Jacques KAMINSKI, alias Hervé, né le 6 octobre 1907 à Kłobuck, Pologne, mort le 10 juin 1978 à Varsovie, Pologne. Nationalité polonaise.
Jacques Kaminski, de son vrai nom Jankiel Moszek Unglik, naît dans une famille juive ouvrière à Kłobuck, en Pologne. Il quitte l’école à l’âge de treize ans et devient apprenti coiffeur. Il adhère aux Jeunesses communistes polonaises à seize ans.
Menacé d’arrestation, il quitte la Pologne, séjourne en Belgique puis s’installe en France en 1930. Il rejoint immédiatement les structures de la Main-d’œuvre immigrée (MOI) et devient rapidement l’un des cadres de la section juive.
Engagement dans la Résistance
Après la défaite de 1940, Jacques Kaminski participe à la reconstitution clandestine de la MOI. Avec Louis Gronowski et Artur London, il forme dès l’automne 1940 le premier triangle de direction nationale de la Main-d’œuvre immigrée clandestine.
Il est chargé de l’organisation et des liaisons avec les groupes juifs, bulgares et arméniens. Il contribue également à la renaissance de la presse clandestine en yiddish et à la mise en place des futures unités FTP-MOI.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Main-d’œuvre immigrée (MOI),Section juive de la MOI.
Organisation spéciale (OS-MOI), Union des travailleurs manuels et intellectuels (UTMI),FTP-MOI.
Organisation « Solidarité », future Union des Juifs pour la Résistance et l’Entraide (UJRE).
Missions et actions
Responsable des questions d’organisation de la MOI, Jacques Kaminski coordonne les liaisons entre les différentes sections nationales. Il participe à la reconstitution de l’appareil clandestin et à la réorganisation des groupes juifs.
Il contribue à la reparution clandestine du journal yiddish Notre Voix et participe à la création des FTP-MOI à partir des structures de l’Organisation spéciale.
Après l’arrestation d’Artur London en août 1942, il poursuit son activité clandestine. En 1943, il intervient dans la réorganisation des groupes FTP-MOI et rappelle Boris Holban afin de remplacer Missak Manouchian après son arrestation.
Arrestation / évasion / déportation
Contrairement à de nombreux dirigeants de la MOI, Jacques Kaminski échappe aux coups de filet des Brigades spéciales.
Aucune arrestation ni déportation n’ont été retrouvées dans les sources consultées. Il survit à la guerre.
Camarades de combat
Louis Gronowski, Artur London, Adam Rayski, Boris Holban, Missak Manouchian, Marino Mazetti, Édouard Kowalski, Boris Milev.
Retour à la vie civile
Après la Libération, Jacques Kaminski retourne en Pologne.
Il entre au ministère polonais de la Sécurité publique (Ministerstwo Bezpieczeństwa Publicznego) et devient vice-directeur d’un département de cette administration.
Il meurt le 10 juin 1978 à Varsovie.
Décorations
Aucune décoration trouvée dans les bases consultées, cela ne signifie pas cependant que la personnalité n’ait pas reçu de décorations, mais qu’elles n’ont pu être retrouvées par les présentes recherches.
Lieux de mémoire
Le Musée de la Résistance nationale conserve une photographie de Jacques Kaminski provenant de Boris Holban.
Son nom figure dans les travaux consacrés aux FTP-MOI et à la Résistance immigrée.
Références bibliographiques
Stéphane Courtois, Denis Peschanski, Adam Rayski, Le Sang de l’étranger, Fayard. Ouvrage fondamental consacré à la MOI et aux FTP-MOI, largement utilisé pour la reconstitution des structures clandestines.
Boris Holban, Testament, Calmann-Lévy. Témoignage d’un ancien chef militaire des FTP-MOI comportant des informations sur Jacques Kaminski.
Annette Wieviorka, Ils étaient juifs, résistants, communistes, Denoël. Étude sur la Résistance juive communiste.
François Marcot (dir.), Dictionnaire historique de la Résistance, Robert Laffont. Ouvrage général de référence.
Adam Rayski, Nos illusions perdues, Balland. Témoignage et analyse historique sur la MOI et les résistants juifs communistes.
Références internet
Musée de la Résistance en ligne. Notice iconographique et biographique sur Jankel Unglik dit Jacques Kaminski.
https://museedelaresistanceenligne.org/media10698-Jankel-Unglik-dit-Jacques-Kaminski
Musée MRJ-MOI. Notice biographique détaillée sur son activité au sein de la MOI et de Solidarité. https://www.museemrjmoi.com/jacques-kaminski/
Le Maitron. Notice biographique avec variantes d’identité et responsabilités clandestines.
https://maitron.fr/kaminski-jacques-pseudonyme-de-unglik-jankiel-moszek-autre-pseudonyme-herve/
Wikipédia. Biographie générale et carrière après guerre.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Kaminski
Fondation de la Résistance. Documentation sur la MOI et les FTP-MOI.
https://www.fondationresistance.org
Dossier d’homologation consulté
Aucun dossier individuel du Service historique de la Défense n’a été retrouvé lors des présentes recherches.
Observations
Nom d’origine : Jankiel Moszek Unglik.
Pseudonyme principal : Hervé.
Certaines sources utilisent la graphie « Kaminsky ».
Aucune divergence majeure n’a été constatée concernant son activité clandestine.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A
Cette notice repose sur plusieurs sources concordantes : Musée de la Résistance en ligne, Musée MRJ-MOI, Maitron et travaux historiques sur les FTP-MOI. Les principales étapes de son parcours résistant sont bien établies. Quelques variantes orthographiques de son nom ont été signalées mais ne remettent pas en cause son identification.
Chronologie du résistant
| Date | Événement |
| 6 octobre 1907 | Naissance à Kłobuck |
| 1930 | Installation en France |
| 1935 | Responsable de la section juive de la MOI |
| automne 1940 | Direction clandestine de la MOI avec Gronowski et London |
| 1940 | Création de Solidarité |
| 1942 | Arrestation d’Artur London ; poursuite de l’activité clandestine |
| 1943 | Réorganisation des FTP-MOI |
| 1945 | Retour en Pologne |
| 10 juin 1978 | Décès à Varsovie |
Sources consultées le 10 juin 2026
- Musée de la Résistance en ligne : notice « Jankel Unglik dit Jacques Kaminski » ; photographie et biographie.
- Musée MRJ-MOI : parcours militant et responsabilités dans la MOI.
- Maitron : contrôle d’identité et pseudonymes.
- Wikipédia : carrière après guerre et décès.
- Fondation de la Résistance et travaux d’Adam Rayski sur les FTP-MOI.
Une photographie de Jacques Kaminski a été retrouvée dans les collections du Musée de la Résistance nationale.