Alors que les combats pour Toulon sont engagés depuis deux jours, le général Patch confirme l’avance vers le nord : le VIᵉ Corps US doit couper la retraite allemande dans la vallée du Rhône, tandis que l’Armée B poursuit l’encerclement de Toulon et amorce sa poussée sur Marseille.
Dans le même temps, les premières communes de Basse-Provence (Hyères, Solliès-Ville) tombent aux mains des Français
Avancées alliées le 21 août
| Secteur | Progression décisive | Commentaires |
| Toulon | Le 3ᵉ RTA et le Bataillon de choc enlèvent les crêtes nord (Revest, Dardennes) et débouchent sur le mont Faron, coupant les dernières voies de repli allemandes | L’est de la place reste bloqué par les blockhaus du Golf-Hôtel ; la 1ʳᵉ DFL progresse mètre par mètre sous un feu croisé de 88 mm. |
| Marseille | Déclenchement de l’insurrection FFI : grève générale, prise de la préfecture ; les Tabors marocains et le 7ᵉ RTA s’emparent d’Aubagne, ouvrant la route Est de la ville | Les réguliers sont encore à 25 km ; l’armement des résistants reste limité. |
| Axe Aix-en-Provence | La 3ᵉ DI US entre dans Aix sans opposition majeure ; Avignon se prépare à se rendre | Les ponts sur l’Arc sont inutilisables, ralentissant l’artillerie. |
| Vallée du Rhône | Task Force Butler (chars M4, cavalerie du 117ᵉ Cav Sq) quitte Sisteron à l’aube, atteint Crest puis Marsanne, et sème des avant-gardes sur la colline Hill 300 dominant la N 7 : première fermeture partielle de la « bouteille » de Montélimar | La colonne roule avec un ravitaillement minimal et des éléments dispersés sur 40 km. |
| Flanc Est (36ᵉ DI US) | Patrouilles jusqu’à Grasse ; couverture de la corniche de l’Estérel achevée | Objectif : sécuriser la Route Napoléon avant la jonction avec la 45ᵉ DI. |
Difficultés rencontrées
- Carburant critique : au 21 août, la situation est toujours critique
- Pénurie de véhicules : la 36ᵉ DI ne peut avancer que par « navettes » de compagnies, faute de camions ; Task Force Butler reste partiellement dispersée toute la journée
- Contre-mesures allemandes : alerté, le général Wiese dépêche la 11ᵉ Panzerdivision vers Montélimar ; ses éléments de reconnaissance apparaissent dès la fin d’après-midi sur la N 7
- Fortifications portuaires : autour de Toulon, la ceinture de forts (Artigues, Coudon) et le réseau de mines freinent l’assaut ; l’artillerie de marine française doit intervenir avant chaque bond en avant
- Communication fragile : relief accidenté et postes radios insuffisants provoquent des ordres contradictoires (Grenoble ou Montélimar) retardant la concentration américaine
Bilan au soir du 21 août
- Toulon est désormais encerclée sur trois côtés ; l’infanterie nord-africaine pénètre les quartiers nord, mais les forts côtiers tiennent encore.
- À Marseille, l’insurrection contrôle le centre-ville ; les unités régulières approchent à moins de 15 km.
- Sur la N 7, Hill 300 est barré, obligeant les colonnes allemandes à batailler de nuit pour dégager le goulot. La bataille de Montélimar vient officiellement de commencer.
Lieu de mémoire
Au-dessus de La Coucourde (Drôme), une table d’orientation et une stèle rappellent la prise de Hill 300 : elle offre un panorama sur le goulet où Task Force Butler bloqua la N 7 le 21 août et explique, cartes à l’appui, la manœuvre américaine et l’arrivée de la 11ᵉ Panzerdivision