À la veille d’octobre, le Sixth Army Group (VIIᵉ Armée US + 1ʳᵉ Armée française) a quitté la vallée du Rhône pour se heurter à la barrière boisée des Vosges :
| Zone | Grandes unités alliées | Ligne atteinte le 1ᵉʳ octobre | Éléments ennemis en face |
| VIᵉ Corps US | 45ᵉ DI (Eagles) – 36ᵉ « Texas » – 3ᵉ DI | • 45ᵉ DI installée à Rambervillers, prise la veille après le franchissement de la Moselle. • 36ᵉ DI tient Saint-Loup-sur-Semouse et la rive est de la Saône. • 3ᵉ DI couvre l’axe Épinal–Remiremont | Groupements mobiles de la 11ᵉ Panzerdivision renforcés des 198ᵉ et 716ᵉ DI |
| 1ʳᵉ Armée française (rebaptisée le 25 sept.) | IIᵉ Corps (3ᵉ DIA, 1ʳᵉ DB) – Iᵉʳ Corps (2ᵉ DIM, 9ᵉ DIC) | Tient la boucle Vesoul–Baume-les-Dames ; la 1ʳᵉ DB vient de franchir le Doubs, préparant l’offensive vers le col du Ballon d’Alsace | LXIV Armeekorps (gén. Wiese) retranché sur les contreforts vosgiens |
| Flanc oriental | Éléments US et FFI | Patrouilles jusqu’à Bruyères ; reconnaissance du 442ᵉ RCT nisei en soutien de la 36ᵉ DI | Avant-postes de la 16ᵉ Volksgrenadier-Division |
Actions du jour (1ᵉʳ octobre)
- VIᵉ Corps
- La 45ᵉ DI consolide Rambervillers, répare les ponts Bailey sur la Mortagne et prépare la poussée sur Brouvelieures.
- La 36ᵉ DI nettoie Saint-Loup et progresse le long de la RN 57 pour couvrir le flanc de la 45ᵉ.
- La 3ᵉ DI contourne Épinal libérée le 23 septembre et installe un pont logistique sur la Moselle
- 1ʳᵉ Armée française
- Les tabors marocains et le 3ᵉ RTA ouvrent des itinéraires de crête vers Rougemont et Héricourt ; la 1ʳᵉ DB regroupe ses chars à l’est de Baume-les-Dames avant d’aborder la trouée de Belfort
- Résistance et OSS
- Groupes FFI guident les reconnaissances dans les forêts de l’Ognon ; l’OSS parachute des équipes radios pour caler l’artillerie dans les vallées encaissées
Principales difficultés rencontrées
| Problème | Manifestation le 1ᵉʳ octobre |
| Chaîne logistique trop longue | 470 km séparent la tête de pont varoise du front ; malgré la remise en service de Marseille (jusqu’à 19 000 t/j après 37 jours d’effort) les convois POL arrivent à flux tendu |
| Ponts détruits | Tous les grands ouvrages sur la Saône, l’Ognon et la Moselle sont soufflés ; franchissements uniquement par ponts Bailey, limitant le passage d’un Sherman à la fois |
| Terrain vosgien | Forêts denses, vallées encaissées et routes étroites obligent à progresser par axes uniques ; artillerie et blindés fortement canalisés |
| Météo d’automne | Pluies continues, brouillard matinal, bourbiers qui ralentissent les GMC et neutralisent rapidement les pistes d’aviation tactiques |
| Arrière-gardes blindées | Coups de sonde de la 11ᵉ Panzer à Lure et Luxeuil ; usage de contre-attaques éclairs pour gagner du temps à l’ennemi |
Bilan tactique au soir du 1ᵉʳ octobre
- Couloir Rambervillers–Bruyères : la 45ᵉ DI a posé le pied dans les Vosges, mais son avance est suspendue en attendant la relève logistique.
- Trouée de Belfort : les avant-gardes françaises tiennent désormais le Doubs ; l’offensive générale sur Belfort est programmée pour la mi-octobre.
- Moselle moyenne : les ponts Bailey de la 3ᵉ DI ouvrent une voie d’approvisionnement vers Remiremont, prémices de l’attaque sur Gérardmer.
- Logistique : si Marseille décharge enfin de gros tonnages, le manque de wagons et la saturation des routes continuent d’allonger les délais d’acheminement, surtout en carburant et en obus de 155 mm.
Lieu de mémoire
Le cimetière américain d’Épinal (commune de Dinozé) conserve 5 257 tombes de soldats tombés du débarquement de Provence aux premières batailles vosgiennes.
Un grand relief mural retrace l’avance du 15 août au franchissement de la Moselle ; parmi les opérations gravées figure la prise de Rambervillers le 30 septembre, prélude aux combats des Nisei et des Texans dans la forêt de Bruyères.