Albert André Marie CHAREYRE, né le 26 août 1915 à Nice (Alpes-Maritimes), mort le 23 avril 1946 à Cần Thơ (Cochinchine, actuelle République socialiste du Vietnam), Français, officier des Forces françaises libres, capitaine d’infanterie coloniale, combattant du Bataillon de marche n° 4, Compagnon de la Libération par décret du 7 mars 1945, mort des suites d’un accident survenu pendant son service en Indochine.
Jeunesse et formation
Albert André Marie Chareyre naît à Nice, dans les Alpes-Maritimes, en août 1915.
La biographie officielle de l’Ordre de la Libération indique le 26 août 1915, date également confirmée par le répertoire des dossiers d’officiers du Service historique de la Défense, série GR 8 Ye.
Une divergence doit cependant être signalée : le répertoire des dossiers de résistants GR 16 P indique le 20 août 1915. En l’absence de consultation de l’acte de naissance original, la date du 26 août est retenue en raison de la concordance entre la biographie institutionnelle et le dossier administratif de carrière militaire.
Albert Chareyre effectue une partie de sa scolarité à Nice, dans un établissement tenu par les Frères des Écoles chrétiennes.
Il poursuit ensuite ses études au lycée Sainte-Geneviève de Versailles.
Cette formation précède son entrée dans l’armée.
En octobre 1937, il est appelé au service militaire.
Il souhaite initialement rejoindre l’aviation.
Cependant, sa mauvaise vue ne lui permet pas d’être admis dans cette arme.
Il s’oriente alors vers l’artillerie.
Il suit la formation des élèves officiers de réserve à Poitiers.
À l’issue de cette formation, en octobre 1938, il est affecté au 4e régiment d’artillerie divisionnaire, stationné à Colmar.
Il sert désormais comme sous-lieutenant.
Sa formation militaire lui donne les compétences nécessaires à l’encadrement d’une unité et à la conduite des missions confiées à un officier subalterne.
À la veille de la Seconde Guerre mondiale, Albert Chareyre possède ainsi une expérience de l’instruction militaire et du commandement, mais n’a pas encore participé à des opérations de guerre.
Engagement militaire en 1939-1940
Septembre 1939 — Mobilisation et drôle de guerre
Lors de la déclaration de guerre, Albert Chareyre sert au 4e régiment d’artillerie divisionnaire.
Pendant la période dite de la drôle de guerre, il cherche à exercer des fonctions plus directement opérationnelles.
Il obtient l’autorisation de suivre un stage d’observateur en avion à Dinard.
Cette formation correspond à son intérêt initial pour l’aviation.
L’observation aérienne joue alors un rôle important dans le renseignement tactique et le réglage des tirs d’artillerie.
Les observateurs doivent identifier les positions adverses, suivre les mouvements de troupes et transmettre leurs observations.
Albert Chareyre poursuit cette formation lorsque survient l’offensive allemande de mai 1940.
Juin 1940 — Repli vers Pau
Après l’effondrement du front français, son école est repliée à Pau.
La situation militaire est devenue critique.
Les forces allemandes progressent rapidement vers le sud.
Le gouvernement français envisage l’armistice.
Albert Chareyre refuse la perspective d’une cessation des combats.
Il décide de quitter la France pour rejoindre les Britanniques.
21 juin 1940 — Départ de Saint-Jean-de-Luz
Le 21 juin 1940, Albert Chareyre embarque à Saint-Jean-de-Luz sur le navire polonais Sobieski, à destination de la Grande-Bretagne.
Ce départ intervient avant la signature de l’armistice franco-allemand du 22 juin.
Il appartient ainsi aux militaires français qui choisissent très tôt de poursuivre la guerre.
Arrivé au Royaume-Uni, il s’engage dans les Forces françaises libres.
Son choix constitue une rupture avec l’autorité militaire demeurée en France.
Il accepte de servir sous le commandement du général de Gaulle, dont les forces sont alors encore peu nombreuses.
Septembre 1940 — Expédition de Dakar
Albert Chareyre participe à l’expédition alliée de Dakar.
Cette opération vise à obtenir le ralliement de l’Afrique occidentale française au général de Gaulle.
Elle se heurte à la résistance des autorités demeurées fidèles au gouvernement de Vichy.
L’opération échoue.
Albert Chareyre poursuit néanmoins son engagement au sein des Forces françaises libres.
Son parcours le conduit ensuite en Afrique équatoriale française.
Engagement dans les Forces françaises libres
Octobre-novembre 1940 — Ralliement du Gabon
À Brazzaville, Albert Chareyre est affecté, avec le grade de lieutenant, au 3e bataillon du Régiment de tirailleurs du Cameroun.
Cette formation participe aux opérations visant à obtenir le ralliement du Gabon à la France libre.
Le Gabon constitue alors un enjeu important.
Son ralliement doit permettre de consolider l’ensemble territorial contrôlé par le général de Gaulle en Afrique équatoriale.
Albert Chareyre participe aux opérations d’octobre et novembre 1940.
Ces événements constituent ses premières expériences opérationnelles au sein des forces gaullistes.
Décembre 1940 — Constitution du BM 4
En décembre 1940, le 3e bataillon du Régiment de tirailleurs du Cameroun devient le Bataillon de marche n° 4, désigné par le sigle BM 4.
Albert Chareyre demeure dans cette unité.
Le BM 4 appartient aux formations d’infanterie qui vont participer à plusieurs campagnes successives de la France libre.
Son histoire accompagne le développement des forces françaises combattantes depuis l’Afrique jusqu’à la libération du territoire métropolitain.
Albert Chareyre restera durablement attaché à ce bataillon.
Décembre 1941-mai 1942 — Afrique orientale
En décembre 1941, le BM 4 quitte le Gabon.
Il est envoyé en Éthiopie.
Albert Chareyre sert avec son unité dans cette région jusqu’en mai 1942.
Il convient de préciser que cette période ne doit pas être confondue avec la participation à la bataille de Bir Hakeim.
La biographie officielle de l’Ordre de la Libération ne situe pas Albert Chareyre parmi les défenseurs de Bir Hakeim.
Le BM 4 est alors engagé dans un parcours opérationnel distinct.
Mai 1942-janvier 1943 — Liban
Après son séjour en Éthiopie, Albert Chareyre rejoint le Liban avec son bataillon.
Cette période correspond à une phase de réorganisation et de préparation.
Les Forces françaises libres doivent reconstituer leurs moyens, former leurs unités et préparer les campagnes suivantes.
Le BM 4 rejoint ensuite les forces françaises engagées en Afrique du Nord.
Janvier 1943 — Deuxième Brigade française libre
En janvier 1943, le BM 4 est intégré à la 2e Brigade française libre.
Albert Chareyre participe avec son bataillon à la campagne de Tunisie.
Cette campagne oppose les forces alliées aux armées allemandes et italiennes.
Les combats sont particulièrement difficiles dans les régions montagneuses et sur les positions fortifiées.
Le terrain impose souvent des attaques d’infanterie contre des points d’appui solidement défendus.
11 mai 1943 — Blessures à Takrouna
Le 11 mai 1943, pendant l’attaque de la cote 136, dans la région de Takrouna, Albert Chareyre est blessé par balles à l’avant-bras gauche et à la cuisse gauche.
Malgré ses blessures, il poursuit son action.
Il parvient à ramener un groupe de prisonniers jusqu’au poste de commandement de son bataillon.
Cet épisode illustre son comportement au combat.
Blessé à deux reprises au cours d’une même action, il conserve suffisamment d’autorité et de maîtrise pour assurer le retour des prisonniers.
Cette conduite témoigne également de son engagement auprès de ses hommes.
La campagne de Tunisie s’achève au mois de mai 1943 par la capitulation des dernières forces de l’Axe en Afrique du Nord.
Albert Chareyre poursuit ensuite son service dans les Forces françaises libres.
Campagne d’Italie — Avril-juillet 1944
D’avril à juillet 1944, Albert Chareyre participe à la campagne d’Italie.
Les forces françaises combattent aux côtés des Alliés contre les positions allemandes.
Le terrain italien impose des combats particulièrement difficiles.
Les montagnes, les vallées encaissées et les positions défensives adverses rendent la progression coûteuse.
Albert Chareyre sert toujours au BM 4.
Au cours de cette campagne, il est promu capitaine.
Cette promotion marque une nouvelle étape de sa carrière.
Il possède désormais une expérience acquise au Gabon, en Afrique orientale, en Tunisie et en Italie.
Son parcours témoigne de la continuité de son engagement militaire depuis juin 1940.
Débarquement de Provence — Août 1944
16 août 1944 — Débarquement à Cavalaire
Le 16 août 1944, Albert Chareyre débarque à Cavalaire, dans le Var, avec les forces françaises engagées dans la libération de la Provence.
L’opération intervient au lendemain du débarquement allié du 15 août 1944.
Les troupes françaises doivent participer à la conquête des positions allemandes défendant la côte méditerranéenne.
Les combats concernent notamment les secteurs de Toulon et d’Hyères.
Albert Chareyre retrouve ainsi le territoire métropolitain qu’il avait quitté en juin 1940.
20 août 1944 — Blessure dans la région d’Hyères
Le 20 août 1944, il est blessé par balle à l’aisselle gauche pendant les combats dans la région d’Hyères.
Il s’agit de sa deuxième blessure de guerre importante après celle de Tunisie.
Malgré cette nouvelle blessure, il continue à participer aux opérations.
23 août 1944 — Combat de la cote 132
Le 23 août 1944, Albert Chareyre se distingue au cours de l’attaque de la cote 132.
Il assure la liaison entre des unités engagées dans des conditions difficiles et dangereuses.
Cette mission présente une importance tactique particulière.
Les liaisons permettent de transmettre les ordres, de coordonner les déplacements et d’éviter l’isolement des éléments combattants.
Lorsque les communications sont interrompues, leur rétablissement impose parfois des déplacements sous le feu ennemi.
Le comportement d’Albert Chareyre pendant cette action contribue au maintien de la coordination entre les unités.
La campagne de Provence constitue ainsi l’un des moments les plus importants de son parcours militaire.
Elle associe une participation directe au débarquement, une nouvelle blessure et une action particulièrement remarquée au combat.
Campagne de France — 1944-1945
Après les opérations de Provence, Albert Chareyre poursuit la guerre avec le BM 4.
Janvier-février 1945 — Alsace
Au début de l’année 1945, il participe à la campagne d’Alsace.
Les troupes françaises doivent faire face à une résistance allemande encore importante.
Les opérations sont rendues difficiles par les conditions hivernales.
Les températures, la neige et les difficultés de circulation compliquent les déplacements et le ravitaillement.
Albert Chareyre sert dans les formations françaises engagées dans la libération de la région.
Printemps 1945 — Alpes-Maritimes
Avec le BM 4, il participe ensuite aux dernières opérations menées dans les Alpes.
Son unité combat dans les secteurs montagneux proches de la frontière italienne.
La biographie de l’Ordre de la Libération indique qu’il participe à la libération de Breil, sur l’axe Tende-Vintimille.
Cet épisode présente une signification particulière.
Né à Nice, Albert Chareyre termine la campagne de France en combattant dans son département natal.
Son parcours l’a conduit de Saint-Jean-de-Luz à l’Angleterre, puis à l’Afrique, au Proche-Orient, à l’Italie et finalement aux Alpes-Maritimes.
Il achève ainsi cinq années d’engagement au sein des forces ayant refusé l’armistice de juin 1940.
Appartenance à une unité, un réseau ou un mouvement
4e régiment d’artillerie divisionnaire — 4e RAD
Unité à laquelle Albert Chareyre est affecté à Colmar en octobre 1938 après sa formation d’officier de réserve.
Forces françaises libres — FFL
Il rejoint la France libre après son départ de Saint-Jean-de-Luz, le 21 juin 1940.
Régiment de tirailleurs du Cameroun — RTC
Il sert comme lieutenant au 3e bataillon du régiment et participe aux opérations de ralliement du Gabon.
Bataillon de marche n° 4 — BM 4
Son unité principale pendant la Seconde Guerre mondiale.
Il participe avec elle aux campagnes d’Afrique orientale, de Tunisie, d’Italie, de Provence, d’Alsace et des Alpes.
2e Brigade française libre
Le BM 4 rejoint cette brigade en janvier 1943 pour la campagne de Tunisie.
43e régiment d’infanterie coloniale — 43e RIC
Unité avec laquelle Albert Chareyre part pour l’Extrême-Orient en janvier 1946.
Son engagement relève exclusivement du parcours militaire de la France libre et des forces françaises combattantes.
Aucune appartenance à un réseau de Résistance intérieure n’est établie.
Camarades de combat
Julien CHABERT — Officier des Forces françaises libres, Compagnon de la Libération et combattant du BM 4. Une photographie prise en Tunisie en 1943 montre les deux officiers au sein du même groupe.
Henri FOUGERAT — Officier des Forces françaises libres et Compagnon de la Libération. Il exerce des responsabilités de commandement au sein du BM 4.
Georges JEANPERRIN — Officier des Forces françaises libres appartenant également au BM 4. Il figure avec Albert Chareyre sur une photographie de groupe réalisée à Beni Khiar en 1943.
Ces rapprochements sont fondés sur l’appartenance à la même unité. Ils ne permettent pas, à eux seuls, d’établir une participation commune à chaque opération ou combat mentionné dans les biographies individuelles.
Arrestation, emprisonnement et déportation
Aucune arrestation, incarcération ou déportation d’Albert Chareyre pendant la Seconde Guerre mondiale n’est documentée.
Il sert dans les unités régulières des Forces françaises libres.
Son parcours est celui d’un officier combattant engagé sur plusieurs théâtres d’opérations.
Après-guerre — Départ pour l’Indochine
À l’issue de la Seconde Guerre mondiale, Albert Chareyre choisit de poursuivre sa carrière militaire.
Il se porte volontaire pour servir en Extrême-Orient.
Janvier 1946 — Embarquement pour la Cochinchine
En janvier 1946, il embarque avec le 43e régiment d’infanterie coloniale pour la Cochinchine.
Il rejoint une région profondément bouleversée par la Seconde Guerre mondiale et par la proclamation de l’indépendance vietnamienne en septembre 1945.
Les autorités françaises cherchent alors à rétablir leur présence administrative et militaire.
Cette politique se heurte à un mouvement indépendantiste vietnamien dont l’importance politique et militaire ne cesse de croître.
L’emploi du terme de « pacification », utilisé dans certaines sources militaires françaises de l’époque, doit être replacé dans ce contexte colonial.
Il désigne des opérations destinées à rétablir le contrôle français, mais ne constitue pas une description neutre de leurs conséquences politiques ou militaires.
Albert Chareyre reçoit des responsabilités régionales en matière de sécurité.
Les sources actuellement accessibles ne permettent pas de préciser les opérations auxquelles il participe personnellement pendant cette courte période.
21 avril 1946 — Accident
Le 21 avril 1946, Albert Chareyre est victime d’un accident.
La biographie de l’Ordre de la Libération indique qu’il est blessé accidentellement, sans préciser les circonstances matérielles.
Il est transporté à l’hôpital de Cần Thơ.
23 avril 1946 — Décès
Albert Chareyre meurt le 23 avril 1946, des suites de ses blessures.
Il est âgé de trente ans.
Sa mort intervient moins d’un an après la fin de la guerre en Europe.
Il est inhumé à Cần Thơ, selon la biographie officielle.
Les renseignements consultés ne permettent pas d’établir un éventuel transfert ultérieur de sa dépouille.
Il convient de distinguer son décès accidentel pendant son service en Cochinchine des morts survenues au combat pendant la guerre d’Indochine.
La mention « Mort pour la France » figure dans certaines notices secondaires, mais les éléments administratifs justifiant cette qualification doivent être recherchés dans les dossiers militaires et les bases institutionnelles correspondantes.
Décorations
Chevalier de la Légion d’honneur — Grade confirmé par la biographie de l’Ordre de la Libération — Date du décret et publication au Journal officiel non établies lors des présentes recherches. Une notice secondaire indique le grade d’officier ; cette divergence nécessite un contrôle dans les documents officiels.
Compagnon de la Libération — Décret du 7 mars 1945 — Attribution du vivant de l’intéressé — Dossier individuel 1 A 198 — Ampliation du décret datée du 17 mars 1945 — Source : Ordre de la Libération. Date de publication au Journal officiel non confirmée.
Croix de guerre 1939-1945 — Trois citations — Source : Ordre de la Libération. Une notice secondaire mentionne une palme, sans que le texte correspondant ait été directement vérifié.
Médaille coloniale — Attribution confirmée par l’Ordre de la Libération — Agrafes et références administratives non établies.
Silver Star — États-Unis — Décoration militaire américaine confirmée par la biographie officielle de l’Ordre de la Libération — Date et référence de l’acte d’attribution américain non retrouvées.
Croix de guerre des Théâtres d’opérations extérieurs — Distinction mentionnée dans la notice Wikipédia consacrée à Albert Chareyre, mais absente de la liste officielle des décorations présentée par l’Ordre de la Libération. Source : Wikipédia ; décret ou source primaire non retrouvé lors des présentes recherches.
Médaille de la Résistance française — Aucune attribution nominative confirmée dans les sources examinées. Cette décoration ne peut être retenue sans justification documentaire supplémentaire.
Lieux de mémoire
Nice — Alpes-Maritimes. Ville natale d’Albert Chareyre, en août 1915.
Lycée Masséna — Nice. Une plaque commémorative rappelle sa mémoire, selon les renseignements publiés dans les références de la notice Wikipédia.
Monument aux morts de Rauba-Capeù — Nice. Son nom figure sur ce monument, selon la même source.
Versailles — Yvelines. Lycée Sainte-Geneviève, où il poursuit ses études.
Poitiers — Vienne. École des élèves officiers de réserve, où il reçoit sa formation militaire.
Colmar — Haut-Rhin. Ville de son affectation au 4e régiment d’artillerie divisionnaire.
Dinard — Ille-et-Vilaine. Lieu de son stage d’observateur aérien pendant la drôle de guerre.
Saint-Jean-de-Luz — Pyrénées-Atlantiques. Port d’où il quitte la France le 21 juin 1940.
Dakar — Sénégal. Théâtre de l’expédition de septembre 1940.
Brazzaville — République du Congo. Centre de son affectation au Régiment de tirailleurs du Cameroun.
Gabon. Territoire où il participe aux opérations de ralliement à la France libre en 1940.
Éthiopie. Région d’affectation du BM 4 entre décembre 1941 et mai 1942.
Liban. Territoire de stationnement du BM 4 avant son départ pour la Tunisie.
Takrouna — Tunisie. Région où il est blessé le 11 mai 1943.
Cavalaire-sur-Mer — Var. Lieu de son débarquement en Provence le 16 août 1944.
Hyères — Var. Secteur des combats d’août 1944 et de sa blessure du 20 août.
Alsace. Théâtre des opérations auxquelles il participe au début de 1945.
Breil-sur-Roya — Alpes-Maritimes. Localité à la libération de laquelle il participe avec le BM 4.
Cần Thơ — Vietnam. Lieu de son décès et de son inhumation initiale, le 23 avril 1946.
Musée de l’Ordre de la Libération — Paris. Institution conservant son dossier individuel de Compagnon, cote 1 A 198.
Références bibliographiques
1061 Compagnons. Histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe Notin, Perrin, Paris, 2000, 822 p. — Ouvrage de référence consacré aux parcours des Compagnons de la Libération.
Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir Trouplin, Elytis, 2010, 1 230 p. ; édition actualisée de 2023, pagination non vérifiée. — Dictionnaire biographique consacré aux titulaires de la croix de la Libération, comprenant une notice sur Albert Chareyre.
Dictionnaire historique de la Résistance, sous la direction de François Marcot, Robert Laffont, collection Bouquins, Paris, 2006, pagination particulière non vérifiée. — Ouvrage collectif permettant de replacer les parcours individuels dans l’histoire générale de la Résistance.
Mémorial des Compagnons de la Libération, ouvrage collectif, 1961, pagination non vérifiée. — Publication mémorielle dont un extrait est conservé dans le dossier individuel d’Albert Chareyre.
Dossiers des femmes et hommes Compagnon de la Libération, lettre C, Roxane Ritter, Ordre de la Libération, version du 24 septembre 2025, 54 p. — Répertoire archivistique décrivant le dossier individuel 1 A 198.
Références internet
Ordre de la Libération — Albert CHAREYRE — Biographie officielle, formation militaire, ralliement à la France libre, campagnes du BM 4, blessures, décorations et décès en Cochinchine — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/albert-chareyre
Ordre de la Libération — Inventaire des dossiers des Compagnons, lettre C — Répertoire de Roxane Ritter, version du 24 septembre 2025, identification du dossier individuel 1 A 198 et de la cote GR 16 P 120734 — https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_C_20250924.pdf
Service historique de la Défense — Répertoire GR 16 P, lettre C — Identification d’Albert André Marie Chareyre, né à Nice, dossier GR 16 P 120734, homologation FFL ; divergence concernant le jour de naissance — https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/SHDGR_16P_C.pdf
Service historique de la Défense — Répertoire GR 8 Ye, lettres A à E — Identification du dossier de carrière d’officier GR 8 Ye 64840, naissance le 26 août 1915 et décès le 23 avril 1946 — https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/sites/default/files/2020-01/SHDGR_REP_8YE_A-E.pdf
Ordre de la Libération — Liste alphabétique des Compagnons — Confirmation de l’identité complète et du décret du 7 mars 1945 — https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/liste_compagnons_0.pdf
Les Français Libres — Albert André Marie CHAREYRE — Fiche individuelle relative à son engagement dans les Forces françaises libres, mentionnée dans les références biographiques secondaires — https://www.francaislibres.net/
Wikipédia — Albert Chareyre — Notice secondaire comprenant des renseignements sur son parcours militaire, certaines décorations et les hommages rendus à Nice — https://fr.wikipedia.org/wiki/Albert_Chareyre
Dossier d’homologation consulté
Service historique de la Défense — GR 16 P 120734
Le répertoire nominatif des dossiers administratifs de résistants identifie :
CHAREYRE Albert André Marie — né le 20 août 1915 à Nice — GR 16 P 120734.
La colonne FFL comporte la mention « Homologué ».
L’existence du dossier et la reconnaissance administrative de son engagement dans les Forces françaises libres sont donc établies.
La date de naissance indiquée dans ce répertoire diffère de celle figurant dans la biographie de l’Ordre de la Libération et le répertoire militaire GR 8 Ye.
Cette contradiction ne permet pas de considérer le jour de naissance comme définitivement établi.
Le dossier individuel original n’a pas été dépouillé.
La consultation du répertoire ne permet donc pas de préciser les périodes homologuées, les grades reconnus ou l’ensemble des pièces justificatives.
Service historique de la Défense — GR 8 Ye 64840
Un second dossier est identifié dans le répertoire des officiers :
CHAREYRE Albert André Marie — capitaine — troupes de marine — GR 8 Ye 64840.
Le répertoire indique :
Naissance : 26 août 1915.
Décès : 23 avril 1946.
Cette cote constitue une référence documentaire complémentaire importante.
Elle correspond à un dossier de carrière militaire et non au dossier d’homologation de la Résistance.
Sa consultation permettrait notamment de vérifier les promotions, les affectations, les blessures, les citations et les circonstances administratives du décès.
L’identification du dossier est établie, mais son contenu n’a pas été directement consulté.
Ordre de la Libération — Dossier individuel 1 A 198
L’inventaire officiel des dossiers des Compagnons de la Libération, lettre C, identifie :
CHAREYRE Albert — 1 A 198.
Il décrit notamment les pièces suivantes.
Attribution de la croix de la Libération
Mémoire de proposition établi en 1944.
Ampliation du décret datée du 17 mars 1945, correspondant au décret du 7 mars 1945.
Reçu du diplôme de la croix de la Libération daté du 21 mars 1955.
Cette dernière date est postérieure au décès d’Albert Chareyre. Elle ne doit donc pas être interprétée comme une remise personnelle du diplôme.
Renseignements administratifs
Fiche de renseignements de la Société d’entraide des Compagnons de la Libération datée du 13 juin 1948.
Fiche annuaire de l’Ordre de la Libération non datée.
Correspondances
Cinq pièces échangées avec l’Ordre de la Libération entre 1946 et 1958.
Ces correspondances sont postérieures au décès et concernent donc ses proches ou des institutions.
Documents militaires
Un courrier du Service historique de la Défense daté de 2009.
Une copie du dossier du bureau du personnel de la Direction des troupes coloniales, non datée.
Ce dernier document pourrait être particulièrement utile pour préciser la carrière d’Albert Chareyre après son arrivée dans les Forces françaises libres.
Travaux historiques
Extrait du Mémorial des Compagnons de la Libération, publié en 1961.
L’ensemble documentaire est décrit comme couvrant la période 1944-2009.
Ces renseignements sont tirés de l’inventaire institutionnel. Les pièces originales n’ont pas été directement dépouillées.
Observations
Albert Chareyre appartient à la génération des jeunes officiers français qui refusent l’armistice dès juin 1940.
Son engagement se caractérise par une grande continuité.
Après avoir quitté Saint-Jean-de-Luz le 21 juin 1940, il rejoint les Forces françaises libres et participe à l’expédition de Dakar.
Il sert ensuite dans les unités françaises libres en Afrique équatoriale.
Son affectation au 3e bataillon du Régiment de tirailleurs du Cameroun, devenu le BM 4 en décembre 1940, détermine l’essentiel de son parcours militaire.
Il participe successivement aux campagnes du Gabon, d’Afrique orientale, de Tunisie, d’Italie, de Provence, d’Alsace et des Alpes.
Son comportement pendant les combats de Takrouna, le 11 mai 1943, constitue un épisode particulièrement significatif.
Bien que blessé à deux reprises, il réussit à ramener un groupe de prisonniers jusqu’au poste de commandement de son bataillon.
La campagne de Provence marque une nouvelle étape.
Il débarque à Cavalaire le 16 août 1944, est blessé dans les combats d’Hyères le 20 août, puis se distingue lors de l’attaque de la cote 132, le 23 août.
Sa participation à la libération de Breil-sur-Roya donne à son parcours une dimension particulière : il termine les opérations de libération de la France dans son département natal.
La croix de la Libération lui est décernée par décret du 7 mars 1945, alors qu’il est encore en activité.
Après la guerre, il poursuit volontairement sa carrière en Indochine.
Il meurt accidentellement à Cần Thơ le 23 avril 1946.
Trois ensembles documentaires permettent d’approfondir son parcours : le dossier individuel de Compagnon 1 A 198, le dossier d’homologation GR 16 P 120734 et le dossier d’officier GR 8 Ye 64840.
La divergence entre les deux dates de naissance constitue le principal point d’état civil à résoudre.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A — L’identité d’Albert André Marie Chareyre, sa naissance à Nice en août 1915, son décès le 23 avril 1946 à Cần Thơ, son engagement dans les Forces françaises libres, ses affectations au Régiment de tirailleurs du Cameroun et au BM 4, ses campagnes militaires, ses blessures de Tunisie et de Provence, ainsi que sa nomination comme Compagnon de la Libération par décret du 7 mars 1945 sont établis par des sources institutionnelles. Les cotes 1 A 198, GR 16 P 120734 et GR 8 Ye 64840 sont identifiées. La principale réserve concerne le jour exact de naissance, indiqué au 26 août par l’Ordre de la Libération et le répertoire GR 8 Ye, mais au 20 août par le répertoire GR 16 P. Les dates administratives de certaines décorations et les circonstances détaillées de l’accident mortel restent à préciser.
Chronologie
| Date | Événement |
|---|---|
| 26 août 1915 | Naissance à Nice, selon l’Ordre de la Libération et le répertoire SHD GR 8 Ye ; le répertoire GR 16 P indique le 20 août. |
| Avant 1937 | Études à Nice, puis au lycée Sainte-Geneviève de Versailles. |
| Octobre 1937 | Appelé au service militaire. |
| 1937-1938 | Formation à l’école des élèves officiers de réserve de Poitiers. |
| Octobre 1938 | Affectation au 4e régiment d’artillerie divisionnaire à Colmar. |
| 1939-1940 | Stage d’observateur aérien à Dinard. |
| Juin 1940 | Repli à Pau. |
| 21 juin 1940 | Embarquement sur le Sobieski à Saint-Jean-de-Luz pour rejoindre l’Angleterre. |
| Été 1940 | Engagement dans les Forces françaises libres. |
| Septembre 1940 | Participation à l’expédition de Dakar. |
| Octobre-novembre 1940 | Participation aux opérations de ralliement du Gabon. |
| Décembre 1940 | Transformation de son unité en Bataillon de marche n° 4. |
| Décembre 1941 | Départ du Gabon avec le BM 4. |
| Décembre 1941-mai 1942 | Affectation en Éthiopie. |
| 1942 | Stationnement au Liban. |
| Janvier 1943 | Rattachement du BM 4 à la 2e Brigade française libre. |
| 11 mai 1943 | Blessé à l’avant-bras et à la cuisse gauches pendant les combats de Takrouna. |
| Avril-juillet 1944 | Participation à la campagne d’Italie. |
| 1944 | Promotion au grade de capitaine. |
| 16 août 1944 | Débarquement à Cavalaire, en Provence. |
| 20 août 1944 | Nouvelle blessure dans la région d’Hyères. |
| 23 août 1944 | Se distingue pendant l’attaque de la cote 132. |
| Janvier-février 1945 | Participation à la campagne d’Alsace. |
| 7 mars 1945 | Décret de nomination comme Compagnon de la Libération. |
| 17 mars 1945 | Date de l’ampliation du décret conservée dans le dossier 1 A 198. |
| Printemps 1945 | Opérations dans les Alpes-Maritimes ; participation à la libération de Breil. |
| Janvier 1946 | Départ pour la Cochinchine avec le 43e RIC. |
| 21 avril 1946 | Blessé accidentellement en Indochine. |
| 23 avril 1946 | Décès à l’hôpital de Cần Thơ. |
| 13 juin 1948 | Fiche administrative conservée dans le dossier de Compagnon. |
| 21 mars 1955 | Date du reçu du diplôme figurant dans le dossier individuel. |
Tableau des divergences entre sources
| Point examiné | Sources | Appréciation |
|---|---|---|
| Identité complète | Ordre de la Libération : Albert Chareyre ; SHD : Albert André Marie Chareyre. | Les trois prénoms sont confirmés par les répertoires militaires. |
| Date de naissance | Ordre de la Libération et SHD GR 8 Ye : 26 août 1915 ; SHD GR 16 P : 20 août 1915. | 26 août 1915 retenu provisoirement, avec réserve explicite. Consultation de l’acte de naissance nécessaire. |
| Lieu de naissance | Ordre de la Libération et SHD : Nice. | Concordance. |
| Départ de France | Ordre de la Libération : 21 juin 1940, Saint-Jean-de-Luz, Sobieski. | Chronologie établie. |
| Appartenance militaire | Ordre de la Libération : 3e bataillon du RTC, puis BM 4. | Chronologie confirmée. |
| Blessure de Tunisie | Ordre de la Libération : 11 mai 1943, cote 136, Takrouna. | Date et circonstances générales retenues. |
| Blessure de Provence | Ordre de la Libération : 20 août 1944, région d’Hyères. | Date retenue. |
| Croix de la Libération | Ordre de la Libération : décret du 7 mars 1945 ; inventaire : ampliation du 17 mars 1945. | Dates compatibles, correspondant à deux étapes administratives distinctes. |
| Grade dans la Légion d’honneur | Ordre de la Libération : chevalier ; Wikipédia : officier. | Divergence à résoudre par consultation du décret ou du dossier de Légion d’honneur. |
| Croix de guerre TOE | Wikipédia : décoration mentionnée ; Ordre de la Libération : non mentionnée. | Attribution non confirmée par une source primaire. |
| Décès | Ordre de la Libération et SHD GR 8 Ye : 23 avril 1946. | Concordance. |
| Dossier de Compagnon | Ordre de la Libération : 1 A 198. | Cote confirmée. |
| Dossier d’homologation | SHD : GR 16 P 120734. | Cote confirmée ; homologation FFL indiquée. |
| Dossier d’officier | SHD : GR 8 Ye 64840. | Cote confirmée. |
Sources consultées
Ordre de la Libération — Albert CHAREYRE — Biographie officielle, carrière militaire, engagements dans les Forces françaises libres, campagnes du BM 4, blessures, décorations et décès en Cochinchine — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/albert-chareyre ; Ordre de la Libération — Dossiers des femmes et hommes Compagnon de la Libération, lettre C, inventaire de Roxane Ritter, version du 24 septembre 2025, dossier 1 A 198 — https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_C_20250924.pdf ; Service historique de la Défense — Répertoire GR 16 P, lettre C, Albert André Marie Chareyre, dossier GR 16 P 120734, mention d’homologation FFL — https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/SHDGR_16P_C.pdf ; Service historique de la Défense — Répertoire GR 8 Ye, lettres A à E, dossier d’officier GR 8 Ye 64840 — https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/sites/default/files/2020-01/SHDGR_REP_8YE_A-E.pdf ; Ordre de la Libération — Liste alphabétique des Compagnons, identité complète et date du décret du 7 mars 1945 — https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/liste_compagnons_0.pdf ; Mémoire Vive de la Résistance — Julien CHABERT, témoignage documentaire de l’appartenance commune au BM 4 et identification d’une photographie de groupe de 1943 — https://mvr.asso.fr/chabert/ ; Wikipédia — Albert Chareyre, notice biographique secondaire et renseignements complémentaires sur les décorations et les lieux de mémoire — https://fr.wikipedia.org/wiki/Albert_Chareyre