La filière d’évasion « Margot » est une structure clandestine active à Paris à partir de février 1943, liée au réseau de renseignement Phratrie et dirigée par Roger GÉRARD.
Deux réalités différentes portant le nom « Margot » apparaissent dans les sources. La présente fiche concerne exclusivement la filière d’évasion dirigée à Paris par Roger GÉRARD.
Elle ne doit pas être confondue avec une autre filière de passage associée à Marguerite de GRAMONT, dite Margot, active notamment dans le secteur du Pays basque.
Création du réseau
Roger GÉRARD entre en 1942 dans le réseau de renseignement Phratrie dirigé par Jacques ROBERT.
Du 15 juin au 25 octobre 1942, il installe à son domicile la première centrale du réseau Phratrie, assure personnellement des liaisons et héberge plusieurs agents.
À partir de février 1943, il dirige à Paris la filière d’évasion « Margot ».
La mission de cette structure est d’organiser le passage par l’Espagne de volontaires désirant rejoindre les Forces françaises libres ou l’armée d’Afrique. L’Ordre de la Libération atteste explicitement cette activité.
Organisation interne
La documentation institutionnelle accessible établit la direction de Roger GÉRARD ainsi que la fonction générale de la filière.
En revanche, les sources publiques consultées ne fournissent ni organigramme complet, ni effectif global, ni liste vérifiée de tous les agents, passeurs, hébergeurs et agents de liaison ayant participé à Margot.
L’organisation interne de la filière ne peut donc être reconstituée plus précisément sans exploitation des dossiers d’archives relatifs à Phratrie, au BCRA et aux agents concernés.
Actions menées pendant la Résistance
Margot organise des évasions de France occupée vers l’Espagne.
Les bénéficiaires mentionnés dans la notice de Roger GÉRARD sont des volontaires souhaitant rejoindre les Forces françaises libres ou l’armée d’Afrique.
La fonction principale de Margot est donc celle d’une filière clandestine d’évasion et de passage et non celle d’un réseau de sabotage ou d’action armée.
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
Margot est directement liée à Phratrie.
Roger GÉRARD appartient à Phratrie depuis 1942 et travaille notamment dans le domaine du renseignement concernant les aérodromes allemands et les industries travaillant pour l’Allemagne.
La filière doit également être replacée dans l’environnement du Bureau central de renseignements et d’action.
En octobre 1943, Antoine MASUREL, l’un des responsables de Phratrie, envoie Roger GÉRARD en mission à Londres.
Roger GÉRARD quitte la France le 17 octobre 1943 à bord d’un appareil de la Royal Air Force piloté par Philippe LIVRY-LEVEL.
Chefs et figures marquantes
Roger GÉRARD est la figure centrale attestée de Margot.
Une divergence interne existe dans la notice de l’Ordre de la Libération concernant sa date de naissance : le cartouche biographique indique le 16 mai 1898 tandis que le texte de la biographie indique le 17 mai 1898. Cette divergence est conservée conformément au principe de non-arbitrage sans source complémentaire. Le lieu de naissance est Paris, France.
Roger GÉRARD est pilote de chasse pendant la Première Guerre mondiale. Il entre dans Phratrie en 1942 puis dirige Margot à partir de février 1943.
Le 17 octobre 1943, il gagne Londres avant d’effectuer un stage au BCRA.
Il poursuit ensuite des missions de renseignement concernant notamment l’industrie aéronautique allemande.
Arrêté par la Gestapo en mars 1944, il est emprisonné à Fresnes puis libéré faute de preuves.
Il survit à la guerre et devient Compagnon de la Libération par décret du 20 janvier 1946. Il meurt le 18 décembre 1968 à Paris, France.
Victimes et morts
Les sources institutionnelles consultées ne permettent pas d’établir une liste spécifique de résistants morts au combat, fusillés ou morts en déportation en qualité de membres de la filière Margot.
Aucun chiffre ne peut donc être avancé sans exploitation archivistique complémentaire.
Survivants identifiés
Roger GÉRARD survit à la guerre.
La documentation accessible ne permet pas d’établir avec certitude une liste exhaustive des autres membres de la filière ayant survécu.
Fin du réseau
Aucune date administrative précise de dissolution de la filière Margot n’a été retrouvée.
Le départ de Roger GÉRARD pour Londres le 17 octobre 1943 ne permet pas de conclure que toute activité de la filière cesse immédiatement à cette date.
Aucune date de fin plus précise ne doit donc être proposée en l’absence de source explicite.
Conséquences et mémoire
L’Ordre de la Libération mentionne explicitement « Réseau Margot » parmi les unités, réseaux ou mouvements auxquels Roger GÉRARD appartint.
Cette reconnaissance institutionnelle constitue actuellement la principale confirmation publique de l’existence historique de la structure.
Références bibliographiques
Les réseaux de résistance de la France combattante. Dictionnaire historique, Stéphane LONGUET, Economica–Service historique de la Défense, 2013. Ouvrage de référence consacré aux réseaux de la France combattante et permettant de replacer Phratrie et ses structures rattachées dans l’organisation du renseignement clandestin.
Histoire de la Résistance, 1940-1945, Olivier WIEVIORKA, Paris, Perrin, 2012 ; édition revue et augmentée, Perrin, 2018. Synthèse générale sur les mouvements, réseaux, services clandestins et structures de la Résistance française.
Références internet
Ordre de la Libération — Notice de Roger GÉRARD. Source institutionnelle principale attestant son appartenance à Phratrie, la direction de la filière d’évasion Margot à partir de février 1943, la mission de passage vers l’Espagne et son parcours résistant.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/roger-gerard
Mémoire Vive de la Résistance — Notice de Marguerite de GRAMONT, dite Margot. Source utilisée pour identifier le risque de confusion avec une autre structure de passage portant l’appellation Margot.
https://mvr.asso.fr/gramont/
Fondation de la Résistance — Base documentaire générale utilisée pour le contexte des réseaux de la France combattante et des filières clandestines.
https://www.fondationresistance.org/
Musée de la Résistance en ligne — Base documentaire consultée pour le contrôle des réseaux, services et acteurs de la Résistance.
https://www.museedelaresistanceenligne.org/
Service historique de la Défense — Portail archivistique permettant l’identification des fonds relatifs aux réseaux de Résistance et aux services spéciaux de la France combattante.
https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/
Sources consultées —
Ordre de la Libération ; Mémoire Vive de la Résistance ; Maitron Résistance ; Fondation de la Résistance ; Musée de la Résistance en ligne ; Mémoire des Hommes ; Gallica – Bibliothèque nationale de France ; Service historique de la Défense.
Fiabilité
Fiabilité A pour l’existence de la filière, sa mission et sa direction.
Fiabilité B pour l’organisation interne, les effectifs et l’identification complète de ses agents.
La direction par Roger GÉRARD et la mission d’évasion sont directement attestées par l’Ordre de la Libération. L’organisation détaillée demeure insuffisamment documentée dans les sources publiques consultées.