Le réseau “Coockle” fut une mission de la France libre, rattachée au Bureau central de renseignements et d’action (BCRA), opérant principalement en Bretagne durant l’Occupation allemande. Il joua un rôle déterminant dans la structuration de la Résistance dans le Morbihan, en s’appuyant notamment sur la gendarmerie départementale.
La mission “Coockle” débute dans la nuit du 21 au 22 décembre 1942, avec le parachutage près de Ploërmel de deux agents de la France libre : Guy LENFANT, alias “Lebreton”, et André RAPIN, radiotélégraphiste.
Leur mission consiste à organiser la réception de parachutages d’armes destinées à équiper les futurs maquisards .
Organisation et développement
Autour de ces agents, un réseau se constitue avec des figures locales telles que
- Honoré CHAMAILLARD, alias “Galimard”, de Ploërmel
- Julien LE PORT, alias “le coureur”, de Melrand
- Le lieutenant Théophile GUILLO, alias “Chuais”, commandant la section de gendarmerie de Ploërmel
- Henri CALINDRE, alias “Mistringue”, secrétaire de la mairie de Ploërmel
- Le lieutenant GUILLO introduit son supérieur, le commandant Maurice GUILLAUDOT, dans le réseau. Ce dernier, sous le pseudonyme “Yodi”, structure le réseau en s’appuyant sur la gendarmerie, offrant ainsi une organisation disciplinée et efficace.
Actions et missions
Le réseau “Coockle” se distingue par plusieurs actions majeures :
- Repérage et signalement de terrains de parachutage à Londres
- Organisation de nombreux parachutages d’armes dans les régions de Ploërmel et Pontivy
- Collecte de renseignements militaires sur l’implantation allemande
- Transmission en juin 1943 du plan “Panier de cerises” au BCRA, détaillant le dispositif allemand dans le Morbihan
Ces armes et informations permettent la formation de l’Armée secrète du Morbihan, forte de 3 000 hommes encadrés et armés fin 1943.
Intégration au réseau “Action”
En juillet 1943, sous l’impulsion de Valentin ABEILLE, alias “Fantassin”, délégué militaire régional, le réseau “Coockle” est intégré au réseau “Action”, branche morbihannaise du mouvement “France combattante”. Maurice GUILLAUDOT en devient le chef départemental, avec pour adjoint le capitaine de frégate de réserve Paul CHENAILLER.
Arrestations et succession
Le 10 décembre 1943, Maurice GUILLAUDOT est arrêté par la Gestapo. Il subit tortures et mauvais traitements sans rien révéler, avant d’être déporté au camp de Neuengamme. Il ne rentre qu’en mai 1945, épuisé et gravement touché.
Son adjoint, Paul CHENAILLER, prend la tête du réseau sous le pseudonyme “colonel Morice”. Il poursuit l’organisation de la Résistance, fusionne les unités combattantes et devient commandant départemental des Forces françaises de l’intérieur (FFI) dans le Morbihan .
Références bibliographiques
Soldats bleus dans l’ombre – Le commandant Guillaudot et ses gendarmes dans la Résistance, par Gilbert Charles, Éditions du Cercle d’or, Paris, 1978. Cet ouvrage retrace l’engagement de Maurice GUILLAUDOT et de ses hommes dans la Résistance, mettant en lumière leur courage et leur détermination.
Références internet
Gendarmerie nationale https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/gendinfo/histoire/heros-de-l-ombre-au-service-de-la-liberte-les-gendarmes-du-morbihan-dans-la-resistance
Article sur l’engagement des gendarmes du Morbihan dans la Résistance, sous la direction de Maurice GUILLAUDOT.
Musée de la Résistance en ligne : https://museedelaresistanceenligne.org/media11272-Plaque-la-mmoire-du-gnral-Maurice-Guillaudot-Hd-Ille-et-Vilaine
Photographie de la plaque commémorative apposée sur sa maison à Hédé.