La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

Le 20 juillet 1944 à l’aube, le Corps franc de la Montagne Noire subit une offensive allemande de grande ampleur. Les sources mémorielles de la Fondation de la Résistance indiquent qu’après le mitraillage de véhicules allemands la veille sur la nationale 113, les camps du massif sont bombardés par l’aviation, puis attaqués par des fantassins appuyés par des blindés.

Le camp de La Galaube est l’un des premiers frappés. Henri SÉVENET, cofondateur du Corps franc et dit « commandant Mathieu », y est tué par un éclat de bombe.

L’attaque ne se limite pas à La Galaube mais s’inscrit dans une manœuvre d’encerclement du massif. Les maquisards résistent plusieurs heures, causent des pertes à l’ennemi, puis décrochent par petits groupes séparés. Les camps subissent de lourdes pertes matérielles et doivent être abandonnés, mais le groupement n’est pas détruit. Il se reconstitue quelques semaines plus tard.

Circonstances

Le Corps franc de la Montagne Noire est alors l’un des plus puissants groupements résistants de la région R4, rassemblant des combattants de plusieurs origines nationales et disposant d’un important armement issu des parachutages alliés. Son autonomie, son effectif important et certaines opérations spectaculaires, notamment le défilé de Revel du 14 juillet 1944 et l’attaque du 19 juillet sur la nationale 113, contribuent à provoquer la réaction allemande. L’offensive du 20 juillet doit donc être comprise comme une opération de destruction d’un maquis jugé stratégiquement dangereux.

Héros et figures marquantes

Henri SÉVENET est la principale figure associée au camp de La Galaube. Officier lié au SOE, il joue un rôle central dans la création, l’armement et l’organisation du Corps franc de la Montagne Noire avant d’être tué le 20 juillet.

Roger MOMPEZAT, dit « commandant Roger », est l’autre grand fondateur du groupement.

Bernard de KERVENOAËL, instructeur militaire, encadre aussi la formation des combattants. Les sources consultées ne permettent pas toujours, pour le seul secteur de La Galaube, de distinguer nominativement tous les responsables tactiques présents à la minute de l’attaque.

Victimes

Les sources consultées établissent avec certitude la mort d’Henri SÉVENET à La Galaube. Elles confirment aussi que l’ensemble des combats du 20 juillet 1944 dans le massif fait plusieurs morts parmi les résistants, sans que toutes les notices accessibles en ligne distinguent clairement, camp par camp, la totalité des noms. Le fait le plus solidement documenté pour La Galaube est donc la mort de SÉVENET, première victime de la journée dans ce secteur.

Survivants

Une partie importante des maquisards du Corps franc survit à l’offensive en décrochant par petits groupes. Cette dispersion organisée permet au groupement de se reconstituer ensuite. Les sources consultées n’autorisent pas une liste nominative sûre de tous les survivants spécifiquement présents à La Galaube le 20 juillet. Roger MOMPEZAT, en revanche, survit à l’attaque et demeure l’une des figures majeures de la mémoire du Corps franc.

Conséquences

Sur le plan militaire immédiat, les Allemands détruisent ou dispersent les camps du secteur, mais ne parviennent pas à anéantir le Corps franc de la Montagne Noire. Sur le plan symbolique, la mort de SÉVENET fait de La Galaube un lieu majeur de mémoire du maquis. Après la Libération, des éléments du Corps franc rejoignent la Première Armée française et poursuivent la guerre en Alsace et en Forêt-Noire.

Mémoire et lieux commémoratifs

Le camp de La Galaube est commémoré par une stèle sur la commune d’Arfons, relevée par MémorialGenWeb. Le massif conserve aussi d’autres monuments liés aux combats du 20 juillet 1944, notamment l’ossuaire de Fontbruno. Ces lieux structurent la mémoire des combats du Corps franc de la Montagne Noire dans le Tarn et l’Aude.

Références bibliographiques

Le Corps franc de la Montagne Noire : journal de marche avril-septembre 1944 Roger MOMPEZAT, Imprimerie ouvrière, 1958. Il s’agit de la source imprimée la plus directement liée aux opérations du maquis. Le volume suit la création du Corps franc, ses parachutages, ses combats et la journée du 20 juillet 1944.

La Résistance à Toulouse et dans la région R4 José CUBERO, Éditions Sud Ouest, 2005. Cet ouvrage replace les combats de la Montagne Noire dans la région FFI R4 et dans les relations parfois tendues entre maquis autonomes et commandement régional.

Histoire de la Résistance en France Henri NOGUÈRES, Robert Laffont, 1981. Cette synthèse générale éclaire le contexte de l’été 1944, la militarisation des maquis et la logique des grandes offensives allemandes contre les concentrations résistantes.

Les vérités cachées de la Libération Dominique LORMIER, Éditions du Rocher, 2024. L’auteur revient sur plusieurs combats de maquis, dont celui de la Montagne Noire, avec renvoi à des archives militaires françaises et allemandes. Cette lecture doit être utilisée en complément et recoupée, ce que permettent ici les autres sources.

Dictionnaire historique de la Résistance sous la direction de François MARCOT, Robert Laffont, 2006. Outil utile pour le repérage des organisations, des chefs et des unités de la Résistance régionale.

Références internet

Musée de la Résistance en ligne La notice « Combats de la Montagne noire des 20 et 21 juillet 1944 » est la meilleure synthèse en ligne pour le contexte, les effectifs, le déroulement général de l’offensive allemande et ses conséquences. https://museedelaresistanceenligne.org/media1222-Combats-de-la-Montagne-noire-des-20-et-21-juillet-1944

Musée de la Résistance en ligne La notice biographique d’Henri SÉVENET précise son rôle dans la création du Corps franc et établit sa mort à La Galaube sous les éclats du bombardement. https://www.museedelaresistanceenligne.org/personnedetail.php?id=46222

Ordre de la Libération La notice sur Roger MOMPEZAT confirme la structuration du Corps franc, les parachutages et l’ampleur régionale du groupement. Elle est utile pour replacer La Galaube dans l’histoire de l’unité. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/roger-mompezat

Maitron La notice d’Henri SÉVENET confirme le lieu exact de sa mort à La Galaube et la cause de son décès. https://maitron.fr/sevenet-henri-martin-paul-marie-alias-h-thomas-rodolphe-mathieu/

MémorialGenWeb Le relevé de la stèle du camp de La Galaube atteste la mémoire monumentale du site et sa localisation commémorative actuelle. https://www.memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/com_global.php?comm=Arfons&dpt=81&insee=81016

Sources consultées : Musée de la Résistance en ligne, Ordre de la Libération, Maitron, MémorialGenWeb, FranceArchives, Wikipédia recoupée. Date de vérification : 8 mars 2026.

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