La forme principale retenue est « réseau Corvette ». Il s’agit d’un réseau de renseignement rattaché à Phratrie et au BCRA, principalement implanté dans le Dauphiné et en Savoie.
Création du réseau
Corvette est associé dans les sources à Adrien Albarranc, alias « François Barral », ingénieur installé avant-guerre dans la région grenobloise. Son implantation clandestine concerne principalement le Dauphiné et la Savoie. La date exacte de constitution formelle n’est pas suffisamment stabilisée par les sources publiques consultées pour être donnée au jour ou au mois près.
Organisation interne
Le SHD consacre les cotes GR 28 P 4 53 à 54 à Corvette et conserve de nombreux dossiers d’agents, dont deux entrées liées à Adrien Albarranc. Ces archives constituent la preuve la plus solide de son existence comme réseau organisé et homologué.
L’implantation en Dauphiné-Savoie conduit Corvette à entretenir des contacts avec des résistants des Alpes et avec des organisations actives dans le Vercors et la région grenobloise.
Actions menées pendant la Résistance
Corvette exerce principalement une activité de renseignement. Les données publiques consultées ne permettent pas de lui attribuer de façon sûre une série déterminée de sabotages ou d’opérations armées propres. Les fonctions de collecte d’informations, liaison et transmission sont les mieux établies.
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
Corvette appartient à la centrale Phratrie du BCRA. Des contacts sont attestés avec des structures alpines, notamment autour du réseau relationnel de la Résistance grenobloise et du Vercors. La documentation historiographique mentionne notamment des rapprochements entre des cadres du mouvement des prisonniers de guerre et Corvette.
Adrien ALBARRANC, alias « capitaine François Barral », est le principal chef documenté de Corvette. Fait prisonnier et blessé au cours de son activité clandestine, il réussit à s’évader puis gagne Londres. Il survit à la guerre.
Le SHD conserve également les dossiers d’Ernest LABBE, Maurice RAJON, Robert NAUTS, François LAMY, Louis GORGA, André LORIOT, Henry REY, Paul ROZIER et de nombreux autres agents classés sous Corvette. Leur simple présence dans l’inventaire ne permet cependant pas d’attribuer sans examen de dossier une fonction précise à chacun.
Victimes et morts
Aucune liste globale de victimes de Corvette n’a pu être établie de façon suffisamment sûre à partir des seules sources publiques consultées. Les dossiers individuels du SHD doivent être exploités un à un pour éviter les fausses attributions.
Survivants identifiés
Adrien ALBARRANC survit au conflit. Après son passage à Londres, il poursuit son activité auprès des services alliés, puis reprend une carrière civile après la guerre.
Fin du réseau
La sortie d’Adrien Albarranc de France et les transformations de la Résistance alpine modifient le fonctionnement de Corvette. Comme les autres réseaux BCRA, il cesse d’exister comme organisation clandestine à la Libération et ses agents entrent ensuite dans le processus d’homologation administrative.
Conséquences et mémoire
La mémoire institutionnelle de Corvette repose surtout sur les fonds du SHD et sur les travaux consacrés à la Résistance en Dauphiné, Savoie et Vercors. Les dossiers GR 28 P 4 constituent aujourd’hui la source centrale pour reconstituer son ordre de bataille.
Fiabilité A pour l’existence, la nature de réseau de renseignement, le rattachement et l’identité de son chef. Fiabilité B pour la chronologie opérationnelle détaillée et la composition complète des secteurs faute de monographie publique dédiée exploitant intégralement le fonds Corvette.
Références bibliographiques
Les services secrets du général de Gaulle : le BCRA, 1940-1944, Sébastien Albertelli, Perrin, Paris, 2009.
Dictionnaire historique de la Résistance, François Marcot dir., Robert Laffont, Paris, 2006.
La Résistance dans le Vercors et les Alpes, travaux historiques consacrés aux organisations clandestines du Dauphiné et de la région alpine.
Références internet
Service historique de la Défense / Musée de la Résistance en ligne Inventaire GR 28 P 4, réseau Corvette, cotes GR 28 P 4 53 à 54. https://museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/243.pdf
Presses universitaires de Grenoble Travaux historiques mentionnant les relations de Corvette avec des résistants des Alpes. https://www.pug.fr/extract/3638
Sources consultées
MVR, Maitron Résistance, Fondation de la Résistance, Musée de la Résistance en ligne, Mémoire des Hommes, Ordre de la Libération, Gallica, SHD et documentation historique du Dauphiné, de la Savoie et du Vercors.