La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

ANDRÉ Gustave alias Phénicien

Gustave ANDRÉ, né le 21 novembre 1908 à Chabeuil, Drôme, France, mort le 29 août 1944 à Limonest, Rhône, France. Compagnon de la Libération à titre posthume par décret du 28 mai 1945.

Gustave André est né dans une famille aux solides traditions républicaines ; son père était ébéniste. Élève de l’École normale d’instituteurs de Valence, il poursuit ensuite des études à l’Université de Lyon. Devenu instituteur, il exerce notamment à Chabrillan, où il est également secrétaire de mairie à la veille de la guerre.

Mobilisé en septembre 1939 à la frontière italienne, il demande à servir dans le service de santé, conformément à ses convictions humanistes. Démobilisé à l’été 1940, il refuse la défaite et s’engage rapidement dans une propagande anti-vichyste.

Appartenance à un réseau ou mouvement

Les sources institutionnelles concordantes rattachent Gustave André à Franc-Tireur, Combat, au BCRA et au réseau Andromède. Il appartient au réseau Andromède du 1er janvier 1942 au 1er septembre 1943, puis au réseau Transmission-Action de septembre 1943 à août 1944. Le Musée de la Résistance en ligne confirme qu’il devient l’adjoint de Tibor Revesz-Long et qu’il est chargé, à partir d’août 1943, de l’ensemble des opérateurs radio des deux zones de la Résistance intérieure.

Missions et actions

Installé à Lyon à partir de 1943, au 19 rue du Plat, il devient agent du réseau Action-Transmission dépendant du BCRA. Inspecteur des transmissions pour la zone Sud, puis adjoint de Tibor Revesz-Long, il forme des spécialistes radio, répartit le matériel, coordonne les liaisons avec Londres et contribue à l’organisation des transmissions clandestines de la Résistance. L’Ordre de la Libération souligne l’importance de son action en indiquant que, pour le seul mois de juin 1944, 1 715 messages sont reçus et 2 372 émis par ces services.

Arrestation / évasion / déportation

Arrêté sur dénonciation le 8 juillet 1944 place Bellecour à Lyon, Gustave André est interné à la prison de Montluc. Le 23 août 1944, à la veille de la libération de la prison, il est transféré au siège de la Gestapo avec Roger Goutarel. Le 29 août 1944, il est conduit à Limonest, au lieu-dit Le Puy-d’Or ou « Croisée des Chemins » selon les sources, et exécuté au pistolet-mitrailleur avec d’autres prisonniers.  

Camarades de combat

Les sources consultées permettent d’identifier plusieurs compagnons de lutte ou de captivité : Suzanne Brachet, son épouse et elle-même engagée dans la Résistance ; Tibor Revesz-Long, inspecteur national des transmissions dont il est l’adjoint ; Roger Goutarel, arrêté avec lui dans les derniers jours de Montluc ; enfin Émile Terroine, compagnon de détention qui a laissé un témoignage sur son état après les tortures subies.

Décorations

  • Compagnon de la Libération Décret du 28 mai 1945 JO non retrouvé dans cette recherche.
  • Chevalier de la Légion d’honneur Décret non retrouvé dans cette recherche. Décoration mentionnée par l’Ordre de la Libération et par le Musée de la Résistance en ligne.
  • Croix de guerre 1939-1945 avec palme Décret non retrouvé dans cette recherche. Décoration mentionnée par l’Ordre de la Libération et par le Musée de la Résistance en ligne.

Lieux de mémoire

Son nom a été donné à une rue de Crest ainsi qu’aux écoles publiques de Chabrillan et de Chabeuil. Une plaque commémorative a également été dévoilée au 19 rue du Plat à Lyon, adresse de son activité clandestine en 1943-1944. Son corps, d’abord inhumé au cimetière de la Guillotière, repose depuis 1957 à la nécropole nationale de La Doua à Villeurbanne.

Références bibliographiques

Christophe Notin, 1 061 Compagnons de la Libération, Perrin, 2000. Cet ouvrage de synthèse est cité par le Musée de la Résistance en ligne parmi les sources utilisées pour la notice de Gustave André et permet de replacer son parcours dans celui de l’ensemble des Compagnons de la Libération.

Émile F. Terroine, Dans les geôles de la Gestapo, souvenirs de la prison de Montluc, Éditions de la Guillotière, Lyon, 1944. Témoignage contemporain sur la prison de Montluc, cité par le Musée de la Résistance en ligne ; il éclaire directement les derniers jours de Gustave André et le contexte de sa détention.

Bruno Permezel, Montluc, antichambre de l’inconnu, Lyon, BGA Permezel, 1999. Ouvrage consacré à la prison de Montluc, également cité par le Musée de la Résistance en ligne, utile pour replacer l’arrestation, la captivité et l’exécution de Gustave André dans le système répressif lyonnais.

Dvd-rom La Résistance dans la Drôme-Vercors, AERI-AERD, février 2007. Source citée dans l’exposition du Musée de la Résistance en ligne sur les réseaux de la Drôme-Vercors ; elle documente notamment l’action de Gustave André dans les transmissions clandestines et ses liens avec Tibor Revesz-Long.

Références internet

Ordre de la Libération. Notice institutionnelle de référence sur Gustave André ; elle fournit l’état civil, l’alias, les mouvements d’appartenance, le parcours de résistance, la date du décret de nomination comme Compagnon de la Libération et les décorations mentionnées. URL complète : https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/gustave-andre

Mémorial national de la prison de Montluc. Parcours biographique centré sur l’arrestation, l’internement à Montluc et l’exécution de Gustave André ; cette ressource est particulièrement utile pour le récit des derniers jours et pour la séquence Montluc-Limonest. URL complète : https://www.memorial-montluc.fr/fileadmin/user_upload/memorial_national_prison_montluc/Parcours_biographiques/ANDRE_Gustave.pdf

Musée de la Résistance en ligne. Notice iconographique et biographique apportant des éléments sur la vie familiale, les postes occupés dans la clandestinité, les lieux de mémoire et la photographie conservée. URL complète : https://museedelaresistanceenligne.org/media543-Gustave-Andr-portant-sa-fille-dans-ses-bras

Musée de la Résistance en ligne. Exposition consacrée aux réseaux agissant dans la Drôme ; elle situe Gustave André dans l’appareil des transmissions clandestines, comme adjoint de Tibor Revesz-Long et responsable des opérateurs radio des deux zones. URL complète : https://www.museedelaresistanceenligne.org/expo.php?expo=75&sstheme=224&stheme=31&theme=7

Le Progrès. Article de presse consacré au dévoilement d’une plaque en hommage à Gustave André au 19 rue du Plat à Lyon ; il confirme l’existence d’un lieu de mémoire lyonnais lié à son activité clandestine. URL complète : https://www.leprogres.fr/rhone-69-edition-lyon-metropole/2019/06/04/une-plaque-en-hommage-au-resistant-gustave-andre

Dossier d’homologation consulté

Les sources consultées ne permettent pas d’attester qu’un dossier d’homologation complet a été consulté directement. En revanche, un dossier d’archives est signalé dans l’instrument de recherche des dossiers des agents de réseaux du SHD sous la cote GR 28 P 4 348 / 7, et l’instrument de recherche de l’Ordre de la Libération mentionne pour Gustave André un ensemble de « notes biographiques et témoignages : 18 pièces ».

Observations

Le pseudonyme « Phénicien » est confirmé par l’Ordre de la Libération. Une divergence secondaire apparaît sur la dénomination exacte du lieu d’exécution : le Mémorial de Montluc indique « Le Puy-d’Or » à Limonest, tandis que le Musée de la Résistance en ligne mentionne la « Croisée des Chemins », également sur la commune de Limonest ; il peut s’agir de deux désignations d’un même secteur. Les décrets précis de nomination dans la Légion d’honneur et d’attribution de la Croix de guerre n’ont pas été retrouvés dans cette recherche.

Sources consultées le 13 mars 2026.

Ordre de la Libération, notice « Gustave ANDRÉ » : état civil, alias, mouvements d’appartenance, biographie générale, décorations mentionnées.

Mémorial national de la prison de Montluc, notice « Gustave André (1908-1944) » : parcours avant-guerre, engagement clandestin, arrestation, détention à Montluc, exécution, inhumation.

Musée de la Résistance en ligne, média « Gustave André portant sa fille dans ses bras » : photographie, contexte familial, précisions biographiques, lieux de mémoire, bibliographie citée.

Musée de la Résistance en ligne, exposition « Différents réseaux agissant dans la Drôme » : rôle de Gustave André auprès de Tibor Revesz-Long dans les transmissions clandestines.

Le Progrès, article sur la plaque du 19 rue du Plat à Lyon : confirmation d’un lieu de mémoire contemporain.

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