L’opération Joséphine B est une mission de sabotage montée en 1941 par la France libre en coopération avec le SOE britannique.
Les sources consultées situent l’objectif à la centrale électrique de Pessac, près de Bordeaux. La mission vise à détruire les transformateurs alimentant des installations d’importance stratégique pour l’occupant.
Après un parachutage dans la nuit du 11 au 12 mai 1941, l’équipe composée de Jean FORMAN, Raymond CABARD et André VARNIER échoue d’abord à exécuter le sabotage, puis, rejointe par Joël LE TAC, reprend l’opération en juin.
Dans la nuit du 7 au 8 juin 1941, les saboteurs gagnent Pessac à bicyclette, pénètrent dans l’enceinte, posent les charges et détruisent une partie des transformateurs.
Le bilan matériel retenu par les sources est celui de six transformateurs détruits sur huit, provoquant une paralysie durable de l’installation et des perturbations pour l’occupant. Après l’action, l’équipe se disperse, passe en zone libre, puis rejoint finalement l’Angleterre via l’Espagne et le Portugal pour plusieurs de ses membres.
Circonstances
L’opération intervient à un moment où les structures d’action clandestine de la France libre sont encore en formation. Le major Barry du SOE et le commandant Passy relancent le projet après un premier échec britannique. Les parachutistes français de la 1re compagnie parachutiste sont alors sollicités pour fournir une équipe de sabotage. L’opération est généralement considérée comme l’un des premiers grands succès du sabotage clandestin franco-britannique en France occupée.
Le sabotage est à Pessac, en Gironde. En revanche, Joël LE TAC indique qu’après l’opération il prend des contacts avec des organisations de Résistance intérieure, notamment toulousaines autour de Pierre BERTAUX ; cela peut expliquer, dans certaines traditions secondaires, un rapprochement ultérieur avec le Sud-Ouest, mais non une localisation de l’action de sabotage en Ariège.
Héros et figures marquantes
Jean FORMAN commande l’équipe exécutante. Raymond CABARD et André VARNIER participent au parachutage initial et au sabotage final. Joël LE TAC rejoint ensuite l’équipe et prend part à l’action décisive de juin 1941. Le commandant Passy et le major Barry figurent parmi les responsables de la préparation. Tous survivent à l’opération elle-même. André VARNIER et Joël LE TAC poursuivent ensuite des carrières importantes dans les forces françaises libres et la Résistance.
Victimes
Les sources consultées ne signalent aucune perte dans l’équipe française au cours de l’opération elle-même. Certaines synthèses évoquent des sanctions et représailles allemandes après le sabotage, mais les éléments accessibles ici ne permettent pas d’en établir nominativement des victimes directes avec le degré de certitude requis pour cette fiche.
Survivants
Jean FORMAN, Raymond CABARD, André VARNIER et Joël LE TAC survivent à l’opération. Joël LE TAC reprend ensuite des contacts avec la Résistance intérieure. André VARNIER regagne l’Angleterre après son passage par l’Espagne et le Portugal. Les parcours ultérieurs de ces hommes sont bien documentés par les notices de l’Ordre de la Libération et du Musée de la Résistance en ligne.
Conséquences
L’opération Joséphine B démontre que la France libre et le SOE sont capables de frapper des objectifs industriels sensibles au cœur de la France occupée. Elle renforce la crédibilité des parachutistes français employés à l’action clandestine et contribue à l’essor des missions de sabotage et de liaison menées ensuite par les services spéciaux gaullistes et britanniques.
Mémoire et lieux commémoratifs
Le principal lieu historique lié à l’opération est le site de Pessac, en Gironde, objectif du sabotage.
La mémoire de l’opération est aussi portée par les institutions consacrées à la France libre et aux parachutistes français, notamment à travers les notices de l’Ordre de la Libération, du Service historique de la Défense et du Musée de la Résistance en ligne.
Références bibliographiques
Souvenirs. Bureau Londres colonel PASSY, Raoul Solar, 1947. Cet ouvrage de première main éclaire la genèse des premières missions d’action de la France libre, dont Joséphine B, dans le contexte de la structuration du futur BCRA.
SOE in France / Des Anglais dans la Résistance Michael R. D. FOOT, HMSO puis Tallandier pour l’édition française. Il s’agit de la grande synthèse officielle britannique sur le SOE en France. Le livre replace Joséphine B dans la coopération franco-britannique du printemps 1941.
Le colonel Passy et les services secrets de la France libre Guy PERRIER, Hachette Littératures, 1999. L’ouvrage revient sur les débuts du service action gaulliste et sur les premières missions clandestines, dont Joséphine B.
Histoire de la Résistance en France Henri NOGUÈRES, Robert Laffont, 1981. Cette somme situe Joséphine B dans les premiers mois de la Résistance extérieure et du sabotage organisé par la France libre.
Les Français libres Fondation de la Résistance, brochure pédagogique. Ce document de synthèse permet de replacer Joséphine B dans l’histoire des premiers parachutistes français de la France libre.
Références internet
Fondation de la Résistance Le texte « Comment naquit l’Action » reproduit un témoignage essentiel sur la préparation de Joséphine B, son objectif à Pessac et sa place dans les débuts de l’action clandestine gaulliste. https://www.fondationresistance.org/wp-content/uploads/2025/05/Doc00006-003.pdf
Musée de la Résistance en ligne La notice consacrée à Jean FORMAN résume la mise en place d’une équipe de saboteurs français pour Joséphine B. https://museedelaresistanceenligne.org/media10360-Jean-Forman
Musée de la Résistance en ligne La notice sur Joël LE TAC fournit le récit détaillé du sabotage final de la centrale de Pessac dans la nuit du 7 au 8 juin 1941. https://museedelaresistanceenligne.org/media10421-Jol-Le-Tac
Ordre de la Libération La page sur André VARNIER confirme sa participation à la mission de sabotage de Pessac dans le cadre de Joséphine B. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/andre-varnier
Service historique de la Défense L’instrument de recherche sur les missions de Jean FORMAN atteste l’existence archivistique d’un dossier spécifique consacré à Joséphine B et à la mission de sabotage de Pessac. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/ark/35747
Sources consultées : Fondation de la Résistance, Musée de la Résistance en ligne, Ordre de la Libération, Service historique de la Défense, FranceArchives, Wikipédia recoupée. Date de vérification : 8 mars 2026.