La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

BÉNÉVÈNE Henri

Henri BÉNÉVÈNE, né le 7 août 1906 à Renens-Gare (Suisse), mort pour la France le 14 avril 1945 à Cabannes-Vieilles, sur la commune de L’Escarène (Alpes-Maritimes), d’origine suisse, légionnaire de l’armée française puis des Forces françaises libres, soldat de 1re classe de la 13e Demi-brigade de Légion étrangère, Compagnon de la Libération à titre posthume par décret du 17 novembre 1945.

Jeunesse et formation

Henri Bénévène naît à Renens-Gare, dans le canton de Vaud, en Suisse. Il est issu d’une famille nombreuse : son père est journalier et la famille compte neuf enfants. L’Ordre de la Libération précise que trois d’entre eux mourront pour la France.

En janvier 1928, âgé de vingt et un ans, il s’engage à Annecy dans la Légion étrangère. Il sert d’abord au 1er Régiment étranger d’infanterie, puis au 2e REI, avec lequel il séjourne pendant quatre années au Maroc. Il est ensuite affecté successivement au 1er puis au 5e REI et sert deux années au Tonkin. Rapatrié pour raisons sanitaires, il retrouve en 1934 le 1er REI en Afrique du Nord.

Rendu à la vie civile en janvier 1936, il retourne brièvement en Suisse. Dès décembre de la même année, il choisit toutefois de reprendre du service dans la Légion. De 1937 à 1939, il appartient à la compagnie d’instruction du 1er REI.

Engagement dans la Résistance

Lorsque commence la Seconde Guerre mondiale, Bénévène est donc déjà un légionnaire expérimenté, ayant servi au Maroc, en Indochine et en Afrique du Nord.

Il participe en 1940 à la campagne de Norvège. Pendant les combats de Bjervik et de Narvik, il est blessé à deux reprises : le 4 juin 1940 par un éclat, puis le 6 juin par une balle. Évacué avec le corps expéditionnaire français commandé par le général Antoine Béthouart, il gagne l’Angleterre.

Au lieu de rentrer en France après l’armistice, il choisit de poursuivre la guerre et s’engage dans les Forces françaises libres le 1er juillet 1940. Ce choix fait de lui l’un des premiers combattants de la France libre.

Son appartenance aux FFL est également établie par les instruments du Service historique de la Défense : son dossier d’homologation est conservé sous la cote GR 16 P 46936.

Appartenance à un réseau ou mouvement

Henri Bénévène relève de la Résistance extérieure. Aucune appartenance à un réseau clandestin métropolitain n’est documentée.

Son unité essentielle est la 13e Demi-brigade de Légion étrangère, l’une des unités militaires faites Compagnon de la Libération. L’instrument de recherche de l’Ordre de la Libération classe explicitement Henri Bénévène parmi les Compagnons ayant servi dans la 13e DBLE.

Après son ralliement, son parcours militaire se confond largement avec celui de cette formation. Il sert d’abord au 1er Bataillon de Légion étrangère, puis au 2e BLE, dans la 5e compagnie, sous les ordres du chef de bataillon Jean Simon.

Missions et actions

Après son engagement dans les FFL, Henri Bénévène est promu légionnaire de 1re classe. Il participe en septembre 1940 à l’opération de Dakar.

Avec la 13e DBLE, il prend ensuite part à une succession presque ininterrompue de campagnes. En Afrique orientale, il combat en Érythrée, notamment à Keren et Massaoua. Il participe ensuite à la campagne de Syrie, puis aux opérations de Libye et de Tunisie. Il sert alors au sein du 1er Bataillon de Légion étrangère.

Il est ultérieurement affecté au 2e BLE, 5e compagnie, commandé par Jean Simon. Avec cette formation, il participe à la fin de la campagne d’Italie, puis au débarquement de Provence et aux combats de la libération de la France.

Son parcours militaire est ainsi particulièrement représentatif des légionnaires de la France libre ayant combattu successivement en Scandinavie, en Afrique, au Proche-Orient, en Italie et en France.

Au printemps 1945, alors que la guerre est presque terminée en Europe, la 1re Division française libre est engagée sur le front des Alpes contre les positions allemandes qui tiennent encore le massif de l’Authion. Bénévène combat toujours avec la 5e compagnie du 2e BLE.

Le 14 avril 1945, lors des opérations menées autour de la Gonella, dans le secteur de L’Escarène-Cabannes-Vieilles, il est mortellement atteint par une balle. Il meurt moins d’un mois avant la capitulation allemande.

Arrestation / évasion / déportation

Henri Bénévène n’a été ni arrêté ni déporté selon les sources consultées. Son parcours relève entièrement du combat militaire extérieur.

Il est en revanche blessé à deux reprises pendant la campagne de Norvège, les 4 et 6 juin 1940. Ces blessures sont attestées par l’Ordre de la Libération et expliquent la présence de la Médaille des Blessés parmi ses distinctions.

Il meurt au combat le 14 avril 1945 dans les Alpes-Maritimes, pendant l’offensive contre les dernières positions allemandes du secteur de l’Authion.

Camarades de combat

Le général Antoine Béthouart commande le corps expéditionnaire français de Norvège avec lequel Bénévène est rapatrié en Angleterre en juin 1940. C’est à partir de ce séjour britannique que Bénévène choisit la France libre.

Son parcours dans la 13e DBLE le place ensuite au sein d’une unité comptant un nombre exceptionnel de Compagnons de la Libération. L’instrument institutionnel de l’Ordre cite notamment, parmi les Compagnons de cette formation, Dimitri Amilakvari, Gabriel Bablon, René Babonneau, Joseph Bakos, Roger Barberot, Jacques Beaudenom de Lamaze, Lionel Beneyton, Pierre Bourgoin, Gabriel Brunet de Sairigné et Jean Simon. Cette communauté d’unité ne permet cependant pas d’affirmer une relation personnelle avec chacun d’entre eux.

Pour les derniers mois de sa vie, Jean Simon constitue le camarade et supérieur le mieux documenté : Bénévène sert dans la 5e compagnie du 2e BLE placée sous ses ordres.

Retour à la vie civile

Henri Bénévène ne connaît pas de retour à la vie civile après la Libération. Après le débarquement de Provence, il poursuit les opérations avec la 13e DBLE jusqu’aux combats du front des Alpes.

Il est tué le 14 avril 1945 à Cabannes-Vieilles, dans le secteur de L’Escarène, alors qu’il participe aux combats de la Gonella. Il avait trente-huit ans. La Croix de la Libération lui est décernée à titre posthume sept mois plus tard, par décret du 17 novembre 1945.

Décorations

Chevalier de la Légion d’honneur. Source : Ordre de la Libération. La décoration est expressément attestée dans la notice institutionnelle. La date et le décret d’attribution n’ont pas été établis avec suffisamment de certitude dans les sources directement consultées.

Compagnon de la Libération. Source : Ordre de la Libération et décret du 17 novembre 1945. La Croix de la Libération est attribuée à Henri Bénévène à titre posthume. Le fonds personnel 1 A 73 conserve le mémoire de proposition de 1945 ainsi qu’une ampliation du décret datée du 19 novembre 1945.

Médaille militaire. Source : Ordre de la Libération. La décoration est expressément attestée par la notice institutionnelle. La date du décret n’a pas été établie avec suffisamment de certitude dans les sources consultées.

Croix de guerre 1939-1945 avec deux citations. Source : Ordre de la Libération. La décoration et le nombre de deux citations sont expressément attestés.

Croix du combattant 1939-1945. Source : Ordre de la Libération. Cette distinction figure explicitement dans la liste institutionnelle des décorations d’Henri Bénévène.

Médaille coloniale avec agrafes « Maroc », « Érythrée » et « Libye ». Source : Ordre de la Libération. La décoration et les trois agrafes sont expressément attestées et correspondent aux campagnes documentées dans son parcours.

Médaille des Blessés. Source : Ordre de la Libération. La décoration est expressément attestée. Elle est cohérente avec les deux blessures reçues en Norvège les 4 et 6 juin 1940, elles-mêmes documentées par la notice institutionnelle.

Lieux de mémoire

Renens, en Suisse, constitue son lieu de naissance et son premier ancrage familial. Annecy est associé à son engagement dans la Légion étrangère en janvier 1928.

Narvik et Bjervik rappellent sa participation à la campagne de Norvège et ses deux blessures de juin 1940. Dakar, Keren, Massaoua, la Syrie, la Libye, la Tunisie et l’Italie jalonnent ensuite son itinéraire de combattant de la France libre.

Cabannes-Vieilles, sur le territoire de L’Escarène, est son principal lieu de mémoire en France. Il y tombe le 14 avril 1945 pendant les combats de la Gonella et y est inhumé.

L’Ordre de la Libération conserve par ailleurs son fonds personnel sous la cote 1 A 73. Couvrant la période 1945-2005, il comprend notamment le mémoire de proposition pour la Croix de la Libération, l’ampliation du décret du 17 novembre 1945, huit pièces de correspondance avec l’Ordre, des notes biographiques, un extrait du Mémorial des Compagnons de la Libération de 1961 et une pièce relative à sa sépulture.

Références bibliographiques

1061 Compagnons : histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe Notin, Paris, Perrin, 2000, 822 p. Ouvrage général de référence permettant de replacer Henri Bénévène parmi les légionnaires de la France libre et les Compagnons de la Libération.

Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir Trouplin, Paris, Éditions Elytis. Dictionnaire biographique consacré aux Compagnons, utile pour confronter les données individuelles aux archives et aux notices institutionnelles. Une édition antérieure de l’ouvrage est explicitement citée dans les références consacrées à Henri Bénévène.

Les Compagnons de l’Aube, Guillaume Piketty, Paris, Textuel, 2014, 442 p. Étude générale permettant de replacer le choix de poursuivre la guerre en 1940 dans l’expérience collective des premiers Français libres.

Références internet

Ordre de la Libération — Notice institutionnelle d’Henri Bénévène, source principale pour son état civil, son engagement à la Légion, les campagnes de Norvège et de la France libre, son décès et ses décorations. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/henri-benevene

Ordre de la Libération — Archives des Compagnons, lettre B — Instrument de recherche décrivant le fonds personnel Henri Bénévène, cote 1 A 73, et confirmant notamment le mémoire de proposition et l’ampliation du décret du 17 novembre 1945. https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_B_20250923.pdf

Ordre de la Libération — Archives des unités militaires — Instrument institutionnel confirmant Henri Bénévène parmi les Compagnons de la 13e Demi-brigade de Légion étrangère. https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_unites_militaires_20260319.pdf

Service historique de la Défense / instrument GR 16 P — Le dossier d’homologation des services de Résistance d’Henri Bénévène est identifié sous la cote GR 16 P 46936 dans l’instrument repris par l’Ordre de la Libération. https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_B_202312.pdf

SAMLHOC — Ordre de la Libération — Transcription du décret du 17 novembre 1945 attribuant à titre posthume la Croix de la Libération au soldat de 1re classe Henri Bénévène. https://www.samlhoc.fr/phaleristique/ordres-chevalerie/ordre_liberation_compagnons/

Wikipédia — Notice développée consultée conformément au protocole ; elle reprend notamment les grandes étapes du parcours militaire et la liste des décorations, recoupées ici avec l’Ordre de la Libération. https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_B%C3%A9n%C3%A9v%C3%A8ne

Dossier d’homologation consulté

Service historique de la Défense, Vincennes — GR 16 P 46936, BÉNÉVÈNE Henri. La cote est identifiée dans l’instrument de recherche des dossiers d’homologation des services de Résistance associé aux archives des Compagnons de la Libération.

Le dossier original GR 16 P 46936 n’a pas été matériellement dépouillé pièce par pièce lors de la présente recherche. La cote a été contrôlée dans l’instrument archivistique ; il ne serait donc pas exact de présenter le dossier physique comme directement consulté.

Un second ensemble documentaire est conservé au musée de l’Ordre de la Libération sous la cote 1 A 73. Le fonds comprend notamment le mémoire de proposition de 1945 et l’ampliation du décret d’attribution de la Croix de la Libération.

Observations

La documentation consultée concorde sur les deux repères essentiels d’état civil : naissance le 7 août 1906 à Renens-Gare et mort au combat le 14 avril 1945 à Cabannes-Vieilles, commune de L’Escarène.

La nationalité mérite cependant une formulation prudente. Les sources consultées présentent Bénévène comme « d’origine suisse » et documentent son service prolongé dans la Légion étrangère puis les FFL ; elles ne permettent pas, dans les éléments directement vérifiés ici, de fixer avec certitude la date d’une éventuelle acquisition de la nationalité française. La notice évite donc de lui attribuer une naturalisation non documentée.

Le protocole transmis place Henri BÉNÉVÈNE immédiatement après Auguste BÉNÉBIG dans la nouvelle série de noms à traiter.

Indice de fiabilité de la notice Niveau A : La notice repose sur plusieurs sources institutionnelles et archivistiques concordantes : la notice nominative de l’Ordre de la Libération, l’instrument des archives des Compagnons qui identifie son fonds personnel sous la cote 1 A 73, l’instrument des unités militaires qui confirme son appartenance à la 13e DBLE et le répertoire des dossiers d’homologation qui identifie la cote SHD GR 16 P 46936. Le décret du 17 novembre 1945 a également été contrôlé dans une transcription du texte officiel. Les principales étapes de son parcours — Légion étrangère, Norvège, ralliement aux FFL, Dakar, Érythrée, Syrie, Libye, Tunisie, Italie, Provence et mort au combat dans les Alpes — sont concordantes. La principale réserve concerne son statut précis de nationalité, les sources directement vérifiées le présentant comme d’origine suisse sans permettre d’établir ici une éventuelle date de naturalisation.

Chronologie

DateÉvénement
7 août 1906Naissance à Renens-Gare, en Suisse.
Janvier 1928Engagement à Annecy dans la Légion étrangère.
1928-1932 env.Service au Maroc avec les 1er et 2e REI.
Années 1930Service au Tonkin avec le 5e REI.
1934Retour au 1er REI en Afrique du Nord après rapatriement sanitaire.
Janvier 1936Retour à la vie civile et installation en Suisse.
Décembre 1936Se réengage dans la Légion étrangère.
1937-1939Compagnie d’instruction du 1er REI.
1940Participe à la campagne de Norvège.
4 juin 1940Blessé par éclat pendant les combats de Norvège.
6 juin 1940Blessé une seconde fois, par balle.
Juin 1940Rapatrié en Angleterre avec le corps expéditionnaire français.
1er juillet 1940S’engage dans les Forces françaises libres.
Septembre 1940Participe à l’opération de Dakar.
1941Campagne d’Érythrée : Keren et Massaoua ; puis campagne de Syrie.
1941-1943Campagnes de Libye et de Tunisie avec la 13e DBLE.
1944Participe à la fin de la campagne d’Italie.
Août 1944Débarquement de Provence puis opérations de libération de la France.
14 avril 1945Tué par balle à Cabannes-Vieilles lors des combats de la Gonella, dans le secteur de L’Escarène.
17 novembre 1945Nommé Compagnon de la Libération à titre posthume.

Sources consultées

Ordre de la Libération — Notice institutionnelle consultée pour l’état civil, la Légion étrangère, la campagne de Norvège, le ralliement aux FFL, les campagnes de la 13e DBLE, la mort au combat et les décorations. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/henri-benevene

Ordre de la Libération — Archives des Compagnons — Instrument consulté pour le fonds personnel 1 A 73 et les documents relatifs à l’attribution posthume de la Croix de la Libération. https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_B_20250923.pdf

Ordre de la Libération — Archives des unités militaires — Instrument consulté pour vérifier l’appartenance d’Henri Bénévène à la 13e Demi-brigade de Légion étrangère. https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_unites_militaires_20260319.pdf

Service historique de la Défense / instrument GR 16 P — Répertoire consulté pour la cote GR 16 P 46936. https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_B_202312.pdf

SAMLHOC — Transcription consultée pour le décret du 17 novembre 1945 attribuant à titre posthume la Croix de la Libération à Henri Bénévène. https://www.samlhoc.fr/phaleristique/ordres-chevalerie/ordre_liberation_compagnons/

Wikipédia — Notice développée consultée et confrontée aux sources institutionnelles conformément au protocole. https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_B%C3%A9n%C3%A9v%C3%A8ne

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