La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

Le Jeune combattant est un journal clandestin lié aux organisations unifiées de la jeunesse résistante. La Bibliothèque nationale de France le catalogue d’abord comme organe des mouvements unis de jeunesse puis comme hebdomadaire des Forces unies de la jeunesse patriotique.

Les FUJP sont indiquées comme auteur institutionnel du périodique. Il s’agit donc d’un organe clandestin de propagande et de liaison et non d’un réseau ou d’une formation militaire autonome.

Création du journal

Le Jeune combattant apparaît au début de 1944, après la constitution des Forces unies de la jeunesse patriotique à l’automne 1943. Mémoire Vive de la Résistance situe son apparition à partir de janvier 1944. Cette chronologie correspond au remplacement progressif de la publication Forces unies de la Jeunesse par un organe adapté au nouveau rassemblement.

La BnF conserve les numéros de l’année 1944. Son catalogue fournit une indication particulièrement importante : la publication passe de la désignation « organe des mouvements unis de jeunesse » à celle d’« hebdomadaire des Forces unies de la jeunesse patriotique ». Cette modification reflète directement la consolidation institutionnelle des FUJP.

Organisation interne

Le Jeune combattant dépend politiquement des FUJP. Ces dernières constituent une fédération d’organisations de jeunesse de traditions différentes ayant choisi de coordonner leurs activités dans la Résistance.

Les sources consultées ne fournissent pas de liste suffisamment complète et stable des responsables successifs de la rédaction nationale du journal. Aucun nom ne doit donc être présenté comme directeur ou rédacteur en chef sans source primaire spécifique.

Le titre connaît également des déclinaisons territoriales. L’inventaire de la presse clandestine de la BnF mentionne notamment Le Jeune combattant du Dauphiné, un organe départemental de la région du Nord et Le Jeune combattant du Pas-de-Calais. Cette diversification témoigne de l’existence d’éditions ou d’organes régionaux portant la même appellation générale.

Actions menées pendant la Résistance

Le Jeune combattant a pour fonction principale la propagande résistante auprès de la jeunesse. Il diffuse les mots d’ordre des FUJP, accompagne la mobilisation des jeunes contre l’Occupation et participe à la circulation des informations et consignes de l’organisation.

Il doit être replacé dans un ensemble plus vaste d’activités des FUJP comprenant la propagande, les tracts, la lutte contre le STO et, selon les régions, la participation à des sabotages, à des groupes de choc ou aux combats de la Libération. Le journal n’est pas lui-même l’organe d’une unité combattante, même si son titre et ses appels s’inscrivent dans une mobilisation de plus en plus militaire en 1944.

Liens avec d’autres mouvements

Le Jeune combattant est directement rattaché aux FUJP. Celles-ci réunissent des organisations de jeunesse issues notamment des jeunes des MUR, du Front patriotique de la jeunesse, des Jeunes chrétiens combattants et d’autres structures.

Charles VERNY joue un rôle important dans ce rapprochement. L’Ordre de la Libération indique qu’en novembre 1943, avec René THUILLIER, Pierre NOËL et René LORAIN, il participe à la fondation des FUJP afin de coordonner et intensifier l’action des mouvements de jeunesse. Il devient également responsable militaire des FUJP.

Le journal constitue ainsi un instrument de représentation commune d’organisations qui conservent des origines politiques ou confessionnelles différentes mais collaborent dans la Résistance.

Figures marquantes

Charles VERNY participe en novembre 1943 à la fondation des FUJP et devient responsable militaire de l’organisation. Il organise également des opérations contre les fichiers du STO et crée l’Union des étudiants patriotes. Il survit à la guerre. Les sources ne permettent cependant pas de lui attribuer une fonction éditoriale précise au Jeune combattant.

Henri DEBIEZ exerce des responsabilités régionales dans les FUJ puis les FUJP et devient le 25 mai 1944 l’un des quatre membres du comité directeur national des jeunes des MUR. Il est arrêté puis fusillé à Genas, Rhône, France, le 12 juillet 1944.

Ginette CROS, après son activité au Front patriotique de la jeunesse, devient l’une des responsables des FUJP après la fusion de 1943. Elle survit à la guerre.

Jean PRONTEAU apparaît également parmi les responsables nationaux des FUJP dans les sources mémorielles et biographiques consultées. Il survit à la guerre et poursuit ensuite une activité politique.

Victimes et morts

Il n’existe pas de bilan humain propre au journal. Les FUJP, en revanche, subissent des pertes importantes parmi leurs militants et leurs responsables. Henri DEBIEZ est fusillé en juillet 1944. Dans plusieurs régions, notamment dans l’Ain, de jeunes FUJP sont tués au combat, fusillés ou déportés. L’Ordre de la Libération indique ainsi que parmi les résistants du lycée Lalande engagés dans les FUJP, quinze sont tués au combat ou fusillés et une vingtaine sont déportés. Ces chiffres concernent le groupe du lycée et ne doivent pas être extrapolés à l’ensemble national des FUJP.

Survivants identifiés

Ginette CROS, Jean PRONTEAU et Charles VERNY figurent parmi les responsables des FUJP ayant survécu. Leur présence permet d’éclairer l’organisation qui produit et diffuse Le Jeune combattant, mais ils ne doivent pas être présentés automatiquement comme membres de sa rédaction en l’absence de source spécifique.

Fin du journal

Le Jeune combattant appartient principalement à la phase clandestine et insurrectionnelle de 1944.

Avec la Libération, les conditions politiques et matérielles qui avaient justifié la presse clandestine disparaissent progressivement.

L’histoire institutionnelle des FUJP se poursuit cependant en 1945. Les fonds d’archives couvrent encore cette période et les organisations de jeunesse issues de la Résistance se recomposent dans le nouveau contexte politique. Une partie des FUJP rejoint ou participe aux rassemblements de jeunesse de l’après-guerre, mais il faut distinguer cette évolution institutionnelle de l’existence propre du journal clandestin.

Conséquences et mémoire

Le Jeune combattant constitue une source primaire essentielle pour l’étude des FUJP. Il documente les mots d’ordre adressés à la jeunesse au moment où les organisations résistantes préparent puis accompagnent les combats de la Libération.

Sa conservation par la Bibliothèque nationale de France et son signalement dans les inventaires spécialisés de la Fondation de la Résistance permettent aujourd’hui de distinguer le titre national et plusieurs déclinaisons régionales.

Références bibliographiques

Dictionnaire historique de la Résistance, sous la direction de François Marcot, Robert Laffont, Paris, 2006. Cet ouvrage contient les principales synthèses sur les organisations de jeunesse de la Résistance et permet de replacer la naissance du Jeune combattant dans le processus d’unification des FUJP.

La difficile trajectoire des Forces unies de la jeunesse patriotique (1943-1945), étude historique consacrée à l’histoire des FUJP. Elle permet de replacer leur presse dans les rivalités et rapprochements entre organisations de jeunesse ainsi que dans la transformation de l’organisation après la Libération.

La désobéissance. Histoire du mouvement Libération-Sud, Laurent Douzou, Odile Jacob, Paris, 1995. L’ouvrage éclaire l’unification des mouvements de zone Sud et le contexte institutionnel dans lequel sont constituées les organisations de jeunesse des MUR qui participent ensuite aux FUJP.

Références internet

Gallica – Bibliothèque nationale de France conserve Le Jeune combattant et le catalogue comme organe des mouvements unis de jeunesse puis hebdomadaire des Forces unies de la jeunesse patriotique. Il s’agit de la principale source primaire numérisée relative au périodique. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb327957523/date1944.item.langfr.bnf.gallica.viewer.mvc.support.GallicaLocale%402329132a

Fondation de la Résistance recense le journal dans l’inventaire de la presse clandestine de la BnF et distingue notamment Le Jeune combattant national, Le Jeune combattant du Dauphiné ainsi que les éditions ou organes du Nord et du Pas-de-Calais.

Mémoire Vive de la Résistance replace le périodique dans l’histoire des FUJP et situe son apparition à partir de janvier 1944. https://mvr.asso.fr/forces-unies-de-la-jeunesse-patriotique-fujp/

Ordre de la Libération documente Charles VERNY, l’un des acteurs de la constitution des FUJP et leur responsable militaire, ainsi que les actions dirigées contre le STO. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/medailles/charles-verny

Service historique de la Défense conserve le fonds GR 28 P 3 183 relatif aux FUJP, comprenant bulletins de renseignement et correspondance pour 1943-1944. Ce fonds permet de compléter l’étude de la presse par celle de l’organisation qui la produit. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/ark/35776

Fiabilité A. L’existence, le rattachement aux FUJP et la chronologie générale du journal sont directement attestés par la BnF et les inventaires de la Fondation de la Résistance. L’existence de déclinaisons régionales est également documentée. En revanche, l’organigramme éditorial détaillé n’a pas été retrouvé dans les sources consultées et n’a donc pas été reconstitué artificiellement.

Sources consultées –

Mémoire Vive de la Résistance, résultat positif par la notice FUJP : https://mvr.asso.fr/forces-unies-de-la-jeunesse-patriotique-fujp/

Maitron Résistance, recherche sur les responsables des FUJP, résultats complémentaires.

Fondation de la Résistance, inventaire de la presse clandestine, résultat positif :

Musée de la Résistance en ligne, recherches consacrées aux FUJ, FUJP et aux organisations de jeunesse, résultats positifs.

Mémoire des Hommes, recherche de contrôle ; aucune notice collective spécifique au journal identifiée.

Ordre de la Libération, résultats positifs pour les dirigeants et acteurs des FUJP : https://www.ordredelaliberation.fr/fr/medailles/charles-verny

Gallica – BnF, collection du journal, résultat positif : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb327957523/date1944.item.langfr.bnf.gallica.viewer.mvc.support.GallicaLocale%402329132a

Service historique de la Défense, fonds FUJP GR 28 P 3 183, résultat positif : https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/ark/35776

Wikipédia, consultée uniquement à titre complémentaire et non retenue comme source principale.

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