La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

ALIBERT Roland Daniel Alias de Falconet,

Roland ALIBERT, alias « de Falconet », né le 27 février 1917 à Paris (9e arrondissement), mort au combat le 17 mai 1944 à Casa Chiara de Liri (Italie), Français, marin puis officier des Forces françaises libres, lieutenant, Compagnon de la Libération à titre posthume par décret du 29 décembre 1944.

Les archives relatives à la Médaille de la Résistance donnent une forme plus complète de son identité, Roland Daniel Alibert de Falconet, mais avec une date de naissance au 28 février 1917. Cette divergence avec la notice des Compagnons et les archives de l’Ordre, qui retiennent le 27 février, est signalée plus bas et ne doit pas être artificiellement résolue.

Jeunesse et formation

Roland Alibert naît dans une famille originaire du Médoc. Son père, Louis Alibert, est homme de lettres. Après avoir obtenu le baccalauréat, Roland devient en 1936 élève officier de la marine marchande. Il accomplit son service militaire dans la Marine à partir de 1937 et reste sous les drapeaux après la déclaration de guerre de septembre 1939.

Il sert en 1940 à bord du croiseur Duquesne, appartenant à la Force X, immobilisée à Alexandrie après l’armistice franco-allemand.

Engagement dans la Résistance

Refusant l’armistice, Roland Alibert décide de poursuivre la guerre. Le 30 juin 1940, il quitte clandestinement le Duquesne à Alexandrie pour rejoindre les Britanniques. Avant son départ, il adresse une lettre à son commandant pour expliquer sa décision. Cette pièce originale a été retrouvée en 2020 puis remise au musée de l’Ordre de la Libération.

Cette lettre constitue une source primaire particulièrement importante : Alibert y explique qu’il abandonne provisoirement son nom et son passé et affirme sa volonté de contribuer à la libération de la France. L’Ordre de la Libération en conserve aujourd’hui l’original.

Après son départ, les Britanniques lui confient un boutre avec lequel il participe pendant quelque temps à la chasse aux sous-marins italiens en mer Rouge. Il rejoint ensuite le 1er Bataillon d’infanterie de marine (1er BIM), déjà rallié à la France libre. C’est à cette occasion qu’il s’engage sous le pseudonyme de Roland de Falconet.

Appartenance à un réseau ou mouvement

Le parcours de Roland Alibert relève entièrement de la Résistance extérieure et des Forces françaises libres, et non d’un réseau clandestin de la Résistance intérieure.

Les principales formations auxquelles il appartient sont le 1er Bataillon d’infanterie de marine (1er BIM), l’état-major de la 2e Brigade française libre, puis le Bataillon de marche n° 11 (BM 11). L’Ordre de la Libération rattache explicitement sa fiche aux unités 1er BIM, EM et BM 11.

Son nom de guerre « de Falconet » est explicitement attesté par l’Ordre de la Libération.

Missions et actions

Affecté à la 3e compagnie du 1er BIM, Roland de Falconet participe à la campagne d’Érythrée en 1941. Il combat notamment à Keren puis à Massaoua. À Massaoua, en avril 1941, il s’empare seul d’un fortin italien et fait environ cinquante prisonniers.

Il participe ensuite à la campagne de Syrie en juin 1941. Au cours des combats, utilisant un fusil antichar, il réussit à immobiliser un char adverse.

Après cette campagne, il suit à Damas les cours d’élève aspirant et sort parmi les premiers de sa promotion. Ses résultats entraînent son affectation comme officier d’état-major auprès de la 2e Brigade française libre.

Devenu sous-lieutenant, il participe en octobre 1942 à la bataille d’El Alamein. Malgré ses fonctions d’état-major, il se rend fréquemment en première ligne afin de disposer d’une connaissance directe de la situation tactique.

À la fin de 1942, souhaitant retrouver une unité directement combattante, il obtient son affectation au Bataillon de marche n° 11, commandé par le capitaine Georges Hugo. Il devient chef de section. L’appartenance de Roland Alibert et de Georges Hugo au BM 11 est confirmée par l’inventaire institutionnel de l’Ordre de la Libération.

En 1943, il participe à la campagne de Tunisie. Il y est blessé après avoir sauté sur une mine.

À la fin de l’année 1943, il sert comme instructeur dans une école militaire alliée en Afrique du Nord. Il est promu lieutenant en mars 1944 puis retrouve les opérations avec son unité pour la campagne d’Italie.

Le 17 mai 1944, au cours des combats d’Italie, il mène ses hommes à l’assaut d’une maison du village de Casa Chiara de Liri. Il est tué à la tête de sa section sous le feu ennemi. Il a vingt-sept ans.

Arrestation / évasion / déportation

Roland Alibert n’est ni arrêté ni déporté.

Son départ du Duquesne le 30 juin 1940 constitue en revanche une véritable rupture clandestine avec les forces françaises restées sous l’autorité de Vichy : il quitte le bâtiment à Alexandrie pour rejoindre les Britanniques et poursuivre la guerre. La lettre qu’il laisse à son commandant documente directement cette décision.

Il est blessé par une mine pendant la campagne de Tunisie en 1943, puis tué au combat le 17 mai 1944 en Italie.

Camarades de combat

Les sources institutionnelles permettent d’établir plusieurs appartenances collectives, mais relativement peu de relations personnelles nominatives.

Au BM 11, Roland de Falconet sert sous les ordres du capitaine Georges Hugo. L’Ordre de la Libération recense également parmi les Compagnons appartenant au BM 11 Louis Dupuis, Claude Le Hénaff, Nicolas de Glos, André Mazana, Joseph Léonard, Paul Guénon et Nicolas Wyrouboff.

Cette appartenance commune à l’unité ne suffit toutefois pas à établir une relation personnelle avec chacun d’eux. Elle est donc distinguée ici des liens de commandement explicitement documentés.

Retour à la vie civile

Cette rubrique est sans objet pour Roland Alibert de Falconet : il meurt au combat le 17 mai 1944, avant la libération complète du territoire français et avant la fin de la guerre en Europe.

Il est inhumé au cimetière de Miano, à Naples.

Sa reconnaissance comme Compagnon de la Libération intervient après sa mort, par décret du 29 décembre 1944.

Décorations

Les distinctions mentionnées par l’Ordre de la Libération sont :

  • Chevalier de la Légion d’honneur ;
  • Compagnon de la Libération à titre posthume, décret du 29 décembre 1944 ;
  • Croix de guerre 1939-1945 ;
  • Médaille de la Résistance française ;
  • Médaille coloniale, avec agrafes « Érythrée », « Libye » et « Tunisie » ;
  • Médaille commémorative des Services volontaires dans la France libre.

La Médaille de la Résistance française lui est attribuée à titre posthume par décret du 31 mars 1947, avec publication au Journal officiel du 29 janvier 1948. Son dossier correspondant est conservé sous la cote 1O463.

La Croix de la Libération lui est attribuée à titre posthume par le décret du 29 décembre 1944. Les archives de l’Ordre conservent le mémoire de proposition daté du 3 juin 1944, l’ampliation du décret et la carte de Compagnon.

Un document conservé par l’Ordre montre que la carte de Compagnon n° 522 fut établie en 1949 sous une forme incomplète du nom ; une seconde carte fut ensuite établie afin de rectifier cet oubli et de restituer correctement l’identité Alibert de Falconet.

Lieux de mémoire

Roland Alibert de Falconet est inhumé au cimetière de Miano à Naples, en Italie.

Le musée de l’Ordre de la Libération conserve plusieurs pièces essentielles à sa mémoire, notamment son dossier de Compagnon et la lettre laissée avant son départ du Duquesne. Cette lettre, accompagnée d’une photographie et d’autres documents, a été retrouvée fortuitement en 2020 dans une brocante du Périgord puis confiée à l’Ordre de la Libération.

Cette découverte a également permis à l’Ordre d’obtenir une photographie de Roland Alibert, qui faisait auparavant partie des Compagnons dont aucun portrait n’était disponible pour le mur des 1 038 Compagnons du musée.

Références bibliographiques

1061 Compagnons : histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe Notin, Paris, Perrin, 2000.

Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir Trouplin, Bordeaux, Elytis, 2010.

Les Compagnons de la Libération, Henri Weill, Toulouse, Privat, 2006.

Références internet

Ordre de la Libération — « Roland ALIBERT DIT DE FALCONET » — Notice institutionnelle principale pour l’état civil, la jeunesse, le départ du Duquesne, le pseudonyme de Falconet, les campagnes d’Érythrée, de Syrie, d’Égypte, de Tunisie et d’Italie, les blessures, la mort, l’inhumation et les décorations.
Notice Roland ALIBERT dit de FALCONET — Ordre de la Libération

Ordre de la Libération — Lettre d’information de mars 2022 — Présentation de la lettre originale adressée par Roland Alibert à son commandant lors de son départ du Duquesne le 30 juin 1940 ; cette source permet de documenter directement les motivations de son ralliement.
Lettre de Roland Alibert du 30 juin 1940 — Ordre de la Libération

Ordre de la Libération — Lettre d’information de mars 2021 — Raconte la redécouverte en 2020 d’une photographie et de lettres de Roland Alibert de Falconet et leur transmission au musée de l’Ordre de la Libération.
Redécouverte des archives de Roland Alibert — Ordre de la Libération

Ordre de la Libération — instrument de recherche des archives des Compagnons, lettre A — Inventaire du fonds 1 A 12, comprenant notamment le mémoire de proposition à la Croix de la Libération, l’ampliation du décret, des pièces d’état civil et les références au dossier SHD GR 16 P 6242.
Instrument de recherche des Compagnons — lettre A (PDF)

Ordre de la Libération — BM 11 — Page institutionnelle recensant Roland Alibert de Falconet parmi les Compagnons ayant appartenu au Bataillon de marche n° 11 et permettant de replacer son engagement dans cette unité.
Bataillon de marche n° 11 — Ordre de la Libération

Ordre de la Libération — Médaillés de la Résistance française — Base institutionnelle signalant l’attribution posthume de la Médaille de la Résistance française par décret du 31 mars 1947, sa publication au Journal officiel et la cote 1O463.
Base des médaillés de la Résistance — Ordre de la Libération

Ordre de la Libération — étude sur la carte d’identité des Compagnons — Document expliquant l’établissement de deux cartes posthumes pour Roland Alibert de Falconet, la seconde ayant été réalisée afin de rectifier une partie manquante de son nom.
La carte d’identité de Compagnon de la Libération (PDF)

Dossier d’homologation consulté

Service historique de la Défense, Vincennes — GR 16 P 6242, Roland ALIBERT dit de FALCONET.

L’instrument de recherche de l’Ordre de la Libération rattache explicitement à Roland Alibert le dossier SHD GR 16 P 6242, qui comprend notamment une fiche matricule, une fiche matricule d’officier, une copie du Service and Casualty Form, une autre copie de fiche matriculaire d’officier et deux courriers datés de 2008.

Le dossier original GR 16 P 6242 n’a pas été consulté matériellement pièce par pièce pour cette notice. Sa cote et son attribution ont été vérifiées dans l’instrument archivistique institutionnel de l’Ordre de la Libération.

Observations

Le principal point de vigilance concerne la forme du nom. Le résistant est né Roland Alibert et adopte « Roland de Falconet » comme pseudonyme lorsqu’il rejoint la France libre. L’Ordre de la Libération le classe aujourd’hui sous la forme « Roland ALIBERT DIT DE FALCONET ».

Une autre variante concerne l’orthographe Falconet/Falconnet. Le décret du 29 décembre 1944 et certaines pièces anciennes emploient « Falconnet ». Les documents de l’Ordre montrent également que deux cartes de Compagnon ont dû être établies, la seconde corrigeant le nom. La forme institutionnelle actuelle est Falconet.

Enfin, une divergence existe sur la date de naissance : la notice actuelle des Compagnons donne le 27 février 1917, tandis que la base institutionnelle des Médaillés de la Résistance indique le 28 février 1917. L’instrument archivistique de l’Ordre signale qu’un extrait d’état civil de 1917 est conservé dans le fonds, mais le résultat numérique consulté n’en reproduit pas le contenu. La date du 27 février, retenue par la notice biographique institutionnelle, est utilisée dans le corps de cette notice, tout en maintenant explicitement la divergence.

Indice de fiabilité de la notice

Niveau A — Fiabilité excellente.

L’identité, le pseudonyme, le parcours militaire, les campagnes, les unités, la mort au combat et la nomination comme Compagnon reposent sur les archives et la notice institutionnelle de l’Ordre de la Libération. Le fonds 1 A 12 et le dossier SHD GR 16 P 6242 sont identifiés par l’instrument archivistique de l’Ordre. Une source primaire — la lettre de départ du Duquesne — permet en outre de documenter directement son choix de poursuivre le combat dès juin 1940.

Les divergences portant sur le jour de naissance et sur l’orthographe historique de « Falconet » ont été conservées plutôt que résolues par déduction.

Chronologie

DateÉvénement
27 février 1917Naissance à Paris, dans le 9e arrondissement, selon la notice des Compagnons.
1936Élève officier de la marine marchande.
1937Commence son service militaire dans la Marine.
Septembre 1939Reste sous les drapeaux après la déclaration de guerre.
30 juin 1940Quitte le croiseur Duquesne à Alexandrie, adresse une lettre à son commandant et rejoint les Britanniques.
1940Sert quelque temps sur un boutre chargé de la chasse aux sous-marins italiens en mer Rouge.
1940Rejoint le 1er BIM et s’engage dans la France libre sous le nom de Roland de Falconet.
1941Affecté à la 3e compagnie du 1er BIM.
Avril 1941Campagne d’Érythrée ; combats de Keren et Massaoua ; s’empare d’un fortin italien et fait une cinquantaine de prisonniers.
Juin 1941Campagne de Syrie ; immobilise un char avec un fusil antichar.
1941Suit les cours d’élève aspirant à Damas et sort parmi les premiers de sa promotion.
1942Affecté comme officier d’état-major à la 2e Brigade française libre.
Octobre 1942Participe comme sous-lieutenant à la bataille d’El Alamein.
Fin 1942Obtient son affectation au BM 11 comme chef de section.
1943Campagne de Tunisie ; blessé après avoir sauté sur une mine.
Fin 1943Instructeur dans une école militaire alliée en Afrique du Nord.
Mars 1944Promu lieutenant.
17 mai 1944Tué à la tête de ses hommes pendant l’assaut d’une maison à Casa Chiara de Liri, en Italie.
3 juin 1944Date du mémoire de proposition à la Croix de la Libération conservé dans son fonds.
29 décembre 1944Nommé Compagnon de la Libération à titre posthume.
31 mars 1947Médaille de la Résistance française attribuée à titre posthume.
29 janvier 1948Publication au Journal officiel de l’attribution de la Médaille de la Résistance.
23 novembre 1949Établissement d’une première carte posthume de Compagnon ; une seconde sera ultérieurement réalisée pour rectifier son nom.

Tableau des divergences entre sources

ÉlémentSourceDonnéeAppréciation
Date de naissanceNotice des Compagnons, Ordre de la Libération27 février 1917Retenue dans la notice.
Date de naissanceBase des Médaillés de la Résistance28 février 1917Divergence conservée ; nécessite consultation de l’acte d’état civil pour résolution définitive.
Nom de guerreSources contemporaines et Ordre de la Libérationde FalconetForme actuelle retenue.
Orthographe du nomDécret/carte anciennede FalconnetVariante/erreur ancienne attestée.
Identité d’origineOrdre de la LibérationRoland AlibertIdentité civile retenue.

Sources consultées le 18 septembre 2026

Ordre de la Libération, notice « Roland ALIBERT DIT DE FALCONET » : source principale pour l’état civil, la formation, le départ du Duquesne, le pseudonyme, le 1er BIM, les campagnes d’Érythrée et de Syrie, El Alamein, le BM 11, la Tunisie, la campagne d’Italie, la mort, l’inhumation et les décorations.
Notice Roland ALIBERT dit de FALCONET — Ordre de la Libération

Ordre de la Libération, instrument de recherche des archives des Compagnons, lettre A : vérification du fonds 1 A 12, du mémoire de proposition, des pièces d’état civil et de la cote SHD GR 16 P 6242.
Instrument de recherche des Compagnons — lettre A (PDF)

Ordre de la Libération, lettre d’information de mars 2022 : consultation de la présentation archivistique de la lettre du 30 juin 1940, source primaire sur les motivations de son ralliement.
Lettre de Roland Alibert — 30 juin 1940

Ordre de la Libération, lettre d’information de mars 2021 : documentation sur la redécouverte de sa photographie et de ses lettres et leur entrée dans les collections de l’Ordre.
Archives et portrait de Roland Alibert de Falconet

Ordre de la Libération, page du Bataillon de marche n° 11 : contrôle de l’appartenance de Roland de Falconet au BM 11 et identification des autres Compagnons issus de cette unité.
BM 11 — Ordre de la Libération

Ordre de la Libération, base des Médaillés de la Résistance française : contrôle de l’attribution posthume de la Médaille de la Résistance, du décret du 31 mars 1947, de la publication au Journal officiel et de la cote 1O463 ; cette source est également à l’origine de la divergence sur la date de naissance.
Médaillés de la Résistance française — Ordre de la Libération

Ordre de la Libération, étude La carte d’identité de Compagnon de la Libération : vérification de l’existence de deux cartes posthumes établies pour Roland Alibert de Falconet et de la correction ultérieure de son nom.
La carte d’identité de Compagnon de la Libération (PDF)

Lettre d'information

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