Entre le 1er et le 3 août 1944, Valmanya, dans les Pyrénées-Orientales, est attaqué dans le cadre d’une opération allemande appuyée par des miliciens et par des éléments de la douane allemande, dirigée contre le maquis FTPF Henri Barbusse installé à la Pinosa, au-dessus du village.
Les sources concordent sur le fait que la population est en grande partie prévenue à temps et gagne la montagne, tandis que les maquisards cherchent à ralentir la progression ennemie pour couvrir le repli.
L’opération se solde par le pillage puis l’incendie du village, presque entièrement détruit, ainsi que par l’exécution de civils restés sur place et de maquisards capturés.
Le point de combat principal se situe à la fois sur les accès au village et sur le site minier de la Pinosa. Les hommes du maquis résistent mais doivent finalement décrocher faute d’égalité de moyens et de munitions suffisantes. Julien PANCHOT, chef du maquis, blessé pendant les combats, est capturé puis exécuté. Les notices du Maitron établissent aussi la mort de résistants espagnols liés au groupe de guérilleros associés au maquis.
Circonstances
Valmanya était devenu un point d’appui de la Résistance dans le massif du Canigou. Le village servait déjà de refuge à des réseaux, notamment autour du réseau Sainte-Jeanne, avant l’installation à l’été 1944 du maquis FTPF Henri Barbusse dans les anciennes mines de la Pinosa.
Les sources locales et mémorielles s’accordent à présenter l’attaque de début août comme une opération de répression d’ampleur menée après l’identification du maquis et dans un contexte d’intensification des combats de guérilla dans le département.
Héros et figures marquantes
Julien PANCHOT est la figure centrale de l’événement. Chef du maquis Henri Barbusse, il couvre la retraite de ses hommes, est blessé puis fusillé après sa capture.
René HORTE et Abdon Robert CASSO n’apparaissent pas comme combattants de première ligne dans l’attaque elle-même, mais les sources communales rappellent leur rôle antérieur dans l’organisation résistante locale. Les notices du Maitron mentionnent également Jacques ROMEU parmi les victimes de Valmanya, et plusieurs guérilleros espagnols comme participants aux combats ou victimes de la répression.
Victimes
Les sources consultées permettent d’établir avec certitude la mort de Julien PANCHOT, de Jacques ROMEU et de quatre habitants du village assassinés après l’incendie. Le Maitron précise que le total comprend quatre civils de Valmanya et au moins deux maquisards exécutés ou tués dans le contexte de l’attaque. Les relevés mémoriels signalent aussi des sépultures et plaques commémoratives portant les noms des morts du 3 août 1944. Les éléments consultés font par ailleurs état d’un viol commis dans un mas isolé, mais cet aspect relève de la violence de répression contre les civils et non d’une liste nominative stabilisée des morts.
Survivants
La population du village, largement évacuée dans la montagne avant l’entrée des assaillants, constitue l’essentiel des survivants civils de l’événement. Une partie du maquis réussit également à se disperser et à échapper à l’encerclement. Les sources consultées ne permettent pas d’établir ici une liste nominative complète des survivants du maquis présents à la Pinosa au moment de l’attaque.
Conséquences
L’attaque détruit Valmanya et frappe durablement la mémoire du Conflent.
Les sources communales rappellent que la commune a reçu une citation à l’ordre du corps d’armée et la Croix de guerre 1939-1945 avec étoile de vermeil pour son attitude dans la Résistance.
L’événement est retenu comme l’un des épisodes les plus violents de la répression allemande et milicienne dans les Pyrénées-Orientales durant l’été 1944.
Mémoire et lieux commémoratifs
Le village de Valmanya lui-même constitue le principal lieu de mémoire, en tant que village martyr reconstruit après-guerre. Des plaques et sépultures commémoratives recensées par MémorialGenWeb rappellent les morts du 3 août 1944. Le site de la Pinosa, sur le massif du Canigou, reste également associé à la mémoire du maquis Henri Barbusse.
Références bibliographiques
Le maquis Henri Barbusse de Valmanya Yves SALVAT, Y. Salvat, 1999. Cet ouvrage est la référence la plus directement liée à l’événement et au maquis du Canigou. Il permet de suivre l’implantation du groupe, l’attaque d’août 1944, la destruction du village et la mémoire postérieure de Valmanya.
Histoire de la Résistance en France, tome consacré à 1944 Henri NOGUÈRES, Robert Laffont, 1981. Cette synthèse nationale n’est pas centrée sur Valmanya, mais elle offre le cadre de compréhension de la montée des maquis, de la répression allemande et de la violence de l’été 1944 dans le sud de la France.
Dictionnaire historique de la Résistance sous la direction de François MARCOT, Robert Laffont, 2006. Outil utile pour vérifier les organisations, les maquis, les sigles et les principaux acteurs évoqués dans les événements du Conflent et du Canigou.
La Résistance française Henri MICHEL, Presses universitaires de France, 1967. Ouvrage de cadrage indispensable pour replacer les maquis FTPF et les représailles de l’occupant dans le contexte général de la Résistance intérieure.
Prendre le maquis ouvrage collectif dirigé par François MARCOT et Gilles VERGNON, Libel, 2017. Ce volume, bien qu’ample, aide à situer le cas de Valmanya dans la géographie française des maquis, des refuges montagnards et des opérations de répression de l’été 1944.
Références internet
Maitron La notice événementielle sur Valmanya du 1er au 3 août 1944 est la source la plus précise en ligne pour le déroulement de l’attaque, l’incendie du village et l’identification des victimes principales. Elle permet aussi de relier l’événement à des notices biographiques. https://maitron.fr/valmanya-pyrenees-orientales-1-3-aout-1944/
FranceArchives Le portail signale l’existence d’un dossier d’archives consacré au massacre de Valmanya, conservé à La Contemporaine. Cette ressource atteste la solidité archivistique du dossier et l’existence d’un corpus documentaire spécifique. https://francearchives.gouv.fr/location/165962737
Valmanya.com Le site communal fournit un récit mémoriel local sur le réseau Sainte-Jeanne, l’installation du maquis Henri Barbusse, l’attaque des 1er-3 août 1944 et la destruction du village. Cette source est utile pour les conséquences locales et la mémoire civique de la commune. https://valmanya.com/about/
Maitron des fusillés 1940-1944 La notice parallèle consacrée à Valmanya éclaire le contexte d’exécution sommaire des maquisards et complète les données sur Julien PANCHOT et les morts du maquis. https://fusilles-40-44.maitron.fr/valmanya-pyrenees-orientales-1-3-aout-1944/
MémorialGenWeb Les relevés de sépultures et de plaques de Valmanya permettent de vérifier la mémoire monumentale et funéraire des victimes du 3 août 1944. https://www.memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/resultetat.php?dpt=66&lettre=Valmanya
Sources consultées : Maitron, Maitron des fusillés 1940-1944, FranceArchives, site communal de Valmanya, MémorialGenWeb, Occitanie Livre & Lecture, Wikipédia recoupée. Date de vérification : 8 mars 2026.