La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

ALLOUÈS Roger Auguste Achille

Roger Auguste Achille ALLOUÈS, né en juin 1920 à Mateur (Tunisie), mort le 29 janvier 1997 à Antibes (Alpes-Maritimes), Français, forgeron puis militaire des Forces françaises libres, caporal, Compagnon de la Libération par décret du 7 mars 1941.

Une divergence importante existe sur le jour exact de naissance. La notice actuelle de l’Ordre de la Libération donne le 18 juin 1920, tandis que le décret de la Légion d’honneur du 13 mai 1996 identifie « Alloues (Roger, Auguste, Achille) » comme né le 19 juin 1920 ; le fichier des personnes décédées repris par une base d’archives donne également le 19 juin. L’inventaire GR 16 P donne, quant à lui, le 15 novembre 1920, donnée isolée et manifestement discordante.

Jeunesse et formation

Roger Allouès exerce avant-guerre le métier de forgeron. En mars 1939, âgé de dix-huit ans, il s’engage pour cinq ans dans l’Infanterie coloniale, à Tunis. En octobre 1939, il est envoyé au Levant et affecté au 24e Régiment d’infanterie coloniale (24e RIC).

Les sources institutionnelles consultées ne fournissent pas d’éléments suffisamment précis sur son milieu familial, sa scolarité ou son apprentissage du métier de forgeron. Ces points sont donc laissés ouverts.

Engagement dans la Résistance

Après l’armistice de juin 1940, Roger Allouès choisit de poursuivre la guerre et rejoint les Forces françaises libres. Son engagement appartient ainsi à la Résistance extérieure et à la France libre.

Il rejoint le 1er Bataillon d’infanterie de marine (1er BIM) et combat aux côtés des Britanniques pendant la campagne d’Égypte. L’Ordre de la Libération souligne son volontariat pour les missions difficiles et indique que son comportement lui vaut une citation à l’ordre de l’Armée.

Cette reconnaissance intervient très tôt : Roger Allouès est nommé Compagnon de la Libération par décret du 7 mars 1941, ce qui le place parmi les premiers titulaires de l’ordre.

Appartenance à un réseau ou mouvement

Roger Allouès n’appartient pas, dans les sources consultées, à un réseau clandestin de la Résistance intérieure. Son engagement est celui d’un combattant des Forces françaises libres.

Ses principales unités documentées sont le 24e RIC avant son ralliement, puis le 1er Bataillon d’infanterie de marine (1er BIM) et le Bataillon d’infanterie de marine et du Pacifique (BIMP). En décembre 1942, il est affecté à la 1re Compagnie de transmissions. L’Ordre de la Libération retient explicitement le 1er BIM et le BIMP comme ses unités d’appartenance.

Aucun alias ou pseudonyme de Résistance attribuable avec certitude à Roger Allouès n’a été identifié dans les sources consultées.

Missions et actions

Avec le 1er BIM, Roger Allouès participe à la campagne d’Égypte, aux côtés des forces britanniques. Son comportement au combat et son volontariat pour les missions dangereuses lui valent une citation à l’ordre de l’Armée.

Le 26 mai 1941, à Qastina, en Palestine, le général de Gaulle lui remet personnellement la Croix de la Libération. La nomination était intervenue par décret dès le 7 mars précédent.

Il participe ensuite à la campagne de Syrie. Le 15 juin 1941, à Deera, il est blessé et doit être évacué vers la Palestine. Il rejoint néanmoins son unité dès septembre 1941.

Il prend alors part à la deuxième campagne de Libye. Le 16 janvier 1942, à Halfaya, il est blessé une seconde fois, cette fois par l’explosion d’une mine. Après sa convalescence, il retrouve le 1er BIM en mars 1942.

Roger Allouès participe ensuite aux opérations de Bir Hakeim, du 26 mai au 11 juin 1942. Cette bataille constitue l’un des principaux engagements militaires de la France libre en Afrique du Nord.

En juin 1942, après la fusion du 1er BIM et du Bataillon du Pacifique, il est affecté à la 3e compagnie du Bataillon d’infanterie de marine et du Pacifique (BIMP). En décembre de la même année, il rejoint la 1re Compagnie de transmissions.

Ses blessures entraînent plusieurs périodes de convalescence. Il retrouve néanmoins les opérations et participe avec le BIMP et la 1re Division française libre à la campagne d’Italie. Il débarque à Naples le 27 avril 1944.

Promu caporal en juillet 1944, il poursuit la guerre avec la 1re DFL et débarque en Provence le 18 août 1944.

Il participe ensuite aux opérations de libération du territoire français.

En mai 1945, au cours des opérations dans les Alpes-Maritimes, Roger Allouès est fait prisonnier. Sa captivité ne dure que vingt-quatre heures. Il est finalement démobilisé quatre mois plus tard.

Arrestation / évasion / déportation

Roger Allouès n’est pas déporté et aucune arrestation dans le cadre d’une activité clandestine n’est documentée.

Il est en revanche fait prisonnier pendant vingt-quatre heures en mai 1945, lors des opérations dans les Alpes-Maritimes. Les sources institutionnelles consultées ne donnent pas davantage de précisions sur les circonstances exactes de sa capture et de son retour dans les lignes françaises.

Son parcours comporte également deux blessures de guerre documentées : le 15 juin 1941 à Deera, pendant la campagne de Syrie, puis le 16 janvier 1942 à Halfaya, lors de l’explosion d’une mine.

Camarades de combat

Roger Allouès combat successivement avec les hommes du 1er BIM, du BIMP, puis de la 1re DFL.

Son parcours le place donc au sein d’unités dans lesquelles servirent de nombreux autres Compagnons de la Libération. Les sources directement consultées pour cette notice ne permettent cependant pas d’établir avec suffisamment de précision des relations personnelles nominatives entre Roger Allouès et chacun de ces combattants.

Le seul lien personnel de premier plan explicitement documenté ici est la remise de la Croix de la Libération par le général de Gaulle, le 26 mai 1941 à Qastina.

Retour à la vie civile

Roger Allouès est démobilisé environ quatre mois après sa brève captivité de mai 1945, soit en septembre 1945 selon la synthèse gouvernementale Portraits de France.

Caporal de réserve, il choisit ensuite de s’installer au Tchad. Il y travaille comme mécanicien à la Compagnie cotonnière équatoriale française.

Les sources institutionnelles consultées sont peu détaillées sur les décennies suivantes de sa vie civile.

Roger Allouès meurt le 29 janvier 1997 à Antibes, à l’âge de soixante-seize ans. Il est inhumé à Antibes.

Décorations

Les distinctions mentionnées par l’Ordre de la Libération sont :

  • Officier de la Légion d’honneur ;
  • Compagnon de la Libération, décret du 7 mars 1941 ;
  • Médaille militaire ;
  • Croix de guerre 1939-1945 avec palme ;
  • Médaille coloniale, avec agrafes « Libye », « Bir-Hakeim » et « Tunisie » ;
  • Médaille des Blessés ;
  • Médaille des Services volontaires dans la France libre ;
  • Médaille commémorative 1939-1945, avec barrettes « Afrique », « Italie » et « Libération ».

Son parcours dans la Légion d’honneur peut être précisé grâce au décret présidentiel du 13 mai 1996 : « Alloues (Roger, Auguste, Achille) » y est promu officier de la Légion d’honneur, alors qu’il était chevalier depuis le 1er février 1962. Le décret est publié au Journal officiel du 18 mai 1996.

La Croix de la Libération lui avait été remise personnellement par le général de Gaulle le 26 mai 1941 à Qastina, après sa nomination par décret du 7 mars 1941.

Lieux de mémoire

Roger Allouès est inhumé à Antibes, ville où il est décédé le 29 janvier 1997.

Sa mémoire est conservée institutionnellement au musée de l’Ordre de la Libération, en raison de sa qualité de Compagnon et de son appartenance aux premières unités de la France libre.

Il figure également parmi les personnalités retenues par le projet gouvernemental « Portraits de France », qui rassemble des parcours de femmes et d’hommes venus d’ailleurs et ayant contribué à l’histoire nationale. La notice qui lui est consacrée insiste sur son engagement précoce dans la France libre, Bir Hakeim et les campagnes d’Italie et de France.

Références bibliographiques

1061 Compagnons : histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe Notin, Paris, Perrin, 2000.

Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir Trouplin, Bordeaux, Elytis, 2010.

Portraits de France, recueil réalisé sous l’égide du ministère chargé de la Ville, 2021 — une notice spécifique est consacrée à Roger Allouès.

Références internet

Ordre de la Libération — « Roger ALLOUÈS » — Notice biographique institutionnelle principale : état civil, profession de forgeron, engagement dans l’Infanterie coloniale, 24e RIC, ralliement aux FFL, 1er BIM, campagnes d’Égypte, de Syrie et de Libye, Bir Hakeim, BIMP, Italie, débarquement de Provence, captivité de mai 1945, vie professionnelle au Tchad, décès, sépulture et décorations.
Notice Roger ALLOUÈS — Ordre de la Libération

Ordre de la Libération — liste alphabétique des Compagnons — Confirme la présence de Roger Allouès parmi les 1 038 personnes faites Compagnons de la Libération.
Compagnons de la Libération — lettre A

Ordre de la Libération — instrument de recherche des archives des Compagnons, lettre A — Identifie notamment, parmi les sources complémentaires du fonds, le dossier individuel du bureau Résistance GR 16 P 9432 au nom de Roger Allouès.
Instrument de recherche des Compagnons — lettre A (PDF)

Musée de la Résistance en ligne / Service historique de la Défense — inventaire GR 16 P, lettre A — Permet de vérifier directement la cote GR 16 P 9432 — ALLOUES, Roger Auguste et son homologation ; cet inventaire contient cependant une date de naissance discordante, signalée dans les observations.
Inventaire SHD GR 16 P — lettre A (PDF)

Portraits de France — Gouvernement français — Notice de synthèse consacrée à Roger Allouès, utile notamment pour son engagement précoce dans la France libre, Bir Hakeim et sa démobilisation en septembre 1945.
Portraits de France — Roger Allouès (PDF)

Journal officiel — décret du 13 mai 1996 portant promotion et nomination dans l’ordre de la Légion d’honneur — Confirme ses prénoms Roger Auguste Achille, sa promotion au grade d’officier de la Légion d’honneur et sa qualité de chevalier depuis le 1er février 1962. Le texte donne le 19 juin 1920 comme date de naissance.
Décret du 13 mai 1996 — Légion d’honneur

Dossier d’homologation consulté

Service historique de la Défense, Vincennes — GR 16 P 9432, ALLOUES Roger Auguste.

La cote est confirmée à la fois par l’instrument de recherche de l’Ordre de la Libération et par l’inventaire nominatif de la sous-série GR 16 P diffusé par le Musée de la Résistance en ligne. Ce dernier porte la mention « Homologué » pour le dossier.

Le dossier original GR 16 P 9432 n’a pas été consulté matériellement pièce par pièce pour la présente notice. Sa cote, son attribution à Roger Allouès et son statut d’homologation ont été contrôlés dans les instruments archivistiques disponibles.

Observations

La principale difficulté documentaire concerne la date exacte de naissance de Roger Allouès.

La notice de l’Ordre de la Libération donne le 18 juin 1920.

Le décret présidentiel du 13 mai 1996 portant sa promotion dans la Légion d’honneur donne le 19 juin 1920 et fournit ses trois prénoms : Roger Auguste Achille. Le fichier des personnes décédées, repris par une base d’archives, donne également le 19 juin 1920 à Mateur.

Enfin, l’inventaire GR 16 P affiche pour GR 16 P 9432, ALLOUES Roger Auguste, la date du 15 novembre 1920. Cette donnée, isolée et incompatible avec les deux ensembles précédents, doit être considérée comme une anomalie de l’instrument de recherche tant que le dossier original n’a pas été examiné.

En conséquence, il n’est pas possible, à partir des seules sources numériques contrôlées, de fixer définitivement le 18 ou le 19 juin 1920. Le mois, l’année et le lieu — juin 1920, Mateur — sont certains. Aucun alias ni homonyme susceptible de provoquer une confusion biographique n’a été identifié.

Indice de fiabilité de la notice

Niveau A — Fiabilité excellente.

Le parcours militaire et résistant repose principalement sur la notice institutionnelle de l’Ordre de la Libération, complétée par l’instrument archivistique de l’Ordre, l’inventaire du Service historique de la Défense, un document gouvernemental et le texte officiel de sa promotion dans la Légion d’honneur.

L’incertitude ponctuelle sur le jour exact de naissance est explicitement conservée et n’affecte ni l’identification du Compagnon ni la fiabilité de son parcours militaire.

Chronologie

DateÉvénement
Juin 1920Naissance à Mateur, en Tunisie ; les sources divergent entre les 18 et 19 juin.
Mars 1939S’engage pour cinq ans dans l’Infanterie coloniale à Tunis.
Octobre 1939Affecté au 24e RIC au Levant.
1940Rejoint les Forces françaises libres et sert au 1er BIM.
1940-1941Participe à la campagne d’Égypte aux côtés des Britanniques ; cité à l’ordre de l’Armée.
7 mars 1941Nommé Compagnon de la Libération par décret.
26 mai 1941Reçoit des mains du général de Gaulle la Croix de la Libération à Qastina, en Palestine.
15 juin 1941Blessé à Deera pendant la campagne de Syrie ; évacué en Palestine.
Septembre 1941Rejoint son unité.
16 janvier 1942Blessé une seconde fois, à Halfaya, par l’explosion d’une mine.
Mars 1942Retrouve le 1er BIM.
26 mai-11 juin 1942Participe aux opérations de Bir Hakeim.
Juin 1942Affecté à la 3e compagnie du BIMP, issu de la fusion du 1er BIM et du Bataillon du Pacifique.
Décembre 1942Affecté à la 1re Compagnie de transmissions.
27 avril 1944Débarque à Naples avec le BIMP et la 1re DFL pour la campagne d’Italie.
Juillet 1944Promu caporal.
18 août 1944Débarque en Provence.
Mai 1945Fait prisonnier pendant vingt-quatre heures lors des opérations dans les Alpes-Maritimes.
Septembre 1945Démobilisé.
Après-guerreS’installe au Tchad et travaille comme mécanicien à la Compagnie cotonnière équatoriale française.
1er février 1962Devient chevalier de la Légion d’honneur, date de rang rappelée en 1996.
13 mai 1996Promu officier de la Légion d’honneur.
29 janvier 1997Décès à Antibes, où il est inhumé.

Tableau des divergences entre sources

ÉlémentSourceDonnéeAppréciation
Date de naissanceOrdre de la Libération18 juin 1920Source institutionnelle biographique ; date utilisée par l’Ordre.
Date de naissanceDécret de la Légion d’honneur du 13 mai 199619 juin 1920Source officielle nominative ; divergence non résolue.
Date de naissanceFichier des personnes décédées19 juin 1920Concorde avec le décret de 1996.
Date de naissanceInventaire SHD GR 16 P15 novembre 1920Donnée isolée et très probablement erronée ; non retenue sans consultation du dossier original.
PrénomsOrdre de la Libération, notice couranteRogerForme usuelle.
PrénomsDécret de la Légion d’honneurRoger Auguste AchilleForme complète retenue.

Sources consultées le 18 septembre 2026

Ordre de la Libération, notice « Roger ALLOUÈS » — Source institutionnelle principale pour la profession, l’engagement militaire, le 24e RIC, le ralliement aux FFL, le 1er BIM, l’Égypte, la Syrie, Halfaya, Bir Hakeim, le BIMP, l’Italie, la Provence, la captivité de mai 1945, la vie au Tchad, le décès, l’inhumation et les décorations.
Notice Roger ALLOUÈS — Ordre de la Libération

Ordre de la Libération, instrument de recherche des archives des Compagnons, lettre A — Vérification de l’existence du dossier individuel du bureau Résistance GR 16 P 9432.
Instrument de recherche des Compagnons — lettre A (PDF)

Musée de la Résistance en ligne / Service historique de la Défense, inventaire de la sous-série GR 16 P — Vérification directe de GR 16 P 9432, ALLOUES Roger Auguste, de la mention d’homologation et mise en évidence de la divergence concernant la date de naissance.
Inventaire SHD GR 16 P — lettre A (PDF)

Portraits de France, publication gouvernementale — Source complémentaire pour le ralliement à la France libre, Bir Hakeim, les campagnes d’Italie et de France et la démobilisation de septembre 1945.
Portraits de France — Roger Allouès (PDF)

Journal officiel, décret du 13 mai 1996 portant promotion et nomination dans l’ordre de la Légion d’honneur — Vérification des prénoms Roger Auguste Achille, de sa promotion comme officier, de son ancienneté comme chevalier depuis le 1er février 1962 et de la date de naissance du 19 juin 1920 donnée par ce texte.
Décret du 13 mai 1996 — Légion d’honneur

Fichier des personnes décédées en France, données INSEE reprises par Open Archives — Contrôle complémentaire du décès à Antibes le 29 janvier 1997 et de la date de naissance du 19 juin 1920, concordante avec le décret de la Légion d’honneur.
État civil de Roger Auguste Achille Allouès — données INSEE

Lettre d'information

Les derniers PDF

AG MVR 2025

Messe de la France Libre en Hommage au Général De Gaulle à l’occasion du 55eme anniversaire de sa mort

Cérémonie Commémorative LA CROIX VALMER – Square du Souvenir – 15 AOUT 2025

MARSEILLE-FETE-DU-14-JUILLET-2025

Commémoration de la Bataille de Bir Hakeim

CEREMONIE-COMMEMORATIVE-DU-8-MAI-1945-A-MARSEILLE

Appel à cotisation 2025

RAPPORT AG MVR 13 DECEMBRE 2024