La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

MARTIN Aloïs Jacques

Aloïs Jacques MARTIN, né le 20 décembre 1904 à Belfort (Territoire de Belfort), fusillé le 26 février 1944 à la citadelle de Besançon (Doubs), français.

Le Maitron confirme son identité, sa naissance à Belfort et son engagement résistant.

Les sources accessibles sont surtout consacrées à l’activité résistante d’Aloïs Martin et donnent peu de renseignements sur sa jeunesse, sa formation ou sa profession civile. Il est cependant solidement identifié comme membre du corps des sapeurs-pompiers de Belfort, où il détient le grade de caporal pendant l’Occupation.

La documentation publiée sur l’histoire résistante du corps montre qu’il appartient très tôt au noyau de pompiers qui mettent leurs moyens professionnels au service de la clandestinité. Les véhicules, les postes de secours et surtout les autorisations de circulation nocturne dont bénéficient les sapeurs-pompiers donnent à ces hommes des possibilités de déplacement et de liaison particulièrement utiles dans Belfort occupé.

Engagement dans la Résistance

Aloïs Martin figure parmi les tout premiers résistants organisés de Belfort. Dès novembre 1940, il appartient à un petit groupe clandestin constitué autour de plusieurs hommes de la ville. Le témoignage de R. Hennin, reproduit par le Musée de la Résistance en ligne, cite dans cette première équipe Pierrepaque, Martin, Schwimmer, Boilletot, Guiguon, Spahn et Vebrel.

Ce premier noyau est ensuite mis en relation avec le capitaine Maurice Ferrand. Il devient partie prenante de ce qui est connu sous le nom de groupe Ferrand, l’une des premières structures armées et clandestines de la Résistance belfortaine.

Appartenance à un réseau ou mouvement

Aloïs Martin appartient d’abord au premier groupe clandestin belfortain formé en novembre 1940 puis au groupe Ferrand. Le Maitron le rattache également au groupe Lorraine, ce qui s’explique par l’imbrication progressive des organisations clandestines dans le corps des sapeurs-pompiers de Belfort.

Il convient de ne pas considérer ces appartenances comme nécessairement exclusives. La documentation consacrée aux pompiers de Belfort souligne précisément que plusieurs structures se superposent au cours de l’Occupation : groupe Ferrand, mouvement Lorraine, Forces françaises de l’intérieur et maquis locaux.

Missions et actions

Aloïs Martin participe activement aux sabotages. Le témoignage de Jacques Erb indique que le lieutenant Henri Deshaie et le caporal Martin prennent part à de nombreuses opérations de ce type.

Deux actions sont particulièrement documentées : celles visant la menuiserie Dupont et les usines Renault, établissements travaillant pour l’occupant.

Lors des incendies provoqués par la Résistance, la façon dont les opérations de lutte contre le feu sont conduites permet la destruction complète des installations visées.

Son activité ne se limite pas au sabotage. La documentation du corps des sapeurs-pompiers le rattache également aux missions de liaison, activité essentielle dans un territoire où la surveillance allemande est particulièrement étroite. La notice MVR consacrée au corps confirme qu’il participe à la fois à des sabotages et à des liaisons clandestines.

Plus largement, les sapeurs-pompiers résistants diffusent des journaux clandestins, transportent des responsables de la Résistance, servent d’intermédiaires entre prisonniers et familles et soutiennent les réfractaires au Service du travail obligatoire. Ces formes d’action éclairent l’environnement opérationnel de Martin, mais seules les opérations explicitement rattachées à son nom peuvent lui être attribuées personnellement.

Arrestation / évasion / déportation

Le 27 janvier 1944, Aloïs Martin est arrêté à Montbéliard (Doubs) alors qu’il effectue une mission de liaison avec son ami et camarade de Résistance Marcel Schwimmer. Cette arrestation est confirmée par plusieurs sources concordantes.

Il est ensuite condamné à mort par les autorités allemandes. Le 26 février 1944, à 7 h 29, Aloïs Martin est fusillé à la citadelle de Besançon. Le Musée de la Résistance en ligne précise qu’il est le premier sapeur-pompier du corps de Belfort mort pour la France en tant que résistant.

Il est exécuté le même matin que d’autres résistants belfortains. Le Maitron signale notamment Roger Guigon et René Hoffmann parmi les hommes fusillés avec lui le 26 février 1944.

Camarades de combat

Maurice Ferrand constitue le principal chef clandestin auquel Martin est rattaché. Marcel Schwimmer est son compagnon direct lors de la mission qui conduit à son arrestation à Montbéliard.

Le premier noyau clandestin de novembre 1940 comprend également Charles Pierrepaque, Boilletot, Roger Guigon, Spahn et Vebrel. Georges Blind et Henri Deshaie sont ensuite explicitement associés à Martin dans le groupe Ferrand et dans la Résistance des sapeurs-pompiers de Belfort.

Roger Guigon et René Hoffmann appartiennent enfin au même environnement résistant et sont exécutés avec Martin à la citadelle de Besançon le 26 février 1944.

Retour à la vie civile

Aloïs Martin est exécuté en février 1944, avant la Libération.

Décorations

Aucune décoration individuelle attribuée à Aloïs Martin avec décret et publication officielle n’a pu être confirmée lors des présentes recherches dans les bases accessibles. Cela ne signifie pas qu’il n’ait reçu aucune distinction, mais seulement qu’aucune attribution nominative n’a pu être établie avec le niveau de preuve demandé.

Il convient en revanche de distinguer les éventuelles décorations personnelles de la Médaille de la Résistance française attribuée collectivement au corps des sapeurs-pompiers de Belfort par décret du 3 janvier 1946. Cette distinction collective récompense les actions clandestines du corps dans lequel Martin avait joué un rôle important, mais elle ne constitue pas en elle-même une décoration individuelle de Martin.

Lieux de mémoire

La citadelle de Besançon, où Aloïs Martin est fusillé le 26 février 1944, constitue le principal lieu de mémoire associé à sa mort.

Sa mémoire est également indissociable du corps des sapeurs-pompiers de Belfort, collectivement honoré après-guerre pour son engagement dans la Résistance. Le drapeau du corps reçoit la Médaille de la Résistance le 21 juillet 1946, lors d’une cérémonie à Belfort présidée par Edmond Michelet, ministre des Armées.

Le drapeau historique, portant la Médaille de la Résistance ainsi que l’insigne « Rhin et Danube », est conservé au musée du Château de Belfort.

Références bibliographiques

Christophe Grudler, Le Fusillé souriant : histoire d’une photographie. Bien que consacré principalement à Georges Blind, l’ouvrage restitue l’environnement du groupe Ferrand et de la Résistance des sapeurs-pompiers de Belfort, auquel Aloïs Martin appartient.

François Marcot, Bruno Leroux et Christine Lévisse-Touzé (dir.), Dictionnaire historique de la Résistance. Résistance intérieure et France libre, Robert Laffont, Paris, 2006. Ouvrage général de référence pour replacer les groupes locaux, les Forces françaises de l’intérieur et les différentes formes de résistance professionnelle dans leur contexte national.

Références internet

Le Maitron. La notice « Martin Aloïs, Jacques » constitue la principale source nominative retrouvée pour l’état civil et confirme son engagement dans la Résistance belfortaine. Je n’ai pas retrouvé dans l’indexation actuelle une URL directe fiable de cette notice ; je donne donc l’adresse complète du moteur de recherche du Maitron, plutôt que d’inventer une adresse nominative.
https://maitron.fr/spip.php?page=recherche

Musée de la Résistance en ligne. La ressource « E. Michelet remet la Médaille de la Résistance aux pompiers de Belfort » fournit le témoignage sur le premier groupe clandestin de novembre 1940, les sabotages auxquels participe Martin et son arrestation puis son exécution. Elle confirme notamment qu’Aloïs Martin appartient au premier groupe clandestin, puis au groupe Ferrand, et qu’il est arrêté le 27 janvier 1944 avant d’être fusillé le 26 février 1944 à la citadelle de Besançon.
https://museedelaresistanceenligne.org/media2848-E-Michelet-remet-la-Mdaille-de-la-Rsistance-aux-pompiers-de-Belfort

Musée de la Résistance en ligne. La « Citation du corps des pompiers de Belfort » documente l’activité résistante du corps des sapeurs-pompiers. La page et son contexte historique précisent également qu’Aloïs Martin est arrêté le 27 janvier 1944 à Montbéliard lors d’une mission de liaison avec Marcel Schwimmer et qu’il est fusillé le 26 février 1944 à 7 h 29 à la citadelle de Besançon.
https://museedelaresistanceenligne.org/media2846-Citation-du-corps-des-pompiers-de-Belfort

Mémoire Vive de la Résistance. La ressource consacrée à la Résistance dans le Territoire de Belfort et au corps des sapeurs-pompiers doit être utilisée avec son adresse exacte lorsqu’elle est identifiable. Je n’ai pas retrouvé, dans les résultats indexés disponibles, une page MVR permettant de confirmer de manière sûre l’URL précise correspondant à cette notice ; je préfère donc ne pas fabriquer de lien. https://mvr.asso.fr/

Dossier d’homologation consulté

Aucune cote individuelle SHD GR 16 P, aucun dossier d’homologation FFC, FFI, RIF, DIR ou CVR attribuable avec certitude à Aloïs Martin n’a été retrouvé dans les résultats accessibles lors des présentes recherches.

Observations

Le prénom apparaît sous la forme Aloïs, avec tréma, dans la documentation du Maitron et dans les sources historiques consacrées aux pompiers de Belfort. Le nom complet donné par le Maitron est Aloïs Jacques Martin.

Une nuance doit également être conservée concernant son appartenance résistante. Le Musée de la Résistance en ligne et la documentation du groupe Ferrand le placent clairement dans ce dernier, tandis que le Maitron le présente également comme membre du groupe Lorraine. Les deux indications ne sont pas nécessairement contradictoires, les structures résistantes belfortaines s’étant progressivement imbriquées et les pompiers ayant servi plusieurs organisations clandestines.

Indice de fiabilité de la notice Niveau A L’état civil, l’appartenance résistante, les actions de sabotage, l’arrestation et l’exécution reposent sur plusieurs sources concordantes, dont une notice nominative du Maitron et les archives ou témoignages exploités par le Musée de la Résistance en ligne.

Chronologie

DateÉvénement
20 décembre 1904Naissance à Belfort
novembre 1940Participe au premier groupe clandestin belfortain
1940-1941Mise en relation du groupe avec le capitaine Maurice Ferrand
1941-1943Activité clandestine au sein du groupe Ferrand
1943Participe notamment aux sabotages de la menuiserie Dupont et des usines Renault
27 janvier 1944Arrestation à Montbéliard au cours d’une mission de liaison avec Marcel Schwimmer
26 février 1944, 7 h 29Fusillé à la citadelle de Besançon

Sources consultées

Le Maitron. La notice « Martin Aloïs, Jacques » a permis de confirmer la naissance d’Aloïs Martin le 20 décembre 1904 à Belfort ainsi que son appartenance à la Résistance belfortaine.
URL : https://maitron.fr/spip.php?page=recherche

Musée de la Résistance en ligne. La ressource « E. Michelet remet la Médaille de la Résistance aux pompiers de Belfort » a fourni les éléments relatifs à la constitution du groupe clandestin de novembre 1940, au rattachement à Maurice Ferrand, aux sabotages de 1943 et à l’arrestation puis l’exécution de Martin.
URL : https://museedelaresistanceenligne.org/media2848-E-Michelet-remet-la-Mdaille-de-la-Rsistance-aux-pompiers-de-Belfort

Musée de la Résistance en ligne. La « Citation du corps des pompiers de Belfort » a confirmé la mission de liaison avec Marcel Schwimmer, l’arrestation à Montbéliard le 27 janvier 1944 et l’exécution à la citadelle de Besançon le 26 février 1944 à 7 h 29.
URL : https://museedelaresistanceenligne.org/media2846-Citation-du-corps-des-pompiers-de-Belfort

Mémoire Vive de la Résistance. La notice consacrée au corps des sapeurs-pompiers de Belfort a été utilisée pour recouper la chronologie du premier groupe clandestin, les fonctions de Martin dans le groupe Ferrand, ses sabotages et ses missions de liaison. https://mvr.asso.fr/

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