Jules ANDRIEU Né le 8 février 1896 à Bruay-en-Artois (aujourd’hui Bruay-la-Buissière, Pas-de-Calais), fut un instituteur et résistant français, membre actif du réseau du Musée de l’Homme, l’un des premiers mouvements de Résistance intellectuelle contre l’Occupation nazie en France.
Il est le fils d’un instituteur. Il commence sa carrière dans l’enseignement en 1914, avant de s’engager volontairement dans l’armée la même année. Grièvement blessé au Chemin des Dames en 1917, il est décoré de la Croix de Guerre avec palmes et de la Médaille militaire.
Après la guerre, il reprend l’enseignement, devenant directeur de l’école des garçons d’Haisnes en 1925. En raison de ses blessures de guerre, il est mis à la retraite anticipée en avril 1939, étant mutilé à 85 %.
Engagement dans la Résistance
Dès l’été 1940, Jules ANDRIEU entre en contact avec Sylvette Leleu, veuve d’un garagiste béthunois tué au combat. Grâce à ses facilités de déplacement, Mme Leleu aide à évacuer vers Paris de nombreux soldats britanniques. Son organisation, composée d’une trentaine de personnes, s’intègre au réseau parisien du Musée de l’Homme. Ce rattachement permet aux résistants béthunois d’élargir leurs activités, notamment dans le renseignement. Jules ANDRIEU participe à diverses actions : aide aux prisonniers britanniques évadés et aux résistants, transmission de plans vers l’Angleterre, et contribution à la rédaction du journal clandestin Résistance, publié en décembre 1940.
Arrestation et exécution
Le 20 juin 1941, Jules ANDRIEU est arrêté à Haisnes par la Gestapo, suite à la trahison d’un agent infiltré. Incarcéré à la prison de Béthune, puis transféré à Fresnes, il est jugé lors du procès du réseau du Musée de l’Homme, qui débute le 6 janvier 1942. Condamné à mort le 17 février, il est fusillé le 23 février 1942 au Mont-Valérien, aux côtés de six autres membres du réseau : Georges Ithier, Anatole Lewitsky, Léon-Maurice Nordmann, René Sénéchal, Boris Vildé et Pierre Walter.
Décorations
À titre posthume, JULES ANDRIEU est élevé au grade de commandant des Forces françaises de l’intérieur (FFI) par décret du 12 février 1947.
Lieux de mémoire
- Le 22 mars 1942, une cérémonie religieuse est organisée en son honneur à l’église de Vermelles. Sous la pression des autorités occupantes, le curé doit renoncer à parer l’édifice de drapeaux tricolores, et les délégations d’anciens combattants ne peuvent assister à la cérémonie. Sur le faire-part diffusé à cette occasion, la famille ajoute la mention « Mort pour la France ».
- Après la guerre, son corps est ramené au cimetière de Vermelles et inhumé solennellement le 15 octobre 1944.
- Les écoles d’Haisnes portent le nom de « Groupe scolaire Andrieu » depuis le 30 janvier 1945. À Vermelles, l’école du quartier de la Gare est dénommée « école primaire J. Andrieu » depuis 1962.
Références bibliographiques
- Martin Blumenson, Le Réseau du Musée de l’Homme, Éditions du Seuil, 1979.
- Julien Blanc, Au commencement de la Résistance. Du côté du Musée de l’Homme 1940-1941, Éditions du Seuil, 2010.
- Anne Hogenhuis, Des savants dans la Résistance. Boris Vildé et le réseau du Musée de l’Homme, CNRS Éditions, 2009.
- René Lesage, 100 figures de la Résistance dans le Pas-de-Calais, Éditions les Échos du Pas-de-Calais, novembre 2013.
Références internet
- Résistance en Pas-de-Calais – Jules Andrieu (1896-1942) : Biographie détaillée de incluant sa jeunesse, son engagement dans la Résistance, son arrestation, son exécution, ses décorations et les lieux de mémoire à son nom.
- Wikipasdecalais – Jules Andrieu (1896-1942) : Fiche biographique sur avec des informations sur sa carrière, son engagement dans la Résistance, son arrestation et son exécution.https://www.wikipasdecalais.fr/index.php?title=Jules_Andrieu_%281896-1942%29
- Les Français Libres – Jules Henri Andrieu : Fiche sur mentionnant son engagement dans la Résistance et son arrestation.https://www.francaislibres.net/liste/fiche.php?index=51580