La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

La forme principale retenue est « groupe Henri-Bourgogne » ou « maquis Henri-Bourgogne ». Les sources emploient également « groupe Henri Bourgogne », « mouvement de Résistance Henri Bourgogne » et « groupe Henri Bourgogne, Service national maquis n° 6 ». Les dossiers individuels mentionnent parallèlement son rattachement au réseau Jean-Marie, réseau de la section F du Special Operations Executive britannique, couramment qualifié de réseau Buckmaster. Le Service historique de la Défense conserve un dossier propre intitulé « Groupe Henri Bourgogne » dans le répertoire des maquis de la sous-série GR 19 P.

Le nom résulte du pseudonyme clandestin d’Henri CAMP. Les sources indiquent que celui-ci utilise « Bourgogne » ou « Henri Bourgogne », appellation qui devient celle de la formation qu’il commande. Il existe donc un risque de confusion entre Henri CAMP lui-même, son pseudonyme « Henri Bourgogne » et le maquis portant ce nom. Le groupe ne doit par ailleurs pas être confondu avec le réseau d’évasion Bourgogne de Georges BROUSSINE ni avec le Régiment de Bourgogne constitué après la Libération de Dijon.

Création du réseau

Henri CAMP, ébéniste installé à Semur-en-Auxois, Côte-d’Or, France, entre en relation avec Londres au printemps 1943. Le fonds archivistique décrit par FranceArchives indique qu’il est en rapport avec Londres dès mai 1943 et qu’il installe alors un premier maquis de quinze hommes à Allerey, sur la commune de Flée, Côte-d’Or, France. L’Ordre de la Libération confirme qu’Henri Camp constitue le groupe Henri Bourgogne en mai 1943.

Une divergence mineure existe sur la datation. Certaines notices du Maitron situent la constitution structurée du groupe en juin 1943, tandis que FranceArchives et plusieurs notices récentes de l’Ordre de la Libération retiennent mai 1943. La forme la mieux documentée est donc : premiers contacts avec Londres et constitution initiale en mai 1943, développement organisé du maquis au cours de mai-juin 1943.

L’objectif est celui d’un maquis de combat : accueillir des clandestins et des réfractaires, recevoir et transporter des armes, procéder à des sabotages et préparer l’action armée contre les forces d’occupation. L’affiliation au réseau Jean-Marie permet au groupe de recevoir des moyens et d’être intégré à un dispositif plus vaste opérant notamment en Bourgogne et dans l’Yonne.

Organisation interne

Henri CAMP assure le commandement du maquis. L’organisation comporte des cadres militaires, des groupes francs et des équipes chargées des liaisons, des transports d’armes et des sabotages.

Henri FAMIN, dit « Le Bouc », rejoint le groupe le 1er juillet 1943 et devient notamment commandant en second lorsque le maquis est installé au mont Dreget, près de Semur-en-Auxois, Côte-d’Or, France, en octobre 1943.

Edmond NEUGNOT commande en 1944 un groupe franc du maquis. L’Ordre de la Libération indique que l’ensemble atteint environ 170 hommes en juillet 1944. Cette donnée montre l’accroissement considérable des effectifs depuis le noyau initial constitué en 1943.

Les documents d’homologation désignent fréquemment la formation comme « groupe Henri Bourgogne, Service national maquis n° 6 ». Des membres sont simultanément homologués au titre des FFC, des FFI et du réseau Jean-Marie, ce qui reflète le caractère imbriqué des structures administratives de reconnaissance après la guerre.

Le maquis est mobile. Après différents cantonnements autour de Semur-en-Auxois, il s’installe au printemps 1944 dans le bois de Dandarge, dans le secteur de Lantilly, Champ-d’Oiseau et Millery, Côte-d’Or, France. Après la catastrophe de Lantilly, ses survivants poursuivent l’action et le groupe se replie notamment dans le bois de Saint-Loup, près de Genay, Côte-d’Or, France.

Actions menées pendant la Résistance

Les activités attestées comprennent les transports d’armes et d’explosifs, la réception de parachutages, les sabotages ferroviaires, les destructions ou dégradations de lignes électriques et téléphoniques, les sabotages de matériel ennemi, d’installations industrielles, d’écluses et de batteuses ainsi que des opérations armées.

Le dossier de Léon CHÉREAU fournit des exemples précis : sabotage de lignes électriques à Saint-Rémy, Côte-d’Or, France, de lignes téléphoniques sur différents axes, de voies ferrées, du pont de Pouillenay et du câble souterrain Paris-Marseille ; il participe également à la récupération d’un parachutage à Montigny-sur-Armançon et au transport des armes reçues.

Roger GOBERT est décrit après-guerre comme ayant participé aux sabotages de batteuses, de voies ferrées, de lignes électriques et de matériel ennemi, ainsi qu’aux parachutages et aux liaisons. Ces indications émanent de l’attestation de son ancien chef et concordent avec les dossiers d’autres membres.

Liens avec d’autres réseaux ou mouvements

Le lien le mieux établi est celui avec le réseau Jean-Marie, ou Jean-Marie/Donkeyman, appartenant à la section F du Special Operations Executive britannique. Les notices de l’Ordre de la Libération relatives à Raymond CHARLOT et Léon CHÉREAU indiquent explicitement l’affiliation du groupe Henri Bourgogne à ce réseau.

La documentation d’homologation rapproche aussi le groupe du Service national maquis. Certains de ses cadres proviennent de l’Organisation de Résistance de l’Armée : Émile CHAUSSIVERT, par exemple, est présenté comme ancien de l’armée de l’Air passé dans les maquis de l’ORA après la dissolution de l’armée d’armistice. Cette situation ne permet toutefois pas de qualifier l’ensemble du groupe d’unité exclusivement ORA, l’affiliation Jean-Marie étant nettement attestée.

Chefs et figures marquantes

Henri CAMP, alias « Henri Bourgogne », fonde et commande le maquis. Il est au centre de sa structuration à partir de mai 1943. Après avoir survécu à la destruction partielle du groupe à Lantilly, il poursuit l’action. Il est tué au combat le 3 août 1944 lors de l’encerclement du maquis dans le secteur de Genay, Côte-d’Or, France.

Edmond NEUGNOT dirige un groupe franc du maquis. Il participe aux transports d’armes et d’explosifs et à de multiples sabotages. Il survit au combat du 3 août 1944 mais est capturé au cours d’une mission et fusillé le 3 septembre 1944 au carrefour de la Croix-Pingenet, à Étormay, Côte-d’Or, France.

Henri FAMIN, alias « Le Bouc », rejoint le groupe le 1er juillet 1943 et exerce des responsabilités de commandement, notamment au camp du mont Dreget. Son rôle de cadre du groupe est établi par le Maitron.

Fernand HERVET, alias « Sidi », est sous-lieutenant et cadre du Service national maquis n° 6. Il est capturé et exécuté lors de l’attaque de Lantilly le 25 mai 1944.

Guy CHEVALIER exerce des fonctions de liaison et de protection auprès d’Henri Camp. Il survit à la guerre et participe ensuite à la conservation de la mémoire du groupe.

Victimes et morts

Pierre MÉAN, alias « Dédé », rejoint le groupe dès 1943. Il est tué lors d’un engagement avec l’ennemi le 30 octobre 1943 à Venarey-les-Laumes, Côte-d’Or, France. Il est homologué FFC et FFI et reçoit la mention « Mort pour la France ».

Le 25 mai 1944 constitue la catastrophe majeure de l’histoire du maquis.

Une partie du groupe est surprise pendant le transfert du camp du bois de Dandarge vers la montagne de Cras. Les hommes sont encerclés à l’aube par une force allemande comprenant également des auxiliaires russes, des feldgendarmes et des miliciens.

 Les prisonniers sont maltraités et la plupart sont exécutés. La photographie de jeunes maquisards attendant leur mise à mort, retrouvée ensuite sur un prisonnier allemand, est conservée par le Service historique de la Défense et a été reproduite par la Fondation de la Résistance.

Les sources divergent légèrement sur le décompte exact des hommes présents, capturés et déportés. Le Musée de la Résistance en ligne mentionne vingt-six hommes encerclés, vingt-trois tués et trois déportés ; le Comité de parrainage du CNRD de Côte-d’Or présente vingt-cinq membres capturés, dont José RODRIGUEZ qui se donne la mort et deux hommes qui repartent vivants avant d’être déportés. Cette divergence doit être conservée et non résolue artificiellement.

Les morts associés au massacre et figurant dans les relevés mémoriels sont Marcel ARNAUD, Marcel BARTOLI, René BERNARD, Roger BERTRAND, Jacques BEZOU, Georges CHARBONNEAU, Émile CHAUSSIVERT, Bernard CHEVALIER, Henri CREUSEVAUT, Jean FAYARD, Maurice GIRARD, Roger GOBERT, Alphonse HERGOTT, Fernand HERVET, Henri JACO, Pierre JOSSERAND, Marcel LUCOTTE, Louis MADORÉ, Jean MESSY, Bernard MORISOT, Marcel QUIÉVREUX, José RODRIGUEZ et Maurice THOUVENIN. La situation de Bernard MORISOT présente une incertitude documentaire, certaines données faisant état d’une exécution sommaire et d’autres d’une mort ultérieure en déportation.

Pierre PITTELOUP et Maurice RICHARD sont capturés lors de l’attaque et déportés. Maurice RICHARD meurt à Mauthausen, Autriche, le 17 août 1944. Pierre PITTELOUP meurt dans le système concentrationnaire de Mauthausen-Gusen après la guerre, le 11 janvier 1945 selon la notice reproduite par le Musée de la Résistance en ligne.

Le 3 août 1944, un nouvel encerclement intervient dans les bois de Saint-Loup près de Genay. Le groupe perd six hommes, dont Henri CAMP. Les sources nomment notamment Raymond CHARLOT, Léon CHÉREAU, Marc DAMIDAUX, Jules MARTINELLI et Bernard ROMMELAERE parmi ses compagnons morts ce jour-là.

Survivants identifiés

Guy CHEVALIER survit au conflit. Ancien responsable des liaisons et garde du corps d’Henri Camp, il participe après la guerre à la mémoire du mouvement et à l’activité de son amicale.

D’autres membres survivants apparaissent dans les dossiers individuels et témoignages conservés par les institutions locales, mais les sources librement accessibles ne fournissent pas une liste nominative exhaustive permettant d’établir sans risque un état complet de tous les survivants.

Fin du réseau

Le massacre de Lantilly du 25 mai 1944 ne détruit pas le maquis. Le groupe se reconstitue et atteint encore un effectif important en juillet 1944. Le 3 août 1944, l’encerclement de Genay coûte la vie à Henri Camp et à cinq autres résistants, mais les activités ne cessent pas immédiatement.

La notice officielle d’Edmond NEUGNOT montre qu’un maquis auquel il appartient est encore stationné dans les environs d’Aignay-le-Duc, Côte-d’Or, France, le 3 septembre 1944. La dissolution administrative précise du groupe n’a pas été retrouvée dans les sources accessibles. Sa disparition comme formation clandestine intervient avec la Libération de la Côte-d’Or et l’intégration des résistants armés dans les structures FFI puis militaires régulières.

Conséquences et mémoire

Le groupe Henri-Bourgogne constitue l’un des maquis armés importants du secteur de Semur-en-Auxois. Son rôle opérationnel est attesté par ses sabotages, ses transports et réceptions d’armes, ses liaisons avec le SOE et la croissance de son effectif jusqu’à environ 170 hommes en juillet 1944.

La mémoire du groupe est particulièrement attachée à Lantilly et Genay. À Lantilly, un monument se trouve sur la D103 entre Lantilly et Champ-d’Oiseau, à proximité du lieu du massacre. Une cérémonie annuelle entretient le souvenir des victimes.

À Genay, une stèle est consacrée à Henri Camp à l’entrée de la forêt de Saint-Loup et une autre rappelle plusieurs de ses compagnons tués le 3 août 1944.

L’association « Souvenir Henri Bourgogne » poursuit également ce travail commémoratif.

Fiabilité A. L’existence, la création, l’affiliation, les cadres, les actions et les pertes sont établis par des fonds du Service historique de la Défense et de FranceArchives, par les notices du Maitron, par l’Ordre de la Libération, par le Musée de la Résistance en ligne et par des ressources mémorielles départementales. Les divergences de détail concernant mai ou juin 1943 et le décompte de Lantilly sont explicitement conservées.

Références bibliographiques

Le maquis Henri Bourgogne, Laurence CHEVALLOT, Association pour la recherche sur l’Occupation et la Résistance en Morvan, Saint-Brisson, 2003, ouvrage spécifiquement consacré au maquis dirigé par Henri Camp.

Résistance en Côte-d’Or, Gilles HENNEQUIN, plusieurs tomes, Dijon, étude de référence fréquemment citée dans les notices du Maitron relatives au maquis Henri-Bourgogne et à ses membres.

Les Maquis dans la Résistance, François MARCOT, communication et étude historique consacrée au fonctionnement et à l’organisation des maquis, notamment au Service national maquis, 1984-1985.

Références internet

FranceArchives Fonds « Mouvement de Résistance Henri Bourgogne », description archivistique retraçant la création du groupe par Henri Camp et ses premiers contacts avec Londres. https://francearchives.gouv.fr/facomponent/359d02b996d98024b96de935852b6e2101f12d92

Service historique de la Défense Répertoire « Groupe Henri Bourgogne », sous-série GR 19 P consacrée aux maquis. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/ark/1445299

Maitron Notice événementielle « Lantilly (Côte-d’Or), 25 mai 1944 », consacrée au massacre du groupe Henri-Bourgogne. https://maitron.fr/lantilly-cote-dor-25-mai-1944/

Ordre de la Libération Notice Raymond André Hubert CHARLOT, documentant la constitution du groupe, son rattachement au réseau Jean-Marie et le combat du 3 août 1944. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/medailles/raymond-andre-hubert-charlot

Musée de la Résistance en ligne « Lantilly (21) – Massacre de 23 maquisards », synthèse historique, dossiers individuels et références SHD. https://museedelaresistanceenligne.org/media11634-Lantilly-21-Massacre-de-23-Maquisards

Sources consultées

Maitron Résistance / Maitron des fusillés : notices Henri CAMP, Lantilly, Genay et notices individuelles des membres du groupe. https://maitron.fr/ ; https://fusilles-40-44.maitron.fr/

Fondation de la Résistance : documentation iconographique et pédagogique relative au massacre de Lantilly. https://www.fondationresistance.org/

Musée de la Résistance en ligne : Lantilly, Genay et dossiers individuels. https://museedelaresistanceenligne.org/

Mémoire des Hommes : vérifications nominatives des « Morts pour la France » citées par les notices du Musée de la Résistance en ligne et du Maitron ; aucune notice thématique autonome du maquis identifiée par la recherche générale. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

Ordre de la Libération : notices Raymond CHARLOT, Léon CHÉREAU et Edmond NEUGNOT. https://www.ordredelaliberation.fr/

Service historique de la Défense : dossier « Groupe Henri Bourgogne », GR 19 P, et dossiers GR 16 P cités dans les notices individuelles. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/

FranceArchives : fonds « Mouvement de Résistance Henri Bourgogne » et fonds de l’Amicale Henri Bourgogne. https://francearchives.gouv.fr/

Gallica-BnF : recherches « Henri Bourgogne », « Henri Camp », « maquis Bourgogne » ; aucun document directement exploitable n’a apporté de donnée plus précise que les fonds archivistiques précédents. https://gallica.bnf.fr/

Comité de parrainage du CNRD de Côte-d’Or / RésistantsDéportés21 : monuments de Lantilly et Genay, témoignages et mémoire locale. https://www.resistantsdeportes21.com/

Musée de la Résistance en Morvan / ARORM : documentation pédagogique et catalogue des publications consacrées au maquis. https://www.museeresistancemorvan.fr/

Wikipédia : recherche complémentaire effectuée pour contrôler les risques d’homonymie.

Lettre d'information

Les derniers PDF

AG MVR 2025

Messe de la France Libre en Hommage au Général De Gaulle à l’occasion du 55eme anniversaire de sa mort

Cérémonie Commémorative LA CROIX VALMER – Square du Souvenir – 15 AOUT 2025

MARSEILLE-FETE-DU-14-JUILLET-2025

Commémoration de la Bataille de Bir Hakeim

CEREMONIE-COMMEMORATIVE-DU-8-MAI-1945-A-MARSEILLE

Appel à cotisation 2025

RAPPORT AG MVR 13 DECEMBRE 2024