Forces unies de la Jeunesse est un journal clandestin de la Résistance publié en 1943. Il constitue l’organe de presse des Forces unies de la jeunesse, puis accompagne leur élargissement vers une organisation plus vaste de la jeunesse résistante. La Bibliothèque nationale de France conserve dans Gallica une collection de dix numéros pour l’année 1943. Il ne s’agit donc ni d’un réseau ni d’un maquis, mais d’un périodique clandestin de propagande et de liaison lié aux organisations de jeunesse de la Résistance.
Création et évolution du journal
Le journal apparaît dans le contexte de la structuration des Forces unies de la jeunesse, issues initialement des jeunes du mouvement Combat puis progressivement élargies aux organisations de jeunesse des MUR Mouvements unis de Résistance. Les collections de la BnF attestent sa publication au cours de l’année 1943. Le numéro 7 est daté de mai 1943 et la série conservée par Gallica comprend dix numéros.
La formulation du sous-titre du périodique témoigne de l’évolution politique de l’organisation. Il est présenté comme l’organe des jeunes des mouvements de Résistance unis. Au cours de l’été 1943, la publication accompagne le rapprochement entre différentes organisations de jeunesse résistante qui débouchera quelques mois plus tard sur la constitution des Forces unies de la jeunesse patriotique. La notice du Musée de la Résistance en ligne consacrée au numéro 7 de mai 1943 constitue l’une des principales sources permettant de suivre cette évolution.
Organisation interne
Les sources consultées permettent d’identifier clairement le journal comme organe des FUJ, mais elles ne fournissent pas un organigramme complet et vérifié de sa rédaction nationale. Il serait donc imprudent d’attribuer sans documentation nominative certaine les fonctions de directeur, rédacteur en chef ou responsable technique.
La fabrication d’un journal clandestin exige cependant une chaîne comprenant rédaction, reproduction ou impression, transport et diffusion. Dans le cas de Forces unies de la Jeunesse, cette activité s’inscrit dans les structures clandestines des FUJ et des mouvements auxquels elles sont rattachées. Les responsables nationaux et régionaux des FUJ assurent parallèlement l’organisation politique et militante. Henri BAILLY est ainsi membre du comité directeur des FUJ puis devient, avec Louis RIGAL, responsable national en avril 1943.
Actions menées pendant la Résistance
La fonction principale de Forces unies de la Jeunesse est la propagande clandestine et la mobilisation des jeunes. Le journal permet de diffuser les positions et mots d’ordre des mouvements de jeunesse résistante, de renforcer leur cohésion et de toucher une population directement concernée à partir de 1943 par le Service du travail obligatoire.
La presse clandestine constitue également un moyen de liaison politique entre des organisations de jeunesse qui demeurent encore distinctes. L’évolution du titre et de son sous-titre pendant l’année 1943 traduit l’élargissement progressif du rassemblement. Le journal participe ainsi au processus politique qui précède la formation des Forces unies de la jeunesse patriotique.
Liens avec d’autres mouvements
Le journal est directement lié aux Forces unies de la jeunesse. Les FUJ se développent dans l’environnement de Combat puis des Mouvements unis de Résistance, réunissant Combat, Libération-Sud et Franc-Tireur.
L’élargissement recherché pendant l’été 1943 dépasse ensuite ce premier cadre. Les sources relatives aux FUJP montrent le rapprochement avec le Front patriotique de la jeunesse ainsi qu’avec d’autres organisations de jeunes issues de traditions politiques et confessionnelles différentes. Cette évolution aboutit à la constitution des FUJP, généralement située à l’automne 1943.
Henri BAILLY appartient au comité directeur des Forces unies de la jeunesse. En avril 1943, après l’arrestation de Vincent PLANQUE, il devient avec Louis RIGAL l’un des responsables nationaux des FUJ. Arrêté une nouvelle fois le 3 juin 1944 à Paris, France, il est déporté à Buchenwald et survit à la guerre. Son rôle concerne l’organisation des FUJ ; les sources consultées ne permettent pas de lui attribuer formellement la direction éditoriale du journal.
Henri DEBIEZ dirige les FUJ à différents niveaux territoriaux. L’Ordre de la Libération indique qu’il assure en février 1942 une direction départementale des FUJ, puis devient chef régional dans la région Rhône-Alpes. À la fin de 1943, il exerce des responsabilités dans les organisations de jeunesse des MUR et des FUJP. Il est arrêté puis fusillé à Genas, Rhône, France, le 12 juillet 1944. Son parcours permet de comprendre l’appareil militant dans lequel circule la presse des FUJ.
Eugène CLAUDIUS-PETIT participe également à la création des Forces unies de la Jeunesse dans le cadre de ses responsabilités résistantes. Il survit à la guerre et siège ensuite à l’Assemblée consultative d’Alger puis dans les institutions de la Libération.
Victimes et morts
Aucun bilan humain ne peut être attribué au journal lui-même. Plusieurs responsables, diffuseurs ou militants des FUJ sont cependant arrêtés, déportés ou tués au cours de leur engagement. Henri DEBIEZ constitue l’un des cas les mieux documentés parmi les cadres des organisations de jeunesse. Les sources disponibles ne permettent pas d’établir une liste exhaustive des personnes arrêtées ou mortes spécifiquement en raison de leur participation à la fabrication ou à la diffusion de Forces unies de la Jeunesse.
Survivants identifiés
Henri BAILLY et Eugène CLAUDIUS-PETIT figurent parmi les responsables des structures auxquelles le journal est lié qui survivent à la guerre. Cette liste ne constitue pas un état des rédacteurs ou diffuseurs du journal, dont l’identité complète n’est pas établie par les sources consultées.
Fin et transformation du journal
La disparition du titre est liée à la transformation institutionnelle des organisations de jeunesse. À l’automne 1943, la constitution des Forces unies de la jeunesse patriotique crée un cadre beaucoup plus large. Le périodique Forces unies de la Jeunesse ne demeure donc pas l’organe principal de la nouvelle organisation.
À partir de janvier 1944 apparaît Le Jeune combattant, qui devient l’organe des mouvements unis de jeunesse puis l’hebdomadaire des Forces unies de la jeunesse patriotique. Il existe donc une continuité politique entre les deux publications, mais elles constituent bibliographiquement deux titres distincts.
Conséquences et mémoire
Forces unies de la Jeunesse constitue aujourd’hui une source primaire importante pour l’étude de la mobilisation des jeunes dans la Résistance et du processus d’unification politique de 1943. Sa conservation par la Bibliothèque nationale de France permet d’étudier directement la propagande, les mots d’ordre et l’évolution institutionnelle des FUJ.
La collection de presse clandestine conservée par la BnF et inventoriée par la Fondation de la Résistance mentionne explicitement Forces unies de la jeunesse comme organe des jeunes des mouvements de Résistance unis.
Références bibliographiques
Dictionnaire historique de la Résistance, sous la direction de François Marcot, Robert Laffont, Paris, 2006. Cet ouvrage de synthèse comporte des contributions sur les organisations de jeunesse, les MUR et les différents moyens de propagande clandestine. Il permet de replacer Forces unies de la Jeunesse dans le processus général d’unification de la Résistance intérieure.
La désobéissance. Histoire du mouvement Libération-Sud, Laurent Douzou, Odile Jacob, Paris, 1995. Cet ouvrage permet de comprendre le rapprochement des grands mouvements de zone Sud et le contexte institutionnel dans lequel les organisations de jeunesse se regroupent progressivement.
La presse clandestine de la Résistance, ensemble des travaux et inventaires consacrés à la presse clandestine conservée à la Bibliothèque nationale de France. Ces ressources permettent d’étudier la matérialité, la circulation et la fonction politique des journaux clandestins auxquels appartient Forces unies de la Jeunesse.
Références internet
Gallica – Bibliothèque nationale de France conserve la collection de Forces unies de la jeunesse pour 1943, comprenant dix numéros. Cette collection constitue la source primaire principale permettant de vérifier l’existence du titre et sa chronologie éditoriale. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb32776451r/date
Mémoire Vive de la Résistance replace le journal dans l’histoire des FUJ puis des FUJP et rappelle son rôle dans le rapprochement progressif des organisations de jeunesse résistante pendant l’année 1943. https://mvr.asso.fr/forces-unies-de-la-jeunesse-patriotique-fujp/
Fondation de la Résistance signale dans son inventaire de la presse clandestine conservée à la BnF le titre Forces unies de la jeunesse, avec sa qualification d’organe des jeunes des mouvements de Résistance unis.
Ordre de la Libération documente plusieurs responsables directement impliqués dans la structuration des FUJ, notamment Henri DEBIEZ et Eugène CLAUDIUS-PETIT. Ces notices permettent de replacer le journal dans l’organisation militante qui le produit et le diffuse. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/henri-debiez
Service historique de la Défense conserve une documentation sur les FUJ et FUJP, dont un dossier documentaire consacré au cinquantenaire de la création des Forces unies de la jeunesse. Ces fonds permettent de prolonger l’étude de l’organisation au-delà de la seule presse clandestine numérisée. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/ark/490502
Fiabilité A. L’existence du journal, son titre, son rattachement aux Forces unies de la jeunesse et sa publication en 1943 sont directement attestés par les collections de la Bibliothèque nationale de France et par les inventaires de la Fondation de la Résistance. Son rôle dans l’évolution des organisations de jeunesse est également confirmé par des sources mémorielles et archivistiques concordantes. L’identité complète des responsables éditoriaux n’étant pas établie dans les sources consultées, aucune attribution non vérifiée n’a été ajoutée.
Sources consultées
Mémoire Vive de la Résistance, résultat positif par la notice FUJP : https://mvr.asso.fr/forces-unies-de-la-jeunesse-patriotique-fujp/
Maitron Résistance, recherche effectuée sur les responsables FUJ et FUJP ; résultats biographiques complémentaires.
Fondation de la Résistance, inventaire de la presse clandestine, résultat positif :
Musée de la Résistance en ligne, ressources relatives au numéro 7 de mai 1943 et aux FUJ, résultats positifs.
Mémoire des Hommes, recherche de contrôle effectuée ; aucune notice collective spécifique au périodique n’a été identifiée.
Ordre de la Libération, résultats positifs pour plusieurs responsables des FUJ : https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/henri-debiez
Gallica – BnF, collection du journal, résultat positif : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb32776451r/date
Service historique de la Défense, fonds relatifs aux FUJ et FUJP, résultat positif : https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/ark/490502
Wikipédia, consultée uniquement comme contrôle complémentaire et non retenue comme source principale.