André BLANCHARD, né le 23 février 1911 à Ancenis (Loire-Atlantique), mort le 5 mai 1949 à Bouar (Oubangui-Chari, actuelle République centrafricaine), officier des troupes coloniales et des Forces françaises libres, combattant du Bataillon de marche n° 2, capitaine, Compagnon de la Libération par décret du 9 septembre 1942.
Jeunesse et formation
Fils d’un officier, André Blanchard naît à Ancenis le 23 février 1911. Il effectue ses études secondaires au collège jésuite Sainte-Croix du Mans, puis au Prytanée militaire de La Flèche. Il manifeste parallèlement un goût prononcé pour le sport et la chasse, activité qui jouera tragiquement un rôle dans les circonstances de sa mort.
En 1931, il devance l’appel et suit le peloton d’élève officier de réserve. Après avoir été libéré de ses obligations militaires, il choisit finalement la carrière des armes, se rengage comme sergent et part pour l’Afrique occidentale, où il débarque en septembre 1933. Son parcours militaire est désormais étroitement lié aux territoires africains de l’Empire français.
Engagement dans la Résistance
Lorsque survient l’appel du général de Gaulle, André Blanchard est en poste en Afrique équatoriale française. Il choisit au cours de l’été 1940 de rallier la France libre. Il appartient dès lors aux militaires qui permettent à la France libre de disposer en Afrique de forces constituées.
Il est affecté au Bataillon de marche n° 2 de l’Afrique équatoriale française (BM 2), unité formée en novembre 1940 et placée sous les ordres du commandant André de Roux. L’appartenance d’André Blanchard au BM 2 est confirmée tant par sa notice institutionnelle que par l’instrument archivistique consacré aux unités militaires Compagnons de la Libération.
Son engagement relève donc principalement de la France libre combattante et non de la Résistance intérieure métropolitaine.
Appartenance à un réseau ou mouvement
L’unité de référence d’André Blanchard est le Bataillon de marche n° 2 (BM 2) des Forces françaises libres. L’Ordre de la Libération le classe explicitement dans cette unité.
Aucune appartenance à un réseau clandestin de Résistance intérieure n’est établie par les sources institutionnelles consultées.
Avec le BM 2, son itinéraire militaire traverse successivement le Moyen-Orient, la Libye, Madagascar, l’Afrique du Nord puis la France. Après la guerre en Europe, son engagement se poursuit en Extrême-Orient.
Missions et actions
Avec le BM 2, André Blanchard participe en 1941 à la campagne de Syrie. Il y est blessé une première fois. Il poursuit ensuite les opérations avec son unité en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.
Son nom est surtout associé à Bir Hakeim. Pendant la bataille de mai-juin 1942, le BM 2 participe à la défense de la position française face aux forces de l’Axe.
Dans la nuit du 10 au 11 juin 1942, lors de l’évacuation de Bir Hakeim, la compagnie à laquelle appartient Blanchard est chargée de couvrir le repli. Il reçoit pour mission d’attirer l’attention adverse par ses feux d’infanterie. Blessé par balle à l’épaule, il parvient néanmoins à rejoindre les lignes françaises à pied après la destruction de son véhicule. Cette blessure est alors sa troisième blessure de guerre.
La conduite d’André Blanchard pendant cette période précède de peu son admission dans l’Ordre de la Libération : il est nommé Compagnon de la Libération par décret du 9 septembre 1942. Le dossier archivistique 1 A 104 conserve un extrait du décret n° 515 correspondant.
Le BM 2 est ensuite envoyé à Madagascar, où il débarque à Tamatave en février 1943. Sa mission consiste notamment à participer au rétablissement de l’autorité française et à prévenir le maintien durable des forces sud-africaines dans l’île. Relevé par le BM 10, le bataillon quitte Madagascar et rejoint Bangui en octobre 1943, avant de gagner l’Afrique du Nord.
Promu capitaine en juin 1944, André Blanchard demeure au BM 2 et participe avec cette unité aux opérations de libération du territoire français.
Le 15 avril 1945, pendant les opérations contre la poche de Royan, il est grièvement atteint par des éclats d’obus.
Après son rétablissement, il se porte volontaire pour le Corps expéditionnaire français en Extrême-Orient. Affecté au commando commandé par Adrien Conus, il est parachuté en opération. Il y subit une nouvelle blessure — la cinquième de son parcours de guerre selon les sources secondaires concordantes — qui entraîne son rapatriement.
Arrestation / évasion / déportation
Aucune arrestation, incarcération, évasion ou déportation d’André Blanchard n’a été retrouvée dans les sources consultées.
Son parcours est celui d’un militaire des Forces françaises libres engagé successivement sur plusieurs théâtres d’opérations.
Camarades de combat
Son parcours est indissociable des combattants du BM 2. L’instrument de recherche de l’Ordre recense parmi les Compagnons ayant appartenu à cette unité, outre André Blanchard, notamment Henri Amiel, Maurice Bayrou, Henri Bourgeois, Adrien Conus, Gaston Duché de Bricourt, Paul Guénon, Georges Koudoukou, Paul Koudoussaragagna, René Lemoine et Jean Lhuillier.
Le commandant André de Roux commande le BM 2 pendant une partie essentielle du parcours combattant de Blanchard.
Adrien Conus, également Compagnon de la Libération, intervient dans la dernière phase de sa guerre : Blanchard est affecté au commando Conus lorsqu’il se porte volontaire pour servir en Extrême-Orient.
Retour à la vie civile
André Blanchard ne connaît pas véritablement de retour à une carrière civile. Après ses blessures et son rapatriement d’Extrême-Orient, il poursuit sa carrière militaire.
Il est finalement affecté à Bouar, en Oubangui-Chari, comme commandant de compagnie.
Le 5 mai 1949, il meurt accidentellement à Bouar au cours d’une chasse au buffle. Il n’a que 38 ans. Il est inhumé à Bouar.
Décorations
Chevalier de la Légion d’honneur. Source : Ordre de la Libération. Le dossier 1 A 104 conserve la copie d’une nomination dans la Légion d’honneur datée du 31 août 1945.
Compagnon de la Libération. Décret du 9 septembre 1942. Source : Ordre de la Libération. Le dossier 1 A 104 conserve l’extrait du décret n° 515.
Croix de guerre 1939-1945. Source : Ordre de la Libération. Des sources secondaires concordantes précisent quatre citations.
Croix de guerre des Théâtres d’opérations extérieurs avec deux citations. Source : Ordre de la Libération.
Médaille de la Résistance française. Source : Ordre de la Libération.
Médaille des Blessés. Source : Ordre de la Libération.
Médaille coloniale avec agrafes « Libye », « Bir-Hakeim » et « AFL ». Source : Ordre de la Libération.
Médaille de Syrie-Cilicie avec agrafe « Levant ». Source : Ordre de la Libération.
Military Cross (Royaume-Uni). Source : Ordre de la Libération. Le dossier 1 A 104 conserve une copie de la décision n° 212 portant attribution de cette décoration ainsi que des documents provenant des National Archives britanniques.
Mérite syrien. Source : Ordre de la Libération.
Officier de l’Étoile noire. Source : Ordre de la Libération.
Lieux de mémoire
André Blanchard est inhumé à Bouar, lieu de son dernier commandement et de sa mort accidentelle le 5 mai 1949.
Ancenis, son lieu de naissance, constitue également un point d’ancrage mémoriel de son parcours.
Sa mémoire s’inscrit surtout dans celle du Bataillon de marche n° 2, unité Compagnon de la Libération dont l’histoire et les archives sont conservées et valorisées par l’Ordre de la Libération.
Références bibliographiques
1061 Compagnons : histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe Notin, Perrin, 2000, 822 p.
Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir Trouplin, Elytis, édition originale 2010 ; édition actualisée 2023.
Dictionnaire historique de la Résistance. Résistance intérieure et France libre, sous la direction de François Marcot, Robert Laffont, 2006, 1 187 p.
Références internet
Ordre de la Libération — Notice institutionnelle d’André Blanchard : état civil, formation, carrière militaire, ralliement, campagnes, blessures, décès et décorations.
André Blanchard — Ordre de la Libération
Ordre de la Libération — Archives des Compagnons — Instrument de recherche de la lettre B : dossier 1 A 104, décret du 9 septembre 1942, Légion d’honneur, Military Cross et archives britanniques.
Instrument de recherche — lettre B
Ordre de la Libération — Archives des unités militaires — Instrument archivistique confirmant André Blanchard parmi les Compagnons ayant appartenu au BM 2.
Archives des unités militaires Compagnons
Wikipédia — Notice développée consacrée à André Blanchard, consultée comme source secondaire et confrontée aux données institutionnelles.
André Blanchard — Wikipédia
Dossier d’homologation consulté
Le dossier personnel de Compagnon d’André Blanchard est conservé par l’Ordre de la Libération sous la cote 1 A 104. L’instrument de recherche en décrit précisément le contenu : extrait du décret n° 515 du 9 septembre 1942, fiches de renseignements, vingt-deux pièces de correspondance couvrant la période 1952-2009, documents provenant des National Archives britanniques, pièces relatives à la Légion d’honneur et à la Military Cross et documents biographiques.
Contrairement à plusieurs autres Compagnons de la même séquence alphabétique, l’instrument de recherche actuellement accessible ne mentionne pas de cote GR 16 P du SHD pour André Blanchard. Aucune cote de dossier Résistance ne doit donc lui être attribuée par extrapolation.
Le dossier original 1 A 104 n’a pas été physiquement consulté ; son contenu est décrit ici à partir de l’instrument de recherche de l’Ordre de la Libération.
Observations
Le nom André Blanchard présente un risque élevé d’homonymie. Plusieurs personnalités françaises portent ce nom. L’identification du Compagnon est néanmoins assurée par la combinaison de sa date de naissance (23 février 1911), de son lieu de naissance (Ancenis), de son décès à Bouar le 5 mai 1949, de son appartenance au BM 2 et de son dossier 1 A 104.
Une prudence particulière est nécessaire concernant son grade dans les différentes phases de la guerre. La source institutionnelle confirme sa promotion au grade de capitaine en juin 1944 ; ce grade ne doit donc pas être rétroactivement appliqué à ses campagnes antérieures.
Une variation géographique apparaît dans certaines sources secondaires anciennes qui situent Bouar au « Cameroun ». La source institutionnelle actuelle de l’Ordre localise correctement Bouar en République centrafricaine ; historiquement, en 1949, Bouar appartient à l’Oubangui-Chari.
Enfin, l’inventaire 1 A 104 transcrit la date de la copie de nomination dans la Légion d’honneur sous la forme manifestement fautive « 31/08/91945 ». Le contexte permet d’identifier une coquille typographique pour 31 août 1945, mais la pièce originale devrait être consultée pour certification archivistique définitive.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A : La notice repose principalement sur la notice institutionnelle de l’Ordre de la Libération et sur l’instrument archivistique détaillé du dossier personnel 1 A 104, complétés par l’instrument consacré aux unités militaires Compagnons de la Libération et par des sources secondaires concordantes. L’identité, l’appartenance au BM 2, les principales campagnes, le décret du 9 septembre 1942, la promotion au grade de capitaine, les blessures de 1945 et les circonstances du décès sont solidement établis. Certaines précisions concernant les citations militaires et les dates exactes de plusieurs décorations resteraient à confirmer par consultation directe des pièces originales.
Chronologie
| Date | Événement |
|---|---|
| 23 février 1911 | Naissance à Ancenis. |
| 1931 | Devance l’appel et suit le peloton d’élève officier de réserve. |
| Septembre 1933 | Débarque en Afrique après s’être rengagé comme sergent. |
| Été 1940 | Ralliement à la France libre en Afrique équatoriale française. |
| Novembre 1940 | Constitution du BM 2, auquel il appartient. |
| 1941 | Campagne de Syrie ; première blessure connue. |
| Mai-juin 1942 | Bataille de Bir Hakeim. |
| Nuit du 10 au 11 juin 1942 | Participe à la couverture de l’évacuation ; grièvement blessé à l’épaule. |
| 9 septembre 1942 | Nommé Compagnon de la Libération par décret n° 515. |
| Février 1943 | Débarquement du BM 2 à Madagascar. |
| Octobre 1943 | Retour du BM 2 à Bangui avant son départ vers l’Afrique du Nord. |
| Juin 1944 | Promu capitaine. |
| 1944-1945 | Participe avec le BM 2 aux opérations de libération de la France. |
| 15 avril 1945 | Grièvement blessé par éclats d’obus lors des opérations de Royan. |
| Après avril 1945 | Volontaire pour l’Extrême-Orient ; affecté au commando Conus, parachuté et de nouveau blessé. |
| Après rapatriement | Affecté à Bouar comme commandant de compagnie. |
| 5 mai 1949 | Mort accidentellement lors d’une chasse au buffle à Bouar ; inhumé sur place. |
Tableau des divergences entre sources
| Élément | Source | Donnée | Appréciation |
|---|---|---|---|
| Lieu de décès | Ordre de la Libération | Bouar, actuelle République centrafricaine | Donnée institutionnelle retenue. |
| Lieu de décès | Certaines reprises secondaires | Bouar, « Cameroun » | Localisation erronée ; Bouar appartenait à l’Oubangui-Chari. |
| Légion d’honneur | Inventaire 1 A 104 | « 31/08/91945 » | Coquille manifeste de l’instrument ; 31 août 1945 vraisemblable, pièce originale à contrôler. |
| Légion d’honneur | Ordre de la Libération | Chevalier | Grade institutionnellement attesté. |
| Wikipédia | Notice secondaire | Officier de la Légion d’honneur dans son résumé | Non retenu faute de confirmation institutionnelle ; l’Ordre indique chevalier. |
Sources consultées
Ordre de la Libération — Notice biographique institutionnelle d’André Blanchard.
Consulter la notice André Blanchard
Ordre de la Libération — Archives des Compagnons — Instrument de recherche de la lettre B ; dossier 1 A 104.
Consulter l’instrument archivistique
Ordre de la Libération — Archives des unités militaires — Instrument de recherche relatif aux unités militaires Compagnons de la Libération, notamment le BM 2.
Consulter l’instrument des unités militaires
Wikipédia — Notice André Blanchard (militaire), utilisée uniquement comme source secondaire et contrôlée par confrontation avec les sources institutionnelles.
Consulter la notice Wikipédia