Maurice Jean Marie BOURGÈS-MAUNOURY, alias Polygone, Berniquet, Cavalier, né le 19 août 1914 à Luisant (Eure-et-Loir), mort le 10 février 1993 à Paris, Français, polytechnicien, officier d’artillerie, résistant du BCRA, Délégué militaire régional puis responsable militaire national et de zone Sud, colonel, Compagnon de la Libération, député de la Haute-Garonne et président du Conseil sous la IVe République.
Famille et formation
Maurice BOURGÈS-MAUNOURY est le fils de Georges BOURGÈS, président du Bureau Veritas, et de Geneviève MAUNOURY. Il est le petit-fils de Maurice MAUNOURY, député et ministre de l’Intérieur sous Raymond POINCARÉ.
Il effectue ses études secondaires au collège Stanislas à Paris, entre à l’École polytechnique en 1935, obtient une licence en droit et est diplômé de l’École libre des sciences politiques.
Campagne de France et captivité
En 1939, Maurice BOURGÈS-MAUNOURY est lieutenant d’artillerie dans un régiment de l’Est et fait fonction de commandant de batterie.
Il participe à la campagne de France dans les Ardennes. Fait prisonnier en juin 1940, il est transféré en Allemagne puis interné avec son frère Robert à l’Oflag XVII A, en Autriche.
Après treize mois de captivité, il est rapatrié en juillet 1941 en qualité d’ingénieur.
Premiers contacts avec la Résistance
De retour en France, il prépare l’Inspection des finances avec trois camarades : Jacques DELMAS, futur Jacques CHABAN-DELMAS, Félix GAILLARD et Lorrain CRUSE.
Parallèlement, les quatre hommes établissent des contacts avec la Résistance. L’Ordre de la Libération ne donne pas pour cette première période un rattachement précis à un mouvement déterminé ; il convient donc de ne pas lui attribuer rétrospectivement une appartenance organisationnelle non documentée.
Passage des Pyrénées
À la fin de 1942, Maurice BOURGÈS-MAUNOURY décide de rejoindre les Forces françaises libres.
Il franchit clandestinement les Pyrénées mais est arrêté par la Garde civile espagnole. Afin d’éviter d’être remis aux autorités françaises, il se fait passer pour Canadien. Il est détenu pendant plusieurs mois à Pampelune.
Grâce à l’intervention des autorités britanniques, il peut poursuivre son voyage par Gibraltar et gagner Londres au début de 1943.
BCRA et préparation de mission
À Londres, il rejoint le dispositif de la France combattante et suit les entraînements spéciaux destinés aux agents devant être infiltrés clandestinement en France.
Il relève désormais du Bureau central de renseignements et d’action — BCRA. Les pseudonymes qui lui sont attribués par l’Ordre sont Polygone, Berniquet et Cavalier.
Sa mission s’inscrit dans la mise en place des Délégués militaires régionaux — DMR, représentants militaires de Londres auprès des organisations clandestines françaises.
Retour clandestin en France — 15 septembre 1943
Le 15 septembre 1943, Maurice BOURGÈS-MAUNOURY est ramené clandestinement en France par une opération aérienne près de Lons-le-Saunier.
Il voyage avec Paul LEISTENSCHNEIDER et Louis MANGIN.
Une étude publiée dans La Jaune et la Rouge précise que l’appareil est un Hudson et que l’atterrissage a lieu sur le terrain clandestin Orion, près de Lons-le-Saunier. Maurice BOURGÈS-MAUNOURY est destiné à la région R1 — Lyon/Rhône-Alpes, tandis que ses compagnons reçoivent d’autres responsabilités dans le dispositif des DMR.
Délégué militaire régional R1
Sous le pseudonyme de Polygone, Maurice BOURGÈS-MAUNOURY devient Délégué militaire régional de R1, région qui couvre Lyon et une large partie du territoire Rhône-Alpes.
Le rôle du DMR consiste notamment à assurer la liaison entre le commandement allié et les formations militaires clandestines, coordonner les besoins en armes et en argent, travailler avec les responsables des opérations aériennes et contribuer à résoudre les difficultés entre l’Armée secrète, les FTP, l’ORA et les autres formations de Résistance.
Les travaux consacrés au maquis de l’Ain le mentionnent parmi les délégués du BCRA venus inspecter et coordonner les maquis, aux côtés de Louis MANGIN et, ultérieurement, de Paul LEISTENSCHNEIDER.
De R1 aux responsabilités nationales
Après le départ de Louis MANGIN, Maurice BOURGÈS-MAUNOURY reçoit des responsabilités supérieures.
La notice actuelle de l’Ordre de la Libération le qualifie de Délégué militaire national. D’autres sources sur l’organisation des FFI le situent également dans la succession des responsables nationaux ou de zone, avant sa fonction clairement attestée de Délégué militaire de la zone Sud après son retour de Londres en juin 1944.
Cette succession de titres n’est pas parfaitement uniforme selon les sources, ce qui justifie de distinguer les phases de son activité plutôt que de lui attribuer un titre unique pour toute la période 1943-1944.
Madeleine GIRAUD
Maurice BOURGÈS-MAUNOURY est assisté dans ses déplacements clandestins par Madeleine GIRAUD, alias Andrée, qui devient ensuite son épouse.
L’Ordre de la Libération indique qu’elle l’aide dans ses nombreux déplacements en zone Nord comme en zone Sud pendant sa période de responsabilité nationale.
Le Service des archives économiques et financières confirme leur mariage et la naissance de deux fils, Jacques et Marc.
Retour à Londres au printemps 1944
Au début de mai 1944, Maurice BOURGÈS-MAUNOURY quitte à nouveau clandestinement la France par opération aérienne.
Il gagne Londres afin de rendre compte au commandement des résultats obtenus sur le terrain et de préparer l’action des forces clandestines en vue du débarquement allié.
La proximité du débarquement entraîne une réorganisation importante du commandement des FFI et des délégués militaires.
Parachutage du 6 au 7 juin 1944
Dans la nuit du 6 au 7 juin 1944, immédiatement après le débarquement de Normandie, Maurice BOURGÈS-MAUNOURY est parachuté près de Cluny, en Saône-et-Loire.
Il est accompagné de Jean ROSENTHAL et Paul RIVIÈRE.
Il se foule la cheville à l’atterrissage mais rejoint néanmoins son poste et assume immédiatement ses fonctions de Délégué militaire pour la zone Sud.
Paul RIVIÈRE rapporte qu’une importante somme destinée aux mouvements clandestins est ensuite répartie entre les DMR des régions du Sud.
Délégué militaire de la zone Sud
Pendant l’été 1944, Maurice BOURGÈS-MAUNOURY agit donc à un échelon supérieur à celui qu’il occupait initialement en R1.
Il coordonne l’action des délégués régionaux et assure la liaison entre le commandement FFI, Londres et les structures militaires clandestines de la zone Sud.
Les travaux consacrés au BCRA dans l’Ain le qualifient explicitement de délégué militaire de la zone Sud, après avoir été DMR de R1.
Libération de Lyon et grave blessure
Après la libération de Lyon, Maurice BOURGÈS-MAUNOURY cherche à gagner Paris afin de rendre compte au général Pierre KŒNIG, commandant des FFI.
Près de Montceau-les-Mines, il rencontre une colonne allemande et est atteint par plusieurs balles. Il est très grièvement blessé.
Il est transporté à l’hôpital du Creusot, alors que la ville est encore occupée par les Allemands, puis ramené à Lyon.
À l’hôpital de Grange-Blanche, les médecins parviennent à éviter l’amputation. C’est là qu’il reçoit des mains du général de GAULLE la Croix de la Libération.
Une notice nécrologique du Monde situe la blessure au 2 septembre 1944, près d’Autun ; l’Ordre parle de Montceau-les-Mines. Le lieu et la datation exacte doivent donc être présentés avec prudence.
Bilan de son activité résistante
Le parcours de Maurice BOURGÈS-MAUNOURY présente une particularité importante : il n’est pas seulement agent de liaison du BCRA ou chef d’un réseau local. Il appartient au groupe restreint des officiers chargés par Londres de coordonner militairement plusieurs organisations de Résistance.
Successivement DMR de R1, responsable de niveau national puis Délégué militaire pour la zone Sud, il intervient dans l’articulation entre le BCRA, les mouvements, les maquis et les futures FFI.
Personnes directement liées à son action clandestine
Louis MANGIN, alias Losange — Délégué militaire national ; BOURGÈS-MAUNOURY est infiltré avec lui en septembre 1943 et lui succède dans des responsabilités supérieures.
Paul LEISTENSCHNEIDER, alias Carré — infiltré avec BOURGÈS-MAUNOURY le 15 septembre 1943 ; devient ensuite DMR en R1.
Jacques CHABAN-DELMAS, alias Arc — ancien camarade de préparation de l’Inspection des finances et acteur majeur de l’organisation militaire clandestine ; les sources sur les FFI le donnent également comme adjoint ou successeur dans le dispositif national.
Paul RIVIÈRE, alias Marquis/Galvani — responsable des opérations aériennes, parachuté avec lui dans la nuit du 6 au 7 juin 1944.
Jean ROSENTHAL — officier BCRA et spécialiste des maquis, également parachuté avec lui en juin 1944.
Madeleine GIRAUD, alias Andrée — son adjointe clandestine, qui devient ensuite son épouse.
Après la Libération
Après sa guérison, Maurice BOURGÈS-MAUNOURY est nommé sous-chef d’état-major de l’Armée. Il conserve cette fonction jusqu’en juin 1945.
En juin 1945, il succède à Jacques SOUSTELLE comme commissaire de la République à Bordeaux. Le ministère de l’Économie et la presse contemporaine confirment cette nomination.
Carrière parlementaire
En 1946, Maurice BOURGÈS-MAUNOURY est élu député de la Haute-Garonne à la seconde Assemblée nationale constituante, puis réélu sous la IVe République en 1946, 1951 et 1956. Il siège jusqu’en 1958 dans les groupes radicaux et radical-socialistes.
Il exerce également des mandats locaux : conseiller général du canton de Montastruc-la-Conseillère et maire de Bessières. Les dates divergent légèrement selon les sources secondaires pour le mandat municipal ; la base de l’Assemblée nationale constitue la référence principale pour ses mandats parlementaires.
Fonctions gouvernementales
Sous la IVe République, Maurice BOURGÈS-MAUNOURY occupe de nombreuses fonctions ministérielles. Il est notamment secrétaire d’État au Budget en 1947-1948, secrétaire d’État aux Forces armées en 1948, ministre des Travaux publics en 1950, ministre adjoint à la Défense nationale en 1951-1952, ministre de l’Armement en 1952, ministre des Finances en 1953, ministre de l’Industrie et du Commerce en 1954, ministre des Forces armées en 1955, ministre de l’Intérieur en 1955-1956 puis en 1957-1958, et ministre de la Défense nationale et des Forces armées en 1956-1957.
Ces fonctions sont mentionnées comme données biographiques et institutionnelles, sans appréciation politique.
Président du Conseil
Maurice BOURGÈS-MAUNOURY devient président du Conseil en juin 1957. L’Assemblée nationale donne son gouvernement à partir du 13 juin 1957 ; les sources institutionnelles divergent légèrement sur la date de fin technique du gouvernement, entre le 16 octobre et le 6 novembre 1957, cette dernière correspondant à la passation avec le gouvernement suivant.
Son gouvernement demande au Parlement l’autorisation de ratifier les traités de Rome instituant la Communauté économique européenne et Euratom. L’Assemblée nationale vote cette ratification le 9 juillet 1957, par 342 voix contre 239.
Sa présidence du Conseil se déroule également dans le contexte de la guerre d’Algérie. Son gouvernement présente notamment un projet de loi-cadre sur l’organisation institutionnelle future de l’Algérie ; le rejet du texte par l’Assemblée entraîne la chute du gouvernement.
Fin de la carrière politique et activités économiques
Après 1958, Maurice BOURGÈS-MAUNOURY s’éloigne progressivement de la vie parlementaire nationale.
L’Ordre de la Libération indique qu’il abandonne ses principales activités politiques en 1960 et rejoint ensuite le groupe de la Banque Rivaud.
Le Service des archives économiques et financières le donne ensuite comme administrateur ou dirigeant de plusieurs entreprises, notamment dans les secteurs industriel, minier et financier.
Engagement dans la mémoire de la Résistance
Maurice BOURGÈS-MAUNOURY demeure lié aux associations issues de la Résistance. Il participe notamment aux travaux de l’Amicale Action, qui rassemble d’anciens agents des services Action de la France combattante.
Par décret du 22 janvier 1987, il est nommé membre de la Commission nationale de la Médaille de la Résistance française, aux côtés notamment de Gilberte BROSSOLETTE, Eugène CLAUDIUS-PETIT, Jean-Pierre LÉVY, Christian PINEAU et Raymond TRIBOULET.
Décès
Maurice BOURGÈS-MAUNOURY meurt à Paris le 10 février 1993, à l’âge de soixante-dix-huit ans.
Il est inhumé à Luisant, sa commune natale. La notice de l’Ordre de la Libération confirme cette inhumation.
Décorations
Chevalier de la Légion d’honneur — distinction confirmée par l’Ordre de la Libération. L’inventaire du dossier 1 A 132 signale un extrait de décret du 19 novembre 1945 portant notamment nomination dans la Légion d’honneur au grade de chevalier.
Compagnon de la Libération — Croix de la Libération — attribution avec effet au 12 septembre 1944 ; décret signé à Paris le 24 mars 1945, sur avis du Conseil de l’Ordre du 26 février 1945 ; ampliation conservée au dossier 1 A 132 datée du 26 mars 1945. Cette formulation corrige la présentation simplifiée « décret du 12 septembre 1944 ».
Croix de guerre 1939-1945 — deux citations — distinction et nombre de citations confirmés par l’Ordre de la Libération. Le dossier 1 A 132 conserve plusieurs copies d’ordres et décisions de citation, ce qui permettra, après consultation des originaux, d’en préciser les niveaux exacts.
Médaille de la Résistance française avec rosette — attribution confirmée par l’Ordre de la Libération et la MVR ; les sources secondaires concordantes donnent le 3 août 1946. Maurice BOURGÈS-MAUNOURY devient ultérieurement membre de la Commission nationale de cette médaille.
Distinguished Service Order — Royaume-Uni — décoration britannique confirmée par l’Ordre de la Libération.
Legion of Merit — États-Unis — décoration américaine confirmée par l’Ordre de la Libération. La notice publique ne précise pas le grade exact ; il est donc préférable de s’en tenir à l’appellation générique tant que le diplôme américain n’est pas contrôlé.
Lieux de mémoire
Maurice BOURGÈS-MAUNOURY est inhumé à Luisant, dans l’Eure-et-Loir.
Une avenue Maurice-Bourgès-Maunoury existe à Toulouse ; cette dénomination est également signalée par la notice MVR.
Son nom reste également attaché à l’histoire des Délégués militaires régionaux et nationaux du BCRA et à la coordination des FFI en 1943-1944.
Références bibliographiques
Bourgès-Maunoury, républicain indivisible — Paul MARCUS — préface de Jacques CHABAN-DELMAS — Biarritz, Atlantica, 1997. Biographie spécifiquement consacrée à Maurice BOURGÈS-MAUNOURY et à l’ensemble de son parcours résistant, administratif et politique.
Les Réseaux Action de la France combattante 1940-1944 — ouvrage collectif de l’Amicale Action — Paris. Travail réalisé avec la participation de plusieurs anciens agents des réseaux Action, dont Maurice BOURGÈS-MAUNOURY lui-même ; source importante pour le dispositif des DMR et du BCRA.
1061 Compagnons : histoire des Compagnons de la Libération — Jean-Christophe NOTIN — Paris, Perrin, 2000, 822 p. Ouvrage général de référence sur les Compagnons et la France libre.
Dictionnaire des Compagnons de la Libération — Vladimir TROUPLIN — Paris, Elytis, 2010 ; nouvelle édition augmentée, 2023. Référence biographique pour son état civil, ses pseudonymes, le BCRA, les fonctions de DMR et les décorations.
À la découverte de leurs racines — Joseph VALYNSEELE et Denis GRANDO — Paris, L’Intermédiaire des chercheurs et curieux, 1988. Ouvrage utile pour la généalogie de la famille BOURGÈS-MAUNOURY.
Références internet
Ordre de la Libération — Maurice BOURGÈS-MAUNOURY. Source institutionnelle principale pour le parcours militaire, la captivité, le BCRA, les fonctions de DMR et de responsable national, les missions de 1943-1944, la blessure, l’après-guerre et les décorations.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/maurice-bourges-maunoury
Mémoire Vive de la Résistance — BOURGÈS-MAUNOURY. Notice individuelle MVR à conserver après correction de la date de naissance et de la formulation du décret de la Croix de la Libération.
https://mvr.asso.fr/bourges-maunoury/
Ordre de la Libération — Inventaire des dossiers des Compagnons, lettre B. Dossier 1 A 132, ampliation du décret, citations, correspondances et pièces SHD.
https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_B_20250923.pdf
Assemblée nationale — Maurice Jean Marie BOURGÈS-MAUNOURY. Source institutionnelle pour la naissance, les mandats de député, les fonctions gouvernementales et la présidence du Conseil.
https://www2.assemblee-nationale.fr/sycomore/fiche/1089
Service des archives économiques et financières — Maurice BOURGÈS-MAUNOURY. Source pour sa famille, sa formation, ses fonctions économiques, ses mandats et son passage au ministère des Finances.
https://www.economie.gouv.fr/saef/maurice-bourges-maunoury
Assemblée nationale — Ratification du traité de Rome. Source institutionnelle sur l’action de son gouvernement lors de la ratification parlementaire de juillet 1957.
https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/histoire-et-patrimoine/quatrieme-republique/ratification-du-traite-de-rome
Maquis de l’Ain — Le BCRA. Présentation du rôle de Maurice BOURGÈS-MAUNOURY comme DMR R1 puis responsable de la zone Sud.
https://www.maquisdelain.org/article-le-b.c.r.a.-12.html
SAMLHOC — Ordre de la Libération, liste des titulaires. Reproduction du décret du 24 mars 1945 précisant que la Croix est décernée pour dater du 12 septembre 1944.
https://www.samlhoc.fr/phaleristique/ordres-chevalerie/ordre_liberation_compagnons/
SAMLHOC — Médaille de la Résistance française. Texte du décret de 1987 nommant Maurice BOURGÈS-MAUNOURY membre de la Commission nationale de la Médaille de la Résistance.
https://www.samlhoc.fr/phaleristique/decorations/medaille_resistance_francaise/
Dossier d’homologation et archives
Ordre de la Libération — dossier 1 A 132. L’instrument de recherche décrit notamment l’ampliation du 26 mars 1945 du décret du 24 mars 1945, la carte de Compagnon n° 381, le reçu du diplôme n° 73, vingt-deux pièces de correspondance avec l’Ordre et plusieurs copies de citations et décisions militaires.
Les pièces SHD copiées dans ce dossier comprennent notamment un extrait de décret du 19 novembre 1945 portant attribution de la Croix de la Libération et nomination dans la Légion d’honneur, ainsi que plusieurs citations militaires datées de 1946 et 1947.
La cote précise d’un dossier GR 16 P n’a pas été retrouvée de manière suffisamment sûre dans les résultats publics consultés. Elle ne doit donc pas être inventée dans cette notice.
Observations
La principale anomalie documentaire concerne la date de naissance. Le bandeau informatique de l’Ordre de la Libération affiche actuellement 18 août 1914, mais le texte biographique de cette même page indique 19 août 1914. L’Assemblée nationale et le ministère de l’Économie donnent également le 19 août 1914. Cette date, établie par plusieurs sources institutionnelles concordantes, est donc retenue.
La deuxième anomalie concerne la Croix de la Libération. L’expression courante « décret du 12 septembre 1944 » est juridiquement imprécise. Le décret retrouvé est signé le 24 mars 1945 et dispose que Maurice BOURGÈS-MAUNOURY devient Compagnon « pour dater du 12 septembre 1944 ». C’est cette formulation qui doit être utilisée.
Une troisième difficulté concerne ses fonctions clandestines successives. L’Ordre le qualifie d’abord de DMR de R1, puis de Délégué militaire national, et enfin, après son parachutage de juin 1944, de Délégué militaire pour la zone Sud. Certaines études sur l’organisation des FFI emploient des successions légèrement différentes entre DMN et DMZ. La notice conserve donc les appellations documentées en les rattachant à leur période, sans tenter de les fondre artificiellement en une seule fonction.
Enfin, la date terminale de sa présidence du Conseil varie selon la convention administrative retenue : certaines sources donnent le 16 octobre 1957, d’autres le 6 novembre 1957, date de l’entrée en fonctions de son successeur. La notice indique donc juin-novembre 1957 lorsqu’une précision au jour près n’est pas indispensable.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A — L’état civil, la formation à Polytechnique et à l’École libre des sciences politiques, la campagne de 1940, la captivité à l’Oflag XVII A, le passage par l’Espagne, l’arrivée à Londres, le BCRA, l’infiltration du 15 septembre 1943, les fonctions de DMR R1 puis de responsable militaire national et de zone Sud, le parachutage de Cluny du 6 au 7 juin 1944, la grave blessure de septembre 1944, le décret de la Croix de la Libération, le dossier 1 A 132, la carrière administrative et parlementaire et les principales décorations sont établis par plusieurs sources institutionnelles, archivistiques et historiques concordantes.
Chronologie
| Date | Événement |
|---|---|
| 19 août 1914 | Naissance à Luisant, Eure-et-Loir. |
| 1935 | Entre à l’École polytechnique. |
| Avant 1939 | Licence en droit et diplôme de l’École libre des sciences politiques. |
| 1939 | Lieutenant d’artillerie ; fait fonction de commandant de batterie. |
| Mai-juin 1940 | Campagne de France dans les Ardennes. |
| Juin 1940 | Fait prisonnier ; interné à l’Oflag XVII A en Autriche. |
| Juillet 1941 | Rapatrié en France après treize mois de captivité. |
| 1941-1942 | Prépare l’Inspection des finances avec Jacques DELMAS, Félix GAILLARD et Lorrain CRUSE ; premiers contacts avec la Résistance. |
| Fin 1942 | Franchit clandestinement les Pyrénées pour rejoindre la France libre. |
| 1942-1943 | Arrêté en Espagne ; détenu plusieurs mois à Pampelune. |
| Début 1943 | Gagne Londres via Gibraltar ; rejoint le dispositif du BCRA. |
| 15 septembre 1943 | Infiltré près de Lons-le-Saunier avec Louis MANGIN et Paul LEISTENSCHNEIDER. |
| Automne 1943 | Devient Délégué militaire régional de R1, pseudonyme Polygone. |
| 1943-1944 | Multiplie les liaisons entre zones Nord et Sud ; responsabilités nationales après le départ de MANGIN. |
| Début mai 1944 | Retour clandestin à Londres pour rendre compte de la situation militaire en France. |
| Nuit du 6 au 7 juin 1944 | Parachuté près de Cluny avec Jean ROSENTHAL et Paul RIVIÈRE ; se blesse à la cheville. |
| Juin-été 1944 | Délégué militaire pour la zone Sud. |
| Début septembre 1944 | Grièvement blessé par des tirs allemands dans le secteur Montceau-les-Mines/Autun. |
| Septembre 1944 | Soigné au Creusot puis à Grange-Blanche à Lyon ; reçoit la Croix de la Libération des mains du général de GAULLE. |
| 12 septembre 1944 | Date d’effet retenue pour sa nomination comme Compagnon. |
| 1944-juin 1945 | Sous-chef d’état-major de l’Armée. |
| 24 mars 1945 | Décret officiel lui décernant la Croix de la Libération avec effet au 12 septembre 1944. |
| Juin 1945 | Commissaire de la République à Bordeaux. |
| 1946 | Élu député de la Haute-Garonne. |
| 1947-1958 | Nombreuses fonctions ministérielles sous la IVe République. |
| 3 août 1946 | Médaille de la Résistance française avec rosette selon les sources concordantes. |
| 13 juin 1957 | Devient président du Conseil. |
| 9 juillet 1957 | Ratification par l’Assemblée nationale des traités de Rome présentés par son gouvernement. |
| Automne 1957 | Fin du gouvernement Bourgès-Maunoury ; devient ensuite ministre de l’Intérieur. |
| 1958 | Fin de son mandat de député de la Haute-Garonne. |
| À partir de 1960 | Activités dans le secteur bancaire, industriel et financier. |
| 22 janvier 1987 | Nommé membre de la Commission nationale de la Médaille de la Résistance française. |
| 10 février 1993 | Décès à Paris. |
| Après le décès | Inhumation à Luisant. |
Tableau des divergences entre sources
| Point concerné | Versions rencontrées | Élément retenu |
|---|---|---|
| Date de naissance | Bandeau ODL : 18 août 1914 ; corps ODL, Assemblée nationale et ministère de l’Économie : 19 août 1914. | 19 août 1914, corroboré par plusieurs sources institutionnelles. |
| Croix de la Libération | ODL/MVR affichent souvent « décret du 12 septembre 1944 » ; texte officiel : décret du 24 mars 1945, attribution « pour dater du 12 septembre 1944 ». | Décret du 24 mars 1945, avec effet au 12 septembre 1944. |
| Responsabilité clandestine | DMR R1, DMN, DMZ Sud selon périodes et terminologie des sources. | Conserver la succession chronologique : DMR R1 → responsabilités nationales → Délégué militaire de zone Sud. |
| Lieu de la blessure de septembre 1944 | ODL : devant Montceau-les-Mines ; Le Monde : Autun. | Secteur Montceau-les-Mines/Autun, avec mention de la divergence si localisation précise nécessaire. |
| Fin de la présidence du Conseil | Assemblée : 16 octobre 1957 dans certaines tables ; biographies institutionnelles : 6 novembre 1957. | Présidence du Conseil du 13 juin à l’automne 1957 ; préciser la convention de date lorsqu’un jour exact est nécessaire. |
| Cote GR 16 P | Non retrouvée de manière certaine dans les instruments publics consultés. | Ne pas attribuer de cote GR 16 P sans vérification supplémentaire. |
Sources consultées
Ordre de la Libération — Maurice BOURGÈS-MAUNOURY.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/maurice-bourges-maunoury
Mémoire Vive de la Résistance — BOURGÈS-MAUNOURY.
https://mvr.asso.fr/bourges-maunoury/
Ordre de la Libération — Inventaire des dossiers des Compagnons, lettre B.
https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_B_20250923.pdf
Assemblée nationale — Maurice Jean Marie BOURGÈS-MAUNOURY.
https://www2.assemblee-nationale.fr/sycomore/fiche/1089
Service des archives économiques et financières — Maurice BOURGÈS-MAUNOURY.
https://www.economie.gouv.fr/saef/maurice-bourges-maunoury
Assemblée nationale — Ratification du traité de Rome.
https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/histoire-et-patrimoine/quatrieme-republique/ratification-du-traite-de-rome
Maquis de l’Ain — Le BCRA.
https://www.maquisdelain.org/article-le-b.c.r.a.-12.html
SAMLHOC — Liste des titulaires de l’Ordre de la Libération.
https://www.samlhoc.fr/phaleristique/ordres-chevalerie/ordre_liberation_compagnons/
SAMLHOC — Médaille de la Résistance française.
https://www.samlhoc.fr/phaleristique/decorations/medaille_resistance_francaise/
