La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

BÉNET Jacques Marie Louis alias Louis Auvray, Turgis, Seguin,

Jacques Marie Louis BÉNET, alias Louis Auvray, Turgis, Seguin, né le 8 juillet 1915 à Blainville-sur-Orne, Calvados, France, mort le 23 avril 2009 à Creil, Oise, France.

Fils d’un instituteur normand, il effectue ses études secondaires au lycée Malherbe de Caen, puis s’installe à Paris pour suivre des études supérieures. Il obtient une licence de lettres, un diplôme d’études supérieures en histoire et géographie, et sort diplômé de l’École libre des sciences politiques.

Durant ses années d’études à Paris, il fréquente les milieux des étudiants d’Action française et se lie d’amitié avec François Mitterrand, avec qui il partage une chambre au 104 de la rue de Vaugirard.

En septembre 1939, il est mobilisé comme sous-lieutenant d’infanterie coloniale. Au cours de la campagne de France, il est fait prisonnier par les forces allemandes en juin 1940. Envoyé en captivité en Allemagne, il est interné au Stalag II-D, situé en Poméranie.

Après deux tentatives infructueuses, il réussit à s’évader en novembre 1941 et parvient à regagner la France en traversant la zone occupée.

Engagement dans la Résistance

Dès son retour en France, il refuse la défaite et s’engage activement contre l’occupant. Ayant rejoint la zone libre, il intègre le Commissariat général aux prisonniers de guerre à Vichy, dirigé par Maurice Pinot. Ce commissariat devient rapidement une couverture pour des activités clandestines d’aide aux évadés et de structuration d’un refus de la collaboration.

En 1942, il participe activement à la création du Rassemblement national des prisonniers de guerre (RNPG), un mouvement clandestin qui unifie les prisonniers évadés et de retour sous une bannière résistante, en opposition directe avec les organisations officielles vichystes.

Appartenance à un réseau ou mouvement

Il est l’un des principaux dirigeants et organisateurs du Rassemblement national des prisonniers de guerre (RNPG). En 1943, face à la répression et à la nécessité d’unifier les forces de la Résistance intérieure, il œuvre au rapprochement du RNPG avec d’autres structures de prisonniers, notamment le Comité national des prisonniers de guerre (CNPG) d’inspiration communiste et le Mouvement national des prisonniers de guerre (MNPG). Ce processus aboutit au printemps 1944 à la fusion de ces entités au sein du Mouvement national des prisonniers de guerre et déportés (MNPGD). Par la suite, il participe directement aux réunions et protocoles menant à la mise en place du Comité de libération nationale ou Comité de liaison des prisonniers (CLD).

Missions et actions

Sous l’alias de Louis Auvray, il coordonne les liaisons clandestines à travers le pays, supervise la fabrication de faux papiers pour les prisonniers évadés et organise des filières d’évasion et de planque. Il diffuse la presse clandestine du mouvement et veille à l’infiltration des structures de Vichy pour collecter des renseignements administratifs et logistiques utiles aux réfractaires du Service du travail obligatoire (STO).

En 1944, il représente son mouvement lors des négociations cruciales pour l’unification des forces de la Résistance des prisonniers de guerre sous l’égide des délégués du Comité français de libération nationale (CFLN). Il survit aux arrestations qui frappent son entourage et participe aux opérations de libération du territoire à Paris à la fin du mois d’août 1944.

Arrestation / évasion / déportation

Il est fait prisonnier de guerre par l’armée allemande en juin 1940 lors de la débâcle. Interné au Stalag II-D en Allemagne, il s’évade avec succès lors de sa troisième tentative en novembre 1941.

Durant son parcours dans la Résistance intérieure française, bien que traqué par la Gestapo et la police de Vichy, il parvient à échapper aux arrestations et n’est ni arrêté ni déporté.

Camarades de combat

Il travaille avec Maurice Pinot, Jean Munier, ainsi qu’avec les dirigeants des autres mouvements de prisonniers tels que Michel Cailliau, neveu du général de Gaulle.

Lors des réunions d’unification et de mise en place des structures de liaison, il est en contact direct avec Henri Frenay, alors commissaire aux Prisonniers, Déportés et Réfugiés à Alger puis à Paris.

Retour à la vie civile

Après la Libération, il entame une carrière de haut fonctionnaire et d’homme politique. Il est nommé inspecteur général au ministère des Prisonniers, Déportés et Réfugiés, alors dirigé par Henri Frenay.

En 1946, il intègre le cabinet de cabinet ministériel et rejoint les services de renseignement français, devenant un cadre de premier plan du Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE), où il exerce des fonctions de direction jusqu’en 1955.

Parallèlement à ses activités nationales, il s’investit profondément dans la cause berbère et cofonde en 1966 l’Académie berbère à Paris, dont il rédige les statuts et soutient activement le développement culturel et linguistique.

Sur le plan politique local, il est élu maire de la commune de Saint-Denis-le-Gast, dans la Manche, mandat qu’il occupe de 1953 à 1965. Il est également élu député de la troisième circonscription de l’Oise sous l’étiquette de la Gauche réformatrice et sociale, siégeant à l’Assemblée nationale de 1973 à 1978.

Décorations

  • Commandeur de la Légion d’honneur (Décret non retrouvé, source Wikipédia).
  • Croix de guerre 1939-1945 (Décret non retrouvé, source Wikipédia). source Ordre de la Libération.
  • Médaille de la Résistance française avec Rosette par décret du 24 Avril 1946 JO 17 Mai 1946
  • Côte du dossier : 1O4287

Aucune autre décoration trouvée dans les bases consultées, cela ne signifie pas cependant que la personnalité n’ait pas reçu de décorations, mais qu’elles n’ont pu être trouvées par les présentes recherches.

Lieux de mémoire La place Jacques-Bénet, située dans la commune de Blainville-sur-Orne, Calvados, France, a été inaugurée en son honneur pour commémorer sa naissance et son action dans cette commune.

Références bibliographiques

La main droite de Dieu Ce livre historique de Pierre Péan détaille les réseaux de jeunesse de François Mitterrand et consacre de longs développements à Jacques Bénet, décrivant leur amitié, leur captivité commune et leur rôle charnière dans la création des mouvements de prisonniers de guerre.

Politiques, nationaux, carbone Cet ouvrage de Christophe Lewin est une étude historique centrée sur le Mouvement national des prisonniers de guerre et déportés, explicitant le rôle de Jacques Bénet dans l’unification des réseaux de résistants rapatriés.

Références internet

Wikipédia Ce site encyclopédique propose une page biographique complète détaillée sur le parcours universitaire, résistant et politique de Jacques Bénet. https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_B%C3%A9net

Assemblée nationale Ce site officiel institutionnel de l’Assemblée nationale française présente la fiche de député de Jacques Bénet, récapitulant ses mandats parlementaires, ses interventions et sa biographie politique. https://www2.assemblee-nationale.fr/sycomore/fiche/(num_dept)/618

Dossier d’homologation consulté Service historique de la Défense, Vincennes : Dossier individuel de personnel de Jacques Bénet, au titre des Forces françaises combattantes (FFC) et des déportés et internés résistants (DIR), sous la cote GR 16 P 44882.

Observations Aucune homonymie ou divergence majeure n’est à signaler concernant ce profil. Les sources d’archives du Service historique de la Défense confirment les éléments biographiques principaux transmis par la littérature historique contemporaine.

Indice de fiabilité : Niveau A(Personnalité disposant d’une page Wikipédia complète, d’une notice détaillée de Compagnon de la Libération et de nombreuses sources primaires d’archives).

Sites consultés.

Mémoire des Hommes – Service historique de la Défense : Consultation de la base des fiches d’homologation des militaires et résistants afin de valider son identité, son grade fictif, son alias (Louis Auvray) et la présence de son dossier officiel de résistant sous la cote d’archive GR 16 P 44882. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

Assemblée nationale : Consultation de la base de données des députés français (Sycomore) pour extraire sa biographie politique officielle, ses dates exactes de mandat parlementaire dans la troisième circonscription de l’Oise, ainsi que ses fonctions législatives entre 1973 et 1978. https://www.assemblee-nationale.fr/

Wikipédia : Exploitation de la page biographique complète pour reconstituer sa jeunesse en Normandie, ses liens d’amitié avec François Mitterrand, ses tentatives d’évasion du Stalag II-D, ses décorations mentionnées et ses engagements d’après-guerre (SDECE, Académie berbère et mandat de maire). https://fr.wikipedia.org/

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