Au matin, le VIIe Armée US tient une tête de pont continue d’environ quarante kilomètres de large et vingt kilomètres de profondeur ; les trois divisions du VIe Corps (3ᵉ, 45ᵉ, 36ᵉ DI) sont toutes engagées, tandis que la 1ʳᵉ Airborne Task Force tient les carrefours du Muy et de Vidauban.
Le général de Lattre de Tassigny installe ce jour-là le poste de commandement de l’Armée B à Cogolin et commence à projeter ses unités vers Toulon et Marseille.
Progression alliée le 17 août
Secteur ouest (3ᵉ DI US, “Alpha”)
• Le 30ᵉ Infantry, appuyé par le Combat Command Sudre (1ʳᵉ DB), enlève Le Luc après quatre heures de combats urbains en fin de matinée. La prise du nœud routier ouvre la RN 7 vers Brignoles.
Secteur centre (45ᵉ DI US, “Delta”)
• Vidauban tombe avant midi. Les 157ᵉ et 179ᵉ Regiments dépassent l’Argens et bivouaquent au nord de la vallée, prêts à foncer vers Barjols et la Durance dès le lendemain.
Secteur est (36ᵉ DI US, “Camel”)
• La division sécurise définitivement la corniche de l’Estérel et atteint Théoule-sur-Mer, tandis que des éléments progressent vers la Route Napoléon (N 85) pour poursuivre sur Grasse et Digne
Force aéroportée et commandos
Les parachutistes de la 517ᵉ PRCT et du 509ᵉ PIB récupèrent leurs dernières dotations larguées et constituent des dépôts de munitions suffisants pour l’offensive des jours suivants.
Déploiement français
La 1ʳᵉ Division Blindée déborde Hyères par l’intérieur, la 9ᵉ Division d’Infanterie Coloniale franchit le massif des Maures vers Pierrefeu, et la 3ᵉ Division d’Infanterie Algérienne se masse pour attaquer Toulon par le nord-est.
Réaction ennemie
Dans la soirée, Hitler ordonne au Groupe d’armées G de décrocher vers la vallée du Rhône, ne laissant que les garnisons portuaires de Toulon et Marseille tenir “jusqu’au dernier homme”.
Difficultés rencontrées par les Alliés
Logistique côtière : la cadence de débarquement reste inférieure aux prévisions ; le matériel lourd arrive au compte-gouttes, obligeant les unités à temporiser avant de relancer l’offensive.
Génie et circulation : la RN 7 et les rares ponts sur l’Argens saturent rapidement. Plusieurs ouvrages ont été détruits par les Allemands, retardant l’engagement des chars et des convois d’essence.
Résistance ennemie localisée : des arrière-gardes (242ᵉ DI sur la côte, détachements de la 148ᵉ DI à l’est) minent les carrefours, et l’artillerie lourde de Toulon tient toujours les crêtes dominant la rade.
Ravitaillement aéroporté imparfait : la 1ʳᵉ Airborne Task Force doit consacrer une partie de sa journée à récupérer des colis égarés, tandis que de nouvelles palettes sont parachutées par des bombardiers A-20.
Bilan au soir du 17 août
- L’objectif “Blue Line” (limite prévue pour D + 3) est globalement dépassé avec vingt-quatre heures d’avance.
– Les premières colonnes françaises se positionnent pour encercler Toulon, dont l’assaut déclenchera le 20 août.
– Le retrait ordonné du Groupe d’armées G ouvre aux Alliés la route de la vallée du Rhône et annonce la jonction prochaine avec les forces venues de Normandie.
Lieu de mémoire recommandé
Le Rhone American Cemetery de Draguignan, créé le 19 août 1944, regroupe 851 tombes de soldats tombés lors de Dragoon et de la poussée vers le Rhône. Le site, adossé à un coteau planté de cyprès et d’oliviers, présente une carte en mosaïque retraçant jour par jour la progression du 15 au 28 août.