La forme principale retenue est Cotre. Les variantes rencontrées comprennent Cotre-Mistral et Cotre-Tramontane dans certaines sources régionales ou notices individuelles. Il ne faut pas confondre le nom de réseau Cotre avec « Cotre », pseudonyme porté par André Jarrot dans un autre contexte clandestin.
Création du réseau
Cotre est un réseau de renseignement rattaché à Phratrie et au BCRA. Il est organisé dans la région de Marseille sous l’autorité de Robert Senouillet, dit « Mistral ». La documentation régionale situe son développement à partir de la fin de 1942, avec des recrutements notamment dans le Var.
Organisation interne
Le réseau s’étend de la région marseillaise vers le Var, le Gard, l’Hérault et les secteurs de Sète et d’Avignon selon les sources disponibles. Des responsables locaux assurent le recrutement et la transmission des renseignements. Jean Rouveyrol rejoint ainsi Cotre en mai 1943 sous la direction de Jacques Taulelle.
Le SHD consacre les cotes GR 28 P 4 55 à 56 au réseau Cotre et conserve de nombreux dossiers individuels. Cette individualisation archivistique confirme l’autonomie administrative du réseau par rapport à Tartane, Goélette et aux autres composantes de Phratrie.
Actions menées pendant la Résistance
La mission principale attestée est le renseignement. Les agents observent les activités et installations militaires et assurent des liaisons entre secteurs. Dans le Var et sur le littoral méditerranéen, les réseaux Phratrie recueillent notamment des informations concernant les installations et mouvements ennemis.
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
Cotre est directement lié à Phratrie et au BCRA. Certains membres appartiennent parallèlement à des structures locales, à des maquis ou au NAP. Cette superposition des appartenances explique l’apparition dans les sources de formulations telles que Cotre-Mistral ou Cotre-Tramontane.
Robert SENOUILLET, alias « Mistral », est le chef principal documenté de Cotre. Les Archives départementales des Bouches-du-Rhône conservent ses archives personnelles, fonds 112 J, comprenant des documents sur la Résistance et l’amicale du réseau Cotre. Il survit à la guerre.
Jacques TAULELLE est attesté comme responsable auprès duquel Jean Rouveyrol entre au réseau en mai 1943.
Jean ROUVEYROL est agent de renseignement Cotre dans le Gard avant de rejoindre en juillet 1944 un maquis de l’Armée secrète.
Victimes et morts
Les sources publiques consultées ne permettent pas de dresser une liste exhaustive et suffisamment sûre des membres de Cotre morts au combat, exécutés ou morts en déportation. Aucun nom n’est ajouté sans vérification individuelle.
Survivants identifiés
Robert SENOUILLET survit au conflit ; ses archives personnelles couvrent la période d’après-guerre et notamment l’activité de l’amicale du réseau.
Fin du réseau
Comme les autres réseaux BCRA, Cotre cesse son activité clandestine avec la Libération et fait ensuite l’objet d’une liquidation et d’une homologation de ses agents. La présence de dossiers postérieurs à 1945 dans le fonds GR 28 P 4 correspond aux procédures administratives de reconnaissance des services.
Conséquences et mémoire
La mémoire de Cotre est particulièrement préservée par le fonds Robert Senouillet aux Archives départementales des Bouches-du-Rhône et par les dossiers individuels du SHD.
Fiabilité A pour l’existence, le chef, le rattachement et les archives. Fiabilité B pour la chronologie détaillée des implantations régionales, faute de monographie publique récente entièrement consacrée à Cotre.
Références bibliographiques
Dictionnaire historique de la Résistance, François Marcot dir., Robert Laffont, Paris, 2006.
Les services secrets du général de Gaulle : le BCRA, 1940-1944, Sébastien Albertelli, Perrin, Paris, 2009.
Résistance et Occupation, 1940-1944 – Midi rouge, ombres et lumières, tome 3, Robert Mencherini, Syllepse, Paris, 2011.
Références internet
Archives départementales des Bouches-du-Rhône Fonds 112 J, archives de Robert Senouillet, chef du réseau Cotre. https://www.archives13.fr/ark:/40700/2739982
Service historique de la Défense / Musée de la Résistance en ligne Inventaire GR 28 P 4, réseau Cotre. https://museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/243.pdf
Musée de la Résistance en ligne Notice Jean Rouveyrol, membre du réseau Cotre. https://www.museedelaresistanceenligne.org/personne.php?id=20080
Sources consultées
MVR, Maitron Résistance, Fondation de la Résistance, Musée de la Résistance en ligne, Mémoire des Hommes, Ordre de la Libération, Gallica, SHD, Archives départementales des Bouches-du-Rhône et ressources mémorielles du Gard, de l’Hérault et du Var.