Bernard BARBERON, né le 26 août 1916 à Paris (17e arrondissement), mort le 18 octobre 1982 à Paris (5e arrondissement), Français, licencié en droit, aviateur, observateur puis pilote des Forces aériennes françaises libres, Compagnon de la Libération par décret du 26 juin 1941.
Jeunesse et formation
Bernard Barberon naît à Paris dans une famille dont le père est industriel. Il fait ses études au collège Sainte-Croix à Orléans, puis au lycée Louis-le-Grand à Paris. Il poursuit ensuite des études supérieures à la Faculté de droit de Paris et obtient une licence en droit.
Réserviste, il est appelé sous les drapeaux en 1939. Il demande à servir dans l’aviation en qualité d’observateur. Cette spécialité, essentielle dans les équipages de bombardement et de reconnaissance, déterminera la première partie de son parcours dans les Forces aériennes françaises libres.
Engagement dans la Résistance
Refusant l’armistice de juin 1940, Bernard Barberon quitte la France par bateau. Il passe par Gibraltar puis rejoint Londres, où il s’engage dans les Forces aériennes françaises libres comme aspirant observateur. Il appartient ainsi aux premiers aviateurs ayant choisi de poursuivre la guerre aux côtés de la France libre.
Son engagement relève principalement de la Résistance extérieure et des Forces françaises libres. Son parcours combattant le conduit successivement en Afrique occidentale et centrale, à Koufra, en Érythrée, en Libye, puis en Grande-Bretagne avant les opérations aériennes menées au-dessus de la France et de l’Allemagne.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Bernard Barberon appartient aux Forces aériennes françaises libres. En août 1940, il est affecté au groupe « Topic », placé sous le commandement de Jean Astier de Villatte. L’unité embarque à Glasgow pour la Gold Coast et débarque à Takoradi le 1er novembre 1940.
Le groupe Topic est ensuite dissous et devient la 2e escadrille du Groupe réservé de bombardement n° 1, ou GRB1. À la fin de 1940, cette unité est envoyée en Afrique centrale afin d’apporter un soutien aérien aux troupes de la colonne Leclerc.
Le 1er septembre 1941, le GRB1 devient le Groupe de bombardement « Lorraine ». Bernard Barberon poursuit son activité opérationnelle dans cette unité. L’instrument de recherche de l’Ordre de la Libération consacré aux unités militaires confirme son appartenance au Groupe Lorraine parmi les Compagnons qui y ont servi.
Missions et actions
Au sein du GRB1, Bernard Barberon forme un équipage avec le lieutenant Tassin de Saint-Péreuse et le sergent-chef Lagatu. Il participe à une mission sur Koufra, puis prend part aux opérations d’Érythrée, où il accomplit plusieurs missions aériennes.
Après la transformation du GRB1 en Groupe de bombardement Lorraine, le sous-lieutenant observateur Barberon effectue 27 missions en Libye entre novembre 1941 et janvier 1942. Il est promu lieutenant en décembre 1941.
Après cette période d’opérations, il est mis au repos. Il demande alors à suivre une formation de pilote. Il rejoint ensuite l’Angleterre, où le Groupe Lorraine arrive en janvier 1943. Cette évolution marque son passage de la fonction d’observateur à celle de pilote et, ultérieurement, au commandement d’une escadrille.
Il prend en effet le commandement de l’escadrille « Nancy » du Groupe Lorraine. Selon la notice officielle de l’Ordre de la Libération, il accomplit au total 90 missions en France et en Allemagne.
À la fin de 1944, Bernard Barberon prend le commandement du groupe de transport aérien 1/15. Dans cette fonction, il participe jusqu’à la fin de la guerre à de nombreux rapatriements de blessés et de déportés. Cette dernière phase de son activité militaire diffère donc de ses missions antérieures de bombardement : elle relève désormais essentiellement du transport et du rapatriement sanitaire et humain.
Arrestation / évasion / déportation
Aucune arrestation, captivité ou déportation de Bernard Barberon n’est mentionnée dans les sources institutionnelles consultées.
Son départ de France en juin 1940 constitue un départ volontaire destiné à poursuivre la guerre : il quitte la France par bateau, passe par Gibraltar et rejoint Londres pour s’engager dans les Forces aériennes françaises libres.
Camarades de combat
Jean Astier de Villatte commande le groupe Topic auquel Bernard Barberon est affecté en août 1940. Il constitue donc l’un de ses premiers chefs au sein des Forces aériennes françaises libres.
Le lieutenant Tassin de Saint-Péreuse et le sergent-chef Lagatu forment avec Barberon l’équipage cité par la notice institutionnelle lors des opérations du GRB1 en Afrique. Leur participation commune aux missions de Koufra et d’Érythrée est explicitement documentée.
Le Groupe Lorraine compte de nombreux autres Compagnons de la Libération, parmi lesquels Jean Astier de Villatte, Jacques Ballet, René Bauden, Pol Charbonneaux, Édouard Corniglion-Molinier, Robert Cunibil, André Delfau, François Dumont, Yves Ezanno et Michel Fourquet. Leur appartenance à la même unité est attestée par l’instrument de recherche de l’Ordre de la Libération ; elle ne doit cependant pas être interprétée automatiquement comme la preuve d’une relation personnelle étroite avec Barberon.
Retour à la vie civile
Après la guerre, Bernard Barberon quitte la vie militaire active et obtient ses brevets de pilote de ligne. Il séjourne en Indochine de 1947 à 1950.
Il entre ensuite à l’Union de transports aériens (UTA). Il y exerce comme pilote et commandant de bord de 1951 à 1968, puis devient chef de département à partir de 1969. Sa carrière civile demeure ainsi directement liée à l’aviation.
Il joue parallèlement un rôle important dans les organisations professionnelles et mémorielles liées à l’aviation et à la France libre. Il préside la Fédération nationale du personnel navigant de l’aviation marchande. Il est vice-président de l’Association des Français libres, président de l’Amicale des Forces aériennes françaises libres à partir de 1960 et administrateur de la revue Icare.
Bernard Barberon est en outre membre du Conseil de l’Ordre de la Libération à partir de 1949. Sa présence au Conseil est encore attestée par les textes officiels relatifs à sa composition, notamment en 1978.
Il meurt à Paris le 18 octobre 1982, à l’âge de 66 ans. Il est inhumé à Langon, dans le Loir-et-Cher.
Décorations
Commandeur de la Légion d’honneur. Source : Ordre de la Libération. Le grade de commandeur est expressément attesté dans la liste institutionnelle des décorations de Bernard Barberon. La date de promotion n’a pas été établie avec suffisamment de certitude dans les sources numériques institutionnelles consultées.
Compagnon de la Libération. Source : Ordre de la Libération. Attribution par décret du 26 juin 1941. Le fonds individuel 1 A 48 conservé par l’Ordre comprend notamment le décret du 26 juin 1941 ainsi qu’un reçu du diplôme de la Croix de la Libération daté de 1965.
Croix de guerre 1939-1945 avec cinq citations. Source : Ordre de la Libération. La décoration et le nombre de citations sont expressément indiqués dans la notice institutionnelle.
Médaille coloniale. Source : Ordre de la Libération. La décoration est expressément attestée. Les éventuelles agrafes ne sont pas précisées dans la notice institutionnelle consultée et ne sont donc pas ajoutées ici.
Distinguished Flying Cross (Royaume-Uni). Source : Ordre de la Libération. Cette décoration britannique est expressément mentionnée dans la liste institutionnelle des distinctions de Bernard Barberon. La date d’attribution n’a pas été établie avec suffisamment de certitude dans les sources consultées.
Distinguished Service Cross (États-Unis). Source : Ordre de la Libération. Cette décoration américaine est expressément attestée par la notice institutionnelle. La date d’attribution n’a pas été établie avec suffisamment de certitude dans les sources numériques consultées.
Lieux de mémoire
Paris est à la fois la ville de naissance et de décès de Bernard Barberon : il y naît le 26 août 1916 dans le 17e arrondissement et y meurt le 18 octobre 1982 dans le 5e arrondissement.
Koufra, l’Érythrée et la Libye constituent les principaux espaces africains de son parcours combattant dans le GRB1 puis le Groupe Lorraine. L’Angleterre est ensuite le point de départ de ses opérations aériennes sur la France et l’Allemagne.
Langon, dans le Loir-et-Cher, est son lieu d’inhumation.
Les archives de l’Ordre de la Libération conservent sous la cote 1 A 48 un fonds individuel Bernard Barberon couvrant les années 1941-2006. Il comprend notamment des documents relatifs à l’attribution de la Croix de la Libération, des fiches de renseignements, des correspondances, des notes biographiques, des documents relatifs à sa sépulture et des articles de presse.
Références bibliographiques
1061 Compagnons : histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe Notin, Paris, Perrin, 2000, 822 p. Ouvrage de référence consacré aux Compagnons de la Libération, utile pour replacer le parcours de Bernard Barberon dans l’histoire collective de l’Ordre.
Les Compagnons de l’Aube, Guillaume Piketty, Paris, Textuel, 2014, 442 p. Étude permettant de replacer l’engagement des Compagnons dans l’histoire humaine et politique de la France libre.
Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir Trouplin, Paris, Éditions Elytis, 2023. Dictionnaire biographique de référence permettant de confronter les données individuelles relatives à Bernard Barberon avec celles des autres Compagnons.
Références internet
Ordre de la Libération — Notice officielle de Bernard Barberon. Source institutionnelle principale pour l’état civil, les études, le départ de France, l’engagement dans les Forces aériennes françaises libres, Topic, le GRB1, le Groupe Lorraine, les missions de guerre, la carrière civile, les fonctions associatives, le décès et les décorations. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/bernard-barberon
Ordre de la Libération — Archives des Compagnons, lettre B — Instrument de recherche permettant d’identifier le fonds individuel Bernard Barberon sous la cote 1 A 48 et son contenu documentaire. https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_B_20250923.pdf
Ordre de la Libération — Archives des unités militaires — Instrument de recherche permettant notamment de confirmer Bernard Barberon parmi les Compagnons ayant servi au Groupe de bombardement Lorraine. https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_unites_militaires_20260319.pdf
Ordre de la Libération — Textes officiels — Source institutionnelle permettant notamment de contrôler la présence de Bernard Barberon au Conseil de l’Ordre de la Libération dans les textes officiels relatifs à sa composition. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/les-textes-officiels
Les Français Libres — Fiche Bernard Jean Barberon. Source nominative complémentaire apportant notamment la cote GR 16 P 31670 et confirmant son appartenance aux Forces aériennes françaises libres et au Lorraine. Cette source présente toutefois une divergence sur le jour de naissance, qui impose de privilégier l’Ordre de la Libération pour l’état civil. https://www.francaislibres.net/liste/fiche.php?index=53365
Wikipédia — Bernard Barberon. Source secondaire consultée pour confrontation avec les sources institutionnelles ; elle n’est pas retenue comme source d’autorité lorsque l’Ordre de la Libération fournit directement l’information. https://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard_Barberon
Dossier d’homologation consulté
Service historique de la Défense, Vincennes — GR 16 P 31670, BARBERON Bernard Jean.
La cote GR 16 P 31670 est donnée par la fiche nominative des Français Libres et correspond au dossier administratif de résistant de Bernard Barberon.
Le dossier original GR 16 P 31670 n’a pas été matériellement dépouillé pièce par pièce pour la présente notice. La cote est donc signalée comme identifiée dans un instrument nominatif secondaire, et non comme le résultat d’une consultation physique du dossier original.
Un autre ensemble archivistique est signalé par les sources secondaires sous la cote AI 6 P 39874 au Service historique de la Défense, intitulé « Capitaine Bernard Barberon ». Faute de consultation directe de son instrument institutionnel dans la présente recherche, cette cote doit être considérée comme une piste archivistique complémentaire à vérifier avant toute exploitation de son contenu.
Observations
Une divergence existe sur la date de naissance. L’Ordre de la Libération donne le 26 août 1916 à Paris, tandis que la fiche des Français Libres indique le 16 août 1916. La date du 26 août 1916 est retenue, car elle provient de la notice institutionnelle de l’Ordre de la Libération et est également reprise par les principales notices biographiques secondaires.
La documentation consultée permet d’établir avec précision les grandes étapes du parcours opérationnel de Barberon, mais elle ne fournit pas le détail individuel des 90 missions annoncées par l’Ordre de la Libération. Ce nombre est donc repris comme donnée institutionnelle sans tentative de reconstitution mission par mission.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A : La notice repose principalement sur la notice institutionnelle de l’Ordre de la Libération, complétée par ses instruments de recherche archivistiques et ses textes officiels. Le fonds individuel 1 A 48 est précisément identifié et documente notamment l’attribution de la Croix de la Libération. La cote du dossier administratif de résistant GR 16 P 31670 est également identifiée, mais le dossier original n’a pas été matériellement dépouillé pour cette notice. La seule divergence significative rencontrée concerne le jour de naissance ; elle est explicitement signalée et la donnée institutionnelle de l’Ordre de la Libération a été retenue.
Chronologie
| Date | Événement |
|---|---|
| 26 août 1916 | Naissance à Paris, dans le 17e arrondissement. |
| Avant 1939 | Études au collège Sainte-Croix d’Orléans puis au lycée Louis-le-Grand ; licence en droit à Paris. |
| 1939 | Appelé sous les drapeaux ; demande à servir dans l’aviation comme observateur. |
| Juin 1940 | Refuse l’armistice, quitte la France par bateau et rejoint Londres via Gibraltar. |
| Août 1940 | Affecté au groupe Topic sous les ordres de Jean Astier de Villatte. |
| 1er novembre 1940 | Débarque à Takoradi, en Gold Coast, avec son unité. |
| Fin 1940 | Le groupe Topic devient la 2e escadrille du GRB1 ; départ vers l’Afrique centrale. |
| 1941 | Participe à une mission sur Koufra puis aux opérations d’Érythrée. |
| 26 juin 1941 | Nommé Compagnon de la Libération. |
| 1er septembre 1941 | Le GRB1 devient le Groupe de bombardement Lorraine. |
| Novembre 1941-janvier 1942 | Effectue 27 missions en Libye comme sous-lieutenant observateur. |
| Décembre 1941 | Promu lieutenant. |
| 1942 | Mis au repos ; entreprend une formation de pilote. |
| Janvier 1943 | Le Groupe Lorraine rejoint l’Angleterre. |
| 1943-1944 | Commande l’escadrille « Nancy » du Lorraine ; participe aux opérations aériennes sur la France et l’Allemagne. |
| Fin 1944 | Prend le commandement du groupe de transport aérien 1/15. |
| 1944-1945 | Participe au rapatriement de blessés et de déportés. |
| 1947-1950 | Séjour en Indochine. |
| 1949 | Devient membre du Conseil de l’Ordre de la Libération. |
| 1951-1968 | Pilote puis commandant de bord à l’UTA. |
| 1960 | Devient président de l’Amicale des Forces aériennes françaises libres. |
| À partir de 1969 | Chef de département à l’UTA. |
| 18 octobre 1982 | Décès à Paris, dans le 5e arrondissement. |
| Après le décès | Inhumation à Langon (Loir-et-Cher). |
Tableau des divergences entre sources
| Élément | Source | Donnée | Appréciation |
|---|---|---|---|
| Date de naissance | Ordre de la Libération | 26 août 1916 | Date retenue : source institutionnelle spécialisée. |
| Date de naissance | Les Français Libres | 16 août 1916 | Divergence signalée ; non retenue en l’absence d’un acte d’état civil directement consulté. |
| Dossier de résistant | Les Français Libres | GR 16 P 31670 | Cote retenue comme piste archivistique identifiée ; dossier original non dépouillé. |
Sources consultées le 20 septembre 2026
Ordre de la Libération — Bernard Barberon. Source institutionnelle principale utilisée pour l’état civil, la formation, l’engagement, les unités, les opérations aériennes, la carrière après-guerre, les fonctions associatives, le décès et les décorations. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/bernard-barberon
Ordre de la Libération — Archives des Compagnons, lettre B — Instrument de recherche consulté pour le fonds individuel 1 A 48, couvrant les années 1941-2006. https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_B_20250923.pdf
Ordre de la Libération — Archives des unités militaires — Instrument utilisé pour contrôler l’appartenance de Barberon au Groupe de bombardement Lorraine et replacer son parcours parmi ceux des autres Compagnons de l’unité. https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_unites_militaires_20260319.pdf
Ordre de la Libération — Textes officiels — Consultation destinée notamment à contrôler sa présence au Conseil de l’Ordre de la Libération. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/les-textes-officiels
Les Français Libres — Bernard Jean Barberon. Source complémentaire pour le parcours dans les Forces françaises libres et la cote GR 16 P 31670 ; la divergence qu’elle présente sur la date de naissance a été signalée. https://www.francaislibres.net/liste/fiche.php?index=53365
Wikipédia — Bernard Barberon. Source secondaire utilisée uniquement pour confrontation avec les sources institutionnelles. https://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard_Barberon