La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

Le Comité d’action contre la déportation, généralement désigné par le sigle CAD, est une organisation clandestine nationale de la Résistance française spécialisée dans la lutte contre le Service du travail obligatoire.

Il ne s’agit pas d’un réseau de renseignement au sens classique mais d’une structure de coordination et d’action contre les réquisitions de main-d’œuvre.

Le Service historique de la Défense conserve un fonds spécifique intitulé « Comité d’action contre la déportation », sous la cote GR/18/P/63.

Création du réseau

La constitution nationale du Comité d’action contre la déportation est située à Paris, France, le 14 juillet 1943.

Le CAD est confié à Yves FARGE et fonctionne dans le cadre de la Résistance unifiée et du Conseil national de la Résistance. Le Musée de la Résistance en ligne indique que sa création contribue à coordonner la lutte contre le STO.

Après les arrestations du général DELESTRAINT et de Jean MOULIN en juin 1943, Yves FARGE gagne Paris. Il est chargé, au nom du Conseil national de la Résistance, de présider le Comité d’action contre la déportation.

Organisation interne

Le CAD constitue une structure de coordination regroupant plusieurs composantes de la Résistance.

Il associe des représentants de partis, syndicats et mouvements clandestins.

Henri ROL-TANGUY devient en septembre 1943 représentant des FTP auprès du CAD.

Raymond LEIBOVICI représente également les FTP lors de la fondation du CAD le 14 juillet 1943 et participe avec Charles LAURENT à l’organisation du service de faux papiers.

Le CAD s’appuie parallèlement sur des résistants infiltrés dans les administrations chargées du STO.

Actions menées pendant la Résistance

Le CAD doit renseigner la Résistance sur les intentions allemandes concernant les réquisitions de travailleurs.

Il organise ou favorise la fabrication et la distribution de fausses cartes de travail et d’alimentation.

Il collecte des fonds et les distribue notamment aux maquis.

Il participe à la protection des réfractaires et au sabotage administratif de l’appareil du STO.

Le soir du 25 février 1944, Léo HAMON, responsable de la jeunesse au sein du CAD, dirige une opération contre le siège du Commissariat général au STO, 3 place de Fontenoy, Paris, France.

Environ 200 000 fiches correspondant au recensement de la classe 1924 sont incendiées.

Liens avec d’autres réseaux ou mouvements

Le CAD agit en relation directe avec le Conseil national de la Résistance.

Il associe différentes composantes politiques, syndicales et résistantes.

Yves FARGE est notamment lié à Franc-Tireur, au Front national et à l’état-major de l’Armée secrète.

Henri ROL-TANGUY représente les FTP.

La composition du CAD illustre ainsi son caractère transversal dans la Résistance intérieure.

Chefs et figures marquantes

Yves FARGE préside le CAD au nom du Conseil national de la Résistance.

Le CAD est chargé sous son autorité de renseigner la Résistance sur les intentions allemandes relatives au STO, de fabriquer et distribuer de faux documents, de collecter des fonds et de soutenir les maquis.

Henri ROL-TANGUY représente les FTP auprès du CAD à partir de septembre 1943.

Léo HAMON est responsable de la jeunesse au CAD et dirige l’opération du 25 février 1944 contre les fichiers du Commissariat général au STO.

Raymond LEIBOVICI participe à la fondation du CAD et à son service de faux papiers.

Victimes et morts

La répression frappe plusieurs résistants engagés dans les opérations de lutte contre le STO.

Toutefois, toutes ces personnes ne peuvent pas être automatiquement classées comme membres organiques du CAD.

À Quimper, Finistère, France, Jeannette CRAS, Louis KERNEIS et Antoine LE BRIS sont déportés après une opération de destruction d’un fichier falsifié.

À Versailles, Yvelines, France, douze agents du réseau Mithridate sont déportés après l’incendie du bureau de la place Hoche.

Guy FLAVIEN est arrêté le 5 août 1944 et meurt en déportation.

À Grenoble, Isère, France, Paul CHEVALIER, directeur résistant du STO de l’Isère, est arrêté et torturé par la Milice.

Ces victimes appartiennent à l’ensemble de la résistance au STO, mais leur appartenance organique au CAD doit être établie individuellement.

Survivants identifiés

Yves FARGE survit à la guerre.

Henri ROL-TANGUY survit également.

Léo HAMON survit à l’Occupation.

D’autres membres ou collaborateurs du CAD survivent, mais aucune liste exhaustive ne peut être produite à partir des seules sources publiques consultées.

Fin du réseau

Le CAD perd progressivement sa raison d’être avec la disparition du STO et la libération du territoire français en 1944.

Aucune date administrative unique de dissolution n’a été identifiée.

Conséquences et mémoire

Le CAD joue un rôle important dans la résistance civile et administrative au STO.

La fabrication de faux documents, la protection des réfractaires, la destruction des fichiers administratifs et le soutien aux maquis contribuent à perturber le recrutement de main-d’œuvre française au bénéfice de l’Allemagne.

Le Service historique de la Défense conserve un fonds particulier consacré au Comité d’action contre la déportation, ce qui confirme son importance documentaire.

Références bibliographiques

Histoire du STO, Raphaël SPINA, Perrin, 2017. Étude de référence consacrée au Service du travail obligatoire et aux différentes formes de résistance qu’il provoqua.

Histoire de la Résistance, 1940-1945, Olivier WIEVIORKA, Paris, Perrin, 2012 ; édition revue et augmentée, 2018. Synthèse générale permettant de replacer le CAD dans la structuration nationale de la Résistance.

Les réseaux de résistance de la France combattante. Dictionnaire historique, Stéphane LONGUET, Economica–Service historique de la Défense, 2013. Ouvrage de référence sur les structures clandestines de la France combattante.

Références internet

Service historique de la Défense — Inventaire des archives de la Résistance identifiant le fonds « Comité d’action contre la déportation », cote GR/18/P/63.

Ordre de la Libération — Notice d’Yves FARGE décrivant son rôle à la tête du CAD et les principales missions de l’organisation.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/yves-farge

Ordre de la Libération — Notice d’Henri ROL-TANGUY confirmant sa nomination comme représentant des FTP auprès du CAD en septembre 1943.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/henri-rol-tanguy

Fondation de la Résistance — Dossier consacré au STO et aux différentes formes de résistance aux réquisitions, notamment les destructions de fichiers administratifs.

Musée de la Résistance en ligne — Dossier historique sur la résistance au STO, la constitution du CAD et les opérations contre les fichiers.

Sources consultées

Service historique de la Défense ; Ordre de la Libération ; Fondation de la Résistance ; Musée de la Résistance en ligne ; Mémoire Vive de la Résistance ; Maitron Résistance ; Mémoire des Hommes ; Gallica – Bibliothèque nationale de France.

Fiabilité A.

L’existence, la direction, les principales missions et l’organisation générale du CAD sont établies par plusieurs sources institutionnelles et archivistiques concordantes.

Une réserve doit être maintenue uniquement lorsqu’il s’agit d’attribuer individuellement au CAD des résistants engagés plus largement dans la lutte contre le STO.

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