Roger ANDRÉ, né le 13 décembre 1914 à Saint-Laurent-des-Eaux (Loir-et-Cher), mort le 28 février 1999 à Lyon (Rhône), Français, officier de carrière, général de brigade, combattant des Forces françaises libres, Compagnon de la Libération par décret du 2 juin 1943.
Jeunesse et formation
Roger André naît quelques semaines après la mort de son père, mobilisé au début de la Première Guerre mondiale et tué à Crouy, dans l’Aisne, le 9 novembre 1914.
Après son baccalauréat et deux années de mathématiques spéciales, Roger André est reçu en 1935 à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, promotion Lyautey (1935-1937). À sa sortie de l’École en 1937, il est nommé sous-lieutenant et affecté au 7e Régiment de tirailleurs algériens (7e RTA) à Touggourt, en Algérie. Il est promu lieutenant en octobre 1939.
Les sources secondaires donnent parfois les prénoms complets Roger Henri Fernand André. L’instrument de recherche des officiers généraux associe également cette identité à un dossier militaire d’officier général GR 14 YD 2089. Cette forme complète n’apparaissant pas dans la notice courante de l’Ordre de la Libération, elle est signalée ici sans remplacer la forme institutionnelle usuelle « Roger André ».
Engagement dans la Résistance
Roger André rallie les Forces françaises libres à Beyrouth le 21 août 1941. Le 1er septembre suivant, il est affecté à la 22e Compagnie autonome nord-africaine (22e CNA), alors en formation à Saïda puis à Homs.
En décembre 1941, il devient l’adjoint du capitaine Pierre Lequesne, commandant la 22e CNA. Celle-ci est intégrée à la 1re Brigade française libre, placée sous le commandement du général Pierre Koenig.
Son engagement relève donc de la Résistance extérieure et de la France libre, et non d’un réseau clandestin opérant en métropole.
Appartenance à un réseau ou mouvement
L’Ordre de la Libération rattache Roger André à deux formations principales :
- la 22e Compagnie autonome nord-africaine (22e CNA) ;
- le 22e Bataillon de marche nord-africain (22e BMNA).
Il sert également au sein de la 1re Brigade française libre pendant la campagne de Libye et la bataille de Bir Hakeim.
Aucun alias ou pseudonyme de Résistance attribuable avec certitude à Roger André n’a été identifié dans les sources consultées.
Missions et actions
Avec la 22e CNA, Roger André participe à la campagne de Libye. Pendant la bataille de Bir Hakeim, il se porte volontaire pour des missions particulièrement dangereuses et effectue notamment, de nuit, plusieurs reconnaissances à l’intérieur des lignes ennemies.
Le 30 mai 1942, au cours d’une reconnaissance menée sous le feu de l’infanterie allemande, il est blessé par balle. Malgré cette blessure, il parvient à rejoindre son unité.
Le 10 juin 1942, pendant les derniers combats de Bir Hakeim, il est de nouveau atteint, cette fois très grièvement par des éclats d’obus. Lors de la sortie nocturne de la position française, l’ambulance qui l’évacue tombe aux mains de l’ennemi.
Roger André devient ainsi prisonnier de guerre. Il est d’abord conduit à Derna, en Libye, où il est opéré, puis transféré par navire-hôpital en Italie. Il est successivement soigné dans les hôpitaux de Caserta, Castel San Pietro d’Emilia et Altamura.
Considéré comme grand blessé, il bénéficie finalement d’un échange de prisonniers. Embarqué à Bari, il est échangé à Smyrne le 18 avril 1943, avec d’autres grands blessés. Il rejoint ensuite Beyrouth et séjourne environ un mois à l’hôpital Maurice-Rottier.
Rétabli, désormais capitaine, Roger André sert à l’état-major du Moyen-Orient à Beyrouth, d’abord comme adjoint puis comme chef du 2e Bureau.
Le 1er septembre 1943, il est nommé à Alger aide de camp du général Koenig, son ancien chef à Bir Hakeim.
Le 1er janvier 1944, il est affecté à Meknès comme chef de cabinet du général Collet, qu’il accompagne à Toulouse en septembre 1944.
Le 1er janvier 1945, il est affecté à la division du général Cazaud et commande la compagnie antichars du 14e Régiment d’infanterie, fonction qu’il exerce jusqu’au 8 mai 1945.
Arrestation / évasion / déportation
Roger André n’est ni arrêté comme résistant clandestin ni déporté.
Il est en revanche fait prisonnier à Bir Hakeim dans la nuit du 10 au 11 juin 1942, alors qu’il est transporté dans une ambulance après avoir été très grièvement blessé. Sa captivité se déroule principalement dans des établissements hospitaliers italiens.
Il ne s’évade pas : son retour résulte d’un échange officiel de grands blessés à Smyrne le 18 avril 1943.
Ses deux blessures documentées à Bir Hakeim sont donc :
- 30 mai 1942 : blessure par balle pendant une reconnaissance ;
- 10 juin 1942 : très grave blessure par éclats d’obus.
Camarades de combat
Deux relations de commandement sont particulièrement bien établies.
Le capitaine Pierre Lequesne commande la 22e CNA lorsque Roger André en devient l’adjoint en décembre 1941. L’unité appartient à la 1re Brigade française libre du général Pierre Koenig, sous les ordres duquel Roger André combat à Bir Hakeim. Après son retour de captivité, il devient d’ailleurs l’aide de camp de Koenig à Alger le 1er septembre 1943.
En 1944, il devient ensuite chef de cabinet du général Collet.
L’appartenance commune de plusieurs Compagnons au 22e BMNA ne suffit pas, en l’absence de documentation complémentaire, à démontrer des relations personnelles avec chacun d’eux. Aucun rapprochement nominatif supplémentaire n’est donc effectué par simple déduction.
Retour à la vie civile
Roger André demeure dans l’armée après la guerre et mène une longue carrière d’officier.
De 1945 à 1950, diplômé d’état-major, il sert à l’état-major du commandant en chef français en Allemagne puis, à Fribourg, auprès du général commandant la zone Sud.
Promu chef de bataillon, il sert de 1950 à 1952 à l’état-major du général de Larminat à Paris. En juin 1952, il part pour l’Indochine, où il commande en opérations le 2e bataillon du 2e RTA. De septembre 1953 à la fin de 1954, il exerce les fonctions de sous-chef d’état-major du Centre Vietnam à Hué.
De retour en France en 1955, il sert à l’EMAT, puis de nouveau auprès du général de Larminat et à l’état-major de l’Inspection en Afrique française du Nord. Il est ensuite détaché à Londres auprès du groupe de planification de l’opération « Port-Saïd », puis sert à l’état-major du corps expéditionnaire franco-britannique à Chypre lors de la crise de Suez.
En octobre 1958, il rejoint l’Algérie à l’état-major du commandement de la zone Est saharienne. Promu entre-temps lieutenant-colonel, il devient en 1960 adjoint « Terre » du commandant du Centre amphibie.
En juin 1961, il est affecté à Paris comme chef du bureau « Missions » de la Direction de la Sécurité militaire. Il est promu colonel en juillet 1962.
En juillet 1963, il reçoit le commandement du 19e Groupe de chasseurs mécanisés au sein des Forces françaises en Allemagne. Deux ans plus tard, il est auditeur au Centre des hautes études militaires et à l’Institut des hautes études de Défense nationale.
En août 1966, Roger André devient commandant des troupes et services de Berlin. En septembre 1968, il est nommé adjoint au général commandant la 3e Division des Forces françaises en Allemagne, à Fribourg.
Enfin adjoint au gouverneur militaire de Paris, il quitte le service actif, à sa demande, le 31 octobre 1970, avec le grade de général de brigade.
Roger André meurt à Lyon le 28 février 1999. Ses obsèques sont célébrées en l’église Saint-Pothin de Lyon ; l’Ordre de la Libération indique qu’il est incinéré au cimetière de Lyon-Fourvière.
Décorations
Les distinctions établies par l’Ordre de la Libération sont :
- Commandeur de la Légion d’honneur ;
- Compagnon de la Libération, décret du 2 juin 1943 ;
- Croix de guerre 1939-1945 avec palme ;
- Croix de guerre des Théâtres d’opérations extérieurs, avec 2 citations ;
- Croix de la Valeur militaire, avec 2 citations ;
- Croix du combattant volontaire 1939-1945 ;
- Croix du combattant volontaire de la Résistance ;
- Croix du combattant ;
- Médaille coloniale, avec agrafes « Libye », « Bir-Hakeim » et « EO » ;
- Médaille commémorative d’Indochine ;
- Médaille commémorative des opérations de maintien de l’ordre en AFN, avec agrafe « Algérie » ;
- Croix de la Vaillance vietnamienne avec étoile d’argent.
Sa nomination comme Compagnon de la Libération le 2 juin 1943 intervient peu après son retour de captivité et son échange à Smyrne du 18 avril 1943.
Lieux de mémoire
La mémoire institutionnelle de Roger André est conservée au musée de l’Ordre de la Libération, qui le compte parmi les 1 038 personnes faites Compagnons de la Libération.
Ses obsèques ont lieu à l’église Saint-Pothin de Lyon. La notice de l’Ordre de la Libération indique qu’il a été incinéré au cimetière de Lyon-Fourvière.
Une source secondaire situe sa sépulture au cimetière de Loyasse ; compte tenu de la formulation différente de la source institutionnelle, cette indication n’est pas utilisée pour remplacer celle de l’Ordre de la Libération.
Références bibliographiques
1061 Compagnons : histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe Notin, Paris, Perrin, 2000, 822 p.
Les Compagnons de l’Aube, Guillaume Piketty, Paris, Textuel, 2014, 442 p.
Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir Trouplin, Paris, Éditions Elytis, 2023.
Références internet
Ordre de la Libération — « Roger ANDRÉ » — Notice institutionnelle principale : état civil, formation à Saint-Cyr, 7e RTA, ralliement aux FFL, 22e CNA, Bir Hakeim, blessures, captivité, échange de prisonniers, fonctions d’état-major, carrière après 1945, décès et décorations.
Notice Roger ANDRÉ — Ordre de la Libération
Ordre de la Libération — liste alphabétique des Compagnons — Confirme Roger André parmi les Compagnons et sa nomination par décret du 2 juin 1943.
Compagnons de la Libération — lettre A
Ordre de la Libération — instrument de recherche des archives des Compagnons, lettre A — Source archivistique essentielle permettant d’identifier le dossier d’homologation de Roger André au SHD sous la cote GR 16 P 12732.
Instrument de recherche des Compagnons — lettre A (PDF)
Le Monde, 5 mars 1999 — Notice nécrologique contemporaine du décès, confirmant notamment la naissance, le décès, Saint-Cyr, la 22e CNA, Bir Hakeim et sa carrière jusqu’au grade de général de brigade. Certaines datations sommaires de cet article diffèrent de la biographie institutionnelle et ne sont pas retenues lorsqu’elles sont moins précises.
Notice nécrologique de Roger André — Le Monde, 5 mars 1999 (PDF)
Service historique de la Défense — répertoire des officiers généraux — Source archivistique secondaire permettant d’identifier Roger Henri Fernand André (1914-1999) et son dossier d’officier général sous la cote GR 14 YD 2089.
Dossier d’homologation consulté
Service historique de la Défense, Vincennes — GR 16 P 12732, dossier de Roger ANDRÉ.
Cette cote est explicitement donnée par l’instrument de recherche institutionnel de l’Ordre de la Libération dans la rubrique consacrée aux dossiers d’homologation des services de la Résistance conservés au Service historique de la Défense.
Le dossier original GR 16 P 12732 n’a pas été consulté matériellement pièce par pièce pour la présente notice. Son existence et son attribution à Roger André ont été vérifiées dans l’instrument archivistique institutionnel. Il convient donc de distinguer cette vérification de cote d’une consultation physique du dossier.
Un second dossier, de nature différente, est signalé au SHD : GR 14 YD 2089, dossier d’officier général de Roger Henri Fernand André (1914-1999).
Observations
L’identification du Compagnon ne présente pas de difficulté majeure : Roger André, né le 13 décembre 1914 à Saint-Laurent-des-Eaux, officier saint-cyrien, membre de la 22e CNA puis du 22e BMNA et combattant de Bir Hakeim, est clairement individualisé par l’Ordre de la Libération.
La présence de nombreux résistants ou militaires portant le patronyme André impose néanmoins de ne pas attribuer automatiquement à ce Compagnon des dossiers portant seulement le nom « Roger André ». La cote GR 16 P 12732 est ici retenue parce que l’instrument de recherche de l’Ordre de la Libération l’attribue expressément à son dossier.
La forme complète Roger Henri Fernand André apparaît dans des sources archivistiques secondaires relatives aux officiers généraux, mais la notice institutionnelle des Compagnons emploie simplement Roger André.
Enfin, une source secondaire situe sa sépulture à Loyasse tandis que l’Ordre de la Libération indique qu’il a été incinéré au cimetière de Lyon-Fourvière. La formulation institutionnelle a été privilégiée sans chercher à résoudre par déduction cette différence de désignation.
Indice de fiabilité de la notice
Niveau A — Fiabilité excellente.
L’identité, les unités, le ralliement à la France libre, les opérations de Bir Hakeim, les blessures, la captivité, l’échange de Smyrne, les affectations de 1943-1945, la carrière militaire postérieure et les décorations reposent principalement sur la notice institutionnelle de l’Ordre de la Libération.
L’existence du dossier d’homologation GR 16 P 12732 est confirmée par l’instrument archivistique de l’Ordre. Les éléments essentiels sont en outre concordants avec plusieurs sources secondaires indépendantes.
Chronologie
| Date | Événement |
|---|---|
| 13 décembre 1914 | Naissance à Saint-Laurent-des-Eaux (Loir-et-Cher). |
| 1935 | Reçu à Saint-Cyr, promotion Lyautey, après le baccalauréat et deux années de mathématiques spéciales. |
| 1937 | Sort de Saint-Cyr ; affecté comme sous-lieutenant au 7e RTA à Touggourt. |
| Octobre 1939 | Promu lieutenant. |
| 21 août 1941 | Rallie les Forces françaises libres à Beyrouth. |
| 1er septembre 1941 | Affecté à la 22e Compagnie autonome nord-africaine. |
| Décembre 1941 | Devient adjoint du capitaine Lequesne ; la 22e CNA rejoint la 1re Brigade française libre du général Koenig. |
| 1942 | Campagne de Libye et bataille de Bir Hakeim. |
| 30 mai 1942 | Blessé par balle pendant une reconnaissance à Bir Hakeim. |
| 10 juin 1942 | Très grièvement blessé par éclats d’obus. |
| Nuit du 10 au 11 juin 1942 | L’ambulance qui l’évacue est capturée ; Roger André devient prisonnier de guerre. |
| 1942-1943 | Hospitalisé à Derna puis en Italie, notamment à Caserta, Castel San Pietro d’Emilia et Altamura. |
| 18 avril 1943 | Échangé comme grand blessé à Smyrne. |
| 1943 | Hospitalisé à Beyrouth puis sert à l’état-major du Moyen-Orient. |
| 2 juin 1943 | Nommé Compagnon de la Libération par décret. |
| 1er septembre 1943 | Devient aide de camp du général Koenig à Alger. |
| 1er janvier 1944 | Chef de cabinet du général Collet à Meknès. |
| Septembre 1944 | Accompagne le général Collet à Toulouse. |
| 1er janvier-8 mai 1945 | Commande la compagnie antichars du 14e RI. |
| 1945-1950 | Sert dans les états-majors français en Allemagne. |
| 1950-1952 | État-major du général de Larminat à Paris. |
| Juin 1952 | Part en Indochine ; commande le 2e bataillon du 2e RTA. |
| Septembre 1953-fin 1954 | Sous-chef d’état-major du Centre Vietnam à Hué. |
| 1955-1956 | Affectations d’état-major ; participe ensuite à la préparation de l’opération de Port-Saïd. |
| Octobre 1958 | Affecté en Algérie, zone Est saharienne. |
| 1960 | Adjoint « Terre » du commandant du Centre amphibie. |
| Juin 1961 | Chef du bureau « Missions » de la Direction de la Sécurité militaire à Paris. |
| Juillet 1962 | Promu colonel. |
| Juillet 1963 | Commande le 19e Groupe de chasseurs mécanisés. |
| 1965 | Auditeur au CHEM et à l’IHEDN. |
| Août 1966 | Commandant des troupes et services de Berlin. |
| Septembre 1968 | Adjoint au général commandant la 3e Division des FFA à Fribourg. |
| 31 octobre 1970 | Quitte le service actif avec le grade de général de brigade. |
| 28 février 1999 | Décès à Lyon. |
La chronologie des années 1935-1970 repose principalement sur la biographie institutionnelle de l’Ordre de la Libération.
Sources consultées le 18 septembre 2026
Ordre de la Libération — notice « Roger ANDRÉ » : source institutionnelle principale pour l’état civil, Saint-Cyr, le 7e RTA, le ralliement aux FFL, la 22e CNA, Bir Hakeim, les deux blessures, la captivité, l’échange de Smyrne, les fonctions auprès de Koenig et Collet, la carrière militaire après 1945, le décès et les décorations.
Roger ANDRÉ — Ordre de la Libération
Ordre de la Libération — liste alphabétique des Compagnons : contrôle de l’identité de Roger André parmi les Compagnons et distinction avec les autres porteurs du patronyme André.
Compagnons de la Libération — lettre A
Ordre de la Libération — instrument de recherche des archives des Compagnons, lettre A : vérification archivistique déterminante de la cote SHD GR 16 P 12732 attribuée au dossier de Roger André.
Instrument de recherche — Compagnons, lettre A (PDF)
Le Monde, 5 mars 1999 : notice nécrologique contemporaine confirmant les principaux jalons du parcours, notamment Saint-Cyr, la 22e CNA, Bir Hakeim, la captivité et la fin de carrière au grade de général de brigade.
Le Monde — notice nécrologique de Roger André (PDF)