Louis ARTHUR, né le 5 septembre 1913 à Saint-Pierre-Quilbignon, Finistère, mort le 25 août 1944 à La Frette-sur-Seine, alors Seine-et-Oise, aujourd’hui Val-d’Oise, français. Le répertoire officiel de la sous-série GR 16 P du Service historique de la Défense confirme l’existence de Louis ARTHUR, né à cette date et dans cette commune, sous la cote GR 16 P 19010, avec homologation FFI.
Jeunesse et formation
La fiche communiquée par la famille donne pour prénoms complets Louis Gustave Abel et indique qu’il est le fils de Louis François Marie ARTHUR, marin militaire, et de Suzanne Antonine Julia LE CAN. Elle lui attribue également un service militaire au 8e régiment du génie, dans les transmissions, du 15 octobre 1934 au 15 octobre 1935. Ces renseignements familiaux n’ont pas été retrouvés dans les sources institutionnelles ouvertes consultables au cours de la présente recherche et doivent donc rester présentés comme provenant de la documentation familiale tant que l’acte de naissance et la fiche matricule militaire n’ont pas été directement confrontés au dossier. La qualification de sa mère comme « suffragette », l’affirmation selon laquelle il aurait grandi dans une « famille aisée » et celle d’une tradition de marins sur quatre générations ne sont pas suffisamment documentées pour être reprises comme des faits établis. La fiche familiale donne également comme domicile le 68 rue de l’Union à Sartrouville.
Au moment de l’Occupation, Louis ARTHUR travaille à l’établissement aéronautique de Sartrouville, anciennement CAMS et intégré à la Société nationale des constructions aéronautiques du Nord, SNCAN. La documentation historique relative à l’établissement confirme que celui-ci produit notamment des hydravions pendant l’Occupation et que des activités clandestines et des sabotages y sont organisés par des résistants. Cette réalité générale ne suffit cependant pas, à elle seule, à attribuer à Louis ARTHUR chacun des sabotages mentionnés dans les témoignages relatifs à l’usine.
Engagement dans la Résistance
L’engagement résistant de Louis ARTHUR est établi par une source institutionnelle : le Service historique de la Défense conserve son dossier administratif de résistant sous la cote GR 16 P 19010 et l’instrument de recherche porte expressément la mention « Homologué » dans la colonne FFI. Cette cote correspond sans ambiguïté à l’homme né le 5 septembre 1913 à Saint-Pierre-Quilbignon.
La date du 1er juin 1944 indiquée par la famille est cohérente avec la situation de plusieurs résistants du groupe SNCAN de Sartrouville. Ainsi, la notice consacrée à Pierre/Jean CLAVILLIER établit son incorporation au corps-franc de Sartrouville en juin 1944 et son homologation au titre du Front national pour la période du 1er juin au 25 août 1944. Louis ARTHUR est explicitement cité parmi ses camarades capturés le 25 août. Néanmoins, faute d’accès au contenu intégral du dossier GR 16 P 19010, la date précise du 1er juin 1944 pour Louis ARTHUR lui-même doit être conservée comme donnée du dossier familial et non transposée automatiquement depuis le dossier CLAVILLIER.
L’affirmation selon laquelle Louis ARTHUR aurait saboté des avions « dès le début de la guerre » est trop affirmative dans l’état de la documentation accessible. L’existence de sabotages à la SNCAN est établie, mais leur attribution personnelle à Louis ARTHUR dès 1940 n’a pas été retrouvée dans une source nominative directement consultable. Cette formulation doit donc être remplacée par une formulation prudente : Louis ARTHUR appartient au milieu résistant de la SNCAN et son homologation FFI est établie ; sa participation personnelle à des sabotages avant juin 1944 doit être contrôlée dans GR 16 P 19010.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Louis ARTHUR est homologué FFI. La documentation relative à ses compagnons établit l’existence à Sartrouville d’un groupe affilié au Front national de lutte pour la libération et l’indépendance de la France et d’un corps-franc local comprenant des ouvriers de la SNCAN. Pierre CLAVILLIER est ainsi documenté comme membre du Front national puis incorporé au corps-franc de Sartrouville et affecté au groupe de l’usine. Louis ARTHUR apparaît parmi les membres du groupe capturés avec lui le 25 août 1944.
La formulation familiale « 6e unité, région Île-de-France » n’a pas été retrouvée sous cette forme exacte. Il existe en revanche une organisation territoriale FN-FTP dans la banlieue occidentale de Paris. Tant que GR 16 P 19010 n’a pas été relu pièce par pièce, il est préférable de retenir simplement : FFI, groupe résistant de la SNCAN de Sartrouville, dans l’environnement du Front national et du corps-franc de Sartrouville.
Missions et actions
La documentation familiale attribue à Louis ARTHUR la diffusion de tracts et de presse clandestine, ainsi que la participation au sabotage de matériel aéronautique à la SNCAN. Ces activités sont parfaitement cohérentes avec celles attestées pour le groupe de l’usine, mais elles ne sont pas toutes nominativement confirmées pour Louis ARTHUR par les sources ouvertes consultées.
En revanche, le contexte des opérations des 23 et 24 août 1944 est solidement documenté pour le groupe de la SNCAN. La notice de CLAVILLIER indique que les membres du corps-franc participent à des opérations de harcèlement contre les forces allemandes sur les routes d’Herblay et de Cormeilles. L’appartenance de Louis ARTHUR au groupe victime de l’attaque du lendemain rend plausible sa participation, telle qu’elle est indiquée dans le dossier familial, mais l’attribution nominative exacte doit rester rattachée au dossier d’homologation de Louis ARTHUR lorsqu’il sera exploité directement.
Arrestation / évasion / déportation
Le 25 août 1944, jour de la Libération de Paris, une unité allemande appartenant selon la source consultée aux SS se trouve dans le secteur de Sartrouville et de Maisons-Laffitte. Ayant essuyé des tirs venant du secteur du champ de courses de Maisons-Laffitte, les soldats allemands considèrent que ces tirs pourraient provenir de l’usine SNCAN et attaquent l’établissement à la mitrailleuse et à la grenade. Plusieurs hommes présents sur place sont capturés.
Louis ARTHUR figure explicitement parmi les otages. Les prisonniers sont ensuite transportés à La Frette-sur-Seine. Une déposition d’André PROST du 19 avril 1945, utilisée par le Musée de la Résistance en ligne à partir du dossier d’enquête sur les crimes de guerre conservé aux Archives départementales des Yvelines, situe l’exécution avenue des Lilas : les prisonniers sont conduits vers la Seine, abattus dans le dos à la mitraillette, puis achevés. Louis ARTHUR meurt ainsi le 25 août 1944 à La Frette-sur-Seine.
Un point doit être corrigé dans la fiche familiale : Louis ARTHUR n’avait pas 31 ans lors de son exécution. Né le 5 septembre 1913 et mort le 25 août 1944, il était âgé de 30 ans, à onze jours de son trente et unième anniversaire. Sa date de naissance est confirmée par le SHD.
La version familiale selon laquelle les hommes auraient été « piégés dans la cantine durant plusieurs heures », soumis à des tirs de « mitrailleuses et de mortiers », puis « débusqués à la grenade » n’est pas entièrement confirmée par la source archivistique publiée. Celle-ci confirme une attaque de l’usine à la mitrailleuse et à la grenade et la capture des otages, mais ne permet pas de retenir avec la même certitude la durée de plusieurs heures, la présence de mortiers ni toutes les circonstances particulières de leur refuge dans la cantine. Ces détails doivent donc être réservés jusqu’au contrôle du dossier d’enquête 1604 W 9 des Archives départementales des Yvelines.
Camarades de combat
Les noms reliés avec certitude à Louis ARTHUR par la documentation de l’exécution sont André LEDREUX, Louis LEPARTEUR, Nicolas CHRISPEELS et Pierre CLAVILLIER. La source du Musée de la Résistance présente toutefois une anomalie : sa page est intitulée « Jean CLAVILLIER », tandis que son texte et les sources locales identifient le résistant de Houilles comme Pierre CLAVILLIER, auquel une rue de Houilles a été dédiée. Elle ajoute par ailleurs un « Jean Clavilven », nom non retrouvé de manière indépendante.
La graphie familiale doit également être corrigée sur plusieurs points : la source archivistique publiée donne Nicolas CHRISPEELS, et non « CHRISPELS » ; Louis LEPARTEUR, et non « LEPAREUR » ; André LEDREUX, en un seul mot, et non « LE DREUX ». André LEDREUX est par ailleurs identifié par Mémoire des Hommes dans les index repris par GénéaFrance comme né en 1924 au Mesnil-le-Roi et mort en 1944 à La Frette-sur-Seine.
Le nombre exact des victimes présente une divergence documentaire. Le texte du Musée de la Résistance indique que CLAVILLIER est pris avec « cinq de ses camarades » et énumère cinq autres noms, ce qui conduirait à six victimes ; la déposition d’André PROST reproduite dans la même notice parle cependant de cinq civils exécutés. La fiche familiale retient également cinq hommes. Le dossier original des crimes de guerre doit donc prévaloir avant toute fixation définitive de la liste.
Retour à la vie civile
Louis ARTHUR est exécuté le 25 août 1944 à La Frette-sur-Seine.
Décorations
Mention « Mort pour la France » — la fiche familiale indique que cette mention fut obtenue après la guerre à la demande de son épouse Lucie ROULLET. Une confirmation nominative directe de la date d’attribution à Louis ARTHUR n’a pas été retrouvée dans l’interface publique consultée. La mention est cohérente avec son homologation FFI et son exécution, mais la date et la procédure doivent être reprises du dossier individuel de décès ou du dossier GR 16 P 19010 avant publication définitive.
Grade de lieutenant à titre posthume — la formule familiale « nommé à titre posthume, Lieutenant au grade fictif en 1950 » ne doit pas être conservée telle quelle. Les procédures concernant les FFI pouvaient aboutir à un grade d’assimilation ou à un grade homologué, qui n’équivaut pas nécessairement à une nomination comme officier de carrière. Aucun document public consulté ne permet ici d’établir le texte, la date et la nature juridique exacte de ce grade. Il convient donc d’écrire seulement : « un grade de lieutenant aurait été homologué ou attribué administrativement à titre posthume ; nature et date à contrôler dans GR 16 P 19010 ».
Aucune attribution de la Médaille de la Résistance française, de la Croix de guerre 1939-1945 ou de la Légion d’honneur à Louis ARTHUR n’a pu être confirmée dans les sources institutionnelles consultées. Les décorations attribuées à Pierre CLAVILLIER ne doivent évidemment pas être transférées à Louis ARTHUR.
Lieux de mémoire
La tombe de Louis ARTHUR au cimetière de Sartrouville et son inscription sur le monument aux morts de cette commune sont indiquées par la documentation familiale ; ces deux éléments n’ont pas été retrouvés dans une source municipale ouverte suffisamment précise au cours des présentes recherches.
La famille signale également une plaque commémorative sur l’ancien site de l’usine SNCAN à Sartrouville, devenu établissement scolaire. L’existence mémorielle de l’ancien site aéronautique et le souvenir des ouvriers résistants sont cohérents avec l’histoire locale, mais l’inscription exacte de la plaque doit être contrôlée directement avant reproduction.
Le lieu de l’exécution à La Frette-sur-Seine est en revanche établi par le dossier historique relatif à l’affaire : les otages sont conduits avenue des Lilas, à proximité de la Seine, où ils sont exécutés le 25 août 1944.
Références bibliographiques
La Résistance en Île-de-France, Association CRR-IDF, Association pour des études sur la Résistance intérieure, Paris, 2004, DVD-ROM, collection « Histoire en mémoire, 1939-1945 », accompagné d’un livret pédagogique de 34 p. Cette vaste base régionale, réalisée par une équipe de chercheurs, rassemble plus de 1 200 notices et environ 6 000 faits de Résistance. Elle constitue une source essentielle pour replacer le groupe de Sartrouville, les FFI de la banlieue ouest et les combats de la Libération dans leur contexte francilien.
Dictionnaire historique de la Résistance : Résistance intérieure et France libre, sous la direction de François Marcot, avec Bruno Leroux et Christine Levisse-Touzé, Robert Laffont, collection « Bouquins », Paris, 2006. Cet ouvrage collectif permet de replacer l’engagement de Louis ARTHUR dans l’histoire du Front national, des FFI, de la Résistance ouvrière, des sabotages et des combats de la Libération. Il constitue l’un des principaux instruments de référence sur les organisations et les formes d’action de la Résistance intérieure.
Histoire de la Résistance, 1940-1945, Olivier Wieviorka, Perrin, édition revue et augmentée, Paris, 2018, 767 p. Cette synthèse traite de la naissance des organisations clandestines, de la propagande, des sabotages, des mouvements communistes et non communistes, des FFI et du passage à l’insurrection en 1944. Elle fournit le cadre historiographique général nécessaire pour comprendre le parcours de résistants ouvriers comme ceux de la SNCAN.
State Capitalism and Working-Class Radicalism in the French Aircraft Industry, Herrick Chapman, University of California Press, Berkeley-Los Angeles-Oxford, 1990-1991, 412 p. L’ouvrage étudie l’industrie aéronautique française, sa nationalisation, les conflits sociaux, le poids du mouvement ouvrier et la période de guerre. Il est particulièrement utile pour replacer la SNCAN et ses ouvriers dans l’histoire industrielle, politique et sociale de l’aéronautique française.
La Libération de Paris : 1944, Henri Michel, Éditions Complexe, Bruxelles-Paris, 1980, 184 p. Cet ouvrage analyse l’insurrection d’août 1944, les FFI, le Front national, les forces allemandes et les combats de la Libération dans l’agglomération parisienne. Il permet de replacer les événements de Sartrouville et de La Frette du 25 août dans le contexte militaire et politique de la libération de la région parisienne.
Références internet
Service historique de la Défense — sous-série GR 16 P, dossiers administratifs de résistantes et résistants, lettre A. L’instrument de recherche apporte la confirmation institutionnelle décisive de l’identité de Louis ARTHUR : naissance le 5 septembre 1913 à Saint-Pierre-Quilbignon, cote GR 16 P 19010 et homologation FFI. https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/SHDGR_16P_A.pdf
Musée de la Résistance en ligne — Jean CLAVILLIER. Cette notice, établie notamment à partir des archives du SHD et du dossier de recherche des crimes de guerre des Archives départementales des Yvelines, décrit le groupe de la SNCAN, les opérations des 23 et 24 août, l’attaque allemande du 25 août et cite expressément Louis ARTHUR parmi les otages exécutés à La Frette-sur-Seine. Elle révèle également les divergences sur l’identité et le nombre des victimes. https://www.museedelaresistanceenligne.org/personnedetail.php?id=46779
Archives départementales des Yvelines — Histoire de Houilles. Cette ressource locale identifie Pierre CLAVILLIER comme résistant de Houilles pris en otage à Sartrouville puis fusillé à La Frette-sur-Seine et confirme l’existence d’une rue portant son nom. Elle permet de corriger l’incohérence « Jean/Pierre CLAVILLIER » présente dans la notice du Musée de la Résistance. https://lelabarchives.yvelines.fr/Histoire_de_Houilles
Bibliothèque nationale de France — La Résistance en Île-de-France. La notice du catalogue BnF confirme l’éditeur, l’année 2004, le support DVD-ROM, la collection « Histoire en mémoire, 1939-1945 » et le livret de 34 pages. Cette publication constitue l’une des principales bases documentaires régionales sur la Résistance francilienne. https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb392175367
Légifrance — La Résistance en Île-de-France, publication AERI. Le Journal officiel décrit le contenu de la publication : environ 6 000 faits de Résistance, plus de 1 200 fiches, des biographies, documents clandestins, cartes et archives audiovisuelles. Cette description officielle confirme l’ampleur documentaire de la base utilisée pour l’étude de Sartrouville. https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000240453
Fondation de la Résistance — Le film La Libération de Paris et le DVD-ROM de l’AERI. La Fondation rappelle que le DVD consacré à l’Île-de-France réunit biographies, événements, monographies, documents iconographiques et séquences audiovisuelles. Cette ressource fournit le cadre documentaire régional des événements d’août 1944. https://www.fondationresistance.org/recherche-et-documentation/ressources/photographie/autour-diinun-film-film-liby-ration-paris-histoire-enjeux-analyse-photo9/
Bibliothèque nationale de France — Dictionnaire historique de la Résistance. La notice bibliographique confirme l’édition dirigée par François Marcot, publiée chez Robert Laffont en 2006, et son caractère de dictionnaire de référence sur la Résistance intérieure et la France libre. https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb401425579
Bibliothèque nationale de France — Histoire de la Résistance, Olivier Wieviorka. La BnF confirme l’édition revue et augmentée de 2018, publiée chez Perrin, 767 pages, avec bibliographie et index. L’ouvrage permet de replacer les actions clandestines et les FFI de 1944 dans l’évolution générale de la Résistance intérieure. https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb45441950z
University of California Press — State Capitalism and Working-Class Radicalism in the French Aircraft Industry. L’édition universitaire en ligne de l’ouvrage de Herrick Chapman fournit une étude de référence sur l’industrie aéronautique française et le militantisme ouvrier pendant les années 1930 et 1940, cadre essentiel pour l’histoire sociale de la SNCAN. https://publishing.cdlib.org/ucpressebooks/public/book/state-capitalism-and-working-class-radicalism-in-the-french-aircraft-industry.html
Mémoire des Hommes / GénéaFrance — André LEDREUX. L’indexation des données de Mémoire des Hommes identifie André Jacques LEDREUX, né en 1924 au Mesnil-le-Roi et mort en 1944 à La Frette-sur-Seine. Cette source permet de confirmer l’orthographe LEDREUX et de corriger la forme « LE DREUX » de la fiche familiale. https://www.geneafrance.com/?n=LEDREUX
Dossier d’homologation consulté
Service historique de la Défense, Vincennes : GR 16 P 19010 — ARTHUR, Louis, né le 5 septembre 1913 à Saint-Pierre-Quilbignon — homologué FFI. L’existence de ce dossier et l’homologation sont directement confirmées par l’instrument de recherche du SHD. Le contenu matériel du dossier a été indiqué comme consulté par la famille, mais n’a pas été accessible intégralement en ligne au cours des présentes recherches.
Archives départementales des Yvelines : 1604 W 9, Service de recherche des crimes de guerre ennemis, dossier 101793, cote donnée par la notice du Musée de la Résistance en ligne pour l’enquête relative à l’exécution du 25 août 1944.
Observations
La fiche familiale doit être corrigée sur plusieurs points importants. Louis ARTHUR avait 30 ans et non 31 ans le 25 août 1944. Le SHD confirme son homologation FFI mais non, dans l’instrument de recherche accessible, le grade de lieutenant, la date du 1er juin 1944 ni la formule « 6e unité ». L’activité de sabotage de la SNCAN est établie historiquement, mais la participation personnelle de Louis ARTHUR « dès le début de la guerre » ne peut être affirmée sans exploitation du dossier GR 16 P 19010. La description détaillée de l’attaque par des mortiers et du refuge prolongé dans la cantine n’est pas confirmée par la source archivistique publiée. Enfin, les noms des victimes doivent être normalisés en André LEDREUX, Nicolas CHRISPEELS et Louis LEPARTEUR ; l’identité de Pierre/Jean CLAVILLIER et le nombre exact de victimes nécessitent le retour au dossier 1604 W 9. La fiche familiale initiale présentait précisément les formulations qui ont fait l’objet de ces contrôles.
Les prénoms supplémentaires « Gustave Abel », la filiation détaillée, la qualité de « suffragette » attribuée à Suzanne LE CAN, la situation sociale familiale, le service au 8e génie et l’adresse du 68 rue de l’Union n’ont pas été infirmés, mais ils n’ont pas pu être confirmés par une seconde source institutionnelle ouverte. Ils ne doivent donc être publiés sans réserve qu’après contrôle des actes d’état civil, de la fiche matricule ou des pièces du dossier GR 16 P 19010.
Indice de fiabilité de la notice Niveau B — l’identité de Louis ARTHUR, sa date et son lieu de naissance, l’existence de son dossier GR 16 P 19010, son homologation FFI et sa présence parmi les otages exécutés le 25 août 1944 sont établies par des sources institutionnelles ou archivistiques concordantes. Le contexte du groupe SNCAN, l’attaque de l’usine et l’exécution à La Frette sont également solidement documentés. Plusieurs éléments familiaux — prénoms complets, filiation, service militaire, date exacte d’entrée dans la Résistance, activités individuelles de sabotage, grade posthume et certaines circonstances détaillées de l’attaque — restent toutefois à contrôler directement dans les dossiers originaux, ce qui justifie le niveau B plutôt que A.
Chronologie
| Date | Événement |
|---|---|
| 5 septembre 1913 | Naissance de Louis ARTHUR à Saint-Pierre-Quilbignon, Finistère ; date et lieu confirmés par le SHD. |
| 15 octobre 1934-15 octobre 1935 | Service au 8e régiment du génie selon la documentation familiale ; à confirmer par la fiche matricule. |
| Occupation | Employé à la SNCAN de Sartrouville ; appartenance au milieu ouvrier dans lequel des groupes résistants et des sabotages sont documentés. |
| 1er juin 1944 | Date d’entrée officielle dans les FFI indiquée par la famille ; le SHD confirme l’homologation FFI mais l’instrument de recherche ne donne pas cette date. |
| 23-24 août 1944 | Opérations de harcèlement du corps-franc de Sartrouville dans les secteurs d’Herblay et de Cormeilles ; participation personnelle de Louis ARTHUR indiquée par la documentation familiale. |
| 25 août 1944 | Attaque allemande de l’usine SNCAN ; Louis ARTHUR est capturé avec plusieurs camarades. |
| 25 août 1944 | Exécution des otages à La Frette-sur-Seine, près de l’avenue des Lilas. Louis ARTHUR meurt à l’âge de 30 ans. |
| Après-guerre | Homologation FFI attestée ; mention « Mort pour la France » et grade posthume signalés par la famille, détails administratifs restant à contrôler. |
Tableau des divergences entre sources
| Élément biographique | Fiche familiale | Sources vérifiées | Élément retenu |
|---|---|---|---|
| Âge au décès | 31 ans | Né le 5 septembre 1913, mort le 25 août 1944 | 30 ans |
| Prénoms | Louis Gustave Abel | Répertoire SHD : « Louis » | Louis ARTHUR ; prénoms supplémentaires à confirmer |
| Statut résistant | FFI, Front national, corps-franc | SHD : FFI homologué ; environnement FN/corps-franc confirmé par les sources sur le groupe SNCAN | FFI homologué ; rattachement détaillé à contrôler dans GR 16 P 19010 |
| Sabotages | Dès le début de la guerre | Sabotages SNCAN établis, attribution individuelle non directement retrouvée | Participation personnelle à ne pas dater de 1940 sans dossier |
| Attaque du 25 août | Mitrailleuses, mortiers, cantine, grenades | Mitrailleuse et grenades confirmées ; mortiers et durée non confirmés | Retenir uniquement les éléments documentés |
| Compagnon | « Pierre CLAVILLIER » | MREL titre « Jean CLAVILLIER », texte « Pierre » ; archives locales : Pierre | Pierre CLAVILLIER, sous réserve du dossier original |
| Compagnon | « CHRISPELS Nicolas » | MREL : Nicolas CHRISPEELS | Nicolas CHRISPEELS |
| Compagnon | « LEPAREUR Louis » | MREL : Louis LEPARTEUR | Louis LEPARTEUR |
| Compagnon | « LE DREUX André » | MREL et Mémoire des Hommes : André LEDREUX | André LEDREUX |
| Nombre de fusillés | 5 | même source : six noms mais témoignage parlant de cinq civils | Nombre à contrôler dans 1604 W 9 |
| Grade posthume | Lieutenant, « grade fictif », 1950 | aucune pièce administrative directement retrouvée | Ne pas publier cette formulation sans GR 16 P 19010 |
Sources consultées
Service historique de la Défense / Musée de la Résistance en ligne. Instrument de recherche de la sous-série GR 16 P, lettre A : il confirme Louis ARTHUR, né le 5 septembre 1913 à Saint-Pierre-Quilbignon, cote GR 16 P 19010 et homologation FFI. https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/SHDGR_16P_A.pdf
Musée de la Résistance en ligne. Notice consacrée à CLAVILLIER : groupe Front national et corps-franc de Sartrouville, actions des 23-24 août, attaque de la SNCAN, capture de Louis ARTHUR et exécution à La Frette le 25 août 1944 ; références aux dossiers SHD et aux Archives départementales des Yvelines. https://www.museedelaresistanceenligne.org/personnedetail.php?id=46779
Archives départementales des Yvelines, Le Lab. Histoire de Houilles : identification de Pierre CLAVILLIER et mémoire locale du résistant fusillé à La Frette-sur-Seine. https://lelabarchives.yvelines.fr/Histoire_de_Houilles
Bibliothèque nationale de France. Notice de La Résistance en Île-de-France, AERI, 2004, utilisée pour contrôler la référence régionale et son contenu documentaire. https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb392175367
Légifrance, Journal officiel. Présentation officielle du DVD-ROM La Résistance en Île-de-France et de ses bases biographiques et chronologiques. https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000240453
Fondation de la Résistance. Documentation relative au DVD-ROM de l’AERI et aux archives audiovisuelles de la Libération de Paris. https://www.fondationresistance.org/recherche-et-documentation/ressources/photographie/autour-diinun-film-film-liby-ration-paris-histoire-enjeux-analyse-photo9/
Bibliothèque nationale de France. Dictionnaire historique de la Résistance, sous la direction de François Marcot, contrôle bibliographique et historiographique. https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb401425579
Bibliothèque nationale de France. Olivier Wieviorka, Histoire de la Résistance, édition revue et augmentée, contrôle bibliographique et contexte général de la Résistance intérieure. https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb45441950z
University of California Press. Herrick Chapman, State Capitalism and Working-Class Radicalism in the French Aircraft Industry, utilisé pour le contexte de l’industrie aéronautique nationalisée et de son milieu ouvrier. https://publishing.cdlib.org/ucpressebooks/public/book/state-capitalism-and-working-class-radicalism-in-the-french-aircraft-industry.html
GénéaFrance, données issues de Mémoire des Hommes. Recherche LEDREUX : confirmation de l’orthographe André LEDREUX et de son décès à La Frette-sur-Seine en 1944. https://www.geneafrance.com/?n=LEDREUX