La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

ARTHUYS Jacques Marie

Jacques Marie ARTHUYS, né le 15 février 1894 à Belfort (Territoire de Belfort), mort le 9 septembre 1943 à Hinzert (Allemagne), français.

Fils d’un officier, Jacques Arthuys appartient à une génération profondément marquée par la Première Guerre mondiale. Il s’engage volontairement et sert successivement dans la cavalerie puis dans l’aviation. Après la guerre, il quitte l’armée et devient industriel, dirigeant avec son beau-père la société des tours Cazeneuve.

Son itinéraire politique de l’entre-deux-guerres est complexe. Dans les années 1920, il participe avec Georges Valois au Faisceau, organisation se réclamant de l’expérience fasciste italienne, puis au Parti révolutionnaire fasciste. Cette trajectoire ne saurait toutefois être projetée sans précaution sur son engagement ultérieur : les sources concordent sur son évolution vers un antinazisme résolu avant la Seconde Guerre mondiale.

Engagement dans la Résistance

Après la défaite de juin 1940, Arthuys refuse la collaboration et entreprend rapidement de structurer une action clandestine. Il organise des secours aux prisonniers de la région parisienne, facilite des évasions et commence à recruter des hommes susceptibles de constituer un noyau de résistance.

À Paris, autour de Pierre Lefaurichon, Roger Souchère et Véra Obolensky, son ancienne secrétaire, se constitue un groupe qui se donne pour objectifs l’établissement de filières de passage vers la zone non occupée, la recherche de liaisons avec les milieux militaires, la collecte de renseignements et l’action sur l’opinion. Arthuys rédige notamment les Lettres aux Français, destinées à combattre l’acceptation de la collaboration.

Appartenance à un réseau ou mouvement

En décembre 1940, le groupe d’Arthuys fusionne avec le noyau issu de la Confédération des travailleurs intellectuels animé notamment par Maxime Blocq-Mascart. De ce rapprochement naît l’Organisation civile et militaire (OCM), dont Jacques Arthuys devient le premier dirigeant.

L’organisation associe progressivement cadres industriels, fonctionnaires, militaires, professions libérales et universitaires. Son comité directeur comprend notamment Roger Souchère, Alfred Touny et Maxime Blocq-Mascart. L’OCM devient l’un des mouvements majeurs de la Résistance en zone occupée.

Missions et actions

Sous la direction d’Arthuys, l’organisation naissante travaille simultanément à l’évasion, au renseignement, au recrutement et à la préparation d’une structure clandestine capable de participer à la lutte contre l’occupant. Roger Souchère est chargé du renseignement dans la première organisation, tandis que Véra Obolensky joue un rôle essentiel dans son fonctionnement administratif et clandestin.

Arthuys installe notamment son poste de commandement à son domicile parisien. Le groupe cherche à constituer des filières de passage, à nouer des relations dans les amicales militaires et à bâtir un véritable service de renseignement. Ces premières structures fourniront une partie des fondations sur lesquelles l’OCM développera ensuite son appareil clandestin.

Arrestation / évasion / déportation

Jacques Arthuys est arrêté le 21 décembre 1941, en même temps que Pierre Lefaurichon. L’arrestation prive l’OCM de son premier chef ; Alfred Touny lui succède à la direction du mouvement.

Arthuys est ensuite déporté sous le régime Nacht und Nebel au SS-Sonderlager de Hinzert. Les sources institutionnelles concordent sur son décès le 9 septembre 1943. La Bibliothèque nationale de France le donne également « Mort pour la France ».

Camarades de combat

Son parcours résistant est notamment associé à Pierre Lefaurichon, Roger Souchère, Véra Obolensky, Alfred Heurtaux, Maxime Blocq-Mascart et Alfred Touny. Après son arrestation, Touny assure la continuité de l’OCM et en développe fortement les structures de renseignement et l’organisation militaire.

Retour à la vie civile

Jacques Arthuys meurt en déportation le 9 septembre 1943.

Décorations

Médaille de la Résistance française avec rosette, à titre posthume — décret du 24 avril 1946 — Journal officiel du 17 mai 1946 — Source : Ordre de la Libération.

L’Ordre de la Libération indique en outre une homologation au grade de colonel le 13 juillet 1945, avec prise de rang au 1er décembre 1941.

Lieux de mémoire

Le camp de Hinzert, où Jacques Arthuys fut déporté et où il mourut, constitue le principal lieu directement associé à sa disparition. Sa mémoire est également indissociable de celle de l’Organisation civile et militaire, dont il fut le premier chef.

Références bibliographiques

Gilles Perrault, La longue traque. L’ouvrage constitue une source secondaire importante pour l’histoire de l’OCM et le parcours de Jacques Arthuys ; il est notamment cité dans les références de la notice biographique consacrée à celui-ci.

Arthur Calmette, L’OCM. Histoire d’un mouvement de Résistance de 1940 à 1946, Presses universitaires de France, 1961. Étude historique consacrée à l’Organisation civile et militaire, utile pour replacer Arthuys dans la formation et les premières structures du mouvement.

Références internet

Ordre de la Libération. La notice de médaillé « Jacques Marie Arthuys » documente son état civil, son parcours militaire et politique, la formation de l’OCM, son arrestation, sa déportation, son homologation et sa Médaille de la Résistance. Notice Jacques Marie Arthuys – Ordre de la Libération

Musée de la Résistance en ligne. La fiche nominative confirme notamment la naissance à Belfort, l’activité de directeur de société, l’appartenance à l’OCM, l’arrestation du 21 décembre 1941 et la mort en déportation. Jacques Arthuys – Musée de la Résistance en ligne

Bibliothèque nationale de France. La notice d’autorité confirme les dates de naissance et de décès, la qualité de résistant, la direction de l’OCM et la mention « Mort pour la France ». Jacques Arthuys – BnF

Dossier d’homologation consulté

Le dossier original n’a pas été dépouillé directement. L’Ordre de la Libération signale la cote 1O1495.

Observations

Les sources institutionnelles consultées concordent sur les éléments fondamentaux de l’identité, du rôle résistant, de l’arrestation et du décès de Jacques Arthuys. Son itinéraire politique antérieur à la guerre doit être distingué de son engagement antinazi et résistant ultérieur, sans effacer l’un ni l’autre.

Indice de fiabilité de la notice

Niveau A — L’identité, le parcours militaire, le rôle fondateur dans l’OCM, l’arrestation, la déportation, le décès et la décoration sont établis par plusieurs sources institutionnelles et documentaires concordantes.

Chronologie

DateÉvénement
15 février 1894Naissance à Belfort
1914-1918Engagement volontaire ; cavalerie puis aviation
Novembre 1925Participation à la création du Faisceau
1940Premières activités clandestines
Décembre 1940Formation de l’OCM
21 décembre 1941Arrestation
9 octobre 1942Déportation vers Hinzert
9 septembre 1943Mort en déportation
13 juillet 1945Homologation au grade de colonel, avec prise de rang au 1er décembre 1941
24 avril 1946Médaille de la Résistance française avec rosette à titre posthume

Sources consultées

Ordre de la Libération. Notice « Jacques Marie Arthuys » : état civil, parcours militaire et industriel, engagement politique, constitution du noyau résistant, OCM, arrestation, déportation, homologation et décoration. Ordre de la Libération

Musée de la Résistance en ligne. Fiche « Jacques ARTHUYS » : état civil, profession, appartenance à l’OCM, arrestation et déportation. Musée de la Résistance en ligne

Bibliothèque nationale de France. Notice d’autorité « Arthuys, Jacques (1894-1943) » : état civil, qualité de résistant, direction de l’OCM et mention Mort pour la France. BnF Catalogue général

Lettre d'information

Les derniers PDF

AG MVR 2025

Messe de la France Libre en Hommage au Général De Gaulle à l’occasion du 55eme anniversaire de sa mort

Cérémonie Commémorative LA CROIX VALMER – Square du Souvenir – 15 AOUT 2025

MARSEILLE-FETE-DU-14-JUILLET-2025

Commémoration de la Bataille de Bir Hakeim

CEREMONIE-COMMEMORATIVE-DU-8-MAI-1945-A-MARSEILLE

Appel à cotisation 2025

RAPPORT AG MVR 13 DECEMBRE 2024