La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

L’avancée éclair des cinq premiers jours a porté la tête de pont alliée à une quarantaine de kilomètres de profondeur ; l’heure est maintenant à la réduction des deux ports et à la coupure définitive de la retraite allemande dans la vallée du Rhône.

Les combats deviennent plus durs, la logistique peine à suivre et les premières contre-attaques de la 11ᵉ Panzerdivision apparaissent.

Secteur de Toulon

  • Nord-ouest : le 3ᵉ RTA et le Bataillon de choc enlèvent successivement le village du Revest et les hauteurs des Dardennes ; le versant sud du mont Faron bascule dans la matinée, donnant aux Français un observatoire direct sur l’arsenal.
  • Centre-ville : la 9ᵉ DIC se fraie un passage par la porte d’Italie et atteint la place d’Armes dans l’après-midi.
  • Sud-est : la 1ʳᵉ DFL progresse maison par maison entre le Golf-Hôtel et la rade ; les blockhaus du littoral, reliés par tunnels, exigent l’appui du 1ᵉʳ RAMA et des canonnières de la flotte avant chaque bond en avant.
    Difficultés : densité des mines, réseaux souterrains et canons de 88 mm encore intacts ralentissent l’assaut urbain et provoquent de fortes pertes.
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Axe Marseille

  • Le 7ᵉ RTA se fixe sur le Plan de l’Aigle (massif du Garlaban) pendant que trois groupes de tabors marocains ferment la route d’Aix.
  • De violents combats de rues éclatent à Aubagne et Gémenos ; la manœuvre vise à encercler le port par l’intérieur avant d’y engager les blindés de la 1ʳᵉ DB.
  • Dans la ville même, la grève générale déclenchée la veille se transforme en insurrection ; les FFI tiennent les quartiers de Saint-Charles et du Vieux-Port et bloquent plusieurs casernes.
    Difficultés : forte dispersion des points d’appui allemands, sabotage systématique des quais, manque de munitions lourdes chez les résistants.  
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Vallée du Rhône : la “bataille carrée” de Montélimar

  • Task Force Butler (chars M4, TD M10, 117ᵉ Cav) s’installe sur la crête de Hill 300 au-dessus de la N-7 dans la nuit du 21 au 22.
  • Vers midi, un Kampfgruppe de la 11ᵉ Panzer attaque depuis Montélimar, s’empare de Sauzet puis déboîte plein nord et coupe la liaison américaine à Puy-Saint-Martin ; la contre-attaque de chars venus de Gap rétablit la situation au crépuscule.
  • Butler reçoit enfin, tard le soir, un bataillon du 141ᵉ RI et deux groupes de 155 mm, mais l’artillerie ne dispose plus que de vingt-cinq coups par pièce.
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  • Difficultés : unités dispersées, très faible dotation en carburant et en obus, absence des régiments de la 36ᵉ DI encore bloqués par la pénurie de camions.  

Progression américaine en Haute-Provence

Des éléments de la 3ᵉ DI US franchissent la Durance près de Cavaillon et poussent des reconnaissances jusqu’aux abords d’Avignon, sans pénétrer encore dans la ville, les ponts étant détruits ou minés. Les liaisons radio restent précaires dans le relief, compliquant la coordination avec VI Corps.

Problèmes logistiques et facteurs limitants

  • Essence : les trois divisions US consomment 100 000 gallons/jour ; les dépôts côtiers n’en contiennent pas assez d’où l’obligation de récupérer les stocks allemands capturés et d’établir des navettes de jerrycans.  
  • Transports : faute de camions, les renforts de la 36ᵉ DI avancent par “sauts de compagnie”, ce qui retarde la fermeture complète du verrou de Montélimar.
  • Munitions : l’artillerie de Butler n’a plus qu’une journée de tir ; à Toulon les 75 mm divisionnaires doivent être rationnés pour percer les points d’appui bétonnés.  

Bilan tactique au soir du 22 août

  • Toulon : la moitié nord de la ville est occupée ; la garnison allemande – pressée contre la rade – prépare des contre-attaques locales mais perd l’initiative.
  • Marseille : le verrou d’Aubagne saute, l’anneau de siège se referme à moins de 15 km du centre.
  • Montélimar : le verrou sur la N-7 tient malgré le premier choc blindé ; la bataille pour la “bouteille” du Rhône est engagée.
  • Les pénuries de carburant et d’obus restent la menace principale pour l’exploitation rapide vers la vallée du Rhône.

Lieu de mémoire

Sur les hauteurs d’Aubagne, la stèle du Plan de l’Aigle rappelle la position tenue le 22 août 1944 par le 7ᵉ RTA ; panneaux et table d’orientation expliquent la manœuvre d’encerclement de Marseille et le rôle des tirailleurs et des tabors.  

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