Henri Émile DESHAIE, date et lieu de naissance non retrouvés avec certitude lors des présentes recherches, mort le 29 avril 1945 à Dachau (Allemagne) selon la documentation mémorielle consultée, français.
MémorialGenWeb le recense sous la forme « Henri Émile Deshaie » et associe à son nom la date du 29 avril 1945 à Dachau.
Les sources accessibles ne permettent pas de reconstituer avec suffisamment de précision la jeunesse, la formation ou la profession civile d’Henri Deshaie. Son parcours est surtout documenté à partir de ses fonctions au sein du corps des sapeurs-pompiers de Belfort, où il atteint le grade de lieutenant.
Sa position d’officier chez les sapeurs-pompiers lui donne des responsabilités opérationnelles importantes et l’insère dans un corps professionnel qui devient très tôt l’un des foyers de la Résistance belfortaine. Les pompiers disposent de moyens de transport, d’autorisations de circulation et de locaux qui peuvent être utilisés clandestinement pour des liaisons, des transports et des réunions.
Engagement dans la Résistance
Henri Deshaie appartient au groupe Ferrand, organisation clandestine structurée autour du capitaine Maurice Ferrand et fortement implantée parmi les sapeurs-pompiers de Belfort. Les sources du Musée de la Résistance en ligne le citent avec Aloïs Martin et Georges Blind parmi les trois sapeurs-pompiers résistants du groupe qui ne voient pas la Libération.
Son engagement associe actions clandestines concrètes et manifestations symboliques de patriotisme. La documentation MVR le désigne explicitement comme participant aux sabotages du groupe Ferrand.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Henri Deshaie appartient au groupe Ferrand. La documentation consacrée aux pompiers de Belfort montre cependant que plusieurs appartenances clandestines se superposent progressivement dans ce milieu : groupe Ferrand, mouvement Lorraine, Forces françaises de l’intérieur et maquis du Territoire de Belfort. Il n’est donc pas possible, faute de dossier individuel retrouvé, de lui attribuer automatiquement l’ensemble de ces affiliations comme homologations personnelles.
Son appartenance au groupe Ferrand, en revanche, est explicitement attestée par plusieurs sources concordantes.
Missions et actions
Henri Deshaie participe aux actions de sabotage conduites par les sapeurs-pompiers résistants. La documentation relative au groupe Ferrand indique que lui-même et le caporal Aloïs Martin prennent part à de telles opérations, notamment dans l’environnement industriel belfortain travaillant pour l’occupant.
Il se distingue également par des gestes spectaculaires de résistance symbolique.
À plusieurs reprises, Deshaie hisse le drapeau français sur les glacis du château de Belfort, obligeant ensuite les sapeurs-pompiers réquisitionnés par les autorités allemandes à venir l’enlever.
Cette action, décrite explicitement par le Musée de la Résistance en ligne, constitue l’un des épisodes les plus personnels et les mieux documentés de son engagement.
Le corps auquel il appartient est aussi impliqué dans la distribution de presse clandestine, les transports de responsables résistants, l’aide aux réfractaires et les liaisons avec les maquis. Le poste des Forges sert notamment de lieu de réunion à l’état-major des Forces françaises de l’intérieur. Ces activités éclairent l’environnement de Deshaie, mais ne doivent pas toutes lui être attribuées individuellement faute de source nominative spécifique.
Arrestation / évasion / déportation
Henri Deshaie est arrêté le 1er septembre 1944. Le 5 septembre, il se trouve dans un wagon du convoi I.285 qui doit conduire 176 hommes de Belfort vers Buchenwald lorsque des agents allemands du Sicherheitsdienst de Dijon viennent le rechercher. La documentation ne permet pas d’établir avec certitude où il est conduit immédiatement après cette extraction du convoi.
Sa trace réapparaît le 13 septembre 1944 à la caserne Friedrich de Belfort, utilisée comme lieu de détention. Il est enregistré à 16 heures dans la cellule 60. Le motif allemand inscrit sur le registre est « Unterstützung der Resistanz », c’est-à-dire soutien à la Résistance.
Le 3 octobre 1944 à 19 heures, il quitte définitivement la caserne Friedrich, remis au Sicherheitsdienst. Il est placé dans le convoi I.289, qui conduit soixante hommes de Belfort vers Buchenwald. Il arrive au camp le 6 octobre 1944 et reçoit le matricule 54615.
Henri Deshaie est ensuite affecté au kommando de Langensalza, dépendant de Buchenwald. Une ancienne usine textile y est utilisée pour la production de munitions et de pièces détachées destinées à l’industrie aéronautique allemande.
En avril 1945, devant l’avance alliée, les détenus sont évacués vers Dachau. Le récit mémoriel reproduit par le Musée de la Résistance en ligne indique que Deshaie disparaît au cours de cette phase terminale de la déportation et repose dans une fosse commune à Dachau.
MémorialGenWeb associe à Henri Émile Deshaie la date du 29 avril 1945 à Dachau. Cette date est retenue avec prudence comme date mémorielle de décès, faute d’un acte officiel nominatif retrouvé lors des présentes recherches.
Camarades de combat
Maurice Ferrand est le responsable du groupe clandestin auquel appartient Henri Deshaie. Georges Blind et Aloïs Martin constituent ses deux compagnons les plus directement documentés parmi les sapeurs-pompiers du groupe Ferrand. Tous trois sont victimes de la répression allemande et ne voient pas la Libération.
Jacques Erb appartient également au même milieu clandestin des pompiers de Belfort et laisse après-guerre un témoignage essentiel sur leurs actions. L’abbé Dufay et les responsables des Forces françaises de l’intérieur de la région fréquentent par ailleurs les installations des pompiers utilisées comme lieux de liaison et de réunion.
Retour à la vie civile
Henri Deshaie meurt au terme de sa déportation, peu avant ou au moment de la libération de Dachau.
Décorations
- Médaille de la Résistance française à titre posthume, par décret du 15 juin 1946 JO 11 juillet 1946 source ordre de la Libération Côte du dossier : 1O18723
Le corps des sapeurs-pompiers de Belfort reçoit également, à titre collectif, la Médaille de la Résistance française par décret du 3 janvier 1946. Cette décoration collective ne doit pas être confondue avec la distinction personnelle attribuée à Deshaie.
Lieux de mémoire
La mémoire d’Henri Deshaie est principalement associée à Belfort, à son corps de sapeurs-pompiers, aux glacis du château où il hisse clandestinement le drapeau français et aux lieux de sa déportation : Buchenwald, Langensalza et Dachau.
Son nom figure sur les relevés mémoriels belfortains. MémorialGenWeb l’identifie notamment comme Henri Émile Deshaie parmi les morts commémorés à Belfort et sur le monument de la Libération.
La mémoire collective du corps des pompiers associe durablement Deshaie à Aloïs Martin et Georges Blind. Des photographies de ces trois résistants ont notamment été remises aux jeunes sapeurs-pompiers lors de cérémonies mémorielles.
Références bibliographiques
Christophe Grudler, Le Fusillé souriant : histoire d’une photographie. Bien que centré sur Georges Blind, cet ouvrage restitue le milieu de la Résistance des sapeurs-pompiers belfortains et le fonctionnement du groupe Ferrand auquel appartient Henri Deshaie.
Fondation pour la Mémoire de la Déportation, Livre-Mémorial des déportés de France arrêtés par mesure de répression et dans certains cas par mesure de persécution, 1940-1945. Cet instrument constitue la référence générale pour le contrôle des convois de déportation et permet de replacer les convois partis de Belfort vers Buchenwald dans le dispositif répressif allemand.
Références internet
Musée de la Résistance en ligne. La page « Citation du corps des pompiers de Belfort » constitue la source la plus détaillée retrouvée pour le parcours répressif d’Henri Deshaie : arrestation du 1er septembre 1944, extraction du premier convoi, réinternement à la caserne Friedrich, convoi I.289, arrivée à Buchenwald, matricule 54615, affectation à Langensalza et évacuation vers Dachau. https://museedelaresistanceenligne.org/media2846-Citation-du-corps-des-pompiers-de-Belfort
Musée de la Résistance en ligne. La page consacrée à l’insigne des sapeurs-pompiers de Belfort documente l’action symbolique de Deshaie, qui hisse à plusieurs reprises le drapeau tricolore sur les glacis du château de Belfort.
https://museedelaresistanceenligne.org/media2847-Insigne-des-sapeurs-pompiers-de-Belfort
Mémoire Vive de la Résistance. La notice « Corps des sapeurs-pompiers de Belfort » confirme son grade de lieutenant, son appartenance au groupe Ferrand, sa participation aux sabotages et son parcours de déportation. Je n’ai pas identifié avec suffisamment de certitude l’adresse directe de cette notice pour en fabriquer une. https://mvr.asso.fr/
MémorialGenWeb. Les relevés mémoriels de Belfort fournissent la forme complète « Henri Émile Deshaie » et associent à son nom la date du 29 avril 1945 à Dachau. La page nominative directe n’a pas pu être identifiée avec suffisamment de certitude ; l’adresse générale de la base est donc conservée.
https://www.memorialgenweb.org/
Dossier d’homologation consulté
Aucune cote individuelle SHD GR 16 P, aucun dossier d’homologation FFC, FFI, RIF, DIR ou CVR attribuable avec certitude à Henri Deshaie n’a pu être retrouvé dans les résultats accessibles lors des présentes recherches.
Le numéro 54615 doit être distingué d’une cote d’archives : il s’agit de son matricule de déporté à Buchenwald, attribué lors de son arrivée le 6 octobre 1944.
Observations
La principale difficulté concerne l’état civil d’Henri Deshaie. Les sources mémorielles identifient clairement le lieutenant des sapeurs-pompiers de Belfort et MémorialGenWeb fournit les prénoms Henri Émile, mais la date et le lieu de naissance n’ont pas pu être établis avec une source suffisamment sûre.
Une incertitude subsiste également sur les circonstances précises de sa mort. La documentation du Musée de la Résistance en ligne indique qu’il disparaît pendant l’évacuation de Langensalza/Buchenwald vers Dachau et qu’il repose dans une fosse commune à Dachau. MémorialGenWeb retient le 29 avril 1945 à Dachau. En l’absence d’acte officiel nominatif retrouvé dans les présentes recherches, cette date doit être considérée comme la donnée mémorielle actuellement la mieux identifiée plutôt que comme une certitude administrative absolue.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A . Plusieurs sources concordantes, dont le Musée de la Résistance en ligne, permettent de suivre précisément Henri Deshaie depuis son activité au groupe Ferrand jusqu’à Buchenwald et Langensalza. L’état civil demeure néanmoins partiellement lacunaire et la date exacte de décès doit être conservée avec une réserve documentaire.
Chronologie
| Date | Événement |
| Occupation | Lieutenant des sapeurs-pompiers de Belfort ; engagement dans le groupe Ferrand |
| 1940-1944 | Participation aux sabotages |
| Occupation | Hisse à plusieurs reprises le drapeau français sur les glacis du château de Belfort |
| 1er septembre 1944 | Arrestation |
| 5 septembre 1944 | Placé dans le convoi I.285 puis retiré du convoi par le Sicherheitsdienst |
| 13 septembre 1944 | Interné à la caserne Friedrich, cellule 60 |
| 3 octobre 1944 | Quitte Belfort dans le convoi I.289 |
| 6 octobre 1944 | Arrivée à Buchenwald ; matricule 54615 |
| 1944-1945 | Affectation au kommando de Langensalza |
| 7 avril 1945 | Début des grandes évacuations vers Dachau |
| avril 1945 | Disparition au cours de l’évacuation |
| 29 avril 1945 | Date de décès associée à Dachau par MémorialGenWeb |
Sources consultées
Musée de la Résistance en ligne. La page « Citation du corps des pompiers de Belfort » a fourni la chronologie détaillée de l’arrestation, de l’internement à la caserne Friedrich, du convoi I.289, de l’arrivée à Buchenwald sous le matricule 54615, du kommando de Langensalza et de l’évacuation terminale vers Dachau.
https://museedelaresistanceenligne.org/media2846-Citation-du-corps-des-pompiers-de-Belfort
Musée de la Résistance en ligne. La ressource consacrée à l’insigne du corps des sapeurs-pompiers de Belfort a documenté les gestes symboliques d’Henri Deshaie, notamment les drapeaux français hissés clandestinement sur les glacis du château de Belfort.
https://museedelaresistanceenligne.org/media2847-Insigne-des-sapeurs-pompiers-de-Belfort
Mémoire Vive de la Résistance. La notice « Corps des sapeurs-pompiers de Belfort » a confirmé le grade de lieutenant, l’appartenance au groupe Ferrand, les actions de sabotage, l’arrestation, la déportation à Buchenwald et l’affectation au kommando de Langensalza. https://mvr.asso.fr/
MémorialGenWeb. Les relevés du monument aux morts et du monument de la Libération de Belfort ont fourni la forme « Henri Émile Deshaie » et la date mémorielle du 29 avril 1945 à Dachau. https://www.memorialgenweb.org/