La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

Le maquis de Chorges est une formation résistante des Hautes-Alpes rattachée au secteur B des Forces françaises de l’intérieur. Les sources utilisent les expressions « maquis de Chorges » et « secteur B FFI Chorges ». Son commandement connaît plusieurs changements à la suite d’arrestations successives.

Création du maquis

La documentation ouverte permet d’établir l’existence du maquis mais ne fournit pas une date unique et suffisamment sûre de création sous cette appellation précise. Son histoire s’inscrit dans la constitution des maquis des Hautes-Alpes alimentés dès 1943 par les réfractaires au STO et par les groupes instruits par d’anciens officiers.

Dans le Champsaur, Jean-Bernard ROUXEL et Paul-Marie RADIUS, tous deux anciens élèves officiers de Saint-Cyr, participent dès 1943 à l’encadrement militaire de jeunes résistants.

Des parachutages d’armes ont lieu au printemps 1944 sur les hauts plateaux de Saint-Jean et dans le secteur proche de Chorges. Ces apports contribuent à l’armement des formations locales à l’approche des combats de la Libération.

Organisation interne

Le maquis appartient au secteur B FFI de Chorges. Plusieurs responsables se succèdent. Jean-Bernard ROUXEL et Paul-Marie RADIUS jouent un rôle important dans la formation et l’encadrement militaire des résistants des Hautes-Alpes avant d’être frappés par la répression. Après les arrestations de RADIUS et ROUXEL, André MERMET est désigné pour prendre le commandement du maquis de Chorges ainsi que du secteur B FFI.

André MERMET utilise successivement dans la Résistance les pseudonymes de « lieutenant Jean-Claude » puis « lieutenant Christian ». La notice du Maitron constitue la principale source nominative permettant de l’identifier avec certitude comme commandant du maquis de Chorges.

Actions menées pendant la Résistance

Le maquis participe aux opérations consécutives au débarquement de Normandie et à l’insurrection déclenchée dans les Alpes. L’une de ses interventions les mieux attestées se déroule en juin 1944 dans le secteur de la vallée de l’Ubaye. Une importante colonne allemande venue de Gap est arrêtée au Pas de la Tour. Lorsque l’ennemi tente de contourner les positions FFI par les crêtes de Saint-Vincent, le maquis Lorrain et la section de Rapillard reçoivent l’aide du maquis de Chorges commandé par le lieutenant MERMET à l’Île de Rousset.

Cette opération montre que le maquis de Chorges n’agit pas uniquement dans sa commune d’origine mais participe à un dispositif régional destiné à contrôler les axes entre Gap, la Durance et l’Ubaye. Le secteur de l’Île de Rousset constitue alors un carrefour entre les routes de Chorges, Gap et Barcelonnette.

Les parcours de ses responsables montrent également une participation aux sabotages. Paul-Marie RADIUS prend notamment part à un sabotage de voie ferrée à La Freissinouse, Hautes-Alpes, France, avec Paul HÉRAUD, adjoint du chef départemental de la Résistance. Cette action appartient toutefois à son parcours personnel et ne doit pas être attribuée automatiquement à l’ensemble du maquis de Chorges.

Liens avec d’autres réseaux ou mouvements

Le maquis de Chorges appartient au dispositif FFI des Hautes-Alpes et relève du secteur B. Les sources relatives aux combats de juin 1944 montrent une coopération directe avec les formations FFI de l’Ubaye, le maquis Lorrain et la section commandée par Rapillard.

Les parcours de Jean-Bernard ROUXEL et Paul-Marie RADIUS les rattachent également à l’Organisation de Résistance de l’Armée et aux structures militaires clandestines issues des anciens officiers de l’armée d’armistice.

Chefs et figures marquantes

André MERMET, alias « lieutenant Jean-Claude » puis « lieutenant Christian », est désigné pour prendre le commandement du maquis de Chorges et du secteur B FFI après les arrestations de RADIUS et ROUXEL. Il constitue donc l’un des responsables les plus clairement identifiés de cette formation.

Paul-Marie RADIUS, né le 8 avril 1920 à Paris, France, est sous-lieutenant et ancien élève de Saint-Cyr. Il participe avec Jean-Bernard ROUXEL à l’instruction militaire des jeunes résistants des Hautes-Alpes. Arrêté le 20 juin 1944, il est exécuté sommairement à Gap, Hautes-Alpes, France, le 10 juillet 1944.

Jean-Bernard ROUXEL, ancien élève de Saint-Cyr et camarade de Paul-Marie RADIUS, participe à l’encadrement des maquisards du Champsaur et aux structures militaires qui précèdent l’organisation du secteur de Chorges. Arrêté et déporté, il meurt en déportation à Wilhelmshaven, Allemagne, le 16 mars 1945 selon les témoignages locaux conservés.

Paul HÉRAUD est chef départemental adjoint et intervient aux côtés de Paul-Marie RADIUS dans plusieurs opérations de sabotage. Son rôle dans l’organisation départementale de la Résistance contribue à replacer le maquis de Chorges dans le dispositif plus large des FFI des Hautes-Alpes.

Victimes et morts

Paul-Marie RADIUS est arrêté le 20 juin 1944 puis exécuté sommairement le 10 juillet 1944 à Gap. Son décès est confirmé par le Maitron.

Jean-Bernard ROUXEL est arrêté puis déporté et meurt à Wilhelmshaven le 16 mars 1945 selon les documents mémoriels locaux.

Les sources consultées ne permettent pas d’établir une liste exhaustive des morts spécifiquement rattachés au maquis de Chorges. Il serait notamment incorrect d’intégrer automatiquement toutes les victimes du secteur B sans vérifier leur unité exacte.

Survivants identifiés

André MERMET survit à la période pendant laquelle il prend le commandement du maquis et poursuit son activité dans le secteur B FFI. Les sources générales consultées permettent d’établir son commandement mais ne fournissent pas ici un état détaillé de son parcours après la Libération.

Fin du maquis

Le maquis de Chorges n’est pas documenté comme ayant été détruit lors d’une opération unique. À l’été 1944, les formations clandestines du département s’intègrent progressivement dans le dispositif FFI et participent aux opérations de Libération des Hautes-Alpes.

Le maquis doit donc être considéré comme ayant évolué vers les unités FFI régulières de la Libération plutôt que comme ayant été formellement dissous à une date déterminée.

Conséquences et mémoire

Le maquis de Chorges constitue un élément du dispositif militaire de la Résistance des Hautes-Alpes. Son importance apparaît notamment dans sa participation aux combats de juin 1944 à la charnière entre Hautes-Alpes et Ubaye et dans le rôle des anciens officiers qui assurent l’instruction et le commandement des résistants.

La mémoire de Jean-Bernard ROUXEL demeure visible à Chorges, où son nom est associé à un espace public. L’existence de cet hommage local confirme la persistance de sa mémoire dans la commune, mais la présente recherche n’a pas permis de dater précisément la décision municipale de dénomination.

Références bibliographiques

Maquisards et Gestapo, Richard DUCHAMBLO, Ribaud Frères, Gap, 19 cahiers publiés entre 1945 et 1949, réédition Éditions des Hautes-Alpes, 2005. Cette série constitue une source ancienne fondamentale pour l’histoire de la Résistance dans les Hautes-Alpes. Plusieurs cahiers traitent directement du secteur B, du maquis de Chorges et des arrestations de ses responsables.

La Seconde Guerre mondiale dans les Hautes-Alpes, Henri BÉRAUD, Société d’études des Hautes-Alpes, 1990. Cet ouvrage permet de replacer les maquis de Chorges et du secteur B dans l’ensemble de la Résistance départementale, de la répression et des combats de la Libération.

La Résistance FTP dans les Hautes-Alpes, étude historique consacrée aux structures FTP du département. Bien que le maquis de Chorges soit principalement documenté dans un autre environnement organisationnel, cette étude fournit un contexte utile sur la pluralité des groupes résistants, les maquis, les réfractaires au STO et les combats départementaux.

Références internet

Maitron Résistance – André MERMET Cette notice constitue la source nominative essentielle pour identifier le commandant du maquis de Chorges et du secteur B FFI après les arrestations de RADIUS et ROUXEL. https://maitron.fr/mermet-andre-maximin-pseudonyme-dans-la-resistance-lieutenant-jean-claude-puis-lieutenant-christian/

Maitron Résistance – Paul-Marie RADIUS La notice documente son engagement militaire dans la Résistance, ses liens avec Jean-Bernard ROUXEL, ses actions de sabotage, son arrestation et son exécution le 10 juillet 1944. https://maitron.fr/radius-paul-marie/

Mémoire Vive de la Résistance – L’ORA dans les Basses-Alpes Cette étude documente directement l’intervention du maquis de Chorges du lieutenant MERMET à l’Île de Rousset lors des combats de juin 1944 et sa coopération avec le maquis Lorrain et la section Rapillard. https://mvr.asso.fr/lora-dans-les-basses-alpes-par-boris-de-gueyer/

Archives départementales des Hautes-Alpes Le catalogue conserve les publications de Richard DUCHAMBLO relatives à la Résistance départementale et permet d’identifier matériellement les cahiers Maquisards et Gestapo. https://archives.hautes-alpes.fr/

Mémoire du Champsaur Plusieurs témoignages et documents familiaux publiés sur ce site apportent des informations complémentaires sur Paul-Marie RADIUS, Jean-Bernard ROUXEL, les camps de 1943 et les parachutages d’armes de 1944. Ces données doivent être utilisées en complément des notices du Maitron. https://champsaur.net/resistance-dans-le-champsaur-de-1942-a-1943/

Fiabilité B. L’existence du maquis, son appartenance au secteur B FFI, son commandement par André MERMET et son intervention de juin 1944 sont attestés par des sources concordantes.

La documentation est toutefois moins abondante que pour d’autres maquis : la date précise de création, l’effectif, l’organigramme complet et le bilan humain propre au maquis ne sont pas suffisamment établis pour justifier une fiabilité A.

Sources consultées –

Mémoire Vive de la Résistance, résultat positif dans l’étude sur l’ORA dans les Basses-Alpes : https://mvr.asso.fr/lora-dans-les-basses-alpes-par-boris-de-gueyer/

Maitron Résistance, résultats positifs pour André MERMET et Paul-Marie RADIUS : https://maitron.fr/mermet-andre-maximin-pseudonyme-dans-la-resistance-lieutenant-jean-claude-puis-lieutenant-christian/ et https://maitron.fr/radius-paul-marie/

Fondation de la Résistance, recherche effectuée ; aucune notice autonome du maquis de Chorges retrouvée.

Musée de la Résistance en ligne, recherche effectuée ; aucune fiche collective spécifique suffisamment documentée identifiée.

Mémoire des Hommes, recherche effectuée ; aucune notice collective du maquis de Chorges identifiée.

Ordre de la Libération, recherche de contrôle sur les responsables ; aucune notice collective du maquis retrouvée.

Gallica – BnF, recherche effectuée ; aucune monographie directement consacrée au maquis retrouvée.

Service historique de la Défense, recherche effectuée ; aucune notice ouverte autonome portant exactement l’appellation « maquis de Chorges » retrouvée.

Archives départementales des Hautes-Alpes, résultat positif pour la documentation de Richard DUCHAMBLO : https://archives.hautes-alpes.fr/

Mémoire du Champsaur, résultats complémentaires positifs : https://champsaur.net/resistance-dans-le-champsaur-de-1942-a-1943/

Wikipédia, consultée uniquement en complément et non retenue comme source principale.

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