Alfred Walter BERGAMIN, né le 2 juillet 1908 à Amsterdam (Pays-Bas), mort accidentellement le 23 juillet 1974 à Champignelles (Yonne), Français libre, officier du 1er Régiment de marche de spahis marocains de la 2e DB, lieutenant, Compagnon de la Libération par décret du 17 novembre 1945. Son identité complète « Alfred Walter Bergamin » est confirmée par la base institutionnelle des médaillés de la Résistance française.
Jeunesse et formation
Fils d’un capitaine au long cours, Alfred Bergamin naît à Amsterdam. Il y suit des études commerciales avant de quitter les Pays-Bas en 1927 pour l’Extrême-Orient. Il y travaille d’abord comme employé avant de devenir directeur d’une compagnie de transport maritime.
Cette implantation professionnelle en Asie explique qu’il se trouve loin de la métropole au début de la Seconde Guerre mondiale. En 1939, lors de la déclaration de guerre, il est placé en situation d’affecté spécial maritime.
Engagement dans la Résistance
Après l’appel du général de Gaulle, Alfred Bergamin choisit de poursuivre la guerre. Il rallie les Forces françaises libres à Singapour en 1941. Il relève donc de la Résistance extérieure et non d’un réseau clandestin métropolitain.
Son engagement dans les FFL est également documenté archivistiquement : le fonds personnel conservé par l’Ordre de la Libération contient des copies provenant de son dossier du Service historique de la Défense, notamment une fiche de position et une feuille de route datées de 1941. Le dossier est identifié sous la cote GR 16 P 49383.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Alfred Bergamin appartient successivement au Groupe de reconnaissance de corps d’armée (GRCA), à la Colonne volante puis au 1er Régiment de marche de spahis marocains (1er RMSM). Ces trois formations sont explicitement répertoriées par l’Ordre de la Libération dans sa fiche institutionnelle.
Arrivé en Libye à la fin de 1941, il est affecté aux spahis marocains du capitaine Paul Jourdier. Le GRCA participe au printemps 1942 à la campagne de Libye au sein de la 8e Armée britannique.
Lorsque la 2e Division blindée est constituée au Maroc à l’été 1943, Bergamin rejoint le 1er RMSM comme chef de peloton de reconnaissance. Le régiment devient l’unité de reconnaissance de la division du général Leclerc.
Missions et actions
Au sein de la Colonne volante, Bergamin combat pendant la campagne de Libye. Son action la mieux documentée se déroule le 6 novembre 1942, pendant les combats consécutifs à El Alamein. Chef de voiture blindée, il assure à découvert, sous le feu adverse, le chargement de son canon de 25 mm. Son action contribue à neutraliser des pièces antichars ennemies.
Après la formation de la 2e DB au Maroc en 1943, il devient chef de peloton de reconnaissance au 1er RMSM. Transféré en Angleterre en avril 1944, il débarque en Normandie avec la division en août.
Au cours de la progression vers Paris, il se distingue au sud de Versailles dans plusieurs missions de reconnaissance jugées particulièrement dangereuses. Sa fonction consiste à précéder les éléments principaux de la division, identifier les positions adverses et faciliter la progression des unités blindées.
Son action est particulièrement remarquée pendant la campagne d’Alsace. Entre le 22 novembre et le 1er décembre 1944, il conduit plusieurs raids et pénètre en tête dans différentes localités, dont Obernai, surprenant les forces allemandes et capturant de nombreux prisonniers.
Le 2 décembre 1944, lors du franchissement de l’Ill à Kogenheim, il commande l’avant-garde. Il appuie l’infanterie américaine et contribue à réduire la résistance allemande. Malgré un important barrage d’artillerie, il circule à découvert afin de réorganiser ses hommes et permettre la reprise de la progression.
Le lieutenant Bergamin poursuit ensuite la campagne avec la 2e DB et termine la guerre en Allemagne.
Arrestation / évasion / déportation
Aucune arrestation, évasion, détention ou déportation d’Alfred Bergamin pendant la Seconde Guerre mondiale n’est documentée dans les sources institutionnelles consultées.
Son parcours relève de la Résistance extérieure et du combat militaire régulier au sein des Forces françaises libres, puis de la 2e Division blindée.
Camarades de combat
Le capitaine Paul Jourdier est son premier chef directement identifié après son arrivée en Libye : Bergamin rejoint ses spahis marocains au GRCA à la fin de 1941.
Son affectation au 1er RMSM l’inscrit ensuite dans l’environnement opérationnel de la 2e Division blindée du général Philippe Leclerc de Hauteclocque. Son rôle de chef de peloton de reconnaissance le place fréquemment en avant des formations principales de la division pendant les campagnes de France et d’Allemagne.
Après la guerre, son parcours militaire est lié au lieutenant-colonel Jacques Massu : de 1945 à 1947, il sert en Indochine au sein du groupement Massu.
Il convient toutefois de distinguer cette appartenance commune à des unités des relations personnelles qui ne sont pas documentées : aucun lien individuel particulier avec d’autres Compagnons de la 2e DB ne doit être déduit de la seule communauté de service.
Retour à la vie civile
Alfred Bergamin ne quitte pas immédiatement l’armée après la capitulation allemande. De 1945 à 1947, il sert en Indochine au sein du groupement Massu. Il est finalement démobilisé en 1947 avec le grade de lieutenant.
Il demeure d’abord en Indochine, puis s’établit à Hong Kong où il devient directeur commercial d’une entreprise métallurgique. Il reprend ainsi le type d’activité commerciale internationale qu’il exerçait avant la guerre.
De 1955 à 1962, il travaille en Afrique comme gérant de l’Union commerciale et maritime au Nigeria, au Niger et au Dahomey. En 1962, il rentre en France et exerce des fonctions d’administrateur de sociétés.
Alfred Bergamin meurt accidentellement le 23 juillet 1974 à Champignelles, dans l’Yonne. Il est inhumé à Boulogne-Billancourt, dans les Hauts-de-Seine.
Décorations
Chevalier de la Légion d’honneur. Source : Ordre de la Libération. Le grade de chevalier est expressément attesté dans la notice institutionnelle. La date du décret n’a pas été établie avec suffisamment de certitude dans les sources directement vérifiées.
Compagnon de la Libération. Source : Ordre de la Libération. Attribution par décret du 17 novembre 1945. Le fonds personnel 1 A 77 conserve le mémoire de proposition de 1945 ainsi qu’une ampliation datée du 19 novembre 1945 du décret du 17 novembre.
Médaille militaire. Source : Ordre de la Libération. La décoration est expressément attestée. La date d’attribution n’a pas été établie avec suffisamment de certitude dans les sources directement vérifiées.
Croix de guerre 1939-1945 avec six citations. Source : Ordre de la Libération. La décoration et le nombre de six citations sont expressément indiqués par la notice institutionnelle.
Médaille de la Résistance française. Source : Ordre de la Libération. Attribution par décret du 11 mars 1947, publié au Journal officiel du 27 mars 1947. Le dossier individuel est conservé sous la cote 1O4558.
Médaille coloniale avec agrafes. Source : Ordre de la Libération. La décoration avec agrafes est attestée, mais la notice institutionnelle consultée ne précise pas leur intitulé. Ils ne sont donc pas reconstitués par déduction à partir des campagnes.
Silver Star (États-Unis). Source : Ordre de la Libération. La décoration américaine est expressément attestée dans la liste institutionnelle des distinctions.
Presidential Unit Citation (États-Unis). Source : Ordre de la Libération. Cette distinction américaine figure explicitement dans la liste institutionnelle. La source consultée ne fournit pas de date d’attribution.
Africa Star (Royaume-Uni). Source : Ordre de la Libération. La distinction britannique est expressément attestée. Elle correspond au théâtre africain de son parcours, mais aucune date d’attribution n’est donnée dans la source institutionnelle consultée.
Lieux de mémoire
Amsterdam constitue son lieu de naissance et celui de ses études commerciales. Singapour marque son entrée effective dans la France libre en 1941. La Libye et El Alamein sont ensuite les premiers grands espaces de son parcours combattant.
En France, Obernai et Kogenheim sont particulièrement associés à ses actions de novembre et décembre 1944. À Obernai, il pénètre en tête au cours des opérations d’Alsace ; à Kogenheim, il commande l’avant-garde lors du franchissement de l’Ill.
Champignelles est son lieu de décès, tandis que sa sépulture se trouve à Boulogne-Billancourt.
L’Ordre de la Libération conserve par ailleurs son fonds personnel sous la cote 1 A 77. Il comprend notamment son mémoire de proposition à la Croix de la Libération, l’ampliation du décret du 17 novembre 1945, des curriculum vitae, des fiches de renseignements, douze pièces de correspondance avec l’Ordre et des copies de documents provenant du dossier SHD GR 16 P 49383.
Références bibliographiques
1061 Compagnons : histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe Notin, Paris, Perrin, 2000, 822 p. Ouvrage général permettant de replacer Alfred Bergamin dans l’histoire collective des Compagnons de la Libération et des combattants de la France libre.
Les Compagnons de l’Aube, Guillaume Piketty, Paris, Textuel, 2014, 442 p. Étude générale utile pour replacer son choix de rallier la France libre dans les trajectoires des Compagnons.
Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir Trouplin, Paris, Éditions Elytis, 2023. Dictionnaire biographique de référence permettant de confronter le parcours individuel aux fonds conservés par l’Ordre de la Libération.
Références internet
Ordre de la Libération — Notice institutionnelle d’Alfred Bergamin, source principale pour sa jeunesse, son ralliement à Singapour, ses campagnes, ses actions au sein de la Colonne volante et du 1er RMSM, son parcours après-guerre et ses décorations. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/alfred-bergamin
Ordre de la Libération — Médaillés de la Résistance française — Base nominative confirmant son identité complète, sa naissance le 2 juillet 1908, l’attribution de la Médaille de la Résistance par décret du 11 mars 1947 et la cote 1O4558. Base des médaillés de la Résistance française
Ordre de la Libération — Archives des Compagnons, lettre B — Instrument archivistique décrivant le fonds Alfred Bergamin 1 A 77 et identifiant son dossier SHD GR 16 P 49383. Instrument de recherche des Compagnons — lettre B
Wikipédia — Notice développée consultée conformément au protocole et confrontée aux sources institutionnelles ; elle reprend les principales étapes militaires et professionnelles du parcours. https://fr.wikipedia.org/wiki/Alfred_Bergamin
Dossier d’homologation consulté
Service historique de la Défense, Vincennes — GR 16 P 49383, BERGAMIN Alfred.
La cote est formellement confirmée par l’instrument archivistique de l’Ordre de la Libération. Celui-ci précise que le fonds personnel 1 A 77 contient, en provenance de GR 16 P 49383, la copie d’une fiche de position de 1941, la copie d’une feuille de route de 1941 et la copie d’une fiche matriculaire non datée.
Le dossier original GR 16 P 49383 n’a pas été matériellement dépouillé pièce par pièce pour la présente notice. La cote et l’existence de plusieurs documents ont donc été vérifiées dans l’instrument archivistique sans présenter le dossier physique comme directement consulté.
Le dossier de Médaille de la Résistance est, indépendamment, identifié sous la cote 1O4558 par la base officielle de l’Ordre de la Libération.
Observations
Une divergence interne existe dans la notice actuelle de l’Ordre de la Libération concernant la naissance. Le cartouche affiche 1er juillet 1908, tandis que le corps de la biographie indique 2 juillet 1908. La base institutionnelle des médaillés de la Résistance française donne elle aussi 2 juillet 1908. Cette dernière date, appuyée par deux éléments institutionnels concordants, est donc retenue.
La même base fournit le nom complet Alfred Walter Bergamin, alors que la notice des Compagnons l’intitule simplement Alfred Bergamin. Il ne s’agit pas d’une homonymie : la date et le lieu de naissance concordent, de même que le statut de Compagnon de la Libération.
Les intitulés des agrafes de la Médaille coloniale n’ont pas été retrouvés dans la source institutionnelle consultée. Ils ne sont volontairement pas complétés par déduction.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A : La notice repose principalement sur des sources institutionnelles concordantes de l’Ordre de la Libération : biographie nominative, base officielle des médaillés de la Résistance et instrument archivistique du fonds 1 A 77, qui permet en outre d’identifier le dossier SHD GR 16 P 49383. Les principales étapes — ralliement à Singapour, campagne de Libye, El Alamein, 1er RMSM, 2e DB, Normandie, opérations au sud de Versailles, Alsace, Kogenheim, Allemagne et Indochine — sont solidement documentées. La principale divergence concerne le jour de naissance ; le 2 juillet 1908 est retenu en raison de la concordance entre le corps de la biographie institutionnelle et la base nominative de la Médaille de la Résistance.
Chronologie
| Date | Événement |
|---|---|
| 2 juillet 1908 | Naissance à Amsterdam. |
| 1927 | Quitte les Pays-Bas et s’établit en Extrême-Orient. |
| 1939 | Affecté spécial maritime lors de la déclaration de guerre. |
| 1941 | Rallie les Forces françaises libres à Singapour. |
| Fin 1941 | Arrive en Libye et rejoint les spahis marocains du capitaine Jourdier au GRCA. |
| Printemps 1942 | Campagne de Libye au sein de la 8e Armée britannique. |
| 6 novembre 1942 | Se distingue comme chef de voiture blindée dans les combats d’El Alamein. |
| Été 1943 | Rejoint le 1er RMSM comme chef de peloton de reconnaissance lors de la formation de la 2e DB au Maroc. |
| Avril 1944 | Transféré en Angleterre. |
| Août 1944 | Débarque en Normandie avec la 2e DB. |
| Août 1944 | Missions de reconnaissance au sud de Versailles. |
| 22 novembre-1er décembre 1944 | Raids de reconnaissance en Alsace ; entre notamment en tête à Obernai. |
| 2 décembre 1944 | Combat à Kogenheim lors du franchissement de l’Ill. |
| 1945 | Termine la guerre en Allemagne. |
| 17 novembre 1945 | Nommé Compagnon de la Libération. |
| 1945-1947 | Sert en Indochine avec le groupement Massu. |
| 11 mars 1947 | Médaille de la Résistance française. |
| 1947 | Démobilisé avec le grade de lieutenant. |
| 1955-1962 | Gérant de l’Union commerciale et maritime au Nigeria, Niger et Dahomey. |
| 1962 | Retour en France ; administrateur de sociétés. |
| 23 juillet 1974 | Décès accidentel à Champignelles. |
Tableau des divergences entre sources
| Élément | Source | Donnée | Appréciation |
|---|---|---|---|
| Date de naissance | Cartouche de la notice des Compagnons | 1er juillet 1908 | Divergence interne de la page institutionnelle. |
| Date de naissance | Corps de la biographie de l’Ordre | 2 juillet 1908 | Concorde avec la base des médaillés. |
| Date de naissance | Base officielle Médaille de la Résistance | 2 juillet 1908 | Date retenue. |
| Identité | Notice des Compagnons | Alfred Bergamin | Forme usuelle. |
| Identité | Base Médaille de la Résistance | Alfred Walter Bergamin | Identité complète retenue. |
Sources consultées
Ordre de la Libération — Notice institutionnelle d’Alfred Bergamin, source principale pour son parcours avant-guerre, son ralliement aux FFL, les campagnes de Libye et de France, l’Indochine, sa carrière civile et ses distinctions. Notice Alfred Bergamin
Ordre de la Libération — Médaillés de la Résistance française — Base officielle utilisée pour contrôler l’identité complète « Alfred Walter Bergamin », la date de naissance du 2 juillet 1908, le décret du 11 mars 1947 et la cote 1O4558. Base des médaillés de la Résistance française
Ordre de la Libération — Archives des Compagnons — Instrument utilisé pour vérifier le fonds personnel 1 A 77 et la cote SHD GR 16 P 49383 ainsi que les pièces qui en ont été copiées. Instrument archivistique — lettre B
Wikipédia — Notice développée consultée conformément au protocole et utilisée comme source de contrôle secondaire, sans la privilégier sur les sources institutionnelles. Notice Alfred Bergamin