La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

Au septième jour de l’opération Dragoon, les forces alliées tiennent désormais une ligne qui court de la Méditerranée à la vallée du Rhône ; leur effort se concentre sur :

  • la réduction des deux ports encore aux mains de la 19ᵉ Armée allemande (Toulon et Marseille), confiée à l’Armée B française ;
  • la coupure de la retraite ennemie dans le couloir du Rhône, mission du VIᵉ Corps US autour de Montélimar.

Toulon : percée française dans la ville

Les trois divisions françaises (3ᵉ DIA au nord, 9ᵉ DIC à l’est, 1ʳᵉ DFL au sud-est) se rejoignent dans le secteur La Valette – mont Faron au petit matin.

Les unités de la 3ᵉ DIA franchissent alors l’arsenal de Malbousquet, atteignent la gare et pénètrent jusque dans la darse vieille ; les forts de Croix-Faron et de Saint-Antoine sont neutralisés au cours de la journée.  

Difficultés sur le front toulonnais

  • Réseau dense de souterrains et de blockhaus côtiers encore armés de canons de 88 mm.
  • Progression urbaine lente, maison par maison ; abondance de mines et de pièges à charge creuse.
  • Pénurie d’obus perforants : l’artillerie divisionnaire doit rationner les tirs.

Marseille : entrée des réguliers dans la cité insurgée

Profitant de l’insurrection FFI déclenchée trois jours plus tôt, la 3ᵉ Division d’infanterie algérienne appuyée par les tabors marocains et les blindés du CC1 (1ʳᵉ DB) franchit les faubourgs est et débouche dans la ville avant midi.

Le général de Monsabert propose sans succès la capitulation au général Schäfer ; les points d’appui allemands se contractent autour du fort Saint-Nicolas et de Notre-Dame-de-la-Garde.

Difficultés à Marseille

  • Défenses concentrées sur les hauteurs dominantes (fort Saint-Nicolas, ND-de-la-Garde) commandant le port.
  • Sabordage systématique : bassins obstrués par des navires coulés, ponts et grues détruits.
  • FFI mal armés ; coordination délicate entre groupes résistants et troupes régulières à cause des combats de rue.

Vallée du Rhône : la bataille de Montélimar se durcit

La nuit précédente, le général Truscott a dissous Task Force Butler ; la 36ᵉ DI (général Dahlquist) en reprend directement les éléments.

Dès l’aube, les Américains tiennent la crête de Hill 300 au-dessus de la N-7, mais subissent plusieurs assauts :

  • Groupe Thieme (éléments avancés de la 11ᵉ Panzerdivision) attaque Sauzet puis tente de déborder la colline ; il est repoussé par l’artillerie US vers 14 h.
  • En fin d’après-midi, un bataillon US, renforcé de quelques chars, tente de foncer sur Montélimar ; contre-attaque allemande et feu antichar stoppent la poussée à moins de deux kilomètres de la ville.

Aucun des deux camps ne parvient à emporter la décision pendant cette journée de duels d’artillerie et de manœuvres tournantes.

Difficultés dans le « carré de Montélimar »

  • Manque chronique d’essence et de camions : les régiments de la 36ᵉ DI arrivent au compte-gouttes, parfois à pied, faute de transports.  
  • Munitions comptées : les canons de 155 mm n’ont plus qu’une vingtaine de coups par pièce pour toute la journée.
  • Initiative allemande conservée grâce aux retards américains ; les colonnes de la 11ᵉ Panzer cherchent les points faibles avant l’arrivée de la 198ᵉ DI prévue le lendemain.
  •  

Synthèse au soir du 23 août

AxeGain territorialSituation à 20 h
ToulonCentre-ville atteint, arsenal partiellement contrôléGarnison compressée le long de la rade, forts côtiers encore actifs
MarseilleForces régulières dans le cœur urbainFort St-Nicolas et ND-de-la-Garde résistent ; FFI tiennent l’Hôtel de Ville
MontélimarCrête Hill 300 et Sauzet sécurisésContre-attaques de la 11ᵉ PzD ; blocage incomplet de la N-7

Logistiquement, la rareté du carburant demeure le principal frein à l’exploitation rapide vers le nord ; l’artillerie tourne « sur la réserve », et les convois de ravitaillement peinent à suivre des unités lancées à plus de 250 km de leurs plages de débarquement.  

Lieu de mémoire

Le Mémorial du débarquement et de la libération de Provence au sommet du mont Faron (Toulon) retrace notamment la jonction des divisions françaises le 23 août et l’assaut final sur l’arsenal.

Son esplanade offre un point de vue direct sur la rade et les secteurs de combat du 3ᵉ RTA et du Bataillon de choc.

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