Jean-Jacques ERB, né le 26 juin 1912 à Toul, 54 Meurthe-et-Moselle, France
français, sapeur-pompier de Belfort, résistant du mouvement Lorraine, sous-lieutenant FFI à la Libération.
Sa présence à Belfort lors de la Libération est notamment documentée par une photographie du 25 novembre 1944 le montrant avec le général Chaillet et des soldats français à la citadelle.
Les sources consultées ne permettent pas encore d’établir avec une sécurité son milieu familial, sa formation ou sa profession avant son entrée chez les sapeurs-pompiers.
Son parcours devient beaucoup mieux documenté à partir de 1942, année où il entre au corps des sapeurs-pompiers de Belfort. Le témoignage d’Erb lui-même, conservé et exploité par le Musée de la Résistance en ligne, constitue une source essentielle pour connaître l’activité clandestine développée au sein de cette institution.
Engagement dans la Résistance
Jacques Erb entre dans la Résistance en appartenant au mouvement Lorraine. Il indique lui-même avoir été en contact permanent avec René Fallas-Magnin, chef régional du mouvement, ainsi qu’avec Dugois et Chaignot, responsables départementaux.
Son appartenance simultanée aux sapeurs-pompiers constitue un avantage considérable. Les pompiers disposent de dérogations et notamment de cartes permettant de circuler la nuit. Ces facilités administratives peuvent être détournées au profit de la clandestinité.
Il faut néanmoins distinguer précisément Jacques Erb de Georges Blind, Aloïs Martin et Henri Deshaie. Ces trois derniers sont explicitement qualifiés par la source muséale de membres du groupe Ferrand, alors qu’Erb est présenté comme l’un des responsables du mouvement Lorraine. Les organisations collaborent dans le même milieu professionnel, mais cette proximité ne suffit pas à faire d’Erb un membre formel du groupe Ferrand sans document supplémentaire.
Appartenance à un réseau ou mouvement
L’appartenance la mieux établie est donc :
Mouvement Lorraine — secteur de Belfort.
MVR confirme que Jacques Erb apparaît comme l’un des responsables du mouvement Lorraine dans le secteur belfortain. Le mouvement perd ensuite son autonomie lorsqu’il s’intègre au Mouvement de libération nationale au début de 1944.
Son parcours s’inscrit parallèlement dans l’environnement des Forces françaises de l’intérieur. À la Libération, Jacques Erb est identifié comme sous-lieutenant FFI.
Missions et actions
L’une des premières activités décrites par Jacques Erb est la diffusion de la presse clandestine. Les sapeurs-pompiers reçoivent notamment Défense de la France et Lorraine, acheminés depuis Paris, Montbéliard ou Nancy. Les exemplaires sont introduits dans les postes de pompiers puis distribués clandestinement, notamment la nuit dans les boîtes aux lettres.
Les pompiers servent également d’agents de liaison. Leur liberté relative de déplacement permet d’assurer la transmission d’informations et de messages. Erb évoque notamment les messages clandestins provenant de prisonniers et destinés à leurs familles.
Le dispositif va plus loin. Les ambulances des sapeurs-pompiers sont employées pour transporter certains responsables de la Résistance. L’abbé Dufay, commandant militaire du maquis du Territoire de Belfort, bénéficie à plusieurs reprises de ces transports afin de rejoindre différentes zones occupées par les maquisards.
Le poste des Forges devient certains soirs un lieu de réunion clandestin de l’état-major FFI. Dufay, Guillaume et Folinais peuvent s’y retrouver avec une relative sécurité.
Le corps fournit également des hommes aux maquis. Une vingtaine de sapeurs-pompiers rejoignent les formations du Lomont ou du groupement Territoire de Belfort.
La citation collective accordée après-guerre au corps des sapeurs-pompiers confirme l’ampleur de cette activité : transports d’armes et de ravitaillement, déplacements de résistants recherchés par la Gestapo, soutien aux maquis et passages clandestins vers la frontière suisse. Elle mentionne notamment le passage de 350 jeunes gens échappant aux déportations. Il s’agit toutefois d’un bilan collectif du corps, et non d’actions pouvant toutes être attribuées personnellement à Jacques Erb.
Arrestation / évasion / déportation
Aucune arrestation, déportation ou condamnation de Jacques Erb n’a été retrouvée dans les sources consultées.
Au contraire, sa présence attestée à Belfort en novembre 1944 démontre qu’il survit à l’Occupation et participe aux événements de la Libération.
Participation à la Libération de Belfort
Jacques Erb apparaît directement dans la documentation photographique de la Libération.
Le 25 novembre 1944, après le repli des dernières forces allemandes de la citadelle durant la nuit précédente, le drapeau français est rétabli au sommet de la forteresse.
Une photographie conservée dans les archives américaines et publiée par L’Est Républicain montre Jacques Erb, sous-lieutenant FFI, aux côtés du général Chaillet, de membres de son état-major et de soldats du 8e régiment de tirailleurs marocains.
Cet épisode établit donc avec une grande sécurité documentaire qu’Erb ne fut pas uniquement un agent clandestin : il appartient également à l’encadrement FFI présent au moment où Belfort retrouve définitivement ses symboles français.
Camarades de combat
Le principal responsable avec lequel Jacques Erb affirme avoir été en relation permanente est René Fallas-Magnin, chef régional du mouvement Lorraine. Il cite également Dugois et Chaignot comme responsables départementaux.
Dans le milieu des sapeurs-pompiers apparaissent notamment Jean Beurier, Hoenner et Vallet, associés à la réception et à la diffusion de la presse clandestine.
Son environnement opérationnel comprend également l’abbé Dufay, Guillaume et Folinais, qui utilisent le poste des Forges comme lieu de réunion de l’état-major FFI.
Enfin, Jacques Erb connaît nécessairement l’environnement résistant auquel appartiennent Georges Blind, Aloïs Martin et Henri Deshaie, tous trois membres du groupe Ferrand et sapeurs-pompiers de Belfort morts du fait de la répression allemande. Son témoignage contribue d’ailleurs directement à la connaissance historique de leurs actions.
Retour à la vie civile
Jacques Erb survit à la guerre.
Son témoignage d’après-guerre devient une source historique importante pour restituer l’activité résistante des sapeurs-pompiers de Belfort. C’est notamment grâce à ce témoignage que peuvent être documentés les circuits de presse clandestine, les liaisons, l’utilisation des ambulances, les réunions FFI au poste des Forges et les relations avec les maquis.
Les sources actuellement retrouvées ne permettent cependant pas de reconstituer avec certitude sa carrière professionnelle et sa vie personnelle après 1945.
Décorations
Médaille de la Résistance Française par décret du 03 Janvier 1946 JO 13 Janvier 1946 source ordre de la Libération Côte du dossier : 1O21884
Il appartient au corps des sapeurs-pompiers de Belfort, collectivement distingué par la Médaille de la Résistance française. Edmond Michelet, ministre des Armées, remet cette décoration au drapeau du corps à Belfort le 21 juillet 1946.
La citation collective souligne l’ampleur exceptionnelle de l’engagement résistant des pompiers belfortains.
Lieux de mémoire
Plusieurs lieux belfortains sont directement associés à l’activité décrite par Jacques Erb :
le poste des Forges, utilisé comme lieu de réunion de l’état-major FFI ; la citadelle de Belfort, où Erb est photographié comme sous-lieutenant FFI le 25 novembre 1944 ; et plus largement les casernes et postes du corps des sapeurs-pompiers, qui servent de points de diffusion de la presse clandestine.
La mémoire de cette Résistance professionnelle demeure également matérialisée par le drapeau du corps des sapeurs-pompiers de Belfort, exceptionnellement décoré de la Médaille de la Résistance et portant également l’insigne « Rhin et Danube » de la 1re Armée française.
Références internet
Musée de la Résistance en ligne — « Citation du corps des pompiers de Belfort ». Source fondamentale contenant notamment le témoignage de Jacques Erb sur l’activité clandestine des pompiers.
https://museedelaresistanceenligne.org/media2846-Citation-du-corps-des-pompiers-de-Belfort
Musée de la Résistance en ligne — « Détail du drapeau du corps des sapeurs-pompiers de Belfort ». Cette ressource reproduit plus largement le témoignage d’Erb et documente ses contacts avec le mouvement Lorraine ainsi que les activités de diffusion clandestine.
https://museedelaresistanceenligne.org/media2849-Dtail-du-drapeau-du-corps-des-sapeurs-pompiers-de-Belfort
Mémoire Vive de la Résistance — « Mouvement Lorraine ». Cette synthèse identifie Jacques Erb parmi les responsables du mouvement Lorraine dans le secteur de Belfort.
https://mvr.asso.fr/mouvement-lorraine/
L’Est Républicain — « Le 25 novembre 1944 dans Belfort ». La photographie et sa légende identifient Jacques Erb comme sous-lieutenant FFI présent à la citadelle de Belfort au lendemain du repli allemand.
https://www.estrepublicain.fr/edition-belfort-hericourt-montbeliard/2019/11/25/le-25-novembre-1944-dans-belfort
Dossier d’homologation consulté
Aucune cote individuelle SHD GR 16 P, ni aucun dossier FFC, FFI, RIF, DIR ou CVR attribuable sans ambiguïté à Jacques Erb n’a été identifié dans les sources consultées.
Son grade de sous-lieutenant FFI est néanmoins explicitement attesté par la documentation photographique relative au 25 novembre 1944.
Observations
Une précaution historiographique est nécessaire concernant le groupe Ferrand.
La documentation du Musée de la Résistance en ligne désigne explicitement Georges Blind, Aloïs Martin et Henri Deshaie comme membres du groupe Ferrand. Pour Jacques Erb, elle emploie une autre formulation : entré chez les pompiers en 1942, il devient l’un des responsables du mouvement Lorraine.
Il est donc préférable de présenter Erb comme un résistant appartenant au même environnement professionnel et opérationnel que le groupe Ferrand, collaborant au dispositif clandestin belfortain, mais sans lui attribuer formellement l’appartenance au groupe Ferrand en l’absence d’une preuve nominative.
Indice de fiabilité de la notice Niveau B — L’engagement résistant de Jacques Erb, son appartenance au mouvement Lorraine, ses contacts avec René Fallas-Magnin, ses activités clandestines chez les sapeurs-pompiers et son grade de sous-lieutenant FFI à la Libération reposent sur des sources concordantes et, surtout, sur son propre témoignage reproduit par une ressource muséale.
Chronologie
| Date | Événement |
| 1942 | Entre au corps des sapeurs-pompiers de Belfort. |
| 1942-1944 | Activité au sein du mouvement Lorraine ; contacts avec René Fallas-Magnin, Dugois et Chaignot. |
| Occupation | Participation à la diffusion de Défense de la France et Lorraine et aux activités de liaison. |
| Occupation | Les moyens des pompiers servent aux déplacements de responsables résistants et aux liaisons avec les maquis. |
| Début 1944 | Le mouvement Lorraine s’intègre au Mouvement de libération nationale. |
| Novembre 1944 | Jacques Erb participe à la Libération comme officier FFI. |
| 25 novembre 1944 | Photographié à la citadelle de Belfort comme sous-lieutenant FFI, aux côtés du général Chaillet et de soldats français. |
| Après-guerre | Son témoignage devient une source majeure sur la Résistance des sapeurs-pompiers de Belfort. |
Sources consultées
Musée de la Résistance en ligne. Les ressources relatives au corps des sapeurs-pompiers de Belfort ont fourni le témoignage direct de Jacques Erb, son entrée dans le corps en 1942, son appartenance au mouvement Lorraine, ses contacts avec les responsables régionaux et départementaux ainsi que la description des principales formes d’action clandestine.
https://museedelaresistanceenligne.org/media2846-Citation-du-corps-des-pompiers-de-Belfort
https://museedelaresistanceenligne.org/media2849-Dtail-du-drapeau-du-corps-des-sapeurs-pompiers-de-Belfort
Mémoire Vive de la Résistance. La notice consacrée au mouvement Lorraine confirme le rôle de Jacques Erb dans le secteur de Belfort et son statut de survivant dont les témoignages ont été conservés.
https://mvr.asso.fr/mouvement-lorraine/
L’Est Républicain. La documentation photographique du 25 novembre 1944 confirme sa présence à la citadelle et son grade de sous-lieutenant FFI au moment de la Libération de Belfort.
https://www.estrepublicain.fr/edition-belfort-hericourt-montbeliard/2019/11/25/le-25-novembre-1944-dans-belfort