Artur LONDON, alias Gérard, né le 1er février 1915 à Ostrava, Tchécoslovaquie (aujourd’hui République tchèque), mort le 8 novembre 1986 à Paris, France. Nationalité tchécoslovaque.
Artur London naît dans une famille juive ouvrière d’Ostrava. Son père, Emil London, est l’un des fondateurs du Parti communiste tchécoslovaque. Très tôt engagé dans les organisations de jeunesse communistes, il connaît ses premières arrestations dès l’adolescence.
Entré dans la clandestinité au début des années trente, il séjourne à Moscou à partir de 1934 où il travaille pour l’Internationale communiste. Il y rencontre Élizabeth « Lise » Ricol, qu’il épousera.
De 1937 à 1939, il participe à la guerre d’Espagne dans les Brigades internationales et exerce des fonctions au sein du Servicio de Información Militar (SIM). Après la victoire franquiste, il se réfugie en France avec son épouse.
Engagement dans la Résistance
Après la défaite de 1940, le Parti communiste français charge Artur London, avec Louis Gronowski et Jacques Kaminski, de participer à la réorganisation clandestine de la Main-d’œuvre immigrée.
Sous le pseudonyme « Gérard », il devient l’un des trois responsables de la direction clandestine de la MOI. Il est chargé de la propagande et du travail auprès des ressortissants tchécoslovaques, yougoslaves, roumains et hongrois. À partir de l’été 1941, il dirige le « travail anti-allemand » (TA), chargé de la propagande auprès des soldats de la Wehrmacht et du recueil de renseignements.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Main-d’œuvre immigrée (MOI), Union des travailleurs manuels et intellectuels (UTMI), Organisation spéciale puis FTP-MOI.
Missions et actions
Artur London participe à la reconstruction de la MOI clandestine. Il coordonne la propagande, assure les liaisons entre les groupes nationaux de la MOI et dirige le travail antiallemand destiné aux soldats de la Wehrmacht.
Les témoignages qu’il a laissés décrivent l’organisation de ce service avant son arrestation. Il exerce une responsabilité importante au sein des structures clandestines de la Résistance communiste immigrée.
Arrestation / évasion / déportation
Artur London est arrêté en août 1942. Condamné à dix ans de travaux forcés, il est interné successivement à la Santé, Poissy, Blois puis Compiègne.
Le 28 février 1944, il est déporté vers Sarrebruck-Neue Bremm avant d’être transféré à Mauthausen où il reçoit le matricule 60758. Malgré une tuberculose récurrente, il survit.
Au camp, il devient l’un des responsables du comité clandestin de Résistance de Mauthausen. Il est libéré en avril 1945.
Camarades de combat
Louis Gronowski, Jacques Kaminski, Adam Rayski, Lise London, Giuliano Pajetta.
Les responsables du comité clandestin international de Mauthausen.
Retour à la vie civile
Après la guerre, Artur London revient en France avec Lise London. Il travaille à l’ambassade de Tchécoslovaquie avant de rejoindre Prague où il devient vice-ministre des Affaires étrangères en 1949.
En 1951, il est arrêté lors des purges staliniennes et devient l’un des accusés du procès Slánský. Condamné à la prison à vie, il est réhabilité après la mort de Staline.
Installé à nouveau en France, il publie en 1968 L’Aveu, témoignage sur les procès de Prague. L’ouvrage connaît un retentissement international et est adapté au cinéma par Costa-Gavras en 1970 avec Yves Montand et Simone Signoret.
Artur London meurt à Paris le 8 novembre 1986. Il est inhumé au cimetière parisien d’Ivry-sur-Seine auprès de son épouse Lise London. Une place Lise-et-Artur-London a été inaugurée à Paris en 2017.
Décorations
Les décorations éventuelles n’ont pas pu être établies avec certitude lors des présentes recherches.
Aucune décoration trouvée dans les bases consultées, cela ne signifie pas cependant que la personnalité n’ait pas reçu de décorations, mais qu’elles n’ont pu être retrouvées par les présentes recherches.
Lieux de mémoire
Place Lise-et-Artur-London, Paris, France.
Cimetière parisien d’Ivry-sur-Seine.
Mémorial de Mauthausen.
Références bibliographiques
Artur London, L’Aveu, Gallimard. Témoignage majeur consacré aux procès de Prague et à son itinéraire politique.
Artur London, Espagne, Éditeurs français réunis. Souvenirs de la guerre d’Espagne.
Stéphane Courtois, Denis Peschanski, Adam Rayski, Le Sang de l’étranger, Fayard. Ouvrage fondamental sur la MOI et les FTP-MOI.
Annette Wieviorka, Ils étaient juifs, résistants, communistes, Denoël. Étude de la Résistance juive et communiste.
François Marcot (dir.), Dictionnaire historique de la Résistance, Robert Laffont. Ouvrage de référence sur les réseaux et mouvements de Résistance.
Références internet
Musée MRJ-MOI. Notice biographique sur Artur London et son rôle dans la direction clandestine de la MOI. https://www.museemrjmoi.com/artur-london/
Monument Mauthausen. Parcours de déportation, matricule 60758 et chronologie concentrationnaire. https://monument-mauthausen.org/60758.html
Wikipédia. Notice biographique détaillée et carrière politique après guerre.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Artur_London
Musée de la Résistance en ligne. Témoignages relatifs au comité clandestin de Mauthausen. https://museedelaresistanceenligne.org
Amicale de Mauthausen. Documentation mémorielle sur le camp et ses anciens déportés. https://campmauthausen.org
Dossier d’homologation consulté
Aucun dossier SHD individuel n’a été retrouvé lors des présentes recherches.
Observations
Prénom orthographié « Artur » dans la majorité des sources, mais « Arthur » apparaît fréquemment dans les publications françaises.
Aucune divergence significative n’a été relevée concernant son parcours résistant.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A
La biographie d’Artur London est solidement documentée par plusieurs sources concordantes, dont des sources institutionnelles sur Mauthausen, le MRJ-MOI, ainsi qu’une abondante bibliographie et une notice Wikipédia détaillée. Les étapes essentielles de son parcours résistant et de sa déportation sont établies avec certitude.
Chronologie du résistant
| Date | Événement |
| 1er février 1915 | Naissance à Ostrava |
| 1934 | Séjour à Moscou |
| 1937-1939 | Guerre d’Espagne |
| 1940 | Réorganisation clandestine de la MOI |
| été 1941 | Direction du travail anti-allemand |
| août 1942 | Arrestation |
| 28 février 1944 | Déportation |
| avril 1945 | Libération de Mauthausen |
| 1949 | Vice-ministre des Affaires étrangères tchécoslovaque |
| 1951 | Procès de Prague |
| 1968 | Publication de L’Aveu |
| 8 novembre 1986 | Décès à Paris |
Sources consultées le 10 juin 2026
- Musée MRJ-MOI — notice « Artur London » : rôle dans la direction clandestine de la MOI, pseudonyme, responsabilités politiques et propagande.
https://www.museemrjmoi.com/artur-london/ - Monument Mauthausen — fiche matricule 60758 : arrestation, déportation, passage par Mauthausen et parcours concentrationnaire.
https://monument-mauthausen.org/60758.html - Wikipédia — notice « Artur London » : biographie détaillée, guerre d’Espagne, Résistance, procès de Prague, publication de L’Aveu et postérité.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Artur_London - Musée de la Résistance en ligne — documentation sur la MOI, les FTP-MOI et les témoignages relatifs à Mauthausen.
https://museedelaresistanceenligne.org - Amicale de Mauthausen — documentation mémorielle sur le camp de Mauthausen et les anciens déportés.
https://campmauthausen.org - Maitron — vérification biographique et militante complémentaire.
https://maitron.fr - Mémorial de la Shoah — contexte sur les étrangers dans la Résistance française et les réseaux de la MOI.
https://expo-etrangers-resistance-france.memorialdelashoah.org