre appellation clandestine ni nom de code n’a été identifié.
Il s’agit d’une association civile française constituée en Grande-Bretagne après l’armistice de juin 1940 pour regrouper les Français établis dans le pays qui refusaient l’armistice et entendaient contribuer à la libération de la France. L’Ordre de la Libération la classe parmi les collectivités civiles médaillées de la Résistance.
Création de l’Association
L’association est issue du regroupement, après l’appel du 18 juin 1940, de ressortissants français présents en Grande-Bretagne qui refusent de reconnaître l’armistice et choisissent de soutenir la France libre. Les sources institutionnelles consultées ne donnent pas de jour précis de fondation ni de liste incontestable des fondateurs ; il n’est donc pas possible de fixer une date plus précise que l’année 1940. Le Musée de la Résistance en ligne définit ses objectifs comme le ralliement des Français de Grande-Bretagne à l’appel du 18 juin 1940, le soutien à la France libre puis à la France combattante, l’organisation de manifestations d’intérêt national, l’assistance aux réfugiés et l’aide à la scolarisation de jeunes Français.
Son siège et son activité se situent principalement à Londres, Grande-Bretagne. L’expression « Resurgam 1940 », figurant sur son insigne avec les drapeaux français et britannique, constitue une devise et non un nom clandestin.
Organisation interne
La documentation institutionnelle accessible en ligne décrit mieux les missions de l’association que son organigramme. Aucun état complet et suffisamment vérifié de sa présidence, de son conseil ou de ses subdivisions pendant toute la période 1940-1944 n’a été retrouvé dans les bases systématiquement consultées. Il n’est donc pas retenu de hiérarchie nominative qui ne serait établie que par des sources secondaires isolées.
L’association fédère ou soutient différentes initiatives de la communauté française du Royaume-Uni et entretient des rapports étroits avec les organismes de la France libre. Elle joue un rôle d’interface entre les Français demeurant civils en Grande-Bretagne, les institutions françaises libres et la société britannique. L’Ordre de la Libération souligne notamment son soutien aux sociétés françaises établies au Royaume-Uni.
Actions menées pendant la Résistance
L’activité de l’association est essentiellement civile, sociale, patriotique et propagandiste. Elle apporte une assistance aux Français réfugiés ou résidant en Grande-Bretagne, aux victimes civiles de la guerre et aux jeunes Français poursuivant leur scolarité, notamment par l’attribution de bourses. Elle contribue parallèlement à renforcer la cohésion de la communauté française ralliée à la France libre et à entretenir les relations franco-britanniques.
L’association organise de grandes manifestations publiques destinées à entretenir la mobilisation autour de la France libre. Le 18 juin 1941, elle organise au Cambridge Theatre, Londres, Grande-Bretagne, une commémoration du premier anniversaire de l’appel du général de Gaulle. La cérémonie est présidée par l’amiral Émile MUSELIER ; René CASSIN y prononce une intervention consacrée à la France libre au combat.
En 1942, deux grands rassemblements se tiennent à l’Albert Hall, Londres, Grande-Bretagne, les 18 juin et 11 novembre. Charles de GAULLE y prononce des discours destinés à affirmer la continuité et la légitimité du combat français. Une nouvelle manifestation organisée à l’Albert Hall le 18 juin 1943 accueille notamment Pierre BROSSOLETTE, revenu d’une mission clandestine en France.
L’association exerce également une activité dans le domaine de l’information. Le quotidien France : liberté, égalité, fraternité paraît à Londres sous son patronage pendant la guerre. Des exemplaires conservés par la Bibliothèque nationale de France attestent cette relation dès 1940.
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
Le lien essentiel est celui entretenu avec la France libre puis la France combattante. L’association ne doit toutefois pas être confondue avec les Forces françaises libres, le Bureau central de renseignements et d’action ou un réseau clandestin opérant en territoire occupé. Sa fonction est celle d’une organisation civile de soutien, de mobilisation et d’assistance en Grande-Bretagne.
Ses activités la mettent en relation directe avec les responsables politiques et militaires de la France libre, notamment Charles de GAULLE, René CASSIN et Émile MUSELIER, ainsi qu’avec les autorités et la société britanniques. L’Ordre de la Libération souligne que son action quotidienne a contribué à maintenir des relations d’étroite confiance avec les Alliés.
Chefs et figures marquantes
Les sources institutionnelles consultées n’ont pas permis d’établir avec une sécurité suffisante une liste complète des présidents et dirigeants statutaires de l’Association des Français de Grande-Bretagne pendant la guerre. Aucun nom n’est donc attribué artificiellement à la direction de l’association.
Émile MUSELIER préside la manifestation organisée par l’association le 18 juin 1941 au Cambridge Theatre. Cette présidence de cérémonie ne permet pas de le qualifier de président de l’association. Il poursuit la guerre dans les rangs de la France libre et survit au conflit.
René CASSIN participe aux manifestations organisées par l’association et prononce le discours principal de la commémoration du 18 juin 1941. Il appartient alors aux plus hautes instances civiles de la France libre. Il survit à la guerre.
Pierre BROSSOLETTE intervient lors de la manifestation du 18 juin 1943 organisée à l’Albert Hall par l’association. Il n’en est pas présenté comme dirigeant. Résistant de l’Intérieur et agent de la France libre, il est arrêté en 1944 et meurt à Paris, France, le 22 mars 1944 après s’être défenestré au siège de la Gestapo avenue Foch afin de ne pas céder sous la torture. Son intervention à une cérémonie de l’association témoigne du rôle de celle-ci dans la mise en relation symbolique de la France libre extérieure et de la Résistance intérieure.
Victimes et morts
Aucune liste de membres de l’Association des Français de Grande-Bretagne morts du fait de leurs activités au sein de cette association n’a été retrouvée dans les sources institutionnelles consultées. L’association et les Français qu’elle soutient vivent néanmoins les bombardements allemands sur la Grande-Bretagne. Le Musée de la Résistance en ligne indique qu’elle partage les épreuves des bombardements avec la population britannique.
Pierre BROSSOLETTE, cité dans la présente fiche en raison de son intervention à la manifestation du 18 juin 1943, n’est pas une victime de l’association elle-même et ne doit pas être intégré à un éventuel bilan humain de celle-ci.
Survivants identifiés
Émile MUSELIER et René CASSIN, directement associés aux manifestations organisées par l’association et mentionnés par les sources institutionnelles, survivent à la guerre. Les sources consultées ne fournissent pas de liste nominative complète des adhérents permettant d’établir un état exhaustif des survivants.
Fin de l’Association
L’Association des Français de Grande-Bretagne n’étant pas un réseau clandestin, elle ne connaît ni démantèlement par les forces allemandes ni intégration aux Forces françaises de l’intérieur. Sa fonction spécifique de mobilisation des Français établis au Royaume-Uni et de soutien à la France libre perd progressivement sa raison d’être avec la libération du territoire et le rétablissement des institutions françaises en France.
Aucune date certaine de dissolution de l’association n’a été établie dans les sources institutionnelles consultées. Le journal France, publié avec son patronage, poursuit pour sa part sa publication au-delà de la Libération.
Conséquences et mémoire
L’action de l’association reçoit une reconnaissance officielle particulièrement précoce. Elle est décorée de la Médaille de la Résistance française par décret du 31 mai 1943, alors que la guerre est encore en cours. Elle fait partie des quinze collectivités civiles auxquelles cette distinction est attribuée.
Cette décoration reconnaît une forme de Résistance différente de l’action armée ou clandestine menée en territoire occupé : maintien de la cohésion nationale à l’étranger, soutien à la France libre, assistance aux réfugiés et aux familles, actions de propagande patriotique et entretien des relations franco-britanniques. Cette qualification résulte directement des missions retenues par l’Ordre de la Libération et non d’une assimilation à un réseau de renseignement ou d’action.
L’insigne conservé par le musée de l’Ordre de la Libération porte les drapeaux britannique et français ainsi que la devise « Resurgam 1940 ». Il constitue aujourd’hui l’un des objets matériels associés à la mémoire de l’organisation.
Divergences et précautions
Aucune source institutionnelle consultée ne permet de fixer avec précision le jour de constitution de l’association en 1940 ni de dresser avec certitude la liste de ses fondateurs ou de ses présidents successifs. Ces éléments ne sont donc pas complétés à partir de sources secondaires insuffisamment recoupées.
Il convient également de ne pas confondre l’Association des Français de Grande-Bretagne avec l’Association des Français libres, les Forces françaises libres ou les différents organismes officiels de la France libre installés à Londres. Ces structures peuvent compter des membres communs ou agir dans un même environnement, mais elles sont institutionnellement distinctes.
Références bibliographiques
La France libre. De l’appel du 18 Juin à la Libération, Jean-Louis Crémieux-Brilhac, Paris, Gallimard, 1996. Ouvrage de référence pour replacer les activités civiles, politiques et propagandistes des Français établis en Grande-Bretagne dans l’histoire générale de la France libre.
La Médaille de la Résistance française, Association nationale des médaillés de la Résistance française, Paris, Lavauzelle, 2002. Ouvrage utilisé par le Musée de la Résistance en ligne pour documenter les collectivités titulaires de la Médaille de la Résistance.
Un certain jour de juin. La Grande-Bretagne et le général de Gaulle, 1940, ouvrage collectif du Franco-British Council, comprenant l’étude de Jean-Louis Crémieux-Brilhac « Du 18 Juin aux 18 juin ». Cette publication est citée comme source par le Musée de la Résistance en ligne pour l’histoire des manifestations organisées par l’association.
Références internet
Ordre de la Libération — Notice officielle des collectivités civiles médaillées de la Résistance, avec présentation de l’Association des Français de Grande-Bretagne, de ses objectifs et de sa décoration par décret du 31 mai 1943. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/les-collectivites-medaillees
Musée de la Résistance en ligne – Fondation de la Résistance, département AERI — Notice « Association des Français de Grande-Bretagne », présentant ses objectifs, son action et les commémorations organisées à Londres. https://museedelaresistanceenligne.org/media2862-Association-des-Franais-de-Grande-Bretagne
Bibliothèque nationale de France – Gallica — Collection du journal France : liberté, égalité, fraternité, quotidien paraissant à Londres avec le patronage de l’Association des Français de Grande-Bretagne. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1070840c
Musée de la Résistance en ligne — Notice consacrée à l’intervention de Pierre Brossolette lors de la manifestation organisée à l’Albert Hall le 18 juin 1943. https://museedelaresistanceenligne.org/media6185-Pierre-Brossolette-lAlbert-Hall-Londres-le-18-juin-1943
Fiabilité
Fiabilité A — Fiabilité excellente pour l’existence de l’organisation, sa qualification, ses principales missions, ses manifestations publiques et l’attribution de la Médaille de la Résistance. Ces éléments sont établis par des sources institutionnelles croisées : Ordre de la Libération, Musée de la Résistance en ligne/Fondation de la Résistance et Bibliothèque nationale de France. La documentation demeure plus limitée concernant l’organigramme statutaire précis et la date exacte de fondation ; aucune donnée non suffisamment établie n’a été ajoutée.
Sources consultées —
Maitron Résistance — Recherches sur l’intitulé de l’association et sur les principales personnalités citées ; aucune notice organisationnelle consacrée à l’Association des Français de Grande-Bretagne retrouvée. https://maitron.fr/
Fondation de la Résistance — Recherche sur l’association effectuée ; documentation exploitée principalement au travers du Musée de la Résistance en ligne, département AERI de la Fondation. https://www.fondationresistance.org/
Musée de la Résistance en ligne — Notice directement consacrée à l’Association des Français de Grande-Bretagne retrouvée et exploitée. https://museedelaresistanceenligne.org/media2862-Association-des-Franais-de-Grande-Bretagne
Mémoire des Hommes – ministère des Armées — Recherche sur l’organisation effectuée ; aucune notice organisationnelle directement exploitable retrouvée. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/
Ordre de la Libération — Notice officielle de la collectivité retrouvée ; attribution de la Médaille de la Résistance par décret du 31 mai 1943 confirmée. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/les-collectivites-medaillees
Gallica – Bibliothèque nationale de France — Recherche « Association des Français de Grande-Bretagne » effectuée ; plusieurs numéros du journal France : liberté, égalité, fraternité publié à Londres avec son patronage ont été retrouvés. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1070840c
Service historique de la Défense — Recherche sur l’association et sur les organisations françaises en Grande-Bretagne effectuée ; aucun fonds numérisé directement consacré à l’association n’a été identifié dans les résultats consultés. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/
FranceArchives — Recherche sur les archives concernant la presse et les organismes français de Grande-Bretagne effectuée ; présence de documents relatifs au journal France sous patronage de l’association. https://francearchives.gouv.fr/
Wikipédia — Consulté uniquement en complément pour repérage ; aucune donnée non recoupée par une source de niveau supérieur n’a été retenue dans la fiche. https://fr.wikipedia.org/