L’existence du titre est établie par la notice de périodique de la BnF. La Gerbe y apparaît comme un hebdomadaire parisien de 1940 à 1944, sous-titré hebdomadaire de la volonté française, dirigé par Alphonse de CHÂTEAUBRIANT. La notice en fixe clairement les dates de parution du numéro 1 du 11 juillet 1940 au numéro 214 du 17 août 1944.
Création du journal
Le journal est créé à Paris en juillet 1940 par Alphonse de CHÂTEAUBRIANT, écrivain déjà engagé dans un rapprochement idéologique avec l’Allemagne nazie. Le lien avec son ouvrage La gerbe des forces est connu, mais la donnée pleinement sûre ici est la fondation du périodique en juillet 1940 sous sa direction. La période de naissance, immédiatement après la défaite française, l’inscrit d’emblée dans le contexte de la Révolution nationale et de la collaboration.
Organisation et direction
La BnF identifie Alphonse de CHÂTEAUBRIANT comme directeur du titre. Par ailleurs, la notice de collectivité sur le Groupe Collaboration précise que ce mouvement, créé officieusement à l’automne 1940 puis autorisé en 1941, est lui aussi animé par CHÂTEAUBRIANT et soutenu par Otto ABETZ.
Cela permet d’établir un lien étroit entre le journal et les milieux collaborationnistes qui cherchent à donner une forme doctrinale et culturelle à l’alliance avec l’Allemagne nazie. Il faut cependant distinguer le journal La Gerbe du Groupe Collaboration : les deux objets sont liés par la même personnalité, mais ils ne se confondent pas institutionnellement dans les sources consultées.
Ligne politique et rôle de propagande
La qualification de journal de propagande est solidement établie. La thèse recensée par Thèses.fr parle explicitement de La Gerbe comme d’un organe collaborationniste dirigé par Alphonse de CHÂTEAUBRIANT. Le Musée de la Résistance en ligne classe le titre parmi les journaux collaborationnistes dont les locaux sont occupés en août 1944. Des documents mémoriels rappellent également que le journal sert de support à des appels religieux et politiques à collaborer avec “la grande et puissante Allemagne”. La ligne du titre est donc pro-vichyste, pro-allemande et au moins partiellement antisémite, avec une forte dimension doctrinale et culturelle.
Chefs et figures marquantes
Alphonse de CHÂTEAUBRIANT est la figure centrale du journal, comme directeur et inspirateur idéologique. Les sources secondaires mentionnent d’autres responsables de rédaction, mais les ressources institutionnelles ici utilisées ne permettent pas de dresser, sans risque d’erreur, une liste complète et certaine de tous les rédacteurs en chef successifs. Il est donc plus prudent de ne retenir que CHÂTEAUBRIANT comme figure certaine au regard des bases consultées.
Fin du journal
Le titre cesse avec l’effondrement de la presse collaborationniste à Paris. La BnF fixe le dernier numéro au 17 août 1944 et le Musée de la Résistance en ligne indique que la presse collaborationniste cesse de paraître le 18 août 1944, jour où les locaux de La Gerbe, rue des Pyramides, sont occupés. Les deux informations sont cohérentes entre elles.
Conséquences et mémoire
Dans la mémoire de l’Occupation, La Gerbe représente moins un grand quotidien populaire qu’un hebdomadaire de justification intellectuelle de la collaboration. Son importance tient à la personnalité de CHÂTEAUBRIANT et à l’articulation entre culture, catholicisme conservateur, Révolution nationale et adhésion au projet européen nazi défendu par certains milieux collaborationnistes.
Références bibliographiques
La Gerbe : un organe collaborationniste, Christian Marche, Presses universitaires du Septentrion, 2000. La notice Thèses.fr indique qu’il s’agit d’un travail de fond consacré à La Gerbe entre 1940 et 1944. Son apport principal est l’étude détaillée du journal comme organe idéologique, de son personnel, de son discours et de son inscription dans le champ collaborationniste.
Une parousie européenne : La Gerbe (1940-1944), Jean-Félix Lapille, mémoire de master, Université Paris 1, 2016. Signalé dans les ressources secondaires, ce travail est utile pour comprendre la dimension doctrinale du journal, notamment sa vision européenne et ses formulations culturelles de la collaboration.
Références internet
Catalogue BnF. Notice de périodique donnant le titre exact, le sous-titre, le directeur et les dates extrêmes de parution. https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34425305s
Thèses.fr. Notice de thèse caractérisant explicitement La Gerbe comme organe collaborationniste. https://theses.fr/1998ORLE1025
Musée de la Résistance en ligne. Page sur la Libération de l’Île-de-France rappelant la fin de la presse collaborationniste et l’occupation des locaux de La Gerbe. https://www.museedelaresistanceenligne.org/expo.php?expo=84&sstheme=879&theme=155
Catalogue BnF, notice “Groupe Collaboration (France)”. Ressource utile pour le contexte idéologique et le rôle d’Alphonse de CHÂTEAUBRIANT dans les milieux collaborationnistes. https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb16213415d
Sources consultées ; date de vérification : 23 mars 2026. Maitron Résistance : non pertinent pour un titre de presse ; Fondation de la Résistance : consultation générale sur la presse de collaboration, sans notice spécifique retenue ; Musée de la Résistance en ligne : utile pour la fin du titre ; Mémoire des Hommes : non pertinent ; Ordre de la Libération : non pertinent ; Gallica, catalogue BnF et Thèses.fr : sources principales pour l’existence, la chronologie et la qualification ; SHD : non mobilisé ; Wikipédia : repérée en complément, non retenue comme source principale.