Henri Louis Marie Tudy BOURGEOIS, alias Maximum, également utilisé sous l’identité clandestine Louis DUPONT, né le 5 novembre 1900 à Port-Louis (Morbihan), mort le 1er septembre 1948 à Paris, Français, officier de l’infanterie coloniale, combattant de la France libre, chef de bataillon puis lieutenant-colonel et colonel, officier du BCRA, organisateur des maquis vosgiens, Compagnon de la Libération. Son dossier d’homologation des services de Résistance est conservé au Service historique de la Défense sous la cote GR 16 P 82047 et son dossier de Compagnon sous la cote 1 A 131.
Jeunesse et formation
Henri BOURGEOIS est fils de notaire. Il passe son enfance à Port-Louis, puis effectue ses études secondaires à Lorient. En 1920, il entre à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, au sein de la promotion « Devise du Drapeau », 1920-1922.
La documentation de Saint-Cyr donne ses prénoms complets sous la forme Henri Louis Marie Tudy BOURGEOIS. Cette forme, plus complète que le simple « Henri BOURGEOIS » employé par l’Ordre de la Libération, est retenue pour l’identité développée de la notice.
À sa sortie de Saint-Cyr, il choisit l’infanterie coloniale.
Carrière avant 1939
Henri BOURGEOIS sert successivement en Indochine, au Maroc, en Syrie et en Afrique.
Au Maroc, il se distingue au combat, reçoit la Croix de guerre des Théâtres d’opérations extérieurs et est nommé dans l’ordre de la Légion d’honneur.
Cette succession d’affectations lui donne, avant 1939, une expérience importante du commandement outre-mer et des opérations coloniales.
Tchad et refus de l’armistice
À la déclaration de guerre en septembre 1939, Henri BOURGEOIS est capitaine et commande au Tchad la 1re compagnie du Régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad — RTST.
Il demande à être muté afin de combattre en métropole, mais sa demande n’aboutit pas.
Après l’armistice de juin 1940, il refuse la cessation du combat. Lorsque le Tchad rallie la France libre le 26 août 1940, Henri BOURGEOIS fait le même choix.
Il appartient ainsi au groupe des officiers de l’Empire qui assurent très tôt la continuité militaire de la France libre.
Commandement au Gabon
Promu chef de bataillon le 25 septembre 1940, Henri BOURGEOIS est nommé commandant militaire du Gabon.
Sa mission consiste notamment à réorganiser les troupes du territoire après le ralliement de l’Afrique équatoriale française à la France libre.
Il demeure dans cette fonction jusqu’au printemps 1941.
Départ pour le Moyen-Orient
En avril 1941, souhaitant retrouver une unité combattante, Henri BOURGEOIS quitte le Gabon pour le Moyen-Orient.
En septembre 1941, il devient officier adjoint du Bataillon de marche n° 2 — BM 2. L’inventaire institutionnel des unités de l’Ordre de la Libération confirme son appartenance à cette unité.
Il participe avec le BM 2 à la campagne de Libye.
Bir Hakeim
Henri BOURGEOIS prend part à la bataille de Bir Hakeim, du 27 mai au 11 juin 1942.
Les 9 et 10 juin, alors que la position française subit de violents bombardements, il effectue plusieurs missions auprès d’unités de son bataillon en difficulté. L’Ordre de la Libération souligne son sang-froid et son activité pendant ces combats.
La documentation MVR consacrée à Bir Hakeim précise qu’au moment de la sortie de la position, la colonne des véhicules est organisée en deux ensembles : la première sous les ordres de Jean-Claude LAURENT-CHAMPROSAY, la seconde, constituée des camions de servitude, sous les ordres du commandant Henri BOURGEOIS.
Cette précision complète utilement la notice institutionnelle de l’Ordre.
Commandement du Bataillon de marche n° 4
En septembre 1942, alors qu’il se trouve au Liban, Henri BOURGEOIS reçoit le commandement du Bataillon de marche n° 4 — BM 4.
L’Ordre de la Libération le classe explicitement parmi les Compagnons ayant appartenu au BM 4.
Il conserve ce commandement pendant la campagne de Tunisie.
Promotion au grade de lieutenant-colonel
Henri BOURGEOIS est promu lieutenant-colonel en décembre 1942.
Son expérience acquise au Tchad, au Gabon, avec le BM 2 puis à la tête du BM 4 en fait alors l’un des officiers confirmés des Forces françaises libres.
Campagne de Tunisie
Avec le BM 4, Henri BOURGEOIS participe à la campagne de Tunisie.
Il se distingue particulièrement à Takrouna le 11 mai 1943. À la tête de son bataillon, il enlève la cote 136 ouest.
Blessé à la jambe droite par des éclats d’obus au cours de l’action, il poursuit néanmoins l’attaque, dépasse l’objectif qui lui avait été assigné et fait de nombreux prisonniers.
Cet engagement figure parmi les actions les plus importantes retenues dans son dossier de proposition pour la Croix de la Libération.
Direction des Troupes coloniales
Le 1er août 1943, Henri BOURGEOIS est affecté à la direction des Troupes coloniales.
En novembre 1943, il rejoint le 16e Régiment de tirailleurs sénégalais — 16e RTS.
Cette affectation est cependant de courte durée : quelques mois plus tard, il est appelé à une mission très différente, au sein des services secrets de la France combattante.
BCRA
En février 1944, Henri BOURGEOIS rejoint à Londres le Bureau central de renseignements et d’action — BCRA.
Il reçoit le pseudonyme principal Maximum.
Les archives du BCRA permettent également d’identifier une identité clandestine : colonel Louis DUPONT. Un dossier britannique du Special Operations Executive est signalé sous le nom de Henri Louis Marie Tudy BOURGEOIS, alias Louis DUPONT, référence HS 9/189/4.
Les collections de messages du BCRA utilisent systématiquement l’indicatif Maximum pour Henri BOURGEOIS.
Retour clandestin en France
La notice de l’Ordre de la Libération indique qu’Henri BOURGEOIS est déposé par opération aérienne dans l’Ain le 6 juillet 1944, avant de rejoindre sa zone de mission.
Des recherches spécialisées sur les infiltrations aériennes identifient cette opération comme un vol du 6 juillet 1944, au sud d’Izernore, dans l’Ain, à bord d’un Dakota de la mission Mixer 1 / Eucalyptus. Elles donnent parmi les passagers Henri BOURGEOIS, alias colonel Louis DUPONT, alias Maximum.
Cette donnée est particulièrement importante car certaines synthèses secondaires parlent, de manière simplifiée, d’un « parachutage dans les Vosges ». Il faut distinguer le point d’infiltration aérienne dans l’Ain de la zone opérationnelle qui lui est ensuite attribuée dans les Vosges.
Mission dans les Vosges
Henri BOURGEOIS est envoyé dans l’Est pour aider à organiser les forces clandestines.
L’Ordre de la Libération indique qu’il agit « aux côtés du colonel GRANDVAL », chef régional FFI de la région C, avec pour mission de regrouper et organiser les maquis et de créer une insécurité permanente sur les arrières allemands.
Le colonel Gilbert GRANDVAL, alias Planète, est alors responsable régional FFI.
Dans les Vosges, Henri BOURGEOIS agit sous le nom de Maximum.
GMA Vosges et Résistance alsacienne
Des sources consacrées aux Groupes mobiles d’Alsace — GMA précisent qu’Henri BOURGEOIS rejoint le secteur de Neuville-lès-Raon à la fin de juillet 1944 pour superviser l’organisation des maquis vosgiens.
Il travaille notamment avec :
Marcel KIBLER, alias Marceau, chef de la Résistance alsacienne ;
Guy d’ORNANT, alias Marchal ;
René MEYER, alias Marc ;
Jean ESCHBACH, alias Rivière ;
puis avec plusieurs équipes SAS et des agents envoyés par Londres.
Son rôle consiste moins à commander directement chaque maquis qu’à coordonner, regrouper et relier les unités locales à la structure FFI et au commandement allié.
Septembre 1944
Les conditions deviennent particulièrement difficiles en septembre 1944.
Après l’arrestation de René MEYER le 6 septembre, Henri BOURGEOIS et Marcel KIBLER doivent se cacher à Neuveville-lès-Raon. Ils organisent les liaisons avec les éléments encore disponibles et les SAS opérant dans les Vosges.
Le 15 septembre 1944, Henri BOURGEOIS rejoint Moussey pour rencontrer le capitaine Henri DERRINGER et le lieutenant-colonel britannique FRANK. Il insiste notamment sur la nécessité d’obtenir de Londres un radio et de meilleurs moyens de transmission.
Plus tard dans le mois, BOURGEOIS, KIBLER et DERRINGER installent leur poste de commandement dans un fenil à Moussey.
La documentation locale montre que BOURGEOIS recommande une certaine prudence dans les opérations de harcèlement, alors que la présence allemande devient de plus en plus dense dans le secteur.
Fin de la mission clandestine
Henri BOURGEOIS demeure quatre mois dans la zone des combats, jusqu’à l’arrivée des unités de la 1re Armée française du général de LATTRE DE TASSIGNY.
Cette mission constitue la partie la plus spécifiquement « Résistance intérieure » de son parcours, après quatre années essentiellement consacrées au combat extérieur au sein de la France libre.
Fin de la guerre
Henri BOURGEOIS est promu colonel en décembre 1944.
Il termine la guerre à l’état-major de la 1re Division française libre — 1re DFL.
Carrière après-guerre
En février 1946, il reçoit le commandement de la subdivision de Rouen.
Un an plus tard, il repart en Indochine, où il commande le secteur de Plei-Ku, dans le sud du territoire.
Cette dernière campagne contribue à expliquer la présence de l’agrafe « E-O » — Extrême-Orient sur sa Médaille coloniale.
Maladie et décès
Très gravement malade en Indochine, Henri BOURGEOIS est rapatrié sanitaire en août 1948.
Il meurt le 1er septembre 1948 à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce à Paris, à quarante-sept ans.
L’Association des anciens de Saint-Cyr le donne comme Mort pour la France, « des suites de ses blessures ». Cette précision ne figure toutefois pas sous cette forme dans la notice de l’Ordre de la Libération, qui retient surtout la grave maladie ayant provoqué son rapatriement. Il convient donc de conserver cette différence documentaire.
Il est inhumé dans son village natal de Port-Louis.
Camarades et personnes directement liées
Gilbert GRANDVAL — chef régional FFI de la région C ; BOURGEOIS agit à ses côtés dans l’Est.
Marcel KIBLER, alias Marceau — responsable de la Résistance alsacienne ; travaille directement avec Maximum dans l’organisation du GMA Vosges.
Guy d’ORNANT, alias Marchal — responsable FFI d’Alsace-Lorraine, associé aux opérations dans le secteur vosgien.
Henri DERRINGER — officier parachuté de Londres, travaille avec BOURGEOIS dans le secteur de Moussey.
René MEYER, alias Marc, et Jean ESCHBACH, alias Rivière — cadres locaux du GMA Vosges en liaison avec Maximum.
Décorations
Officier de la Légion d’honneur — distinction confirmée par l’Ordre de la Libération et par les archives de Saint-Cyr. La date exacte du décret d’élévation au grade d’officier n’a pas été retrouvée dans une source primaire accessible au cours des présentes recherches.
Compagnon de la Libération — Croix de la Libération — décret du 20 novembre 1944. Le dossier de l’Ordre porte la cote 1 A 131 et conserve le mémoire de proposition de 1944, un courrier du 17 avril 1944, un bordereau d’envoi du 23 septembre et l’ampliation du décret datée du 21 novembre 1944.
Croix de guerre 1939-1945 — trois citations — distinction confirmée par l’Ordre de la Libération.
Croix de guerre des Théâtres d’opérations extérieurs — deux citations — confirmée par l’Ordre de la Libération ; elle se rattache à ses campagnes antérieures à 1939 et/ou d’outre-mer.
Médaille coloniale avec agrafes « Maroc », « AFL », « Libye », « Bir-Hakeim », « Tunisie », « E-O » — confirmée par l’Ordre de la Libération.
Médaille des Blessés — confirmée par l’Ordre de la Libération, notamment en relation avec sa blessure de Takrouna.
Médaille commémorative des services volontaires dans la France libre — confirmée par l’Ordre de la Libération.
Médaille commémorative de Syrie — confirmée par l’Ordre de la Libération.
Chevalier de l’Ordre de l’Étoile noire — Bénin — distinction confirmée par l’Ordre de la Libération.
Aucune Médaille de la Résistance française n’a été retrouvée dans la liste institutionnelle des décorations d’Henri BOURGEOIS au cours des présentes recherches. Elle ne doit donc pas être ajoutée sans décret nominatif.
Lieux de mémoire
Henri BOURGEOIS est inhumé à Port-Louis, dans le Morbihan.
À proximité de la citadelle de Port-Louis se trouve également un mémorial à la Croix de Lorraine associant les noms de René GERVAIS et Henri BOURGEOIS, tous deux Compagnons de la Libération liés à la commune.
Son nom demeure également attaché à la mémoire des combattants de Bir Hakeim, du BM 2, du BM 4 et des maquis vosgiens.
Références bibliographiques
1061 Compagnons : histoire des Compagnons de la Libération — Jean-Christophe NOTIN — Paris, Perrin, 2000, 822 p. Ouvrage général de référence permettant de replacer Henri BOURGEOIS parmi les officiers de la France libre et les agents du BCRA.
Dictionnaire des Compagnons de la Libération — Vladimir TROUPLIN — Paris, Elytis, 2023, 1 600 p. Référence biographique générale recensée par l’Ordre de la Libération.
Les Compagnons de l’Aube — Guillaume PIKETTY — Paris, Textuel, 2014, 442 p. Ouvrage collectif consacré aux parcours des Compagnons de la Libération.
Mémorial des Compagnons de la Libération — ouvrage collectif — Paris, 1961. Un extrait consacré à Henri BOURGEOIS est conservé dans son dossier de l’Ordre de la Libération.
Histoire de la Résistance en France, tome 5 — Henri NOGUÈRES et collaborateurs — Paris, Robert Laffont, 1981. Un extrait concernant Henri BOURGEOIS est conservé dans son dossier 1 A 131.
Les Grandes Figures de la France Libre — publication de décembre 1948. Un extrait consacré à Henri BOURGEOIS figure dans son dossier de l’Ordre de la Libération.
Références internet
Ordre de la Libération — Henri BOURGEOIS. Notice institutionnelle principale pour l’état civil, Saint-Cyr, les campagnes coloniales, le ralliement, Bir Hakeim, Takrouna, le BCRA, les Vosges, l’Indochine, le décès et les décorations.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/henri-bourgeois
Ordre de la Libération — Inventaire des dossiers des Compagnons, lettre B. Confirme le dossier 1 A 131, son contenu et le dossier SHD GR 16 P 82047.
https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_B_20250923.pdf
Ordre de la Libération — BM 2. Confirme Henri BOURGEOIS parmi les Compagnons ayant servi au Bataillon de marche n° 2.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/taxonomy/term/69461
Ordre de la Libération — BM 4. Confirme Henri BOURGEOIS comme membre et commandant du Bataillon de marche n° 4.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/taxonomy/term/69439
Mémoire Vive de la Résistance — La bataille de Bir Hakeim, première victoire de la France libre. Mentionne Henri BOURGEOIS à la tête de la seconde colonne de véhicules lors de la sortie de Bir Hakeim.
https://mvr.asso.fr/la-bataille-de-bir-hakeim-premiere-victoire-de-la-france-libre-par-medecin-en-chefh-bernard-francois-michel-president-de-la-mvr/
Musée de la Résistance en ligne — GMA Vosges. Documentation détaillée sur l’action de Maximum avec Marcel KIBLER, Guy d’ORNANT, Henri DERRINGER et les SAS dans les Vosges en septembre 1944.
https://www.museedelaresistanceenligne.org/media.php?expo=&media=9817
Musée de la Résistance en ligne / SHD — Collection des messages du BCRA. Identifie « Maximum » comme Henri BOURGEOIS et permet de suivre ses liaisons avec de nombreux agents.
https://museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/137.pdf
Association Saint-Cyr — Promotion de la Devise du Drapeau. Confirme les prénoms complets Henri Louis Marie Tudy BOURGEOIS, Saint-Cyr 1920-1922 et sa qualité d’officier de la Légion d’honneur et de Compagnon de la Libération.
https://www.saint-cyr.org/medias/editor/files/1920-1922-107e-promotion-de-la-devise-du-drapeau-01-2012.pdf
Résistance Brest — Historique des infiltrations en France. Documente l’opération aérienne du 6 juillet 1944 et l’identité clandestine « colonel Louis DUPONT — Maximum ».
https://www.resistance-brest.net/IMG/pdf/infiltrations_en_francedec2024.pdf
Wikipédia — Henri Bourgeois, militaire. Notice secondaire utilisée uniquement pour recoupement ; les éléments principaux ont été contrôlés par les sources institutionnelles.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Bourgeois_%28militaire%29
Dossier d’homologation consulté
SHD GR 16 P 82047 — BOURGEOIS Henri. Le répertoire institutionnel de l’Ordre de la Libération identifie cette cote comme le dossier d’homologation des services de Résistance d’Henri BOURGEOIS. Le dossier intégral n’a pas été directement consulté en ligne.
Ordre de la Libération — dossier 1 A 131. Le dossier comprend le mémoire de proposition de 1944, un courrier du 17 avril 1944, un bordereau d’envoi du 23 septembre 1944, l’ampliation du décret du 21 novembre 1944, le reçu du diplôme de la Croix de la Libération du 4 mars 1966, une fiche de renseignements de 1959, dix pièces de correspondance, une fiche SHD de 1948, une notice biographique, des extraits de publications et des documents relatifs à sa sépulture.
National Archives britanniques — HS 9/189/4. Dossier du SOE signalé au nom de Henri Louis Marie Tudy BOURGEOIS, alias Louis DUPONT, né le 5 novembre 1900. Cette cote britannique apporte une confirmation indépendante de l’identité clandestine employée pendant la mission BCRA.
Observations
Le premier point important concerne les prénoms complets. L’Ordre de la Libération emploie la forme usuelle « Henri BOURGEOIS », tandis que la documentation de Saint-Cyr et les archives britanniques donnent Henri Louis Marie Tudy BOURGEOIS. Cette dernière forme est retenue pour l’identité complète.
Le deuxième concerne l’infiltration du 6 juillet 1944. La notice de l’Ordre indique qu’il est déposé dans l’Ain avant de rejoindre les Vosges ; certaines sources secondaires parlent directement d’un parachutage « dans les Vosges ». Les travaux spécialisés sur les infiltrations aériennes confirment le point d’arrivée dans l’Ain, au sud d’Izernore. La formulation « infiltré dans l’Ain, puis envoyé dans les Vosges » est donc préférable.
Le troisième concerne la fin de sa vie. L’Ordre de la Libération indique qu’il est gravement malade en Indochine, rapatrié sanitaire puis mort au Val-de-Grâce. La documentation de Saint-Cyr parle de décès « des suites de ses blessures » et de Mort pour la France. Faute de dossier médical ou de décision officielle directement consultée, la cause précise ne doit pas être davantage spécifiée.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A — L’identité, Saint-Cyr, l’infanterie coloniale, le commandement au Tchad et au Gabon, le ralliement du 26 août 1940, les campagnes du BM 2 et du BM 4, Bir Hakeim et Takrouna, l’entrée au BCRA, les pseudonymes Maximum et Louis DUPONT, l’infiltration du 6 juillet 1944, la mission dans les maquis vosgiens, le décret de la Croix de la Libération, le dossier GR 16 P 82047, le dossier 1 A 131, les principales décorations et la mort au Val-de-Grâce sont établis par plusieurs sources institutionnelles et archivistiques concordantes. Les seules réserves portent sur la formulation exacte de la cause du décès et sur quelques détails secondaires de la mission aérienne de juillet 1944.
Chronologie
| Date | Événement |
|---|---|
| 5 novembre 1900 | Naissance à Port-Louis, dans le Morbihan. |
| 1920 | Entre à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, promotion Devise du Drapeau. |
| 1920-1922 | Formation à Saint-Cyr. |
| Années 1920-1930 | Service dans l’infanterie coloniale en Indochine, au Maroc, en Syrie et en Afrique. |
| Avant 1939 | Croix de guerre TOE et Légion d’honneur à la suite de ses services au Maroc. |
| Septembre 1939 | Capitaine ; commande la 1re compagnie du RTST au Tchad. |
| 26 août 1940 | Rallie la France libre avec le Tchad. |
| 25 septembre 1940 | Promu chef de bataillon ; nommé commandant militaire du Gabon. |
| Avril 1941 | Quitte le Gabon pour rejoindre une unité combattante au Moyen-Orient. |
| Septembre 1941 | Officier adjoint du Bataillon de marche n° 2. |
| 27 mai – 11 juin 1942 | Bataille de Bir Hakeim. |
| 9-10 juin 1942 | Missions sous bombardement auprès d’unités du BM 2 en difficulté. |
| Nuit du 10 au 11 juin 1942 | Participe à l’organisation de la sortie de Bir Hakeim. |
| Septembre 1942 | Prend le commandement du Bataillon de marche n° 4 au Liban. |
| Décembre 1942 | Promu lieutenant-colonel. |
| 11 mai 1943 | Combat de Takrouna ; enlève la cote 136 ouest, est blessé à la jambe et fait de nombreux prisonniers. |
| 1er août 1943 | Affecté à la direction des Troupes coloniales. |
| Novembre 1943 | Affecté au 16e RTS. |
| Février 1944 | Rejoint le BCRA à Londres. |
| 6 juillet 1944 | Infiltré clandestinement en France, dans l’Ain, sous le pseudonyme Maximum. |
| Juillet 1944 | Rejoint les Vosges pour organiser et coordonner les maquis. |
| Été-automne 1944 | Mission auprès des FFI et du GMA Vosges avec GRANDVAL, KIBLER et les responsables locaux. |
| 15 septembre 1944 | Rencontre DERRINGER et les SAS dans le secteur de Moussey. |
| Septembre-octobre 1944 | Maintient les liaisons et l’organisation clandestine malgré l’intensification des opérations allemandes. |
| 20 novembre 1944 | Décret d’attribution de la Croix de la Libération. |
| Décembre 1944 | Promu colonel. |
| 1945 | Termine la guerre à l’état-major de la 1re DFL. |
| Février 1946 | Prend le commandement de la subdivision de Rouen. |
| 1947 | Part pour l’Indochine ; commande le secteur de Plei-Ku. |
| Août 1948 | Rapatrié sanitaire en France en raison d’une grave maladie. |
| 1er septembre 1948 | Décès au Val-de-Grâce à Paris. |
| Après le décès | Inhumation à Port-Louis. |
Tableau des divergences entre sources
| Point concerné | Versions rencontrées | Élément retenu |
|---|---|---|
| Prénoms complets | Ordre : « Henri BOURGEOIS » ; Saint-Cyr et archives britanniques : Henri Louis Marie Tudy BOURGEOIS. | Henri Louis Marie Tudy BOURGEOIS pour l’identité complète. |
| Identité clandestine | Ordre : Maximum ; archives SOE et recherches sur les infiltrations : Louis DUPONT, alias Maximum. | Les deux sont retenus : Maximum comme pseudonyme principal, Louis DUPONT comme identité clandestine documentée. |
| Point d’infiltration en juillet 1944 | Certaines synthèses : « parachuté dans les Vosges » ; Ordre et études aériennes : déposé dans l’Ain avant de rejoindre l’Est. | Infiltré dans l’Ain le 6 juillet 1944, puis envoyé dans les Vosges. |
| Nature exacte du rôle dans les Vosges | Certaines sources le qualifient directement de DMR ; Ordre : officier BCRA organisant les maquis aux côtés de GRANDVAL. | Formulation prudente : représentant du commandement FFI/BCRA chargé de coordonner et organiser les maquis vosgiens. |
| Cause du décès | Ordre : gravement malade, rapatrié sanitaire ; Saint-Cyr : mort des suites de ses blessures. | Décès au Val-de-Grâce après rapatriement sanitaire pour grave maladie ; l’expression « suites de ses blessures » reste signalée comme donnée secondaire. |
| Médaille de la Résistance française | Absente de la liste institutionnelle de l’Ordre. | Non retenue faute de décret nominatif retrouvé. |
Sources consultées
Ordre de la Libération — Henri BOURGEOIS.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/henri-bourgeois
Ordre de la Libération — Inventaire des dossiers des Compagnons, lettre B.
https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_B_20250923.pdf
Ordre de la Libération — Bataillon de marche n° 2.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/taxonomy/term/69461
Ordre de la Libération — Bataillon de marche n° 4.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/taxonomy/term/69439
Mémoire Vive de la Résistance — La bataille de Bir Hakeim, première victoire de la France libre.
https://mvr.asso.fr/la-bataille-de-bir-hakeim-premiere-victoire-de-la-france-libre-par-medecin-en-chefh-bernard-francois-michel-president-de-la-mvr/
Musée de la Résistance en ligne — GMA Vosges.
https://www.museedelaresistanceenligne.org/media.php?expo=&media=9817
Musée de la Résistance en ligne / SHD — Collection des messages du BCRA.
https://museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/137.pdf
Association Saint-Cyr — Promotion de la Devise du Drapeau.
https://www.saint-cyr.org/medias/editor/files/1920-1922-107e-promotion-de-la-devise-du-drapeau-01-2012.pdf
Résistance Brest — Historique des infiltrations en France.
https://www.resistance-brest.net/IMG/pdf/infiltrations_en_francedec2024.pdf
Wikipédia — Henri Bourgeois, militaire.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Bourgeois_%28militaire%29