La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

BISSON Arnaud alias Henry, Duprez, Demouy, Correus, Fakir,

Arnaud BISSON, alias Henry, Duprez, Demouy, Correus, Fakir, né le 8 mai 1909 à Noailles (Oise), mort pour la France le 30 juin 1944 à Sains-Richaumont (Aisne), propriétaire terrien et maire de Velennes, résistant de l’OCM puis responsable du Bureau des opérations aériennes dans l’Aisne, capitaine des Forces françaises de l’intérieur, Compagnon de la Libération à titre posthume par décret du 7 juillet 1945.

Jeunesse et formation

Arnaud Bisson naît le 8 mai 1909 à Noailles, dans l’Oise, dans une famille de bijoutiers. Les sources institutionnelles consultées ne permettent pas de documenter précisément ses études ou une éventuelle formation supérieure.

Installé dans le Beauvaisis, il achète une ferme à Velennes, commune dont il devient le maire. Une source locale consacrée à la Résistance dans l’Oise précise qu’il exerce également le métier d’horloger, qu’il est le fils d’Adrien Bisson et d’Eléna Gaillard et qu’il épouse Irène Crapoulet. Ces renseignements complètent la notice institutionnelle, qui le présente principalement comme propriétaire terrien.

Avant-guerre, Arnaud Bisson est engagé dans la vie publique locale sous l’étiquette radicale-socialiste. En 1939, il n’est pas mobilisé mais est réquisitionné comme garde-voie à La Fère, dans l’Aisne.

Engagement dans la Résistance

Après l’armistice de juin 1940, Arnaud Bisson entre très rapidement dans l’action clandestine. Il commence par récupérer des armes et constitue à Beauvais, avec Robert Belleil, Jean Minasse et Robert Sené, l’un des premiers groupes locaux de résistance.

À la fin de 1941, ce groupe se rattache à l’Organisation civile et militaire (OCM), mouvement auquel est alors associé le colonel Alfred Heurtaux. Bisson reçoit la responsabilité de la zone située au nord-ouest de Beauvais et se spécialise progressivement dans la réception des parachutages et dans l’action armée.

Au printemps 1943, une nouvelle étape commence lorsqu’il rejoint le Bureau des opérations aériennes (BOA) sous l’autorité de Michel Pichard, alias « Pic ». Dès mai 1943, il participe à la réception, à Lhéraule, du premier parachutage d’armes effectué dans le département.

Son activité attire l’attention de la Gestapo. À partir de juillet 1943, il doit quitter son environnement habituel et se réfugier avec sa famille dans la région de Saint-Quentin. Cette entrée dans la clandestinité complète correspond à une augmentation importante de ses responsabilités résistantes.

Appartenance à un réseau ou mouvement

Trois appartenances principales sont retenues par l’Ordre de la Libération : OCM, BOA et BCRA.

L’OCM constitue le cadre du premier développement organisé de son activité à partir de la fin de 1941.

À compter du printemps 1943, le BOA, organisme chargé notamment de préparer et coordonner les opérations aériennes clandestines, devient son cadre opérationnel principal. Bisson est d’abord placé sous les ordres de Michel Pichard, puis devient l’adjoint de Pierre Deshayes, alias « Rod », chef régional du BOA pour la région A.

Cette région A correspond à la « zone interdite » comprenant alors le Nord, le Pas-de-Calais, la Somme, la Seine-Maritime et l’Aisne. Arnaud Bisson prend la direction du BOA de l’Aisne.

Le rattachement au BCRA est explicitement indiqué par l’Ordre de la Libération. Le dossier archivistique conservé sous la cote GR 16 P 61545 contient par ailleurs la copie d’une attestation d’appartenance à la DGER, établie en 1946.

Missions et actions

L’activité d’Arnaud Bisson dans l’Aisne est particulièrement importante. L’Ordre de la Libération lui attribue une participation à 18 parachutages d’armes et de postes radio, au sabotage des vannes d’écluses du canal de Saint-Quentin et à trois sabotages ferroviaires.

Dans ces opérations, il est notamment secondé par Edmond Bricout, Jean Merlin et André Dodart. La documentation locale consacrée au maquis de la Coupille mentionne également plusieurs agents et combattants qui travaillent autour de son organisation, parmi lesquels Marc Grether, Marcel et Camille Annoepel, Pierre Mercier ainsi que les gendarmes Edmond Bachimont, André Droit et Hector Polvent.

Son activité ne se limite pas aux opérations aériennes et aux sabotages. Il organise également l’assistance aux réfractaires du Service du travail obligatoire, auxquels sont procurés faux papiers et cartes d’alimentation, et apporte son concours à des aviateurs alliés.

Il accomplit aussi une mission de renseignement significative en faisant parvenir à Londres un plan complet du terrain d’aviation de Tillé-Beauvais, utilisé par la Luftwaffe.

Après l’arrestation à Lille, le 14 avril 1944, de Robert Aubinière, alias « Amiral », qui avait succédé à Pierre Deshayes à la tête du BOA régional, Bisson quitte Saint-Quentin et déplace son poste de commandement vers Saint-Algis, à proximité de Sains-Richaumont. La documentation locale situe son installation au moulin de la Coupille le 1er juin 1944.

Arrestation / évasion / déportation

Arnaud Bisson n’est pas connu pour avoir été arrêté ou déporté.

À partir de juillet 1943, les recherches de la Gestapo le contraignent toutefois à abandonner son domicile et à vivre clandestinement dans la région de Saint-Quentin.

Cette situation se poursuit jusqu’en 1944. Après l’arrestation de Robert Aubinière, la pression exercée sur l’organisation conduit Bisson à déplacer son poste de commandement vers le secteur rural de Saint-Algis et le moulin de la Coupille.

Camarades de combat

Les premiers compagnons connus de son engagement clandestin à Beauvais sont Robert Belleil, Jean Minasse et Robert Sené, avec lesquels il constitue son premier groupe de résistance.

Au BOA, son parcours est étroitement associé à Michel Pichard, alias « Pic », puis à Pierre Deshayes, alias « Rod », dont il devient l’adjoint pour la région A. Robert Aubinière, alias « Amiral », prend ensuite la direction régionale jusqu’à son arrestation en avril 1944.

Dans l’Aisne, ses collaborateurs directement mentionnés par la source institutionnelle sont Edmond Bricout, Jean Merlin et André Dodart. La documentation locale du maquis de la Coupille élargit ce groupe à Marc Grether, Marcel Annoepel, Camille Annoepel, Pierre Mercier, Edmond Bachimont, André Droit et Hector Polvent.

Mort au combat

Le 30 juin 1944, vers 21 heures, Arnaud Bisson quitte son poste de commandement du maquis de la Coupille en voiture avec trois camarades afin d’effectuer un transport d’armes.

Selon la notice institutionnelle de l’Ordre, le groupe tombe à Sains-Richaumont sur un barrage allemand. L’un des occupants du véhicule ouvre le feu ; les soldats allemands ripostent et Arnaud Bisson est tué sur le coup. Le véhicule est ensuite abandonné à quelques centaines de mètres du village.

Deux jours plus tard, des maquisards récupèrent son corps et l’inhument provisoirement près d’une ferme. Une tradition locale précise que son corps est alors enveloppé dans un drapeau tricolore. Après la Libération, il est définitivement inhumé dans le caveau familial de Noailles.

Retour à la vie civile

Sans objet. Arnaud Bisson meurt au combat le 30 juin 1944, avant la libération de l’Oise et de l’Aisne.

Son engagement municipal antérieur à la guerre et sa mort dans la Résistance expliquent la place importante qu’il conserve dans la mémoire locale de Noailles, Velennes, Beauvais et du secteur du maquis de la Coupille.

Décorations

Chevalier de la Légion d’honneur. Source : Ordre de la Libération. La distinction figure dans la notice institutionnelle. Le décret correspondant n’a pas été directement retrouvé lors des présentes recherches.

Compagnon de la Libération à titre posthume. Décret du 7 juillet 1945. Source : Ordre de la Libération. L’inventaire du dossier 1 A 103 signale un mémoire de proposition daté de 1945 ainsi qu’une ampliation du décret datée du 9 juillet 1945.

Croix de guerre 1939-1945. Source : Ordre de la Libération. La décoration est expressément attestée par la notice institutionnelle ; le détail de la citation n’a pas été établi dans les sources directement consultées.

Lieux de mémoire

Arnaud Bisson repose après la Libération dans le caveau familial de Noailles.

À Noailles, une rue porte son nom et celui-ci figure sur le monument aux morts. À Velennes, où il avait exercé les fonctions de maire, une plaque commémorative est apposée sur la mairie et son nom figure également sur le monument aux morts.

À Beauvais, une rue Arnaud-Bisson perpétue son souvenir ; son nom figure également sur le monument aux morts et sur une plaque commémorant les maires morts pendant la Seconde Guerre mondiale. La documentation locale mentionne également une rue à Saint-Quentin.

Le moulin de la Coupille à Saint-Algis, qui abrita son poste de commandement en 1944, constitue le principal lieu de mémoire directement lié à ses dernières activités clandestines. Une cérémonie commémorative locale perpétue la mémoire des résistants du maquis.

Références bibliographiques

1061 Compagnons : histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe Notin, Perrin, 2000, 822 p.

Les Compagnons de l’Aube, Guillaume Piketty, Textuel, 2014, 442 p.

Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir Trouplin, Elytis, 2023.

Soldats bleus dans l’ombre : le commandant Guillaudot et ses gendarmes dans la Résistance, Gilbert Charles, Éditions du Cercle d’Or, 1978. Cette référence est notamment signalée dans la documentation consacrée à Arnaud Bisson.

Références internet

Ordre de la Libération — Notice institutionnelle d’Arnaud Bisson : identité, pseudonymes, OCM, BOA, opérations clandestines, mort et décorations.
Arnaud Bisson — Ordre de la Libération

Ordre de la Libération — Archives — Répertoire numérique des dossiers des Compagnons de la Libération, lettre B : dossier 1 A 103 et dossier Résistance GR 16 P 61545.
Répertoire archivistique des Compagnons — lettre B

Résistance 60 — Documentation biographique locale apportant des précisions sur la famille, la profession, les compagnons de résistance et les lieux de mémoire d’Arnaud Bisson.
Arnaud Bisson — Résistance 60

Résistance 60 — Maquis de la Coupille — Étude locale détaillée du BOA de l’Aisne et du maquis installé à Saint-Algis.
Le maquis de la Coupille

Wikipédia — Notice biographique développée consultée conformément au protocole et confrontée aux sources institutionnelles.
Arnaud Bisson — Wikipédia

Dossier d’homologation consulté

Le Service historique de la Défense conserve un dossier individuel concernant Arnaud Bisson sous la cote GR 16 P 61545. Son existence est confirmée par l’inventaire archivistique de l’Ordre de la Libération.

Le dossier de Compagnon est conservé sous la cote 1 A 103. L’inventaire décrit notamment un mémoire de proposition de 1945, une ampliation de décret du 9 juillet 1945, un reçu du diplôme de la croix de la Libération daté de 1966, plusieurs fiches de renseignements et sept pièces de correspondance échangées avec l’Ordre entre 1945 et 2004.

Le dossier 1 A 103 contient également des copies provenant du GR 16 P 61545 : mémoire de proposition, attestation d’appartenance à la DGER de 1946, questionnaire signalétique et fiches de renseignements. Il conserve en outre des extraits de travaux consacrés à Arnaud et Irène Bisson.

Les dossiers originaux 1 A 103 et GR 16 P 61545 n’ont pas été physiquement consultés lors des présentes recherches ; leur contenu est décrit ici d’après l’instrument archivistique de l’Ordre de la Libération.

Observations

Les sources concordent sur l’identité d’Arnaud Bisson, sa naissance le 8 mai 1909 à Noailles, sa direction du BOA de l’Aisne et sa mort le 30 juin 1944.

Une divergence existe en revanche sur le lieu précis du barrage fatal. La source institutionnelle de l’Ordre situe l’accrochage à Sains-Richaumont. Une source locale et la notice MVR mentionnent Lemé. La présente notice retient Sains-Richaumont pour le lieu de décès, conformément à la source institutionnelle, tout en maintenant la divergence pour le lieu exact de l’accrochage.

Les pseudonymes connaissent également quelques variantes dans la documentation locale. La présente notice retient la série donnée par l’Ordre de la Libération — Henry, Duprez, Demouy, Correus, Fakir — plutôt que des variantes secondaires telles que « Dupré » ou « Meunier ».

L’inventaire du dossier 1 A 103 décrit une ampliation du décret datée du 9 juillet 1945, tandis que la notice institutionnelle fixe l’attribution de la qualité de Compagnon au décret du 7 juillet 1945. Ces mentions ne sont pas nécessairement contradictoires : une ampliation peut être postérieure au décret lui-même.

Aucune homonymie susceptible d’entraîner une confusion avec un autre résistant n’a été mise en évidence. L’identité est confortée par les dates et lieux d’état civil, les pseudonymes, l’OCM, le BOA de l’Aisne et la cote GR 16 P 61545.

Indice de fiabilité de la notice Niveau A : La notice repose principalement sur la biographie institutionnelle de l’Ordre de la Libération, sur son instrument archivistique identifiant les dossiers 1 A 103 et GR 16 P 61545, et sur plusieurs sources locales concordantes consacrées à la Résistance dans l’Oise et l’Aisne. Les éléments essentiels — identité, pseudonymes, appartenance à l’OCM et au BOA, responsabilités opérationnelles, parachutages, sabotages et mort — sont solidement documentés. Les divergences relatives au lieu exact de l’accrochage fatal et à certaines variantes de pseudonymes sont explicitement conservées plutôt que résolues artificiellement.

Chronologie

DateÉvénement
8 mai 1909Naissance à Noailles (Oise).
Avant 1939Installation dans le Beauvaisis ; propriétaire d’une ferme à Velennes et maire de la commune.
1939Réquisitionné comme garde-voie à La Fère.
1940Commence à récupérer des armes et constitue un groupe clandestin à Beauvais avec Robert Belleil, Jean Minasse et Robert Sené.
Fin 1941Rattachement du groupe à l’OCM.
Printemps 1943Entre au BOA sous les ordres de Michel Pichard.
Mai 1943Réception du premier parachutage d’armes du département à Lhéraule.
Juillet 1943Recherché par la Gestapo ; gagne clandestinement la région de Saint-Quentin.
1943-1944Adjoint de Pierre Deshayes puis responsable du BOA de l’Aisne ; participation à 18 parachutages et à plusieurs sabotages.
14 avril 1944Arrestation de Robert Aubinière à Lille.
Avril-juin 1944Bisson déplace progressivement son organisation vers Saint-Algis et le moulin de la Coupille.
1er juin 1944Installation du PC au moulin de la Coupille selon la documentation locale.
30 juin 1944Tué lors d’un accrochage avec les forces allemandes dans le secteur de Sains-Richaumont.
2 juillet 1944Son corps est récupéré par des maquisards et provisoirement inhumé.
Après la LibérationInhumation définitive dans le caveau familial à Noailles.
7 juillet 1945Nommé Compagnon de la Libération à titre posthume.

Tableau des divergences entre sources

ÉlémentSourceDonnéeAppréciation
Lieu de l’accrochage du 30 juin 1944Ordre de la LibérationSains-RichaumontSource institutionnelle retenue pour le lieu de décès.
Lieu de l’accrochageDocumentation localeSecteur Lemé/Sains-RichaumontDivergence maintenue pour le lieu précis du barrage.
PseudonymesOrdre de la LibérationHenry, Duprez, Demouy, Correus, FakirSérie institutionnelle retenue.
PseudonymesRésistance 60Henry, Dupré, Meunier et autres variantes selon les pagesVariantes locales à ne pas fusionner sans preuve supplémentaire.
Croix de la LibérationNotice institutionnelleDécret du 7 juillet 1945Date d’attribution retenue.
Croix de la LibérationInventaire 1 A 103Ampliation du 9 juillet 1945Compatible avec un décret antérieur du 7 juillet.

Sources consultées

Ordre de la Libération — Notice institutionnelle d’Arnaud Bisson.
Consulter la notice institutionnelle

Ordre de la Libération — Archives — Inventaire du dossier 1 A 103 et identification du dossier Résistance GR 16 P 61545.
Consulter l’instrument de recherche

Résistance 60 — Documentation biographique et mémorielle consacrée à Arnaud Bisson.
Consulter Résistance 60

Résistance 60 — Maquis de la Coupille — Documentation consacrée au BOA de l’Aisne, au maquis de Saint-Algis et aux collaborateurs d’Arnaud Bisson.
Consulter le dossier sur le maquis de la Coupille

Wikipédia — Notice développée d’Arnaud Bisson, consultée comme source secondaire et recoupée avec les sources institutionnelles.
Consulter la notice Wikipédia

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