La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

BIROT Roger Richard Louis

Roger Richard Louis BIROT, né le 29 août 1906 au Mans (Sarthe), disparu en mer le 9 juin 1942 dans l’Atlantique Nord, Français, officier de marine, capitaine de frégate des Forces navales françaises libres, commandant de la corvette Mimosa et de la 1re Division de corvettes des FNFL, Compagnon de la Libération à titre posthume par décret du 7 août 1945.

Jeunesse et formation

Fils d’un officier général, Roger Birot est élève au Prytanée militaire de La Flèche avant d’entrer à l’École navale en 1924. À sa sortie, comme enseigne de vaisseau de 2e classe, il sert notamment sur le torpilleur Sénégalais, puis sur l’aviso Ville d’Ys. En 1931, alors enseigne de vaisseau de 1re classe, il est affecté à l’École des officiers de transmission. Il poursuit ensuite sa carrière sur différents bâtiments de la Marine nationale, notamment des torpilleurs.

Engagement dans la Résistance

En septembre 1939, lieutenant de vaisseau, Birot est affecté à la 13e Escadrille de patrouilleurs auxiliaires et prend le commandement de La Cancalaise. Il participe à la lutte anti-sous-marine ; la notice de l’Ordre lui attribue deux succès dans ce domaine. Le 1er mai 1940, La Cancalaise saute sur une mine. Birot est blessé mais, avec une dizaine de marins, recueilli par un vapeur néerlandais et ramené à Dunkerque.

À Dunkerque, l’Amiral Nord lui confie le service de sécurité du port ainsi que le ravitaillement et l’entretien des bâtiments. Après la chute de la ville, Birot prend à Cherbourg, le 15 juin 1940, le commandement du patrouilleur La Nantaise. Replié à Southampton le 3 juillet, il voit son bâtiment saisi par la Royal Navy, comme les autres navires français présents dans les ports britanniques.

Après quelques mois de service dans la Royal Navy, il rallie officiellement les Forces navales françaises libres le 11 novembre 1940, entraînant avec lui plusieurs marins.

Appartenance à un réseau ou mouvement

Le parcours de Roger Birot relève de la Résistance extérieure, au sein des Forces navales françaises libres (FNFL). Il ne s’agit donc pas d’une appartenance à un réseau clandestin métropolitain.

Il est d’abord nommé commandant en second du cuirassé Courbet. En janvier 1941, il prend le commandement du torpilleur Bouclier, qui n’est alors pas opérationnel et sera endommagé lors des bombardements allemands de Plymouth. Le 17 avril 1941, devenu capitaine de corvette, il reçoit le commandement de la corvette Mimosa.

À partir de juillet 1941, il commande la 1re Division de corvettes, constituée des Mimosa, Alysse et Aconit. L’Ordre de la Libération souligne qu’il s’agit de la première formation des FNFL engagée dans la bataille de l’Atlantique.

Missions et actions

La mission principale de la division de Birot consiste à escorter les convois alliés dans l’Atlantique Nord, notamment entre l’Amérique du Nord et l’Islande. Ces opérations placent directement les petites corvettes FNFL au cœur de la lutte contre les sous-marins allemands.

Le 24 décembre 1941, Birot participe à bord du Mimosa, avec les corvettes Alysse et Aconit ainsi que le sous-marin Surcouf, au ralliement de Saint-Pierre-et-Miquelon à la France libre, sous la direction de l’amiral Émile Muselier. Une photographie conservée par le musée de l’Ordre de la Libération montre Roger Birot à bord du Mimosa, aux côtés de l’enseigne de vaisseau Alain Savary et de l’amiral Muselier pendant cette opération.

Le 1er janvier 1942, il est provisoirement nommé commandant de la Marine à Saint-Pierre-et-Miquelon, dans l’attente de l’arrivée du titulaire. En mars, il reprend avec le Mimosa ses missions d’escorte dans l’Atlantique.

Le 31 mai 1942, le Mimosa quitte Greenock, en Écosse. Dès le lendemain, il participe à l’escorte du convoi ONS 100 à destination de l’Amérique du Nord. Dans la nuit du 8 au 9 juin 1942, la corvette est torpillée par le sous-marin allemand U-124. Le bâtiment sombre dans l’Atlantique Nord ; Roger Birot et soixante-cinq membres de son équipage disparaissent.

Arrestation / évasion / déportation

Sans objet. Roger Birot n’est ni arrêté, ni interné, ni déporté au titre de son engagement.

Son parcours comporte cependant deux naufrages de guerre : celui de La Cancalaise, victime d’une mine le 1er mai 1940, auquel il survit malgré sa blessure, puis celui du Mimosa, torpillé dans la nuit du 8 au 9 juin 1942, au cours duquel il disparaît.

Camarades de combat

Les compagnons de combat les mieux documentés sont ceux de la 1re Division de corvettes FNFL, regroupant Mimosa, Alysse et Aconit. L’environnement immédiat de Birot est donc celui des équipages français libres engagés dans les escortes de convois de l’Atlantique.

L’opération de Saint-Pierre-et-Miquelon permet d’identifier plus précisément deux figures avec lesquelles son action est directement documentée : l’amiral Émile Muselier, qui dirige l’opération, et Alain Savary, alors enseigne de vaisseau. Une photographie institutionnelle de décembre 1941 représente les trois hommes ensemble à bord du Mimosa.

Retour à la vie civile

Sans objet : Roger Birot disparaît en service commandé le 9 juin 1942, à trente-cinq ans, lors du naufrage du Mimosa. Son corps n’a pas de sépulture identifiée, l’Atlantique Nord constituant son lieu de disparition.

Décorations

Officier de la Légion d’honneur. Source : Ordre de la Libération. Le grade d’officier est explicitement attesté par la notice institutionnelle.

Compagnon de la Libération. Source : Ordre de la Libération. Attribution à titre posthume par décret du 7 août 1945. Le dossier 1 A 101 conserve le mémoire de proposition de 1945 ainsi que l’ampliation du décret.

Croix de guerre 1939-1945 avec deux citations. Source : Ordre de la Libération. Les deux citations sont explicitement attestées par la notice institutionnelle.

Médaille de la Résistance française. Source : Ordre de la Libération. Attribution à titre posthume par décret du 31 mars 1947, publication au Journal officiel du 13 juillet 1947 ; dossier 1O5890.

Officier de l’Ordre de l’Empire britannique (Officer of the Order of the British Empire). Source : Ordre de la Libération. Distinction britannique explicitement attestée par la notice institutionnelle.

Lieux de mémoire

Le Mans est son lieu de naissance, le 29 août 1906. L’état civil est recoupé par la notice de Compagnon et la base institutionnelle de la Médaille de la Résistance française.

La Flèche est associée à sa formation : Roger Birot y est élève du Prytanée militaire avant son admission à l’École navale en 1924.

Saint-Pierre-et-Miquelon constitue l’un des principaux lieux de mémoire de son engagement dans la France libre. Birot participe au ralliement de l’archipel le 24 décembre 1941 et en devient provisoirement commandant de la Marine le 1er janvier 1942. Le musée de l’Ordre conserve une photographie prise à bord du Mimosa pendant l’opération.

Enfin, l’Atlantique Nord est son lieu de mort et de mémoire maritime : le Mimosa y disparaît dans la nuit du 8 au 9 juin 1942 avec son commandant et la presque totalité de son équipage.

Références bibliographiques

Les Forces navales françaises libres : du 18 juin 1940 au 3 août 1943, Étienne et Alain Chazette, Paris, Histoire & Collections, 2002. Ouvrage consacré aux FNFL, utile pour replacer les commandements successifs de Birot et l’engagement des corvettes dans la bataille de l’Atlantique.

1061 Compagnons : histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe Notin, Paris, Perrin, 2000, 822 p. Ouvrage général permettant de replacer Birot parmi les officiers de la France libre devenus Compagnons.

Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir Trouplin, Paris, Éditions Elytis, 2023. Référence biographique récente permettant de confronter le parcours de Birot aux archives conservées par l’Ordre.

Références internet

Ordre de la Libération — Notice institutionnelle de Roger Birot, source principale pour son parcours naval, le ralliement aux FNFL, la bataille de l’Atlantique, Saint-Pierre-et-Miquelon et sa disparition. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/roger-birot

Ordre de la Libération — Archives des Compagnons — Inventaire du dossier 1 A 101 — BIROT Roger, comprenant notamment le mémoire de proposition à la Croix de la Libération, l’ampliation du décret, un état des services provenant du SHD et des documents biographiques. https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_B_20250923_0.pdf

Ordre de la Libération — Médaille de la Résistance française — Base institutionnelle donnant l’identité complète Roger Richard Louis Birot, la naissance au Mans, le décret du 31 mars 1947 et le dossier 1O5890. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/medailles-biographies/B?page=5

Musée de la Résistance en ligne / Service historique de la Défense — Répertoire GR 16 P identifiant GR 16 P 61304 — BIROT Roger Richard Louis et permettant le contrôle des homonymes. https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/SHDGR_16P_BA-BJ.pdf

Ordre de la Libération — Collections du musée — Photographie de Roger Birot avec Alain Savary et l’amiral Muselier à bord du Mimosa pendant l’opération de Saint-Pierre-et-Miquelon. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/collection/630f6bf118d4961067e74503

Dossier d’homologation consulté

Le répertoire nominatif du Service historique de la Défense comporte l’entrée GR 16 P 61304 — BIROT Roger Richard Louis. Les colonnes reproduites dans l’instrument numérique ne donnent toutefois ni état civil détaillé ni homologation dans une catégorie de Résistance. Il serait donc abusif de présenter cette seule entrée comme la preuve d’une homologation FFL spécifique.

Le contrôle d’homonymie est satisfaisant. Le même instrument distingue notamment Maurice Birot, né en 1902 à Angoulême, Philippe Joachim René Célestin Birot, né en 1909 à Cholet, et Pierre Jean Birot, né en 1905 à Ordonnac. L’identité complète « Roger Richard Louis Birot », recoupée par la base de la Médaille de la Résistance, permet d’identifier sans ambiguïté le dossier GR 16 P 61304.

Le musée de l’Ordre de la Libération conserve parallèlement 1 A 101 — BIROT Roger. Son instrument mentionne le mémoire de proposition à la Croix de la Libération de 1945, l’ampliation du décret du 7 août 1945, plusieurs fiches de renseignements, dix-sept pièces de correspondance avec l’Ordre, un état des services provenant du SHD ainsi que des documents biographiques et de presse.

Le dossier de Médaille de la Résistance française est identifié sous la cote 1O5890. La base officielle donne l’identité complète Roger Richard Louis Birot, sa naissance le 29 août 1906 au Mans et l’attribution posthume par décret du 31 mars 1947.

Les dossiers physiques originaux GR 16 P 61304, 1 A 101 et 1O5890 n’ont pas été matériellement dépouillés dans le cadre de cette notice. Seuls leurs instruments ou notices numériques ont été contrôlés.

Observations

La forme complète Roger Richard Louis Birot est établie par le répertoire GR 16 P et par la base institutionnelle de la Médaille de la Résistance ; la notice biographique de l’Ordre emploie la forme usuelle « Roger Birot ».

Une prudence est nécessaire concernant le grade exact au moment de l’opération de Saint-Pierre-et-Miquelon. La notice de l’Ordre le présente comme capitaine de frégate lorsqu’elle relate cette opération, tandis que la légende de la photographie institutionnelle de décembre 1941 le qualifie de capitaine de corvette. Faute d’avoir consulté directement son état des services, cette divergence n’est pas artificiellement résolue ici.

Le lieu de décès est nécessairement approximatif dans les documents d’état civil : Birot disparaît en mer lors du naufrage du Mimosa. L’Ordre retient simplement « Atlantique nord ».

Indice de fiabilité de la notice Niveau A : La notice repose sur plusieurs sources institutionnelles concordantes : notice biographique et inventaire archivistique de l’Ordre de la Libération, base officielle de la Médaille de la Résistance française et répertoire nominatif GR 16 P du Service historique de la Défense. L’état civil, la carrière navale avant-guerre, les commandements de 1939-1940, le ralliement aux FNFL, le commandement du Mimosa, les escortes de convois, l’opération de Saint-Pierre-et-Miquelon et la disparition du 9 juin 1942 sont solidement établis. La divergence ponctuelle sur son grade en décembre 1941 est conservée comme telle dans l’attente d’un contrôle direct de l’état des services original.

Chronologie

DateÉvénement
29 août 1906Naissance de Roger Richard Louis Birot au Mans.
1924Entrée à l’École navale après le Prytanée militaire de La Flèche.
Années 1920Service sur le Sénégalais, puis le Ville d’Ys.
1931Affectation à l’École des officiers de transmission.
Septembre 1939Commande La Cancalaise à la 13e Escadrille de patrouilleurs auxiliaires.
1er mai 1940La Cancalaise saute sur une mine ; Birot est blessé mais sauvé.
Mai-juin 1940Service de sécurité, ravitaillement et entretien des bâtiments à Dunkerque.
15 juin 1940Prend à Cherbourg le commandement de La Nantaise.
3 juillet 1940Repli à Southampton ; saisie du bâtiment par la Royal Navy.
11 novembre 1940Ralliement aux Forces navales françaises libres.
Janvier 1941Commandement du torpilleur Bouclier.
17 avril 1941Désigné commandant de la corvette Mimosa.
Juillet 1941Prend le commandement de la 1re Division de corvettes FNFL.
24 décembre 1941Participe au ralliement de Saint-Pierre-et-Miquelon.
1er janvier 1942Commandant provisoire de la Marine à Saint-Pierre-et-Miquelon.
Mars 1942Reprend les escortes de convois dans l’Atlantique.
31 mai 1942Départ de Greenock à bord du Mimosa.
1er juin 1942Début de l’escorte du convoi ONS 100.
Nuit du 8 au 9 juin 1942Mimosa torpillé par l’U-124 ; Roger Birot disparaît avec la presque totalité de son équipage.
7 août 1945Nommé Compagnon de la Libération à titre posthume.
31 mars 1947Médaille de la Résistance française à titre posthume.

Tableau des divergences entre sources

ÉlémentSourceDonnéeAppréciation
IdentitéNotice de l’OrdreRoger BirotForme usuelle.
IdentitéSHD GR 16 P et Médaille de la RésistanceRoger Richard Louis BirotForme complète retenue.
Grade lors de Saint-Pierre-et-MiquelonBiographie de l’OrdreCapitaine de frégateÀ confronter à l’état des services original.
Grade lors de Saint-Pierre-et-MiquelonLégende photographique du musée de l’OrdreCapitaine de corvetteDivergence institutionnelle non résolue.
MortOrdre de la Libération9 juin 1942, Atlantique NordRetenue ; correspond au naufrage dans la nuit du 8 au 9 juin.

Sources consultées

Ordre de la Libération — Notice institutionnelle de Roger Birot. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/roger-birot

Ordre de la Libération — Archives des Compagnons — Inventaire du dossier 1 A 101 — BIROT Roger. https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_B_20250923_0.pdf

Ordre de la Libération — Médaille de la Résistance française — Roger Richard Louis Birot, dossier 1O5890. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/medailles-biographies/B?page=5

Musée de la Résistance en ligne / Service historique de la Défense — Répertoire nominatif, GR 16 P 61304 — BIROT Roger Richard Louis. https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/SHDGR_16P_BA-BJ.pdf

Ordre de la Libération — Collections — Photographie « À bord de la corvette Mimosa pour Saint-Pierre-et-Miquelon », décembre 1941. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/collection/630f6bf118d4961067e74503

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