Alfred ALEXANDER, né le 30 novembre 1880 à Marseille (Bouches-du-Rhône), décédé à Marseille en 1954, de nationalité Française.
Jeunesse et formation
Alfred ALEXANDER naît à Marseille le 30 novembre 1880. Cette identité et cette date de naissance sont directement portées sur sa carte de combattant et sur sa carte de combattant volontaire de la Résistance, toutes deux délivrées à Nice le 22 mars 1954. La pièce originale jointe à la présente recherche constitue donc une source primaire particulièrement importante pour son identification.
Fils d’Edouard ALEXANDER né en 1838 à Sejni, Pologne et de Rosa Möller, exerçant la profession de shipchandler à Marseille c’est-à-dire de fournisseur et avitailleur de navires, reprenant ainsi avec son frère Jules cette activité à la suite de la mort de son père.
Les difficultés économiques conduisirent les deux frères à se séparer professionnellement : Jules resta à Marseille tandis qu’Alfred tenta de développer une activité comparable à Gênes. Alfred s’y installa avec sa famille. Après l’échec de cette implantation, la famille revint en France et Alfred trouva un emploi à la Chambre de commerce à Nice.
Alfred ALEXANDER était l’époux de Marcelle Camille MODIANO. La notice consacrée à leur fille Huguette identifie explicitement celle-ci comme fille d’Alfred ALEXANDER et de Marcelle Camille MODIANO. Parmi leurs enfants sont documentés Édouard ALEXANDER, Raymond ALEXANDER et Huguette ALEXANDER, tous trois engagés dans la Résistance.
Engagement dans la Résistance
L’engagement résistant personnel d’Alfred ALEXANDER est formellement établi par une pièce officielle : sa carte de combattant volontaire de la Résistance, délivrée par l’Office départemental des anciens combattants et victimes de guerre des Alpes-Maritimes à Nice le 22 mars 1954.
La carte porte le numéro 02194. Elle indique :
Alfred ALEXANDER ; né le 30 novembre 1880 à Marseille ; domicile : Marseille, 12 cours Honoré-d’Estienne-d’Orves ; délivrée à Nice le 22 mars 1954. Elle porte sa photographie ainsi que les signatures réglementaires.
La même pièce conserve également sa carte du combattant, délivrée le même jour par l’Office départemental des Alpes-Maritimes, portant le numéro qui paraît se lire 46 082. La lecture de ce dernier numéro doit toutefois être considérée comme légèrement moins assurée en raison de l’état matériel du document.
La délivrance d’une carte de combattant volontaire de la Résistance n’est pas une simple reconnaissance associative ou mémorielle : elle constate officiellement la qualité de combattant volontaire de la Résistance. Le Code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de guerre prévoyait déjà, à l’époque de la délivrance de la carte d’Alfred, un modèle officiel de carte imprimée sur carton vert clair, correspondant exactement au document conservé.
Les documents actuellement accessibles ne permettent cependant pas d’établir la date précise de son entrée dans la Résistance, la durée exacte de ses services ni les actes sur lesquels reposait la reconnaissance de son statut de CVR.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Aucune source nominative suffisamment sûre n’a permis d’attribuer Alfred ALEXANDER à un réseau, mouvement ou unité déterminé.
La prudence est ici indispensable. Ses fils Édouard et Raymond furent parmi les fondateurs et animateurs du mouvement Liberté dans les Alpes-Maritimes. La réunion initiale signalée par la documentation MVR eut lieu le 5 octobre 1940 à Nice, avec Édouard ALEXANDER, Raymond ALEXANDER et Léon Brown ; le groupe prit ensuite officiellement le nom de Liberté.
Sa fille Huguette fut également agent de liaison de ses frères à partir de juin 1941.
Cette forte implication de la famille ALEXANDER dans Liberté établit le contexte dans lequel vivait Alfred, mais elle ne permet pas d’en déduire qu’Alfred appartenait lui-même à Liberté. Sa carte CVR prouve son engagement personnel dans la Résistance, sans préciser l’organisation au titre de laquelle ses services furent homologués.
Missions et actions
Les missions personnelles d’Alfred ALEXANDER n’ont pas été retrouvées dans les sources nominatives actuellement accessibles.
Sa carte de combattant volontaire de la Résistance démontre qu’une procédure administrative a reconnu la réalité de son engagement résistant, mais la carte elle-même ne donne ni les dates de services, ni les actes accomplis, ni l’organisation de rattachement.
Il serait donc historiquement injustifié de lui attribuer les opérations connues de ses fils Édouard et Raymond ou de sa fille Huguette : propagande clandestine, liaisons, sabotages, groupes francs ou actions armées ne peuvent être portés à son dossier sans document nominatif.
Arrestation / évasion / déportation
Aucune arrestation, détention, évasion, internement ou déportation concernant personnellement Alfred ALEXANDER n’a été retrouvée lors des présentes recherches.
Il ne doit notamment pas être confondu avec son frère Jules ALEXANDER, né le 5 décembre 1881 à Marseille, arrêté avec son épouse Valentine, déporté par le convoi n° 58 et mort à Auschwitz.
Camarades de combat
Aucun camarade de combat ne peut être attribué nominativement à Alfred ALEXANDER sur la base des documents actuellement retrouvés.
Son environnement familial résistant est en revanche particulièrement important : ses fils Édouard et Raymond et sa fille Huguette participèrent à la Résistance dans les Alpes-Maritimes. Son frère Jules est également signalé dans l’environnement du mouvement Liberté à Marseille puis dans Combat.
Ces parentés ne permettent toutefois pas de transformer automatiquement ces résistants en « camarades de combat » d’Alfred sans preuve d’une action commune.
Retour à la vie civile
Les activités d’Alfred ALEXANDER après la Libération sont très insuffisamment documentées.
Le document officiel de 1954 apporte néanmoins un repère certain : à cette date, il réside à 13001 Marseille, 12 cours Honoré-d’Estienne-d’Orves. Sa carte CVR, munie de sa photographie et de sa signature, établit qu’il est personnellement titulaire du titre au 22 mars 1954.
Aucune date de décès suffisamment documentée n’a été retrouvée.
Décorations
Croix du combattant volontaire de la Résistance — Alfred ALEXANDER était titulaire d’une carte de combattant volontaire de la Résistance délivrée à Nice le 22 mars 1954. La réglementation prévoit que, lorsque la carte est délivrée au combattant lui-même, elle vaut autorisation du port de la Croix du combattant volontaire de la Résistance. Source : pièce originale et Code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de guerre.
Carte de combattant volontaire de la Résistance — n° 02194 — délivrée à Nice le 22 mars 1954 par l’Office départemental des anciens combattants et victimes de guerre des Alpes-Maritimes. Il s’agit d’un titre administratif et non d’une décoration.
Carte du combattant — délivrée à Nice le 22 mars 1954 ; numéro paraissant être 46 082 sur le document original. Il s’agit également d’un titre administratif et non d’une décoration.
Aucune Légion d’honneur, Médaille de la Résistance française, Croix de guerre ou autre décoration française ou étrangère attribuable avec certitude à Alfred ALEXANDER n’a été retrouvée dans les sources consultées.
Lieux de mémoire
Aucun monument, plaque, rue ou lieu de mémoire spécifiquement consacré à Alfred ALEXANDER n’a été identifié.
Le 12 cours Honoré-d’Estienne-d’Orves à Marseille, domicile porté sur ses cartes de 1954, constitue cependant un lieu biographique directement documenté. Le secteur correspond à l’ancien quartier portuaire dans lequel la famille ALEXANDER exerça ses activités commerciales. La documentation consacrée à Édouard confirme que son père Alfred et son oncle Jules étaient des commerçants installés sur le port de Marseille.
Références bibliographiques
Les Alpes-Maritimes de 1939 à 1945 : un département dans la tourmente, Jean-Louis Panicacci, Nice, Éditions Serre, 1989, 398 p. Ouvrage de synthèse majeur sur le département pendant la guerre, l’Occupation et la Résistance. Il fournit le cadre historique indispensable pour comprendre la Résistance niçoise dans laquelle s’engagèrent plusieurs membres de la famille ALEXANDER.
La Résistance azuréenne, sous la direction de Jean-Louis Panicacci, Nice, Éditions Serre, 1994, 259 p. Ouvrage consacré aux mouvements, réseaux et organisations clandestines des Alpes-Maritimes ; particulièrement utile pour replacer le titre CVR d’Alfred ALEXANDER dans le contexte départemental, sans toutefois fournir à ce stade de notice nominative retrouvée à son nom.
Les Alpes-Maritimes dans la Guerre 1939-1945, Jean-Louis Panicacci, Éditions De Borée, 2013, 469 p. Synthèse plus récente de l’histoire du département pendant la Seconde Guerre mondiale, abordant notamment Vichy, les occupations italienne et allemande, les persécutions et la Résistance.
Références internet
Mémoire Vive de la Résistance — Édouard ALEXANDER — La notice établit qu’Alfred est le père d’Édouard, qu’il exerçait avec son frère Jules une activité de commerce portuaire, qu’il tenta ensuite d’établir une activité de shipchandler à Gênes puis revint à Nice, où il travailla à la Chambre de commerce. https://mvr.asso.fr/alexander/
Mémoire Vive de la Résistance — Huguette ALEXANDER épouse COTTA — Identifie Huguette comme fille d’Alfred ALEXANDER et de Marcelle Camille MODIANO et documente l’engagement résistant de la fratrie dans les Alpes-Maritimes. https://mvr.asso.fr/alexander-3/
Mémoire Vive de la Résistance — Liberté — Documente le mouvement Liberté dans les Alpes-Maritimes et l’engagement d’Édouard et Raymond ALEXANDER ; cette source permet de définir le contexte familial mais ne suffit pas à attribuer Alfred au mouvement. https://mvr.asso.fr/liberte-par-francis-agostini/
Mémoire Vive de la Résistance — Jules ALEXANDER — Identifie Alfred comme frère de Jules et confirme leur activité professionnelle commune de shipchandlers avant leur séparation professionnelle. https://mvr.asso.fr/alexander-7/
Légifrance — Code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de guerre, statut des combattants volontaires de la Résistance — Confirme le caractère officiel de la carte CVR et ses caractéristiques réglementaires. Légifrance — carte du combattant volontaire de la Résistance
Office national des combattants et des victimes de guerre — statut de combattant volontaire de la Résistance — Présente les conditions générales de reconnaissance du statut CVR et les droits attachés au titre. ONaCVG — statut de combattant volontaire de la Résistance
Persée — Jean-Louis Panicacci, « Sociologie de la Résistance dans les Alpes-Maritimes » — Étude scientifique permettant de replacer les résistants azuréens, leurs mouvements et leurs cadres dans leur contexte social et historique. Persée — Sociologie de la Résistance dans les Alpes-Maritimes
Dossier d’homologation consulté
Aucune cote SHD GR 16 P attribuable avec certitude à Alfred ALEXANDER, né le 30 novembre 1880 à Marseille, n’a été retrouvée lors des présentes recherches.
Le dossier administratif qui a nécessairement précédé la délivrance de la carte de combattant volontaire de la Résistance n° 02194 n’a pas été retrouvé dans les ressources nominatives accessibles en ligne. La pièce originale conservée constitue cependant la preuve primaire que la qualité de combattant volontaire de la Résistance lui avait officiellement été reconnue le 22 mars 1954.
Observations
L’identification d’Alfred ALEXANDER ne présente pas d’homonymie sérieuse dans le dossier étudié : la concordance du nom, du prénom, de la naissance à Marseille le 30 novembre 1880, du contexte familial et du document officiel de 1954 permet d’identifier avec certitude le père d’Édouard, Raymond et Huguette ALEXANDER.
Deux points importants demeurent toutefois lacunaires : son organisation résistante exacte et ses actions personnelles. Il serait prématuré de le rattacher à Liberté, Franc-Tireur ou Combat sur la seule base de l’engagement de ses enfants et de son frère.
Sa date et son lieu de décès n’ont pas été retrouvés. Sa nationalité n’est pas explicitement indiquée sur la carte produite ; elle n’est donc pas affirmée sans réserve dans la présente notice.
Indice de fiabilité de la notice Niveau B — l’identité d’Alfred ALEXANDER, sa naissance le 30 novembre 1880 à Marseille, son domicile en 1954 et surtout sa qualité de combattant volontaire de la Résistance sont directement établis par une pièce officielle originale. Son environnement familial, son activité professionnelle et son parcours Marseille–Gênes–Nice sont recoupés par plusieurs notices MVR concernant ses enfants et son frère. Le classement au niveau A n’est pas retenu à ce stade faute d’avoir retrouvé son dossier administratif CVR ou SHD, son organisation résistante, ses dates de services et la nature précise de ses actions.
Chronologie
| Date | Événement |
| 30 novembre 1880 | Naissance d’Alfred ALEXANDER à Marseille. |
| Avant les années 1930 | Activité de commerce portuaire et de shipchandler à Marseille avec son frère Jules. |
| Entre-deux-guerres | Séparation professionnelle des deux frères ; Alfred tente de développer une activité de shipchandler à Gênes et y installe sa famille. |
| Avant 1939 | Retour de la famille en France ; Alfred trouve un emploi à la Chambre de commerce à Nice. |
| 5 octobre 1940 | Ses fils Édouard et Raymond participent à Nice à la création du groupe qui deviendra Liberté. Aucun document retrouvé ne permet encore d’établir le rôle personnel d’Alfred dans ce mouvement. |
| À partir de juin 1941 | Sa fille Huguette participe à la Résistance comme agent de liaison de ses frères. |
| 1940-1944 | Période au cours de laquelle Alfred accomplit les services ou actes qui conduiront ultérieurement à la reconnaissance officielle de sa qualité de combattant volontaire de la Résistance ; chronologie personnelle précise non retrouvée. |
| 22 mars 1954 | Délivrance à Nice de sa carte de combattant et de sa carte de combattant volontaire de la Résistance n° 02194. Domicile : 12 cours Honoré-d’Estienne-d’Orves, Marseille. |
| Après le 22 mars 1954 | Date et lieu de décès non retrouvés. |
Sources consultées
Document original fourni avec la demande. La photographie de la carte du combattant et de la carte de combattant volontaire de la Résistance d’Alfred ALEXANDER établit son identité, sa naissance le 30 novembre 1880 à Marseille, son domicile au 12 cours Honoré-d’Estienne-d’Orves à Marseille et la délivrance de ses titres à Nice le 22 mars 1954.
Mémoire Vive de la Résistance. La notice « Édouard ALEXANDER » a fourni les éléments relatifs à Alfred ALEXANDER, à son activité de commerçant et shipchandler avec son frère Jules, à son installation à Gênes puis à son retour à Nice et au contexte familial résistant. https://mvr.asso.fr/alexander/
Mémoire Vive de la Résistance. La notice « Huguette ALEXANDER épouse COTTA » identifie Marcelle Camille MODIANO comme épouse d’Alfred et documente l’engagement résistant de leur fille Huguette aux côtés d’Édouard et Raymond. https://mvr.asso.fr/alexander-3/
Mémoire Vive de la Résistance. La notice « Jules ALEXANDER » confirme la fraternité entre Alfred et Jules et leur activité professionnelle commune dans le commerce maritime marseillais. https://mvr.asso.fr/alexander-7/
Mémoire Vive de la Résistance. La page « Liberté » documente la constitution du mouvement dans les Alpes-Maritimes et l’engagement d’Édouard et Raymond ALEXANDER ; elle a été utilisée uniquement pour le contexte familial et non pour attribuer Alfred à ce mouvement. https://mvr.asso.fr/liberte-par-francis-agostini/
Légifrance. Le Code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de guerre a permis de contrôler le statut réglementaire de la carte de combattant volontaire de la Résistance et son modèle officiel. Légifrance — statut des combattants volontaires de la Résistance
Office national des combattants et des victimes de guerre. La documentation relative au statut de combattant volontaire de la Résistance a permis de contrôler la portée administrative de ce titre et les conditions générales de son attribution. ONaCVG — statut CVR
Persée. Jean-Louis Panicacci, « Sociologie de la Résistance dans les Alpes-Maritimes », Provence historique, 1994, a fourni le cadre historiographique concernant les résistants et les mouvements clandestins du département. Persée — Sociologie de la Résistance dans les Alpes-Maritimes
