Emeric EPSTEIN, alias Gérard, né le 22 avril 1914 à Krasna en Roumanie, mort le 23 octobre 2004 à Toulouse, roumain puis apatride pendant la guerre.
Originaire de Transylvanie, Emeric Epstein étudie la médecine en France et obtient son doctorat en 1939. Il est interne à l’hôpital de Soissons de 1936 à 1940. Après l’Exode, il gagne Cahors puis Toulouse.
Engagement dans la Résistance
Juif et devenu apatride en 1940, il est interné à Clairfond puis au Récébédou. Libéré contre caution, il rejoint le Secours rouge, aide des internés à s’évader et soutient des anciens des Brigades internationales détenus au Vernet.
Avec trois camarades hongrois, il forme à Toulouse un groupe de propagande qui est rattaché à la MOI en 1943. Il travaille en liaison avec le Travail allemand/Frei Deutschland pour la diffusion de propagande germanophone.
Missions et actions
Après novembre 1942, Epstein diffuse Soldat am Mittelmeer, fabriqué à Lyon, dans les cafés, restaurants, casernes et tramways fréquentés par des soldats allemands. Il mène un travail de démoralisation et de persuasion politique. Médecin, il soigne aussi des enfants juifs cachés par des organisations clandestines.
Arrestation / évasion / déportation
En 1944, repéré et suivi par la police française avec Georges Engel et Nicolas Holzer, il parvient à s’échapper tandis que ses camarades sont arrêtés. Il se réfugie chez Blanche Robène à Pechbonnieu puis revient à Toulouse en juin 1944.
Camarades de combat
Ses compagnons documentés comprennent Thomas Bauer, Georges Engel, Nicolas Holzer, A. Sebès dit Kirali, Blanche Robène et, dans l’environnement de l’Armée juive, Ariane Fiksman et Raoul Léons.
Retour à la vie civile
Après la Libération, il rejoint les FTP-MOI du bataillon Sabatié à Montauban comme médecin. Il est promu médecin-lieutenant à titre étranger le 26 mai 1945, avec prise de rang au 25 décembre 1944, puis sert à l’hôpital de Pomponne jusqu’à sa démobilisation en avril 1946. Installé à Toulouse, il crée ensuite l’association franco-hongroise d’Occitanie.
Décorations
Aucune décoration n’est affirmée : aucune attribution n’a pu être vérifiée de manière suffisamment probante dans les sources institutionnelles consultées, notamment les ressources de l’Ordre de la Libération pour la Médaille de la Résistance française.
Lieux de mémoire
Le Musée de la Résistance en ligne conserve et publie une photographie d’Emeric Epstein provenant du Service historique de la Défense, cote GR 16 P 210 115. Sa mémoire est également documentée par le Musée de la Résistance et de la Déportation de la Haute-Garonne.
Sources consultées
Références bibliographiques
Survivre à Toulouse, Emeric Epstein, Cahiers d’études hongroises, 9, 1997-1998. Témoignage de l’intéressé sur son parcours toulousain et son engagement.
Les Juifs dans la Résistance française 1940-1944, David Diamant, Ouvrage de contexte sur la résistance juive et immigrée en France.
Références internet
Musée de la Résistance en ligne. Notice biographique très détaillée, adossée au dossier SHD GR 16 P 210 115 et aux archives du Musée départemental ; source principale pour le parcours d’Epstein.https://www.museedelaresistanceenligne.org/media.php?expo=&media=11208
Dossier d’homologation consulté
Service historique de la Défense : cote GR 16 P 210 115, identifiée par le Musée de la Résistance en ligne ; le dossier original n’a pas été directement ouvert dans la présente session.
Observations
La notice institutionnelle du Musée de la Résistance en ligne permet de distinguer clairement Epstein des rédacteurs lyonnais : il est un diffuseur toulousain de Soldat am Mittelmeer, non un membre de sa rédaction.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A — notice institutionnelle détaillée fondée sur un dossier SHD, archives locales et témoignage de l’intéressé.
Chronologie
| Date | Événement |
| 22 avril 1914 | Naissance à Krasna. |
| 1939 | Doctorat en médecine. |
| Juin 1940 | Repli vers Cahors puis Toulouse. |
| 1940 | Devient apatride ; internement à Clairfond puis au Récébédou. |
| 1942-1944 | Diffusion de Soldat am Mittelmeer et propagande auprès des soldats allemands. |
| 1944 | Échappe à une arrestation et se cache à Pechbonnieu. |
| Après la Libération | Médecin au bataillon Sabatié. |
| 26 mai 1945 | Promotion comme médecin-lieutenant à titre étranger. |
| Avril 1946 | Démobilisation. |
| 23 octobre 2004 | Mort à Toulouse. |
Musée de la Résistance en ligne. Notice « Emeric Epstein, dit Gérard », photographie SHD, biographie, actions, cote d’archives et bibliographie.https://www.museedelaresistanceenligne.org/media.php?expo=&media=11208