Pierre Georges Émile Albert CHARIÉ, alias Étienne Leblanc , né le 14 janvier 1915 à Égry (Loiret), mort le 12 mars 1973 à Égry, Français. fut un résistant français de premier plan durant la Seconde Guerre mondiale, avant de devenir une figure politique locale et nationale.
Jeunesse et formation
Fils d’un négociant en vins, Pierre Charié fréquente l’école communale d’Égry, l’école Saint-Grégoire de Pithiviers puis le collège Durzy de Montargis. À dix-huit ans, il rejoint l’entreprise familiale de négoce de vins.
Mobilisé en 1939 comme sous-officier, il est capturé près de Toul puis interné au camp de Châlons-sur-Marne, dont il s’évade en février 1941.
Engagement dans la Résistance
De retour dans le Loiret, Pierre Charié s’engage dans la Résistance. Il établit des contacts avec Londres, facilite le passage d’hommes désirant rejoindre les Forces françaises libres et participe à la réception de parachutages.
La MVR indique qu’en mars 1943 son organisation a déjà reçu douze parachutages.
Appartenance à un réseau ou mouvement
En mai 1944, Pierre Charié devient l’adjoint de George Wilkinson, chef du circuit HISTORIAN du SOE dans le Loiret.
Après l’arrestation de Wilkinson, le 26 juin 1944, Charié assure la continuité du réseau sous le nom d’« Étienne Leblanc ».
Missions et actions
Il organise des parachutages d’armes et de matériel, des filières d’évasion pour aviateurs alliés et des actions de sabotage.
Il exerce notamment des responsabilités dans le secteur Pithiviers–Chambon-la-Forêt–Bellegarde.
Arrestation / évasion / déportation
Pierre Charié n’est pas déporté. Son principal épisode de captivité concerne sa capture comme militaire français en 1940 et son évasion en février 1941.
Camarades de combat
Parmi les personnes directement associées à son activité figurent George Wilkinson, Roger Mercier, le commandant Saint-Paul et le colonel Marc O’Neill.
Retour à la vie civile
Le 30 août 1944, Pierre Charié devient chef départemental des FFI du Loiret.
Après la guerre, il mène une importante carrière politique : conseiller municipal puis maire d’Égry, conseiller général et député du Loiret de 1958 jusqu’à sa mort en 1973.
Décorations
La MVR lui attribue la Légion d’honneur, la Croix de guerre 1939-1945, la Médaille de la Résistance française, le Distinguished Service Order britannique et la Medal of Freedom américaine.
La Médaille de la Résistance lui est attribuée par décret du 24 avril 1946, publié au Journal officiel du 17 mai 1946. La MVR donne la cote 1O12536.
Lieux de mémoire
Une rue d’Égry porte le nom du Commandant Charié.
Références bibliographiques
1er mars 1943, L’affaire des drapeaux… et autres destins de guerre : Pierre Charié, Roger Giry, Serge Dégrégny, Marcel Donon, Joseph Langer — Dany Percheron, tapuscrit, 2019, 90 p. Conservé aux Archives départementales du Loiret sous la cote BH BR/17400, ce travail est la référence bibliographique la plus directement centrée sur Pierre Charié parmi celles identifiées. Il replace son parcours dans le contexte du Pithiverais pendant l’Occupation et étudie plusieurs destins liés à la Résistance et à la guerre dans le Loiret.
Le Gâtinais en Résistance. À l’est du Loiret au temps des maquis — Liliane Brulez, préface de Georges O’Neill, Corsaire Éditions, Orléans, 2024, 448 p. Fondé sur des témoignages, des archives officielles, des documents privés et une importante iconographie, cet ouvrage retrace la Résistance dans l’est du Loiret, de Ferrières à Briare et de Chuelles à Lorris. Il constitue un ouvrage de contexte particulièrement pertinent pour comprendre les groupes, maquis, parachutages et réseaux au sein desquels Pierre Charié exerça ses responsabilités.
Au temps de l’héroïsme et de la trahison — Paul Guillaume, Librairie Loddé, Orléans, édition 1978, 356 p. ; première édition en 1948. Ouvrage historique consacré à la Résistance dans l’Orléanais et la Sologne, il fournit un cadre régional essentiel pour étudier les réseaux clandestins, les liaisons avec Londres, les parachutages et les combats de la Libération. Il figure dans la bibliographie spécialisée sur la Résistance conservée par les Archives départementales du Loiret.
Réseaux de Résistance SOE : Sologne, Berry, rives de Loire — Yves Chauveau-Veauvy, Éditions Sutton, collection « Témoignages et Récits », 2012, 126 p. Cet ouvrage étudie l’action du Special Operations Executive britannique dans le Centre de la France, notamment les réseaux, parachutages, sabotages et relations entre agents britanniques et résistants français. Il permet de replacer le circuit HISTORIAN auquel appartint Pierre Charié dans le cadre plus général des opérations de la section F du SOE en Sologne, dans le Berry et sur les rives de la Loire.
Le maquis de Lorris — ouvrage collectif, préface du commandant d’Aboville, Imprimerie Les Impressions Modernes, Briare, différentes éditions depuis l’après-guerre. Conçu à l’origine comme un journal de marche et un ouvrage de mémoire destiné aux anciens du maquis, il retrace l’organisation, les opérations et les combats du principal maquis du Loiret. Il constitue une source de contexte importante pour comprendre les relations entre les maquis locaux, les responsables FFI, Marc O’Neill et l’organisation résistante à laquelle Pierre Charié participa.
SOE in France: An Account of the Work of the British Special Operations Executive in France 1940-1944 — M. R. D. Foot, première édition 1966, édition révisée Whitehall History Publishing/Routledge, 2004. Cette histoire de référence du Special Operations Executive en France repose notamment sur les archives officielles britanniques et étudie l’organisation, les agents, les circuits et les opérations clandestines du SOE. Elle permet de replacer HISTORIAN, George Wilkinson et l’action de Pierre Charié dans l’ensemble des opérations de la section F en France.
Références internet
Pierre Georges Émile Albert Charié — Musée départemental de la Résistance et de la Déportation de Lorris — Notice biographique particulièrement importante consacrée directement à Pierre Charié. Elle confirme son alias « Étienne Leblanc », son appartenance au SOE F, au réseau Étienne Leblanc et aux FFI, ainsi que son rôle dans les parachutages, l’évasion de pilotes alliés et son travail auprès de George Wilkinson dans HISTORIAN. Elle fournit également ses principales décorations.
https://www.museelorris.fr/resistants/pierre-georges-emile-albert-charie
Pierre Charié — Assemblée nationale, base Sycomore — Notice institutionnelle détaillée retraçant l’état civil, la jeunesse, la mobilisation de 1939, la captivité, l’évasion de février 1941 et l’entrée de Pierre Charié dans la Résistance. Elle décrit ses contacts avec Londres, les filières d’évasion, les parachutages, son commandement FFI et sa désignation après-guerre comme liquidateur national du réseau action « Étienne Leblanc » des groupes Buckmaster.
https://www2.assemblee-nationale.fr/sycomore/fiche/1659?legislature=52
CHARIÉ Pierre — Mémoire Vive de la Résistance — Notice biographique consacrée à Pierre Charié qui reprend son parcours depuis son évasion du camp de Châlons-sur-Marne jusqu’à son engagement dans la Résistance du Loiret. Elle détaille les douze parachutages déjà reçus par son organisation en mars 1943, sa collaboration avec Roger Mercier, son rôle auprès de George Wilkinson et sa prise de responsabilités dans HISTORIAN sous le nom d’Étienne Leblanc. https://mvr.asso.fr/charie-2/
Circuit HISTORIAN — Mémoire Vive de la Résistance — Présentation spécifique du circuit HISTORIAN de la section F du Special Operations Executive, actif principalement dans le Loiret et la région d’Orléans en 1944. La notice explique son organisation sous George Wilkinson, dit « Étienne Marchand », puis son évolution en HISTORIAN–Étienne Leblanc sous la responsabilité de Pierre Charié. Elle permet de replacer précisément Charié dans la structure du SOE.
https://mvr.asso.fr/circuit-historian/
Commandant Charié — Tourisme Loiret — Cette notice patrimoniale présente Pierre Charié comme résistant et député du Loiret. Elle rappelle ses contacts avec Londres, sa participation aux atterrissages et parachutages dans la région de Pithiviers, sa coopération avec HISTORIAN en 1944 et la succession de George Wilkinson après l’arrestation de celui-ci le 26 juin 1944. Elle mentionne également sa nomination comme chef départemental FFI le 30 août 1944.
https://www.tourismeloiret.com/fr/diffusio/illustres/commandant-charie-egry_TFOILLCEN045V509S0V
George Alfred Wilkinson — Musée départemental de la Résistance et de la Déportation de Lorris — La biographie de George Wilkinson apporte un éclairage direct sur la place de Pierre Charié dans HISTORIAN. Elle indique que Wilkinson, parachuté dans la région d’Orléans en avril 1944 pour diriger ce réseau du SOE F sous le nom d’Étienne Marchand, organise les parachutages d’armes avec son adjoint Pierre Charié, dit Étienne Leblanc. L’arrestation de Wilkinson le 26 juin 1944 explique la prise de responsabilités ultérieure de Charié. https://www.museelorris.fr/resistants/george-alfred-wilkinson
Jean Laurent — Musée départemental de la Résistance et de la Déportation de Lorris — Cette notice apporte un témoignage précieux sur l’organisation locale dirigée par Pierre Charié. Jean Laurent participe avec lui à la création d’un groupe de Résistance à Courtenay et devient agent de liaison permanent du commandant Charié. La notice décrit plusieurs opérations du réseau Étienne Leblanc : parachutages, sabotage du pont des Sables, sauvetage d’aviateurs alliés et attaques contre des convois allemands. https://www.museelorris.fr/resistants/jean-laurent
Paul Martin — Musée départemental de la Résistance et de la Déportation de Lorris — La fiche de Paul Martin permet de documenter la chaîne de commandement du réseau HISTORIAN–Étienne Leblanc. Membre du maquis de Nibelle, Martin appartient à un groupe commandé par le lieutenant franco-américain André Studler, envoyé par l’OSS, lequel reçoit ses ordres de Pierre Charié. Cette source complète utilement la biographie de Charié en montrant concrètement son rôle de coordination des groupes locaux. https://www.museelorris.fr/resistants/paul-martin
Robert Dubois — Musée départemental de la Résistance et de la Déportation de Lorris — Cette notice concerne un résistant du maquis de Nibelle appartenant au SOE F, au réseau Étienne Leblanc et aux FFI. Elle précise que son groupe, commandé par André Studler, reçoit ses ordres de Pierre Charié, présenté comme coordinateur du réseau SOE F HISTORIAN–Étienne Leblanc. Elle constitue ainsi une source complémentaire sur l’autorité opérationnelle exercée par Charié durant l’été 1944.
https://www.museelorris.fr/resistants/robert-dubois-0
Henri Gaudet — Musée départemental de la Résistance et de la Déportation de Lorris — La notice d’Henri Gaudet rattache celui-ci au SOE F, au réseau Étienne Leblanc, aux FFI et au maquis de Lorris. Elle mentionne explicitement ses relations avec Pierre Charié, présenté comme un membre essentiel du réseau SOE F HISTORIAN–Étienne Leblanc. Elle permet d’étudier les liens entre l’organisation de Charié et le maquis de Lorris pendant les opérations de l’été 1944.
https://www.museelorris.fr/resistants/henri-gaudet
Le Maquis de Lorris — La Résistance dans le Loiret — Site historique et mémoriel consacré au principal maquis du Loiret et à ses combattants. Il rassemble des récits, documents, témoignages et études sur les combats de l’été 1944, l’organisation des maquis, Marc O’Neill et les opérations menées dans la forêt d’Orléans. Cette ressource permet de replacer l’action de Pierre Charié et du réseau Étienne Leblanc dans le contexte militaire et géographique de la Résistance départementale.
https://maquisdelorris.fr/resistance/
La Seconde Guerre mondiale dans le Loiret — Bibliographie, Archives départementales du Loiret — Bibliographie institutionnelle particulièrement utile pour approfondir les recherches sur Pierre Charié et la Résistance dans le département. Elle recense de très nombreux ouvrages, études universitaires, articles et témoignages consacrés au Loiret sous l’Occupation et comporte une partie spécifique « La Résistance dans le Loiret ». Elle référence notamment le travail de Dany Percheron de 2019 qui cite Pierre Charié dans son titre, ainsi que les ouvrages de Paul Guillaume et plusieurs études sur les réseaux SOE. https://www.archives-loiret.fr/fichier/135245/2625
Dossier d’homologation consulté
Dossier physique non consulté. La MVR signale la cote 1O12536 pour son dossier relatif à la Médaille de la Résistance.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A — excellent.
Chronologie
14 janvier 1915 — Naissance à Égry.
1939-1940 — Mobilisation et captivité.
Février 1941 — Évasion.
1941 — Engagement dans la Résistance.
Mai 1944 — Adjoint de Wilkinson dans HISTORIAN.
26 juin 1944 — Succession de Wilkinson après son arrestation.
30 août 1944 — Chef départemental FFI du Loiret.
12 mars 1973 — Décès à Égry.
Sources consultées
Musée de Lorris — Pierre Charié.
https://www.museelorris.fr/resistants/pierre-georges-emile-albert-charie
