La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

RADIUS Paul-Marie

Paul-Marie RADIUS, né le 8 avril 1920 à Paris (Seine), mort le 10 juillet 1944 à Gap (Hautes-Alpes), français.

Paul-Marie Radius naît à Paris le 8 avril 1920 dans une famille de six enfants. Sa famille s’établit ensuite notamment en Bretagne, au Minihic-sur-Rance. Il poursuit ses études à Paris et, après le baccalauréat, entre à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, alors transférée à Aix-en-Provence. Il appartient à la promotion Charles de Foucauld, comme son ami Jean-Bernard Rouxel.

Le Service historique de la Défense confirme son statut de sous-lieutenant d’infanterie, sa date de naissance du 8 avril 1920 et son décès le 10 juillet 1944. Son dossier d’officier est conservé sous la cote GR 8 YE 125507.

Engagement dans la Résistance

Après la dissolution de l’armée d’Armistice en novembre 1942, Radius s’engage progressivement dans la Résistance militaire. Une publication de la commune du Minihic-sur-Rance situe son engagement dans l’Organisation de Résistance de l’Armée (ORA) dans les Hautes-Alpes en juin 1943.

Dans le Champsaur, il rejoint avec Jean-Bernard Rouxel les maquis de Champoléon. Les deux Saint-Cyriens jouent un rôle essentiel dans la formation militaire des jeunes résistants. Radius devient rapidement responsable de groupements de l’ORA à Champoléon.

Appartenance à un réseau ou mouvement

Radius appartient d’abord à l’Organisation de Résistance de l’Armée dans les Hautes-Alpes. À Champoléon, il commande et instruit des maquisards dans une organisation fortement marquée par les cadres issus de l’armée.

Après les attaques allemandes contre les implantations du Champsaur et de La Bégüe, il rejoint le secteur de Chorges. Le responsable civil Casanova lui demande alors de quitter l’ORA pour rejoindre l’Armée secrète (AS) et lui confie le commandement d’un camp au Forest du Bois-Montgardin.

Missions et actions

À Champoléon, Radius assure deux fonctions essentielles : la formation militaire des jeunes maquisards et une partie de leur ravitaillement. Avec Rouxel et d’autres cadres militaires, il enseigne notamment le maniement des armes aux jeunes résistants de la vallée.

Après l’attaque allemande du 13 novembre 1943, les camps du Champsaur sont désorganisés. Radius poursuit néanmoins son engagement. En décembre 1943, il est envoyé au chantier de La Bégüe, près de La Beaume, où des réfractaires au Service du travail obligatoire sont encadrés dans la perspective de constituer un maquis.

Dans le secteur de Chorges, il devient chef de camp au Forest du Bois-Montgardin. Il recrute et instruit les jeunes de l’Armée secrète et participe à la récupération des armes parachutées. Le parachutage annoncé par Radio Londres dans la nuit du 18 février 1944 constitue l’un des épisodes documentés de cette activité.

Arrestation / évasion / déportation

Bien que les Allemands aient identifié son activité et qu’on lui recommande de limiter ses déplacements, Radius quitte son camp le 20 juin 1944 pour se rendre à Gap afin d’obtenir une ordonnance et un certificat médical destinés à l’un de ses hommes malade.

Il est arrêté. La documentation locale indique qu’il est interrogé et torturé sans livrer les informations recherchées. Il est finalement exécuté comme otage le 10 juillet 1944.

Camarades de combat

Son principal camarade de combat est Jean-Bernard Rouxel, son condisciple de Saint-Cyr. Les témoignages les présentent régulièrement ensemble dans les camps du Champsaur, où ils assurent l’encadrement militaire des maquisards.

Radius travaille également avec Pierre Poutrain pour le ravitaillement des camps et se trouve dans l’environnement militaire du colonel Daviron, dit Ricard.

Retour à la vie civile

Paul-Marie Radius est exécuté le 10 juillet 1944, à vingt-quatre ans, quelques semaines avant la libération de Gap. Il n’a donc pas connu le retour à la vie civile.

Décorations

Paul-Marie Radius est nommé chevalier de la Légion d’honneur et reçoit la Croix de guerre 1939-1945 avec palme. La documentation familiale et locale rattache ces distinctions à un décret du 18 novembre 1944.

Médaille de la Résistance à titre posthume par décret du 24 Avril 1946 JO 17 Mai 1946 source Ordre de la Libération.Côte du dossier : 1O52684

La mention « Mort pour la France » lui est attribuée. Une publication officielle de la commune du Minihic-sur-Rance indique également sa reconnaissance comme Interné Résistant.

Lieux de mémoire

Son souvenir est particulièrement entretenu au Minihic-sur-Rance (Ille-et-Vilaine), commune liée à sa famille. Une place Paul-Marie Radius y a été inaugurée le 18 octobre 2014. Son nom figure également sur le monument aux morts de la commune.

La publication municipale indique que son corps, initialement inhumé à Gap, a été transféré en 1960 à la nécropole nationale de la Doua à Villeurbanne. Son nom figure également au mémorial de la Résistance de Laye dans les Hautes-Alpes.

Références bibliographiques

Richard DUCHAMBLO, Maquisards et Gestapo, Gap, Imprimerie Ribaud Frères. Cette étude locale constitue une source importante pour l’histoire des maquis des Hautes-Alpes et pour le parcours de Radius, Rouxel et de leurs camarades.

Louis POUTRAIN, La déportation au cœur d’une vie. Le témoignage du prêtre de Saint-Jean-Saint-Nicolas apporte des éléments sur les maquis du Champsaur, les jeunes résistants qu’il héberge et les relations avec Radius et les cadres militaires de la vallée.

Références internet

Service historique de la Défense. Le répertoire des dossiers d’officiers confirme Paul-Marie Radius comme sous-lieutenant d’infanterie, né le 8 avril 1920, mort le 10 juillet 1944, et fournit la cote GR 8 YE 125507. Répertoire SHD GR 8 YE

Mémoire du Champsaur. La longue notice consacrée à Paul-Marie Radius rassemble des témoignages familiaux, des photographies et des documents personnels, notamment son carnet tenu dans les maquis. Elle documente sa formation à Saint-Cyr, Champoléon, La Bégüe, Chorges, ses responsabilités et son arrestation. Paul-Marie Radius — Mémoire du Champsaur

Le Minihic-sur-Rance. Le bulletin municipal consacré à Radius confirme sa formation à Saint-Cyr, son engagement dans l’ORA, son exécution, plusieurs distinctions et les lieux où sa mémoire est entretenue. Bulletin municipal — Paul-Marie Radius

Dossier d’homologation consulté

Le Service historique de la Défense conserve un dossier d’officier au nom de RADIUS, Paul Marie, sous-lieutenant d’infanterie, sous la cote GR 8 YE 125507.

Aucune cote GR 16 P n’a pu être confirmée lors des présentes recherches.

Observations

L’identité, les dates de naissance et de décès et le grade sont solidement établis. Certains détails très précis du parcours clandestin reposent principalement sur des témoignages familiaux et locaux rassemblés par Mémoire du Champsaur et doivent être lus en tenant compte de cette origine documentaire.

Indice de fiabilité de la notice Niveau A —L’identité et le grade sont confirmés par le Service historique de la Défense ; le parcours résistant est documenté par plusieurs sources locales concordantes, dont des témoignages et documents familiaux.

Chronologie

DateÉvénement
8 avril 1920Naissance à Paris.
1942Saint-Cyr, promotion Charles de Foucauld.
juin 1943Engagement documenté dans l’ORA des Hautes-Alpes.
1943Encadrement des maquis de Champoléon.
13 novembre 1943Attaque allemande contre les implantations du Champsaur.
décembre 1943Rejoint La Bégüe.
début 1944Rejoint le secteur de Chorges et l’Armée secrète.
18-19 février 1944Participation à la réception d’un parachutage.
20 juin 1944Arrestation.
10 juillet 1944Exécution à Gap.
18 novembre 1944Attribution posthume de la Légion d’honneur et de la Croix de guerre selon les sources locales consultées.
18 octobre 2014Inauguration d’une place Paul-Marie Radius au Minihic-sur-Rance.

Sources consultées

Service historique de la Défense. Le répertoire GR 8 YE a confirmé l’identité de Paul-Marie Radius, son grade de sous-lieutenant d’infanterie, ses dates de naissance et de décès et la cote GR 8 YE 125507. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/sites/default/files/2020-01/SHDGR_REP_8YE_O-Z.pdf

Mémoire du Champsaur. La notice « Paul-Marie Radius » a fourni les éléments détaillés sur sa jeunesse, Saint-Cyr, son engagement à Champoléon, La Bégüe et Chorges, ses relations avec Rouxel, son arrestation et les témoignages de ses compagnons. https://champsaur.net/paul-marie-radius-2/

Le Minihic-sur-Rance. Le bulletin municipal a apporté des informations sur son engagement dans l’ORA, son arrestation et son exécution, ses distinctions et ses lieux de mémoire. Bulletin municipal du Minihic-sur-Rance

Aucune photographie supplémentaire provenant d’une base officielle n’a été retenue ; plusieurs photographies familiales de Paul-Marie Radius sont toutefois reproduites par Mémoire du Champsaur.

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